Catégorie : Fret

L’actualité du fret ferroviaire en France et dans le monde.

  • Roumanie : trois candidats pour la privatisation du fret ferroviaire

    Trois candidats, dont le groupe ferroviaire américain Omni TRAX se sont déclarés intéressés par le rachat d’une part majoritaire de la compagnie publique de fret ferroviaire roumaine CFR Marfa. Omni TRAX est une des plus importantes compagnies de fret ferroviaire privées américaines. La société privée Groupe ferroviaire roumain (GFR), premier opérateur de fret ferroviaire en Roumanie, s’est également montrée intéressée ainsi qu’un consortium formé par TFG (Transferoviar Grup), une société roumaine associée à un fonds d’investissement autrichien, Donau-Finanz and CO KG Austria. Le nom du vainqueur sera connu le 20 juin après dépôt des offres détaillées. Rappelons que Bucarest s’est engagé auprès du Fonds monétaire international et de l’Union européenne à privatiser plusieurs compagnies publiques déficitaires dont CFR Marfa. CFR Marfa emploie environ 9 000 personnes et enregistre une dette cumulée de 347 millions d’euros.
    En 2011, l’opérateur ferroviaire public a réalisé un chiffre d’affaires de 251 millions d’euros pour une perte nette de 21 millions d’euros, selon les derniers chiffres officiels disponibles.

  • Combiné : un nouveau système de transbordement révolutionnaire

    Combiné : un nouveau système de transbordement révolutionnaire

    La société allemande de transport combiné rail-route CargoBeamer a présenté le 26 octobre à Calais (Pas-de-Calais) un système permettant de transborder des semi-remorques sur des trains en 15 minutes et destiné à « révolutionner » le ferroutage en Europe. Le terminal « CargoBeamer Gate » devrait voir le jour en 2014 à Calais, avec une capacité de transfert de plus de 800 semi-remorques par jour, de la route au rail. La technologie consiste en un transbordement latéral et automatisé pour tous les semi-remorques existant sur le marché, alors qu’aujourd’hui « seulement 15 % du transport de marchandises sur route peuvent être transférés vers le rail, en raison de contraintes techniques », affirme la société.
    « Le trafic de marchandises sur les routes européennes devrait croître de 75 % d’ici à 2025, menaçant les infrastructures routières du continent d’une congestion du trafic », estime Hans-Juergen Weidemann, PDG de CargoBeamer. « CargoBeamer anticipe cette évolution et va permettre de remédier à cette situation en transférant le trafic de marchandises de la route vers le rail de manière efficace et écologique », ajoute-t-il.
    Le système sera installé au cœur d’un futur parc logistique de plus de 200 000 mètres carrés, « Calais Premier », qui est présenté comme le plus grand au nord de Paris, entre le port et le Tunnel sous la Manche, et qui veut devenir l’une des toutes premières portes d’entrée du trafic de marchandises entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale. La naissance de ce terminal à Calais est la première étape de la construction d’un réseau sur les principales voies de marchandises en Europe. D’autres sont prévus à Hagen (Allemagne), Legnica (Pologne) et Mockava (Lituanie), a indiqué la société.    

     

    M.-H. P.

  • Malawi : le brésilien Vale débute un chantier de 1,1 milliard de dollars

    Le groupe minier brésilien Vale a officiellement lancé le 6 décembre la partie malawite du chantier de son corridor de fret lourd qui doit relier sa mine de charbon de Moatize, dans la province mozambicaine de Tete, au nouveau port en eaux profondes de Nacala, dans la province mozambicaine de Nampula. Cette ligne doit traverser le Malawi, dont le territoire sépare les deux provinces. Une bonne opération pour ce pays enclavé dont le développement économique dépend de la réduction des coûts du transport. La partie malawite du chantier consiste en la construction d’une ligne de 139 km, ainsi que la réhabilitation de 99 km de ligne existante pour un montant estimé à 1,1 milliard de dollars (845 millions d’euros). Le projet devrait créer plus de 3 000 emplois dans le pays. Le chantier doit s’achever en 2014.    
     

  • Vente du Sernam : feu vert de l’Autorité de la concurrence

    Vente du Sernam : feu vert de l’Autorité de la concurrence

    L’Autorité de la concurrence a annoncé le 12 novembre avoir approuvé sans condition la prise de contrôle de la société de messageries Sernam par Calberson (groupe Geodis, filiale de la SNCF). Elle a considéré que « l’opération n’était pas susceptible de porter atteinte à la concurrence sur les marchés concernés ».

