Catégorie : Fret

L’actualité du fret ferroviaire en France et dans le monde.

  • Royaume-Uni : CMA CGM va acquérir l’opérateur fret britannique Freightliner UK

    Royaume-Uni : CMA CGM va acquérir l’opérateur fret britannique Freightliner UK

    Le groupe marseillais CMA CGM a annoncé le 22 septembre 2025 qu’il allait acquérir Freightliner UK Intermodal Logistics, opérateur britannique de fret ferroviaire et routier, ainsi que ses terminaux intermodaux au Royaume-Uni et sa marque, sous réserve d’approbations d’ici 2026 des parties concernées.

    Freightliner UK avait été fondé en 1968 par British Rail, privatisée en 1995, puis racheté par Genesee & Wyoming en 2015.

    Les activités Heavy Haul, Rotterdam Rail Feeding et celles en Pologne et en Allemagne resteront détenues par la holding américaine Genesee & Wyoming.

    Freightliner continuera d’être géré indépendamment, son unité intermodale devenant une filiale autonome de CMA CGM, tandis que Heavy Haul opérera sous une nouvelle marque.

    CMA CGM, qui emploie environ 29 000 personnes, a transporté en 2024, vers et depuis le Royaume-Uni, environ 802 000 EVP, un EVP étant équivalent à un conteneur de vingt pieds.

    Un train de containers, remorqués par les locomotives électriques Class 90 90041 et 90007 de Freightliner, traverse la gare d’Ipswich (10 mars 2022)

  • ETF de retour sur un trafic fret en Normandie

    ETF de retour sur un trafic fret en Normandie

    Depuis début 2025 et après près de 10 ans d’absence sur l’ITE de la carrière de Chailloué (Orne), ETF est de retour pour assurer un trafic fret régulier de produits de carrières à destination de l’ITE Stref de Tourville-la-Rivière (Seine-Maritime).

    La desserte a lieu plusieurs fois par semaine, avec des rames tractées par des G 1206 pelliculées aux couleurs de l’entreprise très dynamique sur les chantiers ferroviaires. À noter que des Euro 4000 louées à Europorte ont un temps été utilisées sur ce trafic.

  • Ermewa a reçu son 50 000e wagon et en présente un nouveau pour le transport de produits palettisés

    Ermewa a reçu son 50 000e wagon et en présente un nouveau pour le transport de produits palettisés

    La société de location de wagons Ermewa, filiale du groupe Streem (ex-groupe Ermewa), un des leaders mondiaux de la location de wagons de fret et de conteneurs-citernes, a annoncé que son 50 000e wagon, de type Laaers, avait été livré courant mai 2025. Le parc d’Ermewa est constitué de 120 types de wagons répartis dans huit classes : acier, automobile, chimie, céréales, granulats, énergie et travaux ferroviaires, intermodal, et produits palettisés. Pour répondre aux exigences de ces clients, Ermewa modernise en permanence son parc de wagons, dont les âges moyens ont diminué de cinq à sept ans selon les types.

    Vue sur le nouveau wagon pour le transport de produits palettisés (2 juin 2025).
    Vue sur le nouveau wagon pour le transport de produits palettisés (2 juin 2025).

    À l’occasion du salon Transport Logistic, qui s’est déroulé à Munich du 2 au 5 juin 2025, Ermewa a présenté entre autres le démonstrateur de son futur nouveau wagon pour le transport de produits palettisés, fabriqué par le constructeur et réparateur de wagons Inveho du groupe Streem. Le transport de produit palettisés est un marché en pleine croissance, et contribue au report modal du transport de marchandises de la route vers le rail. Ce wagon est équipé d’une bâche anti-vandalisme automatisée commandable à distance depuis une tablette permettant de gagner du temps en toute sécurité lors de son ouverture et sa fermeture. Ermewa présentait également un wagon de type Rens à plancher en acier et à ranchers courts, un wagon intermodal de type Sggmrss 90’ et des conteneurs- citernes des sociétés du groupe Streem, Eurotainer et Rafles, et un wagon-tombereau de type Eamnos.

  • À Tournan, le vin continue de prendre le train

    À Tournan, le vin continue de prendre le train

    Alors que le transport du vin par wagons animait bon nombre de cours fret et d’ITE, celui-ci est aujourd’hui réduit à la portion congrue. Les plans Fret SNCF successifs et la fin de la filiale spécialisée Vinirail sont passés par là. À Tournan-en-Brie en Seine-et-Marne, un établissement vinicole continue de confier au rail des volumes importants et croit en ce mode vertueux.

