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Auteur/autrice : admin_lvdr
Le Wifi en cours de déploiement dans le métro de New York
D’ici à la fin de l’année, 36 stations du métro new-yorkais seront équipées de hotspots Wifi. Elles seront 270 dans cinq ans. Une évidence pour la ville la plus hype de la planète, mais une initiative qui a un coût : quelque 200 millions de dollars. Pour les voyageurs, le service est gratuit jusqu’au 7 septembre grâce à l’alliance entre Boingo, spécialiste américain du Wifi payant, et Google, qui sponsorise le service. Passé cette date, il en coûtera 8 € par mois pour un usage illimité sur un appareil (10 € pour deux appareils). Boingo espère trouver régulièrement d’autres sponsors afin d’offrir ponctuellement le Wifi aux habitants de la Grosse Pomme.

RFF. Le mandat d’Hubert du Mesnil prolongé provisoirement
Le ministère des Transports a confirmé à La Vie du Rail l’information de la Tribune.fr du 23 août selon laquelle Hubert du Mesnil allait rester à la tête de Réseau ferré de France jusqu’à la fin septembre « au plus tard » alors que son mandat devait s’achever le 5 septembre. Il y « gérera les affaires courantes », a expliqué le ministère, le temps que le gouvernement finalise la réforme du secteur ferroviaire. Rarement la succession à la tête de l’établissement public gérant les infrastructures aura suscité tant d’intérêt. Outre Hubert du Mesnil, candidat à sa propre succession, plusieurs candidatures ont été déposées au ministère des Transports, Bercy et même Matignon. Citons parmi eux, au sein du ministère des Transports, Daniel Bursaux, directeur général à la direction générale des Infrastructures, des Transports et de la Mer.
Russie : pas de TGV à Moscou en 2018
La Russie a enterré son projet de construire des lignes de chemin de fer à grande vitesse en vue du Mondial 2018 de football, en raison de contraintes budgétaires, a révélé le quotidien Vedomosti. Le programme d’extension des liaisons ferroviaires n’est pas inclus dans le projet de budget 2013-2015, ont indiqué plusieurs fonctionnaires au journal. La construction de ces lignes à grande vitesse entre Moscou et plusieurs villes qui doivent accueillir des matches du Mondial, un projet grandiose du président Vladimir Poutine qui devait permettre de revitaliser certaines régions russes, aurait pourtant dû débuter dans un an. Un porte-parole du vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch a toutefois indiqué à l’agence RIA Novosti qu’un groupe de travail interministériel étudierait la question du financement de ce projet à l’automne.
Lyon – Turin : avis positif sous réserve de la commission d’enquête
La commission chargée d’une enquête publique sur le projet contesté de LGV Lyon – Turin a rendu un avis positif, mais avec des réserves, soulignant notamment son impact « important » sur l’agriculture. « Les avantages apportés par le projet l’emportent largement sur les inconvénients (…) », conclut la commission d’enquête dans son rapport du 2 juillet, rendu public par RFF début août. L’enquête publique menée l’hiver dernier par treize commissaires-enquêteurs sur le tronçon français entre Lyon et Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie) avait été initiée en novembre 2011 à la demande du ministère de l’Ecologie.
Dans son avis, la commission d’enquête se dit « convaincue de la nécessité de développer le fret ferroviaire aux échelles nationales et européennes (…). Il offrira un outil majeur de la politique de report du transport de marchandises de la route vers le fer, permettant ainsi une amélioration de la sécurité routière et une réduction sensible de la pollution atmosphérique dans les vallées alpines ». Les commissaires-enquêteurs demandent cependant à RFF de travailler en « concertation étroite avec le monde agricole », afin de « garantir la pérennité des exploitations et de contribuer à la protection des ressources naturelles et de l’environnement ». Une autre réserve concerne les sites de dépôts de remblais impropres et demande au maître d’ouvrage de réétudier la question, en réduisant de 25 % le volume des remblais.

La halle de Bordeaux-Saint-Jean sera rénovée dans les règles de l’art
Cathédrale d’acier et de verre datant de 1898, la halle voyageurs de Saint-Jean accuse son grand âge. Classée, elle sera rénovée par RFF pour l’arrivée de la nouvelle LGV.
