Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Madrid indemnise TP Ferro pour le retard de la LGV Barcelone – Figueras

    Le gouvernement socialiste espagnol a approuvé le 6 novembre en Conseil des ministres des mesures d’indemnisation à hauteur de 108 millions d’euros à la société TP Ferro, consortium formé de l’espagnol ACS et du français Eiffage, pour compenser le retard de la LGV Barcelone-Figueras. Le contrat de concession de la LGV entre Perpignan et Figueras livrée en février 2009 est prolongé de 50 à 53 ans, le tronçon de LGV espagnol étant attendu pour 2013. En guise de solution provisoire, les autorités espagnoles ont lancé les travaux de construction d’une bretelle pour connecter la LGV à la ligne existante au niveau de Figueras. L’installation d’un troisième rail en aussi en cours sur la ligne existante, ce qui permettra aux trains de voyageurs d’aller jusqu’au tunnel sans changer d’essieu. Quelques trains de voyageurs devraient donc pouvoir circuler à partir de fin 2010.

  • Les premières locomotives GE sont arrivées en Grande-Bretagne

    Le 8 novembre, l’entreprise de fret ferroviaire britannique Freightliner a présenté à Newport (Pays de Galles) ses deux premières locomotives PowerHaul, construites par GE Transportation à Erie (Pennsylvanie) et parties des Etats-Unis en bateau le 23 octobre. Pour le constructeur américain, cette commande de 30 engins diesel-électriques est la première reçue sur les marchés britannique ou européen. Désignées Class 70 en Grande-Bretagne, ces CoCo de 129 t sont équipées d’un diesel de 16 cylindres en V à double turbo, d’une transmission électrique à courant alternatif, d’une commande individualisée de la traction par essieu et d’un freinage dynamique, ce qui les rend plus performantes, tout en réduisant leur consommation et leurs émissions de gaz à effet de serre.

  • Feu vert pour la jonction entre les lignes U5 et U55 à Berlin

    Vingt ans après la chute du mur, les BVG (transports de Berlin) ont approuvé la jonction entre les lignes de métro U5 et U55, cette dernière étant la courte navette (1,8 km pour 3 stations) ouverte l’été dernier entre la gare centrale, le Reichstag et la porte de Brandebourg. Chiffrée à 433 millions d’euros, la section souterraine de 2,2 km entre la porte de Brandebourg et Alexanderplatz, terminus actuel de la ligne U5, doit compter trois stations le long de l’avenue Unter den Linden. Les travaux préparatoires devraient commencer début 2010, pour une ouverture en 2017.

  • Un projet de métro léger en Malaisie dans la vallée de la Klang

    Le ministre malaisien des Transports, Ong Tee Kat, vient d’annoncer la mise à l’étude d’une ligne de métro léger de 42,8 km qui desservirait la vallée de la Klang, vaste zone couvrant Kuala Lumpur, sa banlieue et les principales villes alentour de l’Etat de Selangor. Cette ligne viendrait en complément du réseau ferré de banlieue (Komuter) exploité par l’opérateur national KTMB.

  • L’AVE dépasse l’avion entre Madrid et Barcelone

    Au cours du troisième trimestre 2009, l’AVE a transporté pour la première fois plus de voyageurs que l’avion entre Madrid et Barcelone. De juillet à septembre 2009, 651 498 personnes ont choisi le train à grande vitesse espagnol, qui relie les deux villes en 2h40, alors que 643 512 ont pris la voie des airs. Par rapport à la même période en 2008, l’AVE a progressé de 18 % entre Madrid et Barcelone, contre une baisse de 7,5 % sur cette relation pour les compagnies aériennes.

     

  • 44 milliards de dollars dans le fret ferroviaire américain

    Le milliardaire Warren Buffett a annoncé le 3 novembre qu’il allait consacrer 44 milliards de dollars (29,8 milliards d’euros) au rachat de la totalité du groupe Burlington National Santa Fe (BNSF), une compagnie de fret ferroviaire aux Etats-Unis. La holding Berkshire Hathaway de Warren Buffett possédait déjà 22,6 % de cette société. L’homme d’affaires a expliqué vouloir faire un « pari » sur la reprise économique et sur un mode écologique. L’an dernier le groupe BNSF, qui gère 32 000 miles (51 200 km) de voies ferrées et d’immenses trains de marchandises dans 28 Etats américains et deux provinces canadiennes, avait publié un chiffre d’affaires de 18 milliards de dollars, près du tiers de l’ensemble du secteur ferroviaire américain (63 milliards de dollars), pour un bénéfice net de 3,9 milliards de dollars.