  • Gefco vendu aux chemins de fer russes

    PSA Peugeot Citroën a officialisé le 20 septembre la cession prochaine de 75 % de sa filiale de logistique Gefco aux chemins de fer russes RZD, marquant une nouvelle étape du plan qui doit permettre au constructeur automobile en difficulté d’améliorer ses finances. Cette vente doit lui rapporter 800 millions d’euros. L’opération devra auparavant être approuvée par les autorités de la concurrence dans les pays concernés.
    Gefco, qui emploie environ 9 400 employés dont près la moitié sont en France, devrait conserver son patron actuel, Luc Nadal (ancien directeur général de Fret SNCF). « Le siège social resterait en France », précise un communiqué de PSA.
    Les camions, wagons ou navires affrétés par Gefco transportent chaque année plus de 3 millions de voitures des usines aux points de vente, en passant par les parkings de stockage et des ateliers de postproduction où sont ajoutées les dernières options du véhicule. Tirée par l’internationalisation de la production et des ventes automobiles, notamment vers l’Europe de l’Est depuis le début des années 2000, Gefco veut dépasser le cap des 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dès 2015, en s’attaquant aux zones à forte croissance (Amérique latine, Asie, Moyen-Orient…).

     

  • Fret : un train combiné relie l’Europe au marché turc

    Fret : un train combiné relie l’Europe au marché turc

    CFL Cargo et CFL Multimodal, deux sociétés luxembourgeoises, ont annoncé le 14 septembre la mise en service d’une navette de trains combinés entre Bettembourg au Luxembourg, et Trieste en Italie, d’où les marchandises arriveront en provenance des ports turcs d’Istanbul, d’Izmir et de Mersin. Les deux sociétés ont mis en place cette nouvelle navette en partenariat avec Mars Logistics, un acteur majeur du fret en Turquie. Le service repose sur une fréquence de trois allers-retours par semaine. À partir du terminal multimodal de Bettembourg, les marchandises continuent leur trajet en train vers de nombreuses destinations au Luxembourg, en Belgique, en France, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Selon les prévisions des promoteurs du projet, cette liaison permettra une réduction de 13 000 tonnes de CO2, soit 75 % d’émissions de CO2 en moins par rapport au transport routier. À noter que ce train combiné a été en partie réalisé grâce à des financements européens via le programme communautaire Marco Polo.

     

  • Les chemins de fer russes envisagent d’acheter 75 % de Gefco

    Les chemins de fer russes envisagent d’acheter 75 % de Gefco

    La compagnie russe de chemins de fer RZD envisage de racheter 75 % du français Gefco, la filiale de transports de voitures de PSA Peugeot Citroën, pour un milliard d’euros, selon le quotidien Kommersant du 30 août. Le groupe automobile s’est refusé à commenter cette information, se bornant à indiquer que « le processus d’ouverture du capital suit son cours ». Rappelons que PSA Peugeot Citroën a annoncé en février qu’il allait vendre une partie de Gefco, avec l’objectif de lever 500 millions d’euros.

