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Catégorie : Chemin de fer touristique
L’actualité des chemins de fer touristiques en France et dans le monde.

Paris – Hanoï en train : suivez le guide de Mark Smith
Vous avez des envies de Vietnam et du temps devant vous ? mais votre aéroacrophobie, cette peur panique de prendre l’avion, vous arrime solidement au sol, ou votre conscience écologique vous interdit de brûler des masses de kérosène pour assouvir vos désirs de touriste ? Ce site vous guidera jusqu’à Hanoï sans l’aide d’aucun avion. De Paris, prenez le train de nuit City Night Line « Perseus » qui part de gare de l’Est tous les jours à 20h05 et arrive à Berlin Hauptbahnhof à 8h16. Le temps de faire un peu de tourisme et vous grimpez à bord du Berlin – Moscou de 21h29. Un peu plus de 24 heures après, vous arrivez dans la capitale russe. Puis prenez le train à la gare Yaroslavski de Moscou pour un trajet d’une semaine qui vous conduira jusqu’à Pékin. Où il suffit d’attraper le train T 5 de 15h45 à la gare Ouest de la capitale chinoise, et vous pourrez déguster pour le petit-déjeuner de délicieuses crêpes Ban Cuonh près du lac de l’Épée à Hanoï. Vous pouvez trouver toutes ces informations sur seat61.com. Naturellement, vous devez avoir un peu de temps devant vous…
Tous les trains du monde sont sur seat61
Que ce soit le petit tortillard fatigué ou le train de luxe pour touristes fortunés, tous les trains sont sur seat61. Vapeur, diesel ou ligne à grande vitesse… Trains de banlieue, trains touristiques ou grandes lignes : tout ce qui se déplace sur des rails retient l’intérêt de Mark et de tous ces internautes qui lui envoient photos, informations et mises à jour afin d’accomplir cet immense travail. Vous y trouverez même des informations sur les bus et les
ferries. Mais rien sur les avions.
Mark Smith, le voyageur de la place 61
» Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même. On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues. » Joseph Kessel aurait aimé ce site Internet qui agit sur le voyageur ferroviaire comme la mappemonde sur l’écrivain voyageur. Le nom des gares remplace ici le nom des villes, le nom des express celui des routes et le voyage débute sur le clavier à chercher des correspondances insolites, à trouver des terminus inconnus. Ce site Internet indispensable se nomme seat61.com, il est la création d’un amoureux du voyage autant que du train : Mark Smith. L’histoire a débuté dans l’ennui d’un trajet pendulaire entre Londres et le Buckinghamshire, dans le nord de la capitale anglaise.
Mark Smith, employé des chemins de fer britanniques, ne sachant que lire, s’offre pour deux pounds un ouvrage intitulé : Comment faire un site Web. Il décide dans la foulée de mettre en pratique les conseils de l’auteur et de créer son propre site : www.seat61.com. Amateur de voyages en train, il connaît la difficulté de glaner des informations fiables pour s’organiser, surtout dès que ses envies d’ailleurs traversent les frontières.
Chaque réseau communiquant ses propres informations, chaque pays traversé nécessite une source particulière.
Il a donc l’idée de compiler toutes ces données sur un site unique, véritable portail d’un réseau ferroviaire mondial.
Il s’agit également, pour Mark, de faire la promotion d’une autre forme de tourisme.