    À 15 h 27 une rame de 10 wagonsciternes tractés par la BB 75437 d’Hexafret longe les bâtiments de la Compagnie française des grands vins (CFGV), leader européen du vin mousseux hors champagne. L’entreprise créée en 1909, auparavant implantée aux chais de Bercy, utilise depuis le rachat de son ITE en 1984 le train pour acheminer une partie du vin nécessaire à l’élaboration des différentes marques commercialisées. Elle est raccordée à la ligne reliant Gretz- Armainvilliers à Coulommiers. Les volumes nécessaires sont en effet impressionnants pour ce site qui dispose d’une capacité de stockage de 13 millions de litres dans de gigantesques cuves, et produit plus de 50 millions de bouteilles par an. Elles sont quelque 200 000 provenant de verreries de France et d’Allemagne à arriver chaque jour, trafic que l’entreprise regarde pour transférer vers le ferroviaire. La longueur de la voie ferrée dans l’enceinte de l’usine, légèrement amputée en 2019, pourrait ainsi être doublée afin d’augmenter sa capacité. Par le passé, l’embranchement accueillait des dessertes de 24 wagons, livrées en demi-rames grâce à l’utilisation d’un faisceau de voies de service à Gretz.

    Chaque mois, 10 wagons de type Zas représentant 600 000 l sont en moyenne expédiés par la société italienne Lotras, spécialisée dans le transport multimodal de liquides alimentaires, depuis le nord de l’Italie. Les mentions « Nur füer Lebensmittel » (Juste pour les courses) et « Wine and Must » (vin et moût) permettent à un observateur avisé de déterminer la nature de la marchandise transportée. Trenitalia et Hexafret via son offre MLMC assurent la traction des convois, passant par Vintimille pendant l’interruption en vallée de la Maurienne, non sans générer un surcoût peu favorable au fret ferroviaire. Seul le parcours terminal depuis Le Bourget vers Tournan est assuré en traction diesel.

    Toutes les mesures utiles sont prises, conformément à une réglementation draconienne, pour préserver la qualité des vins transportés : wagons plombés en vanne de fond et capot, plombs numérotés avec contrôle de concordance à l’arrivée par le caviste, prélèvement et analyse physico-chimique et organoleptique en laboratoire… Les citernes seront dépotées via des canalisations inox, et le précieux liquide envoyé vers les cuves grâce à des pompes. Lotras remet un certificat de lavage des wagons dans les règles de l’art à chaque expédition. La CFGV dispose d’une semaine maximum pour vider la totalité de la rame. Franck Fortin, responsable élaboration process, et Cédric Bombart, chef de cave, rappellent l’importance de limiter le vide lors du transport afin de diminuer l’oxydation et le ballant du liquide.

    Lorsqu’on regarde la rame de 150 m et 880 t de masse sur rail refouler dans les emprises du client, évitant ainsi 23 camions sur nos routes, on se dit que le choix de la CFGV est le bon pour décarbonner la logistique et renforcer la sécurité routière. Un label « prend le train » à l’attention des consommateurs était évoqué dans un des innombrables rapports sur le nécessaire développement du transport des marchandises par le rail. Sûrement une bonne idée à concrétiser, même si il faut le rappeler la consommation avec modération s’impose y compris pour les « boissons ferroviaires » !

  • Nouvelle ITE sur la ligne régionale Colombiers – Maureilhan

    Nouvelle ITE sur la ligne régionale Colombiers – Maureilhan

    Dans l’Hérault, la ligne régionale d’Occitanie Colombiers – Maureilhan (6,1 km) comporte une seule ITE active, celle d’Amiel au Pk 1,602. C’est cette dernière qui assure l’intégralité du trafic actuellement. En 2023, les trafics étaient de 103 trains (AR cumulés) ayant acheminé 1 120 wagons, soit 30 200 t. Amiel expédie du vin en vrac avec deux trains par semaine à destination de Prahecq (79). La traction est assurée par Europorte. À Maureilhan, la gare avec sept voies servant de stockage de wagons n’a plus d’activité depuis que l’entreprise Claude, sise à Colombiers, n’a plus besoin de cette capacité supplémentaire.

    Il n’y a plus de réception/expédition de trains en gare de Maureilhan. Le projet de la création d’une ITE au Pk 4,507 (dont l’aiguille avait été posée) devrait être relancé pour la verrerie O-I-France. La nouveauté est la réalisation au dernier trimestre 2024 de la partie publique d’une ITE au Pk 1,495 pour la nouvelle usine à construire d’ECM-Group qui produira des « hotbox » (contenants de type fours industriels qui encapsuleront des électrolyseurs hydrogène). Cette entreprise utilisera le mode ferroviaire pour la réception des matières premières et l’expédition de ses productions. La mise en exploitation de l’usine est pressentie pour 2027/2028.

  • Un nouveau terminal ferroviaire à Sète en septembre 2025

    Un nouveau terminal ferroviaire à Sète en septembre 2025

    Le port de Sète et VIA-Rail, filiale de la SNCF, ont lancé la dernière phase de modernisation du terminal ferroviaire de Sète. L’objectif de ces nouvelles installations est de permettre d’augmenter le nombre de remorques transportées pour passer de 12 000 à 40 000 par an. Les rotations ferroviaires entre Calais et Sète, actuellement au nombre de trois par semaine, pourraient ainsi augmenter de façon significative sur une route multimodale entre le nord de la Grande-Bretagne et la Turquie via les ports français. Ce chantier de 20 millions d’euros bénéficie du plan de relance des pouvoirs publics, parallèle au développement croissant du port de Sète. Les travaux en cours permettront de charger les conteneurs horizontalement sur des wagons Modalhor, de façon plus simple et plus rapide, sans nécessiter l’usage de grues.