    © Christophe Recoura/Photorail

  • Fret. Gefco passe à la vitesse supérieure avec General Motors

    Fret. Gefco passe à la vitesse supérieure avec General Motors

    En signant le 28 juin un contrat de sept ans avec General Motors pour devenir « l’architecte » de l’organisation logistique du constructeur automobile américain, Gefco estime qu’il en sera transformé. D’une part du fait de l’importance du contrat : il se traduira par une hausse de 20 % de son chiffre d’affaires dès 2013, année de son application. L’année dernière, le chiffre d’affaires avait atteint 3,78 milliards d’euros, en progression de 13 % par rapport à 2010.
    D’autre part par son contenu : GM, client de longue date du logisticien, transfère la totalité de la logistique à Gefco pour l’ensemble des pays européens (auxquels s’ajoutent la Russie et la Turquie). Ces marchés ont représenté 1,2 million de véhicules l’an dernier. « Nous espérons que ce chiffre va considérablement augmenter », souligne Antoine Redier, le directeur du programme GM chez Gefco. Selon lui, Gefco devient avec ce contrat le leader de la logistique automobile.
    Pour Christian Zbylut, le directeur du développement international, l’implantation internationale de Gefco, non seulement en Europe mais aussi sur les zones Eurasie ou encore en Asie orientale et en Inde, a permis la signature du contrat. Le logisticien français est présent dans 33 pays mais assure des prestations dans 130 pays grâce à son réseau de partenaires. 100 à 150 personnes vont être mobilisées sur le projet avec GM. Les effectifs supplémentaires proviendront notamment de salariés de GM. « C’est une belle course contre la montre qui est engagée », note Luc Nadal, le nouveau directeur général de Gefco. L’ancien directeur général de Fret SNCF se félicite de pouvoir ainsi « diversifier son portefeuille de clientèle ». Selon lui, des synergies vont pouvoir être mises en œuvre, essentiellement dans les plans de transports et les équilibrages de flux. « C’est la reconnaissance de notre savoir-faire », commente aussi Luc Nadal, qui espère signer à l’avenir d’autres contrats du même type. Ce contrat ne remet pas en question la procédure d’ouverture de capital de Gefco souhaitée par l’actionnaire à 100 % PSA Peugeot Citroën. Le choix de l’investisseur devrait être connu cet automne. Seule la perspective de l’arrivée d’un groupe européen de logistique terrestre aurait pu assombrir l’avenir, selon le directeur général, mais cette éventualité n’est pas d’actualité. Dans le viseur, notamment, SNCF Geodis, mais celui-ci n’est pas intéressé.

    Marie-Hélène Poingt
  • Europorte remporte l’appel d’offres lancé par Bordeaux Port Atlantique

    Le Grand Port Maritime de Bordeaux (GPMB) a choisi Europorte (Socorail), filiale de fret ferroviaire d’Eurotunnel, pour assurer la gestion, l’exploitation et la maintenance de son réseau ferré pour une durée de 8 ans.


    Le port de Bordeaux, situé sur le plus vaste estuaire d’Europe, bénéficie d’une situation privilégiée, au coeur de la façade Atlantique. Acteur du développement et de l’aménagement du territoire, le port dispose de 7 terminaux portuaires, dont deux comprenant des infrastructures ferroviaires : Bassens et le Verdon. Le site de Bassens comprend 10,24 km de voies ferrées, et 25 appareils de voie. Le site du Verdon, quant à lui, comprend 11 km de voies ferrées, et 14 appareils de voie, soit au total plus de 20 km de voies. Le Grand Port Maritime de Bordeaux bénéficiera d’une équipe dédiée. Ce partenariat lui permettra de connaître en temps réel les informations sur l’utilisation de ses voies et sur l’état de son réseau. Europorte a déjà remporté l’appel d’offres lancé par le Port de Dunkerque, celui du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire ainsi que ceux des Grands Ports Maritimes du Havre et de Rouen et celui des Ports de Paris.

