Catégorie : Fret

L’actualité du fret ferroviaire en France et dans le monde.

  • Redémarrage prochain du réseau cambodgien

    Toll et Royal Group, concessionnaires depuis 2009 du réseau ferroviaire cambodgien, ont annoncé la réouverture d’un service fret régulier entre Phnom Penh et Kampot, à compter du 1er octobre prochain. La Banque asiatique de développement (BAD) a par ailleurs officiellement signé un accord avec les autorités pour injecter 42 millions de dollars (30,8 millions d’euros) supplémentaires, tandis que l’Australie s’est engagée pour un prêt de 21,5 millions de dollars (15,7 millions d’euros), pour parachever la réhabilitation, entamée en 2007, de l’intégralité du réseau, long de 652 km (travaux confiés au français TSO). La BAD estime que les opérations de réhabilitation devraient être entièrement achevées en 2013.

  • Nouvelles inquiétudes pour les gares de triage

    Autour de la gare de triage de Gevrey en Côte-d’Or, on craint de nombreuses suppressions d’emplois du fait du changement de système de tri des wagons isolés. « Nous allons passer du système de tri par gravité au système de tri à plat, c’est-à-dire avec des engins de manœuvre, ce qui va abaisser la capacité de tri du site », explique Roland Fourneray le secrétaire de secteur de la CGT Cheminots. Selon lui, 22 emplois ont été supprimés avec la réorganisation du travail en cours qui prévoit de faire passer les équipes du trois-huit en deux-huit. La CGT Cheminots s’inquiète également pour la gare de triage de Villeneuve-Saint-Georges, elle aussi menacée. « La proximité immédiate du port de Bonneuil, du chantier multimodal de Valenton, de la plateforme aéroportuaire d’Orly, du marché d’intérêt national de Rungis, des plateformes logistiques longeant la voie ferrée au nord de l’Essonne (certaines sont reliées au rail) offrent la possibilité de trafics importants », estime-t-elle dans un communiqué publié le 26 janvier en appelant à des manifestations le 3 février. « Ces restructurations s’inscrivent dans la politique générale de Fret SNCF qui envisage de supprimer 70 % de l’activité de wagons isolés. Elle prévoit de réduire le nombre de triage de 14 actuellement à 3 (à Sibelin, Woippy et en région parisienne) », rappelle de son côté Roland Fourneray.

  • Les lobbies ferroviaires écrivent au nouveau Commissaire aux Transports

    La CER, l’EIM et l’Unife ont écrit à Siim Kallas pour se présenter et lui donner leur vision de sa feuille de route pour les prochains mois. Les représentants des compagnies, des gestionnaires d’infrastructures et de l’industrie évoquent notamment la révision attendue du premier paquet ferroviaire, une révision souhaitable pour que les directives sur la libéralisation du fret et l’indépendance des gestionnaires soient mieux appliquées par les Etats membres. Le ferroviaire insiste également sur la nécessité de faire avancer la directive Eurovignette pour faciliter le transfert modal et donc aller dans le sens de la décarbonisation du transport souhaitée officiellement par la Commission européenne.

  • Les chemins de fer nationaux indonésiens misent sur le fret

    Kereta Api, l’exploitant du réseau ferré indonésien, long de 6 000 km, vient d’annoncer qu’il espérait en 2010 une hausse de 10 à 15 % de son chiffre d’affaires (237 millions d’euros en 2009), en misant notamment sur le développement du fret – 30 % de son activité actuellement – qui devrait passer de 10 millions de tonnes transportées en 2009 à 22 millions en 2014. L’opérateur appuie notamment ses prévisions sur la signature récente d’un important contrat avec le sidérurgiste Krakatau Steel pour le transport de plaques d’acier sur Java.