Cette fois c’est sûr, la rénovation de la grande halle voyageurs de la gare de Bordeaux-Saint-Jean est décidée. Aucune intervention n’avait été programmée depuis le milieu des années soixante-dix. RFF, devenu le propriétaire de l’ensemble des infrastructures, a lancé un programme de remise en état de ces halles. Sur Aquitaine et Poitou-Charentes, après celles de La Rochelle et Pau, c’est au tour de Bayonne et de Hendaye d’être actuellement traitées. Celle de Bordeaux, cathédrale d’acier et de verre, est un ouvrage d’art d’une tout autre dimension. Terminée en 1898, longtemps la plus vaste d’Europe, son aspect aujourd’hui peut être résumé par ces qualificatifs : majestueuse, mais dégradée. « La structure est solide mais vieillissante, remarque Jean- Dominique Lameyre, chef de projet à RFF. Ceci en raison de son âge, des intempéries, sans oublier les défauts d’entretien. » Le diagnostic établi fait état de désordres sur poteaux, fermes, appuis et pannes. De nombreuses zones sont corrodées, des pans de verre sont cassés ou manquants, la peinture fortement altérée assombrit les quais. Voici quelques années, une mise en sécurité avec pose de filets a été effectuée avec le concours d’alpinistes.
La mise en place d’un tel chantier représente « un sujet important, qui fait l’objet de nombreuses réunions avec la SNCF et les services de sécurité ». L’installation d’un échafaudage géant et d’un plancher dans une gare en exploitation, où le trafic et l’affluence ont fortement augmenté, est délicate. « Le montage s’effectuera la nuit et les ouvriers opéreront le jour, dans un espace protégeant les voyageurs. » Le verre et le polycarbonate pourraient alterner au niveau de la couverture. Un choix qui est soumis à la décision de l’architecte des bâtiments de France. Tout comme la peinture. Rien n’est arrêté à ce jour. En 114 ans, les lambris ont été peints 15 fois. Un document d’origine indique « bleu pour les fers, blanc pour les bois ». Peut-être bientôt les mêmes couleurs ? Le projet détaillé sera connu en 2013. Le devis se monte à plus de 30 millions d’euros, financés à 100 % par RFF, le maître d’ouvrage, qui a délégué un mandataire, Systra, la main-d’œuvre étant confiée à Setec-TPI. Le début des travaux est programmé pour 2014. Vingt-quatre mois seront nécessaires. Pour l’arrivée du TGV par la ligne nouvelle, la halle aura retrouvé une luminosité qu’elle n’a pas eue depuis bien longtemps.François-Xavier Point
La halle en chiffres
Construite dans le style de la galerie des machines de l’Exposition universelle de Paris en 1878, la halle voyageurs de Bordeaux-Saint-Jean est longue de 299,70 mètres et large de 57,80. Elle possède 33 fermes de 57 mètres d’ouverture. La hauteur au-dessus des voies à l’aplomb du faîtage est de 26 mètres. 1 450 tonnes de métaux ferreux ont été utilisées. La surface couverte – zinc et verre coulé – est de 17 310 m2. Elle fut construite avec l’aide d’échafaudages roulants supportant deux planchers superposés et d’une grue positionnée à 19 mètres du sol. Un exploit pour l’époque, à l’image de l’ingéniosité de ses constructeurs, les « ateliers de Creil, Dayde et Pille ». Elle est inscrite à l’Inventaire des monuments historiques depuis le 28 décembre 1984.(F.-X. P.)
Fret. Gefco passe à la vitesse supérieure avec General Motors
En signant le 28 juin un contrat de sept ans avec General Motors pour devenir « l’architecte » de l’organisation logistique du constructeur automobile américain, Gefco estime qu’il en sera transformé. D’une part du fait de l’importance du contrat : il se traduira par une hausse de 20 % de son chiffre d’affaires dès 2013, année de son application. L’année dernière, le chiffre d’affaires avait atteint 3,78 milliards d’euros, en progression de 13 % par rapport à 2010.