  • Le Panoramique des Dômes  au sommet

    Le Panoramique des Dômes au sommet

    C’est parti ! Le tout nouveau train à crémaillère qui gravit en colimaçon les pentes du puy de Dôme est désormais en service. Justement baptisé Panoramique des Dômes, il permet l’ascension, en 15 min seulement, du plus célèbre volcan auvergnat. Quelque pas de plus, et les visiteurs se retrouvent bientôt au sommet, à 1 465 m d’altitude… Si les premiers voyageurs, tout comme les millions d’autres qui suivront, ne se montrent guère sensibles à l’exploit technique que représente ce train, ils n’en sont pas moins émerveillés par la beauté exceptionnelle des paysages, au cœur du Parc naturel des volcans d’Auvergne. Avec le Panoramique des Dômes, le chemin de fer retrouve ici ses droits, après une longue parenthèse de 87 ans (voir encadré page 16). Finie l’invasion automobile, place à un mode de transport qui apporte tranquillité, sécurité, en respectant son environnement.
    Le puy de Dôme est le sixième site naturel qui a reçu, le 15 janvier 2008, le label Grand Site de France. Ce dernier récompense les efforts entrepris par le conseil général depuis une dizaine d’années pour réaliser une série d’aménagements visant à améliorer l’attractivité du site été comme hiver. Avec
    380 000 visiteurs par an, chiffre en progression constante, le puy de Dôme arrive en 10e position parmi les sites naturels les plus visités de France, générant pour le département des retombées économiques à hauteur de 89 millions d’euros.
    Avec des déclivités atteignant les 16,5 %, la route qui accédait au sommet était la plus pentue du département. Recensée par l’État comme route « à risques », elle ne pouvait plus assurer l’ascension des touristes en garantissant une sécurité optimale. C’est pourquoi, dès le 9 août 2007, le conseil général avait dû l’interdire aux caravanes et autocars transportant plus de 19 voyageurs (exception faite de ceux convoyant des PMR). Cette décision intervenait après le drame de Vizille (Isère), où un car de touristes polonais était tombé dans un ravin en juillet 2007 alors qu’il circulait sur une route de même catégorie… C’est l’aspect de la sécurité qui a prédominé dans le choix d’un train, qui peut facilement se substituer aux nombreuses navettes routières en toutes conditions météorologiques, diminuant ainsi, de surcroît, les émissions de gaz à effet de serre : 5 250 t de CO2 sur 35 ans (calculé sur la base de 50 000 voitures et 7 000 cars par an) ! Pour Jean-Yves Gouttebel, président du conseil général et initiateur du projet, l’idée du Panoramique des Dômes remonte à plus de 10 ans, période de réflexion, concertation, études de faisabilité et de construction. Une première étape très importante a été franchie en février 2007 quand le dossier est adopté en cession plénière avec 41 voies favorables, sept contres et 13 abstentions. Tout aussi capitale, la date du 28 janvier 2008, pour le choix du concessionnaire, qui le sera durant les 35 prochaines années : le groupe d’origine canadienne SNC-Lavalin, représenté par TC Dôme, filiale du groupe SNC-Lavalin et de la Caisse des dépôts.
    Une infrastructure intégrée au site Minimisant les travaux sur les flancs du volcan et la durée de ceux-ci, la voie ferrée emprunte la plate-forme existante, occupant une partie côté amont, où, contiguë à celle-ci, subsiste une partie de l’ancienne route, servant de voie de secours. À certains endroits, là où les deux plates-formes avaient du mal à coexister, des talus végétalisés ont été posés pour agrandir la plate-forme sur le côté aval, garantissant une largeur de 7 m. Celle-ci s’élargit volontairement au chemin desMuletiers vers le Km 2,70, à 1 100 m, à l’unique point de croisement entre les rames montantes et descendantes. Le lieu porte le nom d’un des deux sentiers de randonnée accédant au sommet. L’ancienne route et son péage ont été fermés définitivement aux véhicules touristiques en juillet 2010 pour commencer les travaux d’infrastructure. Deux ans plus tard s’érigent, au pied du puy de Dôme, deux bâtiments de grandes dimensions : la gare de départ, appelée Maison de site, et le centre de maintenance, tous deux dessinés par le cabinet DHA (Douat, Harland et associés). Leurs fondations, en pied de site, avaient débuté début 2011. Un délai de construction rapide quand on se rend compte du gigantisme des bâtiments, notamment pour la Maison de site, un complexe de 3 000 m2 qui s’apparente, pour son architecte, à un véritable ouvrage d’art. Elle s’intègre aux paysages grâce à ses parements muraux de pierre de Volvic, un total de 55 t, et 50 autres pour la toiture ! Cette roche volcanique locale offre une très grande résistance aux temps et intempéries. Le centre de maintenance, situé précisément à 497,7 m derrière la Maison de site, adossé au puy de Collière, est équipé de deux voies principales, toutes deux abritées sous hangar. En annexe, on trouve les bureaux de l’exploitant, la sous-station pour l’alimentation en électricité de la LAC (ligne aérienne de contact) et le poste central de commandement. Mélèze en toiture, pin douglas en façade, épicéa pour les charpentes, agrémentées de zinc, permettent à cet ensemble d’être très discret. Au sommet, la gare est maintenant sous 10 000 m3 de terre végétale, la rendant totalement souterraine. Le gros des travaux a commencé au lendemain de l’hiver 2011 avec le creusement de cette énorme cavité accueillant le BV. La terre récupérée a permis de refaçonner un sommet beaucoup plus naturel, tandis que les pierres de l’ancien parking ont été concassées et redéployées sur le site. 4,9 km de ligne séparent la Maison de site et la gare du sommet, équipés d’une crémaillère de type Strub (unique modèle utilisé en France sur les quatre existants) positionnée sur des traverses métalliques en Y assurant une stabilité optimale de la voie ferrée dans les courbes. Ce type de traverses est très répandu sur les chemins de fer de montagne, notamment en Suisse.