  • L’Eurovignette impacterait peu le prix du produit final

    C’est une étude qui vise à clarifier des débats qui s’enlisent entre les 27 pays membres de l’Union européenne. Il y a quelques mois, les ministres des Transports avaient demandé plus d’information à la Commission européenne sur l’impact attendu de la future directive Eurovignette. Le centre de recherche de la Commission s’est donc exécuté, publiant une recherche concrète et précise des conséquences attendues sur les prix du transport routier en Europe et sur les prix de quelques produits de grande consommation. Les résultats ont été présentés aux députés de la commission Transports du Parlement européen fin janvier.
    Les chercheurs se sont focalisés sur quelques grands corridors de trafic international comme Rotterdam – Cologne, Sines – Paris ou Lyon – Bratislava. Selon les trajets, l’internalisation des externalités (pollution de l’air, bruits et congestion) représenterait entre 1,8 % et 5,2 % de charges supplémentaires. Par exemple, sur le trajet entre Sines, au Portugal, et Paris, en l’état actuel de la directive, cela donnerait une moyenne de 2,9 centimes en plus par kilomètre pour un poids-lourd à la norme Euro IV, soit une hausse moyenne de 2,7 % des coûts opérationnels pour le transporteur routier.
    Selon les scientifiques de l’exécutif, une large part de cette hausse sera de toute façon répercutée sur le consommateur final ; ils estiment qu’entre 20 et 30 % de ces charges supplémentaires pourraient être absorbés par les opérateurs eux-mêmes, via l’amélioration de leur efficacité et/ou de leur technologie. « Même si l’entièreté des coûts externes était répercutée sur les consommateurs, l’augmentation des prix serait très limitée » écrivent-ils. Globalement, ils démontrent que l’impact sur le prix du produit final est négligeable et qu’il serait uniquement perceptible, même si toujours marginal, dans des situations à la fois précises et limitées, comme dans le cas de produits ayant un faible prix par rapport à leur volume ou dans le cas de trajets pendant des périodes de pointe en termes de trafic. Les secteurs les plus touchés seraient les produits agricoles ou les matériaux bruts transportés en vrac.
    Mais, même limité, ce renchérissement des coûts devrait orienter le comportement de ceux qui veulent faire transporter leurs marchandises : ils auront davantage tendance à rechercher des alternatives, à mieux affiner les trajets et l’articulation entre les différents modes. En tablant sur une hausse moyenne de charges de 3 %, l’étude conclut que la directive provoquerait une diminution du trafic routier de 13,5 milliards de tonnes-km/an, principalement dans les corridors les plus engorgés, ce qui représente seulement une baisse de volume de 0,7 % pour le trafic routier. La congestion serait réduite de 4 % selon les projections des scientifiques et les émissions de CO2 du transport routier de marchandises de 8 %.
    Enfin, l’internalisation des coûts sur les grandes routes internationales permettrait de rapporter 1,8 milliard d’euros par an, 2,3 milliards si elle était étendue aux voitures individuelles. Les organisations qui représentent le ferroviaire ont salué la publication de ce texte, qui va dans le sens de ce qu’elles souhaitent. « Cette étude apporte la preuve que l’internalisation des coûts ne nuira ni à l’économie européenne ni au pouvoir d’achat des consommateurs, se réjouit Michael Robson, le secrétaire général de l’EIM, le lobby des gestionnaires d’infrastructures. Au contraire, elle rapportera plusieurs milliards par an. » L’Espagne, qui préside l’Union européenne jusqu’en juin, a néanmoins précisé devant les eurodéputés qu’elle n’avait pas pour autant l’intention d’avancer sur l’examen du texte dans les mois qui viennent, la présidence évoque juste quelques « réunions techniques »…
     

    Isabelle ORY

  • Validation du rachat d’Ermewa par le groupe SNCF

    Transport et Logistique Partenaires SA (TLP), société détenue par SNCF Participations, va pouvoir racheter Ermewa, le spécialiste suisse de la location de wagons de marchandises, de l’organisation de transports et de la location de conteneurs dans plusieurs pays de l’UE. La Commission européenne donne son accord mais exige néanmoins qu’Ermewa cède ses activités de commissionnement de transport ferroviaire par céréales et son parc de wagons céréaliers à déchargement axial pour éviter que le groupe SNCF ait une position dominante sur ce marché.

