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Catégorie : Fret
L’actualité du fret ferroviaire en France et dans le monde.
Feu vert au rachat de DM&E par le Canadien Pacifique
Le Canadien Pacifique, n° 2 du fret canadien, basé à Calgary, vient d’obtenir l’autorisation de racheter l’entreprise ferroviaire américaine Dakota, Minnesota & Eastern Railroad (DM&E), pour un montant de 1,48 milliard de dollars. Forte de 1 100 salariés, DM&E est présente dans huit Etats du Midwest américain et ouvre la voie sur un axe Nord – Sud du Canada vers le Mexique. Le feu vert a été accordé par le régulateur américain (US Surface Transportation Board) au terme de 14 mois de procédure. Le Canadien National, de son côté, attend toujours un feu vert pour le rachat d’Elgin, Joliet & Eastern Railway (EJ&E), dans la région de Chicago. La réponse du régulateur ne devrait pas être rendue avant le 31 décembre, date à laquelle… la transaction sera caduque.
Réouverture dune ligne en Seine-et-Marne
Le 16 octobre, Cemex, un industriel spécialiste du béton prêt à l’emploi et des granulats, a inauguré sa nouvelle plateforme multimodale rail-fleuve à Marolles, en Seine-et-Marne. Située à 85 km de Paris, cette plateforme va permettre de faciliter l’acheminement de plus de 500 000 t de granulats par an issus de sa carrière de Haute-Marne. Dans ce but, RFF a réaménagé un tronçon de 8 km de la ligne ferroviaire Montereau – Flamboin. En 2011, l’ensemble de la ligne, soit 30 km de voies, sera remis en service. Cette réouverture d’une ligne entièrement dédiée au fret représente une première en Ile-de-France.
RRF commande trois locomotives à Alstom
L’opérateur ferroviaire Rotterdam Rail Feeding (RRF) vient de commander à Alstom trois locomotives rénovées de type BR 203, destinées à ses activités de fret sur le port de Rotterdam. Le contrat, signé le 25 septembre à Berlin à l’occasion du salon Innotrans, porte sur un montant de 5,5 millions d’euros. Les opérations de modifications consistent à réduire le bruit, la pollution et les rejets de CO2, grâce à l’installation d’un nouveau moteur peu polluant et d’un filtre à particules. RRF, qui exploite déjà 5 locomotives Alstom BR 203, appartient depuis cette année au shortliner américain Genesee & Wyoming Inc. (GWI), présent dans 16 ports aux Etats-Unis.
Accord de reconnaissance mutuelle entre la France, la Belgique et le Luxembourg
Michel Aymeric (directeur général de l’Etablissement public de sécurité ferroviaire français, EPSF), François Jaeger (directeur gestion réseau au ministère des Transports luxembourgeois) et André Latruwe (chef du Service sécurité et interopérabilité des chemins de fers, SSICF, en Belgique) ont signé, le 5 septembre à Bruxelles, un protocole de reconnaissance mutuelle pour l’autorisation de mise en exploitation commerciale des wagons. Proche de l’accord signé avec l’autorité nationale de sécurité allemande en avril 2008, qui concernait les locomotives, ce nouveau protocole « permettra de faciliter et d’accélérer la délivrance des autorisations de mise en exploitation commerciale des wagons », souligne un communiqué de l’EPSF.
Les eurodéputés veulent faire plus pour le fret ferroviaire
Le Parlement européen veut se faire entendre au sujet du fret ferroviaire. Le 4 septembre dernier, les eurodéputés ont adopté à une très large majorité le rapport de leur collègue écologiste Michael Cramer sur le sujet. Tout sauf un hasard de calendrier : la Commission européenne doit présenter ses propositions pour vivifier le secteur dans le courant du mois prochain. Alors que la lutte contre le réchauffement climatique et la hausse du prix du pétrole poussent en faveur du ferroviaire pour le transport de marchandise, les réalisations concrètes tardent à venir. L’an dernier, la CER et l’UIC avaient évalué les besoins à 145 milliards d’euros d’ici 2020 pour faire passer la part de marché du ferroviaire de 17 à 23 % à cette échéance. Côté Parlement aussi, on constate que les efforts à fournir sont colossaux. « Les compétences et les moyens de l’Union européenne sur le plan de l’amélioration des marchés de transports de marchandies sont limités, des tronçons clés du réseau sont déjà utilisés à leur pleine capacité », déplore Michael Cramer dans son rapport. L’eurodéputé insiste sur la nécessité pour les ministres européens du Transport de se saisir du problème et d’au minimum coordonner leurs plans d’investissement nationaux en gardan à l’esprit les enjeux à l’échelle du continent. Le Parlement demande aussi que 40 % de l’argent européen dédié aux transports aille à l’amélioration des infrastructures ferroviaires. En revanche, Michael Cramer et la Commission Transport n’ont pas été suivi sur un point important : ils souhaitaient que la Commission européenne désigne dès cette année 10 corridors et dix goulets d’étranglement transfrontaliers pour lesquels elle proposerait des solutions concrètes. Une vision trop volontariste et trop fédérale pour beaucoup. « Pourtant, une telle analyse est indispensable pour renforcer vite les points faibles du réseau et pour augmenter les capacités », regrette Cramer. En revanche, le Parlement dans son ensemble a soutenu et encouragé le concept de corridors verts dédiés en priorité au fret. Il insiste sur la nécessité d’utiliser les pans du réseau conventionnel sous-utilisés depuis le développement de la grande vitesse dans le domaine du trafic passager Le législateur européen réclame des projets multimodaux exemplaires qui permettent un transfert vers des modes de transports intelligents et respectueux de l’environnement. C’était l’une des pistes les plus sérieuses évoquées par la Commission l’an dernier, Bruxelles avait explicitement renoncé à developper un réseau spécifique pour le fret en Europe, un choix que le Parlement ne conteste pas, au nom du réalisme. Les Parlementaires recommandent aussi l’étude de l’utilisation des lignes à grande vitesse pour transporter le fret léger. Enfin, Michael Cramer soulève un point important pour le secteur, la nécessité de développer la formation universaire et professionnelle dans le domaine de la logisitique et du transport. Une recommandation érigée « en priorité absolue » mais qui vise cette fois les Etats membres puisque la Commission européenne n’a aucun pouvoir dans ce domaine.
Isabelle ORY