    Un matériel taillé sur mesure Pour l’exploitation, quatre rames ont été achetées. Pour leur réalisation, le conseil général s’est tourné vers le constructeur suisse Stadler, unique fabricant de train à crémaillère du continent européen et leader mondial dans ce domaine. C’est dans son usine directrice de Bussnang, en plein cœur de la Suisse alémanique, à quelques encablures de Zurich, qu’elles ont été construites. Bien que commandées en seulement quatre exemplaires, Stadler a dû développer un produit spécifique. Pour faciliter son travail, le cons-tructeur a sélectionné, parmi son large catalogue de références d’engins, le modèle à partir duquel il pourrait concevoir les dispositions constructives des futures automotrices. Le choix s’est porté sur le matériel à crémaillère, mis en service, en 2003, pour le Chemin de fer de Montserrat, en Espagne. C’est un GTW, des initiales incongrues du mot allemand Gelenktriebwagen, désignant une automotrice articulée, une idée novatrice, développée par Stadler en 1990, qui a largement contribué au succès du constructeur suisse. Cette originalité réside dans l’assemblage des appareillages électriques et pneumatiques à l’intérieur d’un module « inhabité » monté sur un bogie moteur encadré par deux éléments reposant chacun, d’un côté, sur ledit module par le biais d’une articulation, de l’autre, sur un bogie porteur sous la cabine de conduite.
    L’architecture des automotrices du puy de Dôme est précisément du type GTW 2/6, la numérotation 2/6 signifiant deux essieux moteurs sur un total de six essieux. Ce type d’agencement présente l’avantage de pouvoir offrir une grande surface à plancher bas sans avoir recours à des solutions lourdes et complexes. Pour le Panoramique des Dômes, long de 36,43 m au gabarit de 2,65 m, elle est d’environ 70 %. « C’est l’exemple même du projet personnalisé ! », observe Urs Wieser, le responsable de la vente des trains à crémaillère pour Stadler. Avec le concept de modularité, ou « tailor made », qu’offre le constructeur, les Puydômois, au terme d’un sondage, ont pu sélectionner le look et la face avant du train. Stadler les a réalisés en fibre de verre renforcée et la vraie difficulté résidait dans un pare-brise très arrondi de forme convexe, collé sur la structure de caisse en intégrant les blocs-phares. L’intérieur comme l’extérieur sont signés MBD Design. La livrée fait appel à deux teintes intemporelles, la couleur grise avec, courant tout au long de la rame, une frise de teinte aubergine représentant en ombres chinoises la chaîne des Puys telle qu’on la voit depuis les Combrailles (massif situé à l’ouest). L’aménagement intérieur ne ressemble à aucun autre avec ses sièges en bois en configuration 3 + 1 permettant de placer un maximum de voyageurs du côté aval en garantissant une vision optimale sur la chaîne des Puys. Chaque rame peut embarquer 190 personnes dont 112 places assises incluant les 12 strapontins. En période de fortes influences, les rames sont coupables en unité multiple. Pour une vision idéale, les postes de conduite de chaque extrémité sont tous les deux implantés côté montagne sur la moitié de la largeur. À l’image de l’ergonomie traditionnelle en France, les pupitres sont agencés avec le freinage à gauche et la traction à droite.
    Comme on a vu précédemment, la ligne du puy de Dôme est longue de 5,7 km, dont 4,9 exploités commercialement. Construite à voie métrique et électrifiée par ligne aérienne alimentée en courant continu 1 500 V, elle est équipée d’une crémaillère Strub. Les rayons de courbure du tracé en plan peuvent descendre à 70 m avec un profil en long aux déclivités maximales de 57,5 ‰ en simple adhérence et de 155 ‰ avec la crémaillère. La portion en adhérence ne concerne, au demeurant, que la section entre le centre de maintenance et la gare inférieure. Les vitesses nominales, calquées sur celles pratiquées en Suisse, s’établissent à 27,5 km/h à la descente (24,5 km/h en pente supérieure à 120 ‰) et 30 km/h à la montée. L’entraînement s’effectue par deux roues dentées (une parmoteur, tandis qu’une roue dentée servant pour le freinage est disposée sous les bogies porteurs.