Un tourisme qui prend son temps et qui donc évite de prendre l’avion. « Les gares britanniques ne vendent pas de billets internationaux, explique-t- il. Les agences de voyages, d’importants sites Web comme Expedia, désirent simplement vous vendre des vols, des vols, des locations de voiture et encore des vols. De plus en plus de gens cherchent une alternative moins stressante, plus écolo et ont besoin qu’on les aide à trouver leur chemin à travers le dédale de l’information et de la réservation de trains européens. Je me suis dit que je n’avais qu’à faire le job moi-même ! » Très rapidement, son site devient incontournable pour les amateurs de périples ferroviaires. « La fragmentation des réseaux européens rend seat61 encore plus nécessaire. Par exemple, jusqu’à l’année dernière, vous pouviez réserver un simple billet aller-retour de Paris à Milan, départ par le train couchettes du vendredi soir, retour le dimanche par le TGV de l’après-midi, en une seule transaction sur le site Web de la SNCF. Maintenant, vous devez réserver Thello en train couchettes sur www.thello.com et le retour sur le TGV Milan – Paris séparément sur voyages-sncf.com ou tgv-europe.com. Qui est-ce qui dans l’industrie du rail explique tout ça aux voyageurs déboussolés, avant qu’ils n’abandonnent et ne réservent un vol ? »
Mais pourquoi ce nom seat61 ? Tout simplement parce que c’est le numéro du siège que Mark Smith a l’habitude de réserver à bord d’Eurostar, prenant ainsi modèle, pacifiquement, sur le célèbre marchand d’armes Basil Zaharoff, qui, au début du XXe siècle, avait l’habitude de toujours réserver le compartiment n° 7 à bord de l’Orient-Express pour partir ou revenir à Istanbul.
Aujourd’hui, Mark Smith est devenu incollable sur le voyage en train. Il collabore à ce titre avec de grands quotidiens, comme The Times, The Telegraph ou encore The Guardian, et il est régulièrement interviewé dans les médias. Il a d’ailleurs son avis sur le système de réservations de la SNCF (voir encadré ci-contre) ou sur la concurrence entre les différents réseaux européens.
Mark s’interroge : « Pourquoi les gens parlent-ils de concurrence entre Thello et SNCF ? Alors que le TGV et Thello se complètent. De la même manière, il existe pratiquement un train toutes les heures de Bruxelles à Cologne, la moitié sont des Thalys, l’autre moitié des ICE. Les compagnies ferroviaires ont intérêt à travailler ensemble, pour le bénéfice de tous. Si les compagnies aériennes peuvent faire du code-sharing, pourquoi pas les sociétés ferroviaires ? » Mais avant tout, Mark est un amoureux des voyages en train. Lorsqu’on lui demande quel est son meilleur souvenir à bord de l’un d’entre eux, il avoue ne pouvoir choisir : « La liste est longue ! De Londres à Fort William à bord du Caledonian Sleeper, aller se coucher alors que le train dépasse le nord de Londres, et se réveiller dans les merveilleuses West Highlands écossaises, avec des cerfs qui bondissent en fuyant le train ; ou de Zermatt à Saint-Moritz sur le Glacier Express et de Tirano à Chur sur le Bernina Express, les deux pas-sant à travers de spectaculaires paysages alpins ; de New York à San Francisco à bord du Lake Shore Limited, puis du California Zephyr, de côte à côte, via les Rocheuses, les canyons du Colorado et la Sierra Nevada ; de Mandalay à Pyin Oo Lwin et de Thazi à Shwenyaung, deux merveilleux trajets ruraux au Myanmar. Et je pourrais continuer… » Et le pire ? Mark trouve bien une anecdote, mais retourne la question d’une pirouette : « Un train lent d’Assouan à Louxor était peut-être le train le plus décrépi dans lequel je suis monté. Mais parfois le pire des voyages produit le meilleur des souvenirs. J’ai fini par lire des livres en anglais à des écoliers et quand ils sont partis, un jeune homme est monté à bord ; m’accostant, il m’a dit : j’aime la vodka. Vous aimez la vodka… ? Comme quoi, contrairement à l’expérience toujours plus stressante du vol, vous rencontrez des gens dans les trains ! » Mark n’a de cesse de faire l’éloge de la lenteur dans un monde d’hommes volants toujours plus pressés.
Et ça marche ! Tous les mois, son site reçoit la visite de plus d’un million d’internautes.