     

  • Eole : à l’ouest, du nouveau

    On entre dans le concret avec la décision, le 20 octobre, de lancer le débat public sur cette extension du RER E. Une décision prise à l’issue de la première réunion du comité de pilotage des études, initiée par le ministre d’Etat chargé des Transports, Jean-Louis Borloo. Sous la présidence conjointe de l’Etat et de la région, associant la ville de Paris, les conseils généraux des Hauts-de-Seine et des Yvelines, la SNCF et RFF, ce comité a un objectif essentiel de mettre en place les modalités de lancement du projet. Le Stif, syndicat des transports d’Ile-de-France, proposera au vote de son conseil d’administration du 9 décembre le dossier d’objectifs et de caractéristiques principales (DOCP). Puis avant la fin de l’année, la Commission nationale du débat public devrait être saisie. Le débat, qui devrait être lancé dès 2010, portera sur la réalisation d’un tronçon en tunnel entre Haussmann-Saint-Lazare et La Défense, son raccordement à la ligne vers Mantes, une nouvelle gare à La Défense, les aménagements de voies entre Mantes et La Défense. Et, comme le précise la préfecture de région, les travaux devront « être menés en cohérence avec la réalisation d’une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Paris et Le Havre par Mantes et Rouen. » Déjà, les études ont porté sur deux tracés possibles pour la partie parisienne, entre l’actuel terminus à Haussmann-Saint-Lazare et La Défense. Le RER E poursuivra ensuite en direction de la Normandie, avec un terminus en gare de Mantes-la-Jolie. Les atouts de cette extension ? Faciliter les déplacements est-ouest, entre lieux de travail et lieux d’habitat ; désaturer le RER A et la gare de Châtelet-Les Halles. Elle devrait faciliter aussi l’accès au pôle d’activité promis à un fort développement de La Défense et les échanges avec le Mantois et les régions normandes. Début des travaux envisagé en 2013. Quant au coût, il avoisinerait 2 milliards, hors matériel roulant.
     

    Pascal GRASSART

  • Création d’un itinéraire orienté fret entre Le Havre et Paris

    La question de l’évacuation des conteneurs des ports est essentielle. Pour le fret ferroviaire qui passe actuellement par la ligne historique, il est prévu de lancer un axe alternatif à « prédominance fret » proposant des sillons de qualité, conformément aux engagements du Grenelle de l’environnement. Cet axe suivra le parcours Le Havre – Motteville – Serqueux – Gisors – Pontoise – Conflans. A partir de Conflans, il repartira vers l’est rejoindre la Grande Ceinture. Cet axe existe mais doit être « régénéré » entre Serqueux et Gisors. Actuellement, il permet des circulations à une trentaine de kilomètres à l’heure. Un raccordement sera créé sur la ligne Le Havre – Amiens, à hauteur de Serqueux, et des travaux complémentaires devraient être menés comme l’électrification de Serqueux – Gisors, une signalisation plus performante et la création d’une troisième voie entre Conflans et la Grande Ceinture. « Nous avons besoin le plus vite possible d’un itinéraire alternatif, car la ligne historique fait déjà l’objet de travaux. Jusqu’à l’année dernière, deux trains quotidiens de passagers passaient sur cet axe alternatif. Mais ils ont été transférés sur la route en raison de leur lenteur. Lorsque la régénération sera réalisée, ces trains seront remis sur les rails », précise-t-on à RFF. Les travaux ne sont pas encore programmés. Ils devraient l’être dans le cadre des futurs contrats de projets qui devraient être signés l’an prochain, après les élections régionales. La régénération nécessitera une soixantaine de millions d’euros, le raccordement une dizaine de millions à court ou moyen terme. L’ensemble du chantier qui sera mené à plus long terme, incluant l’électrification, la signalisation et la troisième voie, qui donnera un meilleur accès à l’Ile-de-France, s’élève à 350 millions.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Le tracé du tramway de Besançon recalé par le préfet de Franche-Comté