    L’automotrice a une masse de 58,5 t en charge, sa puissance embarquée est de 750 kW et développe un effort à la jante de 120 kN. Elle dispose de deux pantographes, l’un sur le module central, comme chaque GTW électrique, l’autre, racleur et preneur de courant, sur la caisse d’extrémité A (côté sommet) et utilisable par température négative contre le givre. Les automotrices du puy de Dôme sont également dotées du freinage par récupération. Dans la situation normale, il y a toujours une rame qui monte et une qui descend. Le courant produit par le freinage de la rame descendante produit 50 % de l’énergie nécessaire pour la traction de celle qui monte. Si la ligne aérienne n’est plus « récupérante » (par exemple lorsque le dernier train de la journée redescend), l’automotrice peut freiner en rhéostatique, l’énergie dissipée dans les résistances servant pour le chauffage ou la climatisation des espaces voyageurs.
    Le calendrier, qui prévoyait 10 mois pour la conception, neuf mois pour la cons-truction et deux mois pour la mise en service, a été parfaitement respecté. In situ, Stadler avait procédé aux habituels essais statiques et aux tests fonctionnels. La réception du matériel s’est faite chez le constructeur en août 2011, avant son transfert vers la France. Après un passage à la grande halle d’Auvergne, à Clermont-Ferrand-Cournon, lors de la Foire Internationale du 3 au 12 septembre, cette première rame est arrivée sur le site le 14 septembre. Les autres ont été acheminées directement au centre de maintenance respectivement en octobre, novembre et décembre de la même année. Pour les essais en ligne, amorcés le 24 octobre, Stadler avait planifié un minimum de huit semaines, vu qu’il s’agissait d’un prototype, avant l’homologation, obtenue les 7 et 8 décembre 2011. En l’absence de référentiel technique pour les trains à crémaillères en France, et compte tenu de la compétence développée par la Suisse en la matière, le concessionnaire s’est appuyé sur celui en vigueur dans ce pays. Il a donc été délivré par l’OFT (Office fédéral des transports de la Suisse) avec les BIRMTG/STRMTG (bureaux interdépartementaux des Remontées mécaniques et des Transports guidés/service technique des Remontées mécaniques et des Transports guidés). Quant à SNC-Lavalin, il avait, bien sûr, à charge de vérifier que les performances spécifiées étaient bien réalisées. Les marches à blanc, d’une durée de quatre semaines, prévues par le constructeur ont alors commencé le 23 avril dernier. Pour l’exploitation, 10 personnes de Veolia Transdev (sélectionnées après un concours de 150 participants) sont habilitées à conduire les rames. La parité chez les agents de conduite est respectée avec trois hommes et trois femmes, auxquels s’ajoutent quatre personnes affectées, en plus, à la maintenance. L’entretien courant s’effectue dans le centre de maintenance, mais les gros travaux seront pris en charge par ACC Ingénierie & Maintenance, à Clermont-Ferrand.
    Une mise en service mouvementée Le jour de la mise en service, le 26 mai, Météo France avait placé en fin d’après-midi le département en vigilance orange. Vers les 17 h, un orage stationnaire, très violent, avec en alternance des chutes de grêle, s’est abattu sur le puy de Dôme et dans la commune voisine d’Orcines. L’équivalent d’un mois de précipitation est tombé en un peu plus d’une heure soit 87 l d’eau au mètre carré. Ce phénomène a engendré ipso facto une coulée de boue en pied de site depuis une parcelle déboisée destinée à devenir une estive. Sur son passage, la boue avait déplacé sur une quinzaine de mètres le ballast et inondé une partie de la Maison de site de 2 à 3 cm. C’est juste cela, et non l’orage, qui a interrompu l’exploitation, « un phénomène très imprévisible, jamais survenu sur le site depuis le début des travaux, il y a trois ans », précise Laurent Solomé-Genevray, directeur général adjoint de TC Dôme. Après des travaux d’infrastructure pour éviter à l’avenir ce type de désagrément, le Panoramique des Dôme a rouvert au public le 16 juin dernier. Mais signalons qu’à l’origine du projet cette étape était programmée à la mi-juin… Malgré cela, la mise en service d’un train à crémaillère reste un événement bien trop rare en France. Les deux derniers remontent exactement à 1974, pour la ligne C du métro de Lyon, de dimensions très modestes, et à 1924, pour le Chemin de fer de la Rhune, au Pays basque. Le Panoramique des Dômes devient ainsi le cinquième train à crémaillère de France et le 64e au monde ! Mais il n’est pas seulement un train, c’est aussi un vecteur touristique qui favorise l’attractivité d’un site tout en respectant son environnement. Ainsi, il est devenu aujourd’hui une pièce maîtresse dans le dossier de candidature pour l’inscription de la chaîne des Puys et de la faille de Limagne au Patrimoine mondial de l’Unesco. Une réponse est attendue désormais en 2013…