Comment Mark Smith réagit-il à ce succès ? « J’ai une vraie passion : sortir les gens des avions et les mettre dans des trains : c’est un mode de déplacement civilisé, confortable et durable. » Il continue : « Je suis ravi qu’un site Web, vu d’abord comme un cri dans le désert, soit autant utilisé. Du coup, j’ai pu en faire une occupation à plein-temps […]. Et naturellement ça implique beaucoup de voyages sympas à faire dans des endroits excitants – euh, je veux dire des recherches laborieuses, bien sûr. La semaine dernière, j’ai testé le superbe nouvel Italo de Milan à Rome, en retournant en Grande-Bretagne, via le tout aussi superbe Bernina Express à travers les Alpes. C’est un travail vraiment très difficile, mais quelqu’un doit bien le faire…»
L’oeuvre de Mark Smith est aujourd’hui indispensable. Arriver à destination après trois jours sur les rails procure un sentiment qu’aucun voyage en avion ne vous offrira jamais. On l’a compris, seat61.com voyage à contre-courant de l’air du temps, qui demande des satisfactions immédiates, à la portée de tous et érige la superficialité au rang de vertu.Samuel DELZIANI

A voir sur France 5. Echappée belle en baie de Somme
Bol d’air garanti avec ce
numéro d’Echappées belles
consacré à la baie de Somme, l’un des plus beaux sites naturels de France. Au
fil des reportages, on découvre les hortillonnages, les moutons de prés salés,
la réserve naturelle du Marquenterre et, bien sûr, le petit train de la baie de
Somme. C’est à bord de cet historique train à vapeur que Pippa Darbyshire, une
artiste peintre tombée amoureuse de la région il y a quinze ans, nous emmène au
Crotoy. Pendant le voyage, le train touristique traverse les prés et les champs pour le plus grand plaisir
des passagers, admiratifs face à la beauté des paysages de la baie. Même leur
chien s’y intéresse et se hisse à la fenêtre du compartiment !France 5, le 20 octobre,
20h35.A. J.-L.
Carnet pratique
Pour aller à Saint-Claude depuis Dole, par la ligne des Hirondelles jusqu’au 9 juillet et après le 31 août.
Départs : 10h21-12h38, retours : 17h25 à 19h45 (avec changement à Andelot).Depuis Bourg-en-Bresse, en autocar, plusieurs fois par jour, durée 1 heure 20 (10h17-12h10). En sens inverse TER, le matin (5h56-7h27).
Depuis Paris, on peut aller à Bourg-en-Bresse en TGV. Départ à 8h11 pour arrivée à 10h01. Au retour, départ à 17h57 pour arrivée à 19h52.
Office de tourisme de Saint-Claude. Tél. : 03 84 45 34 24. www.ot-saint-claude.com
Office de tourisme du pays de Dole. Tél. : 03 84 72 11 22. www.tourisme-paysdedole.fr

De Mandeure à Culoz, grandes traversées du Jura au départ des gares
De Mandeure dans le Doubs à Culoz dans l’Ain, 400 kilomètres balisés sont dédiés à la marche et au VTT l’été, au ski nordique et aux raquettes en hiver. 150 hébergements jalonnent les étapes de la GTJ. À pied, il faut 21 jours pour la faire en totalité. Mais on peut bien sûr ne faire que quelques tronçons. Un guide de l’éco-mobilité renseigne sur la façon de procéder lorsqu’on ne veut pas utiliser son véhicule personnel. Il recense l’ensemble des réseaux de transport en commun français et suisse (trains et bus), en connexion avec les parcours dans chaque partie nord, centre et sud. Par exemple, au départ de Bellegarde-sur-Valserine, au sud, l’itinéraire est à 200 mètres de la gare. Depuis Dole, direction Saint-Claude par la ligne des Hirondelles. Au départ de Nyon en Suisse, on prendra le train jusqu’à La Cure, très emprunté par les travailleurs frontaliers. Les Rousses, sur la GTJ, sont à 2 km et une navette dessert la gare.