    Le tracé du futur tramway de Besançon a été refusé par le préfet de Franche-Comté, Jacques Barthélemy, le 2 octobre. Cheval de bataille du second mandat du maire (PS) de la capitale franc-comtoise Jean-Louis Fousseret, également président de la communauté d’agglomération du Grand Besançon, le projet de tramway développé par la municipalité devait traverser la ville dans un axe est – ouest, depuis le nouveau pôle médical autour du CHU Jean-Minjoz jusqu’aux Marnières, à l’extrême est de l’agglomération. En dépit de l’opposition de l’UMP, du Modem et de la mobilisation de plus de deux cents chefs d’entreprise contre la hausse de 38 % des taxes de transport à venir, le projet avait été plutôt bien accueilli par les habitants. Ce projet de tramway sur rails était initialement prévu pour une mise en service avant 2014, c’est-à-dire avant l’élection municipale à laquelle Jean-Louis Fousseret doit se présenter en vue d’un troisième mandat. L’enquête d’utilité publique avait commencé le 15 novembre, avec d’emblée les réserves émises par le directeur national de l’architecture et du patrimoine. Une ligne électrique était prévue dans la Boucle, le centre-ville, nichée au cœur d’un méandre du Doubs, dont certaines rues, telle la rue de la Préfecture, sont classées. C’est un véritable coup dur pour la municipalité, car le projet devra donc être à nouveau validé par l’Etat et les travaux se dérouler en pleine campagne électorale. Quant aux 220 millions d’euros de budget que Jean-Louis Fousseret avait juré de ne pas dépasser, ils risquent d’être insuffisants et de déchaîner l’opposition. Le conseiller municipal et communautaire Philippe Gonon a sur ce point réclamé l’organisation d’un référendum. L’autre variante de tracé, abandonnée très tôt, concernait un passage par les quais du Doubs. Elle nécessitait d’abattre tous les arbres sur plusieurs kilomètres, une option pas vraiment dans l’air du temps. Si le tracé est difficilement modifiable en raison notamment du manque de rues larges en centre-ville, l’alimentation du tram, elle, pourrait se passer de la solution aérienne. Un dispositif d’alimentation par le sol existe chez Alstom et la possibilité de recourir à des batteries embarquées est également à l’étude. Mais quel que soit le mode d’alimentation retenu, le financement sera évidemment au centre du débat. La fin d’année sera sans doute très animée pour la municipalité, en proie aux critiques sur le plan de circulation. La part des déplacements individuels a augmenté de 3 % malgré une très bonne fréquentation du réseau de bus. En matière de transports collectifs, la priorité s’est portée sur l’aménagement de la gare Viotte et la réfection de la ligne qui servira aux navettes vers la nouvelle gare Besançon TGV Franche-Comté, sur la LGV Rhin-Rhône, située à 15 km au nord de Besançon. Une priorité qui ne fait pas l’unanimité auprès des habitants, qui devront attendre pour voir les conditions de circulation dans la ville s’améliorer.
     

    Philippe BOISSON

  • La difficile renaissance du tram de Washington DC

    Les premiers rails ont déjà été posés, mais on ne sait toujours pas quand il roulera, ni surtout à quoi il ressemblera. C’est dans une confusion certaine que le tramway amorce son grand retour dans les rues de Washington. Depuis quelques années, le DDOT, le service des transports de la capitale américaine, veut faire revenir des trams. Il a même dans ses cartons un très ambitieux programme de lignes nouvelles quadrillant toute la ville, 60 km qui pourrait coûter jusqu’à 1,5 milliard de dollars (1 milliard d’euros). Ses huit lignes nouvelles doivent compléter le métro – comme doivent également le faire de futures liaisons de bus rapides – et aussi de servir de catalyseur pour des investissements de renaissance urbaine. Petite précision technique : le nouveau tram de Washington sera un Streetcar, à l’ancienne. Il devra partager sa voie avec les voitures sur tout ou partie de son parcours. Deux chantiers ont démarré, plutôt modestes pour l’instant : une ligne expérimentale de 2 km est en construction à Anacostia, au sud. Elle permettra aux employés d’une base aérienne de rejoindre facilement le métro. Les travaux ont certes pris trois ans de retard, mais ils sont maintenant bien partis… quand bien même l’emplacement des arrêts n’a pas été définitivement arrêté ! La mise en service est désormais envisagée « à l’automne 2012, mais sans doute plus tôt », explique-t-on au DDOT. En attendant, trois trams Skoda, achetés en 2005 pour 10 millions de dollars, rouillent tranquillement en République tchèque. A quelques kilomètres de là, à l’est de la ville, on s’active aussi sur une autre ligne : la construction d’un tram – long de 3 km pour commencer – fait partie du « Great Streets Project » de régénération de la H Street, l’un des corridors que les autorités locales entendent refaire de façade à façade. Le hic, c’est que, toute déshéritée qu’elle soit (pour l’instant), cette H Street fait partie de la « vieille ville », dont le plan a été tracé à la fin du XVIIIe siècle par l’urbaniste français Pierre Charles L’Enfant. Or une loi fédérale datant de 1898 interdit pour des raisons esthétiques toute ligne aérienne de contact dans cette zone historique… pourtant traversée depuis lors par quelques autoroutes suspendues. Les vieux trams disparus en 1962 y étaient alimentés par caniveau, avec plus ou moins de bonheur. Et les nouveaux ? « Nous allons essayer de faire assouplir cette loi, explique John Lisle, au siège du DDOT. Mais il restera des endroits où nous devrons nous passer de lignes aériennes, sur les avenues donnant sur le Capitole ou la Maison-Blanche, par exemple. » Et de citer un système de batteries testé sur le tram de Portland, dans l’Oregon, qui intéresse beaucoup la capitale fédérale. « Nous examinons toutes sortes de possibilités ! » Du coup, le programme de construction de tramways reste encore bien flou, même s’il est présenté comme une priorité. Mais que Washington pose les voies sans savoir comment seront alimentés ses futurs trams ne choque visiblement personne.
     

    François ENVER