au printemps 1910, le syndicat national des travailleurs des chemins de fer fait campagne pour le relèvement des salaires des cheminots : minimum de 5 francs pour tous par journée effective de travail, revendication traduite en un mot d’ordre simple : « la thune pour tous ! » de plus, la loi votée en 1909 instituant un régime des retraites des cheminots n’est pas rétroactive (1) : autre motif de mécontentement. le refus des grandes compagnies de céder à la pression syndicale contribue à élargir le front social. sur le nord, le nouveau régime d’« exploitation intensive » du réseau pousse à bout les roulants, entraînés par le mécanicien toffin de la fédération des mécaniciens et chauffeurs (2), ralliée ainsi au syndicat national.c’est au nord que la grève, décidée le 10 octobre, démarre le lendemain, suivie le 12 sur le réseau de l’ouest-État, où les leaders du syndicat national revendiquent une orientation « révolutionnaire », hostiles à tout recours avec le parti socialiste, en ne comptant que sur l’action syndicale. ils ont réussi au congrès fédéral de décembre 1909 à mettre un terme à « la dictature » de guérard,…