Renseignements : 15 et 17, Grande-Rue, Les Planches-en-Montagne. Tél. : 03 84 51 51 51. www.gtj.asso.fr
Depuis les gares de Bourg-en-Bresse ou Dole
Avec ses maisons hautes et étroites sur les rives pentues de deux rivières confluentes, la Bienne et le Tacon, Saint-Claude, capitale du Haut-Jura et troisième ville du département possède un charme qui tient à la fois à la beauté du site et à son vécu particulier.
Au milieu de la ville haute, trône la cathédrale et sur les berges « La Maison du peuple », qui, sur huit étages conserve la mémoire de la Fraternelle, première coopérative ouvrière d’inspiration socialiste créée ici en 1889. Devenue depuis 1984, grâce à une association, un lieu culturel et artistique, elle est restée fidèle aux principes d’éducation populaire et propose des expositions, un cinéma, un théâtre et des concerts de jazz dès le jeudi soir dans son café 1920 laissé dans son jus. À côté de la cathédrale, l’ancien palais abbatial est un beau musée contemporain qui abrite des vestiges archéologiques au sous-sol et, dans les étages, l’importante donation de deux peintres collectionneurs, Guy Bardone et René Genis. Sa façade dorée aux immenses baies sur la vallée, imite les tavaillons, ces bardeaux d’épicéas qui protégeaient les fermes jurassiennes des intempéries. Si ces deux lieux valent vraiment la peine, la balade de la randonnée 24 du Topo-guide Jura, fait revivre aussi les activités économiques qui ont fait forgé la réputation de Saint-Claude : la pipe et la taille du diamant. Des savoir-faire hérités des anciens tourneurs sur bois. L’office de tourisme de Saint-Claude commente ces visites et celui de Dole, au nord-est du département, les programme aussi. Un lien ferroviaire unit les deux villes : la fameuse ligne des Hirondelles, une voie ferrée mythique qui joue les funambules sur ses remarquables viaducs. Vers Saint-Claude ou Dole, ces offres à la journée incluant le voyage commenté, fonctionnent jusqu’au 9 juillet, avant la fermeture de la ligne Morez – Saint-Claude pour travaux mais reprendront, espère-t-on, après le 31 août.Marie Arnoult
Depuis la gare de Bellegarde-sur-Valserine
Passés Bourg-en-Bresse, puis Oyonnax, aux fenêtres du TGV qui roule vers Genève, surgissent les croupes chahutées des montagnes du Jura. Le calcaire affleure en plissés spectaculaires, les fameux « chapeaux de gendarme » évoquent ici la maréchaussée à l’ancienne. Partout du vert, des résineux des hêtres. Au bas des falaises, on devine des eaux vives accueillantes pour les truites. Ce sont les beaux paysages sauvages du parc naturel régional du Haut-Jura. 18h55 : terminus Bellegarde dans l’Ain. Notre destination : La Pesse à 40 km de là, dans le Jura frontalier, par des routes sinueuses entre les hautes futaies et les combes, typiques dépressions en cuvettes ondulées à perte de vue. Les fermes sont massives avec de petites fenêtres pour résister à l’hiver qui dure six à sept mois. Nous sommes fin mai, il a neigé la semaine passée. Mais à Coinchet sur le Crêt, notre point de chute à 1 160 mètres d’altitude, on se soucie peu du temps. Martine et Gilles ont installé là des hébergements insolites (voir le carnet pratique) destinés aux amoureux de la nature : des cabanes de trappeurs construites à l’orée de la forêt ou dans les houppiers des hêtres. Douillettes, confortables et en bois bien sûr. Il y a aussi des roulottes avec un aménagement pimpant à la tzigane. Ici, pas de vaches, mais des lamas très curieux des nouveaux arrivants. Cet épatant bout du monde au pied du Crêt de Chalam, est un point de départ pour rayonner à pied ou à VTT. Mais comment arriver là sans voiture, direz-vous ? Des minibus sur réservation font l’aller et retour entre la gare de Bellegarde-sur-Valserine, que ce soit les week-ends ou en semaine.