  • Retour du fret à Tartas

    Retour du fret à Tartas

    Le 3 février, un premier train de fret a de nouveau circulé entre Laluque et Tartas dans Les Landes. Cette ligne a fait l’objet d’une rénovation totale sur 12,6 km. L’investissement d’environ 17 millions d’euros a été financé par la région Nouvelle-Aquitaine et l’État au titre des lignes capillaires de fret. Cette ligne de 1890 avait été transférée à la région en 2017 après avoir appartenu au département des Landes comme voie ferrée d’intérêt local. En mars 2019, un train de marchandises a déraillé à la suite d’un affaissement et la ligne a été fermée à tout trafic. Des travaux sont réalisés en 2022 et 2023 : réfection de la plateforme, reprise de l’assainissement, remplacement de rails, traverses et ballast, régénération de deux ponts, automatisation de trois PN. Plusieurs entreprises y sont embranchées : papeterie, silos de maïs et future plateforme multimodale de Laluque. L’objectif est le transport de 200 000 t par an. Ce projet fait partie du programme régional Néo Terra en faveur de la transition écologique et énergétique.

  • Ultime desserte fret à Salindres

    Ultime desserte fret à Salindres

    Le 9 janvier 2025, Hexafret a procédé à la dernière desserte de l’usine Solvay de Salindres (Gard). L’usine vieille de 160 ans et spécialisée dans la production de produits chimiques ferme ses portes cette année, entraînant de fait l’arrêt définitif du trafic fret. La BB 75061 a acheminé vers Nîmes les deux derniers wagons transportant des matières dangereuses, après que ceux-ci ont été manoeuvrés depuis l’ITE vers le faisceau d’échanges par un locotracteur Moyse. Cette desserte animait une courte section de la ligne reliant Alès à Bessèges, fermée depuis 2012 au trafic TER mais dont la réouverture est toujours projetée par la région Occitanie à l’horizon 2028.

  • EDF attachée à ses lignes fret capillaires normandes

    EDF attachée à ses lignes fret capillaires normandes

    Les consultations menées par EDF auprès des élu(e)s et riverain(e)s de la ligne reliant Rouxmesnil à la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime) se sont achevées à l’automne 2024. Cette voie unique non électrifiée de 26 km, propriété d’EDF et de SNCF Réseau pour la partie VUTR (voie unique à trafic restreint) ayant pour origine Rouxmesnil-Bouteilles (ligne n° 356000 du RFN), voit circuler environ 50 trains par an pour le transport de matières radioactives. Le chantier à venir de l’EPR pourrait être alimenté en partie par le rail, entraînant une augmentation importante du trafic avec jusqu’à cinq à 10 trains par jour. EDF souhaite racheter à SNCF Réseau la section actuellement en VUTR, et évalue les investissements de remise à niveau à 20 millions d’euros. Les travaux pourraient commencer en octobre 2025 et durer jusqu’à fin 2026.

    Toujours en Seine-Maritime, EDF envisage de cofinancer également pour un investissement total d’environ 40 millions d’euros la réhabilitation de la VUTR Motteville – Saint-Valery-en-Caux, ligne n° 358000 du RFN, longue d’environ 30 km. EDF est utilisatrice de la ligne pour expédier les wagons de la centrale nucléaire de Paluel, de même qu’une entreprise de démantèlement de matériels ferroviaires à Grémonville.

  • Deux sociétés pour Fret SNCF

    Deux sociétés pour Fret SNCF

    Confirmant la décision du gouvernement du 28 octobre 2024, Rail Logistics Europe (RLE) du groupe SNCF a annoncé le 4 novembre que Fret SNCF disparaissait et se transformait à compter du 1er janvier 2025 en deux nouvelles sociétés : Hexafret, nouvel opérateur ferroviaire spécialisé dans le groupage de wagons, et Technis, nouvelle société de maintenance des locomotives.

    La disparition de Fret SNCF et la création de deux autres sociétés, Hexafret et Technis, constituent la deuxième étape du plan de discontinuité négocié par l’État français auprès de la Commission européenne après l’instruction ouverte par cette dernière en janvier 2023 vis-à-vis de subventions jugées illégales versées par l’État à Fret SNCF. Pour éviter le remboursement de 5,3 milliards d’euros qui aurait entraîné la liquidation de la société, le gouvernement de l’époque avait opté pour ce plan de discontinuité. L’actuel gouvernement a confirmé cette position.

    Au cours du premier semestre 2024, Fret SNCF a dû abandonner à ses concurrents 30 % de son trafic (20 % du chiffre d’affaires) correspondants à des trafics dits à moyens dédiés. Essentiellement des trains du transport combiné avec des clients réguliers et des moyens dédiés. Cela concerne 23 flux pour une dizaine de clients. Il n’y a pas eu de report modal. L’intégralité des flux remis sur le marché a été reprise par d’autres opérateurs ferroviaires.