  • Le port de Barcelone rêve de trains de fret sur la voie classique

    Avec tout juste 4 % de trafic ferroviaire évacué en fret, le port de Barcelone est le champion du post-acheminement en camions. Pour marquer des points dans la concurrence que Barcelone livre aux ports de Rotterdam et Anvers en vue accueillir les porte-conteneurs venus de Chine, une bonne desserte ferroviaire serait un atout sérieux. L’utilisation de l’infrastructure ferroviaire Perpignan – Figueras va-t-elle enfin permettre aux convois de fret de franchir rapidement la barrière des Pyrénées ?
    Bien que la ligne ait été conçue pour des trafics mixtes, la réponse semble négative. Car, pour circuler sur la LGV, les trains de fret devront être équipés de la signalisation espagnole ASFA, de la signalisation française KVB, et de l’ERTMS dans le tunnel.
    En outre, pour parcourir les 30 km du tunnel, un opérateur fret devra changer de loco, et s’équiper de deux locomotives capables de gravir les pentes de 18 ‰, puis rechanger de loco sitôt arrivé de l’autre côté du tunnel. Si l’on ajoute à ces manœuvres les 550 euros de péage prélevés par TP Ferro pour chaque train, en pratique, il est plus que probable que les trains de fret n’utilisent pas le tunnel. Le port de Barcelone et de nombreux acteurs de la filière fret militent donc aujourd’hui pour l’installation d’un troisième rail sur la voie classique entre Barcelone et la frontière française afin que les trains à écartement continental puissent transiter sans rupture de charge.
     

    Guillaume LEBORGNE

  • Le transit russe Est – Ouest se fera en sept jours en 2012

    Vladimir Iakounine, le président des RZD, a rappelé le 9 février à Tallinn (Estonie) les ambitions internationales des chemins de fer russes. Les RZD prévoient « une multiplication du volume du transit de fret par 2,8 » d’ici 2030. Ambition réaffirmée malgré des « corrections significatives » dues à la crise. Les RZD veulent développer l’axe Est – Ouest, dont l’épine dorsale est constituée par la grande ligne transsibérienne. Plus de 1 100 km de nouvelles lignes doivent être construites, dont 400 km de contournement de nœuds ferroviaires. Dès 2012, il sera possible de livrer les conteneurs de marchandises depuis les frontières occidentales jusqu’aux frontières orientales de la Russie en sept jours.

  • Une convention pour promouvoir le transport de marchandises ferroviaire

    L’Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF) et Réseau ferré de France (RFF) ont signé le 8 février une convention visant à « augmenter la part du fret ferroviaire ». Elle prévoit notamment que la « stabilité des péages du fret entre 2009 et 2015, inflation mise à part, sera mise à profit par les entreprises ferroviaires et les chargeurs pour augmenter le trafic ferroviaire de fret ». Il est également prévu que les deux partenaires examineront ensemble la programmation et la réalisation des investissements de rénovation des lignes terminales particulières au fret. Parmi les autres engagements, l’AUTF et le gestionnaire du réseau ferré vont travailler ensemble sur la modernisation des installations terminales embranchées ou sur la réhabilitation des friches ferroviaires en terminaux rail-route.

  • Installation du comité de suivi du plan fret

    Le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau a installé le 26 janvier le comité de suivi de l’engagement national pour le fret ferroviaire, lancé en septembre par le gouvernement. Ce plan de 7 milliards d’euros prévoit huit grands chantiers, dont le développement des autoroutes ferroviaires, du transport combiné ou d’un « réseau orienté fret ». Le comité, appelé à se réunir régulièrement autour de ces questions, est notamment constitué de représentants de Réseau ferré de France (RFF), d’entreprises de transport ferroviaire de marchandises (SNCF et sa filiale VFLI, Euro Cargo Rail, CFL Cargo, Colas Rail, Europorte 2, B-Cargo), de syndicats et d’associations. Il comprend aussi des parlementaires impliqués dans les questions de transport : le député Yanick Paternotte et les sénateurs Francis Grignon et Louis Nègre, tous UMP.