Avec le Topo-guide, Le Jura – Les Sentiers des patrimoines, en poche, (voir le carnet pratique), nous voici prêts pour la randonnée n° 25, « Combes, prairies et pâturages », dédiée au lait. Elle démarre par une leçon de choses à la Maison des fromages de Moussières, 5,4 kilomètres de La Pesse, au cœur des Hautes-Combes. Là sont élaborés le bleu de Gex à pâte persillée, le morbier traversé d’une ligne grise est une fine couche de charbon et le comté à pâte pressée, tous AOC. On suit toutes les étapes de l’emprésurage à l’affinage. La coopérative fruitière regroupe 27 agriculteurs. Gilbert, qui était l’un d’eux, est accompagnateur de visites depuis sa retraite. Il raconte avec émotion ce métier rude dont il a bien du mal à décrocher. La jeune génération prend pourtant le relais.
Dans une vidéo, Stéphane parle de ses 50 laitières montbéliardes, une race rustique bien adaptée au froid. Laurence, une autre agricultrice, travaille l’hiver à l’école de ski, un second emploi évident : « la neige, on l’a sous nos pieds, alors autant en profiter et quand il n’y en a plus, au printemps, il faut remonter les clôtures ». Puis, comme un rituel bien rodé, c’est le départ dans les pâturages où les vaches restent jusqu’à mi-octobre. Stéphane attache à leur cou ces cloches aux sons différents qui permettent de les reconnaître à l’oreille. « L’estivage à deux fonctions, explique-t-il, nourrir les bêtes et maintenir les paysages ouverts pour lutter contre l’embroussaillement ».
« Lorsque la pression agricole diminue, la forêt reprend ses droits », explique Gilles. Avant de partir notre guide du parc naturel régional du Haut-Jura recommande « de ne pas marcher dans l’assiette des vaches », en clair, les prairies de fauche. Nous suivons les balisages jaunes, le long des pelouses étoilées de fleurs de pissenlit et de boutons-d’or avant de monter aux « prés-bois », des pâturages gagnés sur les épicéas dont on a coupé les branches basses. Soudain, à flanc de Combe, apparaît un groupe juvénile de « cani-randonneurs », en classe verte. Chaque enfant est tiré par un chien de traîneau. Fabien dirige la troupe. Musher diplômé d’état, il fut un des premiers à utiliser les chiens d’attelage en été. On arrive en haut de Bellecombe. Chemin faisant, Gilles commente la flore, les premières orchidées, les alchémilles perlées de rosée qui donnent du goût au bleu de Gex. Les murets de pierre calcaire délimitent les prairies, le paysage est ouvert et, au milieu de nulle part, à un petit carrefour, se dresse soudain une mairie-école. Il faut dire que les fermes alentour sont dispersées sur trois ou quatre kilomètres. « Autrefois, on venait à pied ou à ski. Je me suis marié là, sourit Gilles. Depuis, le secrétariat de mairie a été transféré en bas, dans le village ». L’air est pur comme du cristal, l’ambiance pastorale et les sons étonnamment intenses, amplifiés par le calcaire qui multiplie l’écho du battement d’aile d’un rapace ou du tintement des clarines. D’ailleurs, le parc naturel régional à Lajoux (voir le carnet pratique) a répertorié ces « paysages sonores » où l’écoute est exceptionnelle et en a fait le thème de certaines randonnées accompagnées.Marie Arnoult
À lire, à savoir
Jadis, le Train du puy de Dôme
Pendant 18 ans, de 1907 à 1925, un train à vapeur a circulé de Clermont-Ferrand au sommet du Puy de Dôme. Édité par le conseil général du département, ce livre magnifiquement illustré de photos d’époque et de cartes postales raconte l’aventure des ingénieurs qui eurent la ténacité de construire un train qui, finalement, ne fut pas exploité très longtemps, condamné par l’avènement de la voiture.