D’autre part par son contenu : GM, client de longue date du logisticien, transfère la totalité de la logistique à Gefco pour l’ensemble des pays européens (auxquels s’ajoutent la Russie et la Turquie). Ces marchés ont représenté 1,2 million de véhicules l’an dernier. « Nous espérons que ce chiffre va considérablement augmenter », souligne Antoine Redier, le directeur du programme GM chez Gefco. Selon lui, Gefco devient avec ce contrat le leader de la logistique automobile.
Pour Christian Zbylut, le directeur du développement international, l’implantation internationale de Gefco, non seulement en Europe mais aussi sur les zones Eurasie ou encore en Asie orientale et en Inde, a permis la signature du contrat. Le logisticien français est présent dans 33 pays mais assure des prestations dans 130 pays grâce à son réseau de partenaires. 100 à 150 personnes vont être mobilisées sur le projet avec GM. Les effectifs supplémentaires proviendront notamment de salariés de GM. « C’est une belle course contre la montre qui est engagée », note Luc Nadal, le nouveau directeur général de Gefco. L’ancien directeur général de Fret SNCF se félicite de pouvoir ainsi « diversifier son portefeuille de clientèle ». Selon lui, des synergies vont pouvoir être mises en œuvre, essentiellement dans les plans de transports et les équilibrages de flux. « C’est la reconnaissance de notre savoir-faire », commente aussi Luc Nadal, qui espère signer à l’avenir d’autres contrats du même type. Ce contrat ne remet pas en question la procédure d’ouverture de capital de Gefco souhaitée par l’actionnaire à 100 % PSA Peugeot Citroën. Le choix de l’investisseur devrait être connu cet automne. Seule la perspective de l’arrivée d’un groupe européen de logistique terrestre aurait pu assombrir l’avenir, selon le directeur général, mais cette éventualité n’est pas d’actualité. Dans le viseur, notamment, SNCF Geodis, mais celui-ci n’est pas intéressé.Marie-Hélène Poingt
Inde. Le métro de Calcutta s’équipe de rames CAF
Kolkata Metro Rail Corporation vient de commander 84 voitures, soit 14 trains d’une capacité de 2 136 passagers chacun, pour la ligne est – ouest de la capitale du Bengale-Occidental. En obtenant ce contrat de 110 millions d’euros avec cette métropole de 21 millions d’habitants, CAF raffermit sa place en Inde : le constructeur espagnol équipe déjà le Delhi Airport Rail Link avec 48 voitures, qui viennent d’entrer en service.
Fabriquer une poutre en béton précontraint par prétension
Le béton a un défaut : mis en traction, il se fissure ! Sous l’effet de son poids propre et des charges appliquées, une poutre horizontale reposant sur deux appuis a tendance à s’incurver vers le bas. Sa base inférieure s’allonge et cette traction finit par provoquer des fissurations pouvant aller jusqu’à la rupture. Comment réaliser une poutre en béton précontraint par pré-tension ? Dans un coffrage, des fils d’acier à très haute résistance et à très haute limite élastique sont installés et tendus à l’aide de vérins. Le béton est coulé, puis après séchage, lorsqu’il a atteint une résistance suffisante, les fils sont relâchés et lui transmettent alors leur propre tension. Cette compression artificielle du béton est calculée pour qu’en tous points, elle soit supérieure aux effets de traction qui seront provoqués par les futures charges.

Architecture. Eugène Freyssinet, une vie en béton
Sans lui le béton précontraint n’aurait peut-être jamais existé. Et nombre de grands ouvrages n’auraient jamais vu le jour sous leur forme actuelle. Dans le monde entier, il est reconnu comme l’un des ingénieurs les plus innovants de l’histoire de la construction. Eugène Freyssinet, polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui disait : « je suis né constructeur », a été à l’origine d’une invention majeure : le béton précontraint. Né le 13 juillet 1879 à Objat, en Corrèze, où vient d’être célébré le cinquantenaire de sa disparition, le 8 juin 1962, l’homme débute à Moulins en 1905 en édifiant des ponts d’intérêt local et trois ouvrages sur l’Allier : le pont Boutiron, du Veurdre et de Châtel-de-Neuvre. Se considérant à vingt ans comme « un artisan complet, aussi capable de trouver la meilleure solution… que d’aider de mes mains à sa réalisation », Eugène Freyssinet ne craignait pas les formules chocs.