Le Train du puy de Dôme par Yves Anglaret et Patrick Cochet. Éditions du Conseil général du Puy-de-Dôme.Le Panoramique des Dômes
Exploité par TC Dôme, le Panoramique des Dômes circulera toute l’année, à raison d’un train toutes les 20 minutes pendant les vacances d’été et toutes les 30 minutes pour les autres périodes. L’aller-retour adultes : 9,50 euros, seniors : 8 euros, 4-12 ans, 3,80 euros. Gratuit pour les moins de 4 ans. Des prix avantageux existent pour les familles et les groupes.
www.panoramiquedes domes.frVulcania
Cette véritable « cité des sciences » consacrée à la volcanologie fête aujourd’hui ses dix ans. Sur les lieux mêmes où sont nés les volcans, elle offre au public de comprendre sous une forme concrète toute la complexité des mouvements souterrains de la croûte terrestre. Avec des animations spécialement conçues pour les enfants.
Parc Vulcania, route des Mazayes, 63230 Saint-Ours-les-Roches. Tél. : 0820 827 828Le volcan de Lemptégy
Pendant des décennies, des pierres ont été extraites du cratère du Lemptégy. Ces carrières, aujourd’hui abandonnées, offrent aux visiteurs une passionnante vision stratigraphique de la formation du volcan, avec ses cheminées et ses bombes volcaniques…
Route départementale 941, 63230 Saint-Ours-les-Roches. Tél. : 04 73 62 23 25.
Un train à crémaillère rend le puy de Dôme à la nature
Il faudra attendre le 26 mai pour que les voyageurs soient autorisés à monter à bord du Panoramique des Dômes. Mais depuis quelques mois, les quatre rames gris clair de ce train à crémaillère se livrent à des essais en ligne. Elles semblent glisser sur la voie qui s’élève lentement à flanc de coteau, le long de la courbe du volcan jusqu’au sommet du puy de Dôme, à 1 465 m d’altitude. La prochaine inauguration sera, bien sûr, un événement ferroviaire qui va passionner les amateurs de trains. Il y a un siècle que la France n’a pas construit de chemin de fer à crémaillère. Celui-ci, dû à Stadler, une entreprise suisse, renoue donc avec ce système de rail denté qui permet de gravir les pentes les plus raides (LVDR n° 3332). Un retour à la tradition qui s’accompagne, en même temps, des avancées technologiques les plus récentes. Côté confort aussi, tout est fait pour que les voyageurs se sentent à l’aise et profitent tous, grâce à une disposition astucieuse des sièges, de la vue sur la vallée. Mais l’événement va beaucoup plus loin. Ce train, qui devient le symbole même du retour à la nature du site du puy de Dôme, s’intègre dans un vaste plan de réaménagement lancé il y a quelques années par le conseil général du Puy-de-Dôme.
Ce projet, qui a coûté 88 millions d’euros, a bénéficié des financements de l’Europe, de l’État, du conseil régional d’Auvergne, de la communauté d’agglomération de Clermont-Ferrand et de l’exploitant, TC Dôme.
Car le puy de Dôme, malgré sa célébrité, souffrait de négligence. Son sommet était défiguré par la présence d’un grand parking et d’équipements vétustes. Au lieu de cela, désormais, l’heure est à la défense de l’environnement. La voie est construite sur la plateforme de l’ancienne route qu’elle remplace aujourd’hui. Hormis les véhicules d’urgence, les voitures n’accéderont plus au sommet. L’ancien parking a été supprimé et ses espaces ont été rendus à la végétation. Des sentiers ont été bien tracés pour les centaines de milliers de visiteurs attendus. Les plus courageux pourront toujours monter à pied par le sentier des Muletiers, tandis que le train déposera au sommet, en toute saison et après un voyage de 15 minutes, ceux qui découvriront l’ancien temple gallo-romain mis en valeur dans le cadre d’un musée et l’observatoire météo construit sur ce site idéal pour l’observation du temps. Et puis surtout, ils découvriront depuis le plus haut sommet du département cette vue unique sur la chaîne des Puys, témoin d’une histoire géologique exceptionnelle. Un patrimoine naturel remarquable dont les Auvergnats sont en train de prendre conscience. Depuis la naissance du Parc naturel des volcans d’Auvergne, celle, il y a dix ans, de Vulcania, sorte de « Cité des sciences de la volcanologie », et depuis l’ouverture au public des anciennes carrières du volcan de Lemptégy, ils tentent de donner aux visiteurs les clés scientifiques de ces bouleversements terrestres dans un environnement à l’authenticité retrouvée. Tout cela vaut au puy de Dôme le label de Grand site de France. Les élus de la région ambitionnent aussi que « la Faille de Limagne et la chaîne des Puys » soient classées au patrimoine mondial de l’Unesco. Du côté du train, tout va dans le sens de l’intégration dans le paysage. La gare de départ qui est aussi maison de site, vaste et accueillante mais discrète, est en pierre sombre de Volvic, tandis que le centre de maintenance associe le bois et le verre. Des sentiers bordés de végétation canalisent les voyageurs jusqu’aux quais de départ. La livrée du train, elle aussi discrète, se fond dans le paysage. Même modestie pour les lieux d’accueil au sommet : un restaurant gastronomique offrant une vue imprenable et des possibilités de restauration rapide, et puis le point de départ des parapentes qui ondulent avec bonheur au gré de tous les vents qui soufflent là. C’est le regard sur l’Auvergne et sur la chaîne des Puys qui est invité à se renouveler.Christine Cartier
Trainworld, le futur musée national des Chemins de fer belges
« L’idée est de consacrer un lieu au monde ferroviaire dans ses dimensions patrimoniales et historiques, mais aussi dans son rôle présent avec ses enjeux : sécurité, technologie, rôle des gares, environnement… » résume François Schuiten. Il y aura bien entendu des machines anciennes, « mais j’espère aussi avoir un nez d’AGV, les derniers engins de Bombardier et de Siemens, voire des prototypes, même virtuellement présentables ». Pour le dessinateur, qui a également été scénographe à l’opéra, au théâtre ou pour les expositions universelles, « ce sera plutôt un opéra ferroviaire plus qu’un musée statique : il y aura du son, des effets spéciaux, des projections, car l’idée est de rendre toute la dimension spectaculaire et attractive au ferroviaire. » Et pas uniquement pour les spécialistes ! « J’ai envie d’en faire un lieu fascinant avec tous les moyens d’aujourd’hui. J’aime bien être surpris, étonné, troublé… J’aime découvrir des choses, apprendre au moment où je ne l’attends pas… » On entrera dans Trainworld par le superbe bâtiment voyageurs (1913) de la gare de Schaerbeek, qui donnera accès à un bâtiment de plus de 6 000 m2 au sol, à plusieurs niveaux. Relié au réseau ferré, le musée abritera, en plus des collections permanentes, des expositions temporaires et des trains spéciaux. La diversité des arrêts sera traduite par un mur de plaques, alors que le « grenier ferroviaire » exposera sous 15 m de haut les objets les plus divers du monde ferroviaire. La maison du garde- barrière témoignera quant à elle de la dimension humaine, du rôle des hommes et des femmes au cœur de l’entreprise ferroviaire : « la vocation, c’est de ramener le regard vers quelque chose qui s’est terriblement banalisé, de retrouver l’émerveillement, de redonner du romanesque et la beauté de ce métier ».