« Je tiens que, privé de l’appui de l’expérience, la déduction mathématique n’est qu’une source d’erreurs, d’autant plus dangereuse qu’elle est pleine d’attraits. Il faut bien entendu que l’intention soit contrôlée par l’expérience. Mais quand elle se trouve en contradiction avec le résultat d’un calcul, je fais refaire le calcul et mes collaborateurs assurent qu’en fin de compte c’est toujours le calcul qui a tort. » Séduit par la mise en œuvre aisée du béton, son aptitude à épouser toutes les formes, son coût moins élevé qu’un ouvrage maçonné ou en métal, l’ingénieur va consacrer toute sa carrière à en développer les possibilités. Tout en essayant de parer son plus grand défaut : sa mauvaise résistance à la traction. « L’idée chemine parce qu’il éprouve une réticence instinctive et excessive à l’égard du béton armé qui ne lui paraît pas tirer le meilleur
parti des deux éléments qui le composent : le béton et l’acier », expliquent Franck Guyon, président de l’association Eugène Freyssinet, et Patrick Guiraud, directeur délégué Génie civil à CIMbéton. Plus de deux décennies consacrées aux ouvrages peu ou faiblement armé, sur lesquels il met en œuvre arcs et voûtes pour atteindre une compression naturelle, confirment sa conviction que la compression artificielle et permanente du béton est possible. Entre 1914 et 1928, directeur technique et associé de l’entreprise Limousin, il crée en béton et béton armé usines, affûts de canon, bateaux, les hangars d’Orly pour ballons dirigeables, la halle des messageries de la gare d’Austerlitz (inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques en février), la gare de Reims (qui a reçu le label Patrimoine du XXe siècle) et une multitude d’ouvrages dont trois ponts représentant chacun un record du monde de portée pour l’époque : à Villeneuve-sur-Lot (69 m), à Saint-Pierre-du-Vauvray (131 m) et le pont de Plougastel sur l’Élorn (trois arcs de 186 m). Son premier brevet, en 1928, décrit un procédé de mise en précontrainte par prétension et fils adhérents, une idée qu’il mûrit depuis 23 ans. Mais sa renommée mondiale, Freyssinet la tient du sauvetage en 1934 de la gare maritime du Havre qui s’enfonçait peu à peu dans la vase ! Ces travaux de consolidation grâce à la précontrainte lui font rencontrer Edme Campenon qui l’aide à développer son invention. Un pas décisif est encore franchi avec l’invention de la précontrainte par post-tension, brevetée en 1939, qui permet de la libérer sans faire appel à des bancs de mise en tension. La création entre 1941 et 1946 du pont de Luzancy, 55 m de portée sur la Marne, marque l’origine d’un nouveau procédé et fait figure d’ancêtre des grands ponts modernes tels que le viaduc de Saint-Cloud, le pont de l’île de Ré et dans une certaine mesure, des ouvrages à haubans comme le pont de Normandie ou le viaduc de Millau. Le processus consiste à préfabriquer les éléments du tablier – les voussoirs – sur la rive, puis à les assembler aux voussoirs déjà posés grâce à un système de câbles provisoires. Une fois tous en place, des câbles définitifs de précontrainte sont enfilés et mis sous tension. C’est le tablier en béton précontraint. Eugène Freyssinet, qui aura déposé plus de 75 brevets, finira sa vie comme conseil de la société Campenon Bernard et de l’une de ses filiales, la Société technique pour l’utilisation de la précontrainte (Stup), créée en 1943 pour « mettre en valeur, défendre et exploiter les procédés nouveaux dont M. Freyssinet est l’inventeur ». En 1976, pour marquer sa vocation internationale et rendre hommage à l’homme dont elle poursuit l’œuvre, la Stup devient Freyssinet International.Michel Barberon
