Catégorie : Grande vitesse

L’actualité de la grande vitesse ferroviaire, de projets de ligne à grande vitesse, de trains à grande vitesse en France et dans le monde.

  • Plan de développement de la grande vitesse coréenne

    Les autorités coréennes viennent de publier un plan de développement de leur réseau à grande vitesse à l’horizon 2020-2025, dont l’objectif majeur est de réduire à une durée maximale de deux heures 95 % des trajets effectués sur le réseau ferré national et de permettre de doubler son trafic à 770 000 voyageurs par jour à ‘horizon 2025. Deux axes sont privilégiés pour atteindre ce but : d’une part, étendre le réseau KTX, avec l’achèvement et/ou la mise en chantier de nouveaux axes, tels Busan – Daegu (302 km, mise en service d’ici novembre 2010), Daegu – Daejon (164 km, 2014) et Osong – Kwangyu (330 km, 2014.) D’autre part, moderniser le réseau traditionnel pour permettre des dessertes passagers à 230 km/h. Les moyens techniques pour y Arriver ne sont pas détaillés, mais il pourrait s’agir de réajuster les courbes des parcours et/ou d’utiliser des trains pendulaires, indique un expert. Last but not least, un autre projet est évoqué par le plan coréen : celui d’une troisième génération de KTX capable de rouler à 430 km/h…

  • Ultimes modifications pour la LGV Médine – La Mecque

    Selon nos informations, le Saudi Railways Organization a demandé des dernières modifications aux deux consortiums retenus pour le projet HHR (Haramain Highspeed Rail), la ligne à grande vitesse Médine – La Mecque. Le consortium saoudien-espagnol Al Shoula, avec Talgo, la Renfe et Adif, devra renoncer à la locomotive Talgo proposée pour son train à grande vitesse, qui n’existe que sur le papier, pour en revenir à la motrice de Bombardier. De son côté, le consortium saoudien-français Al Rajhi, avec Alstom, la SNCF et Arab Contracting Company, devra recourir sur certaines sections de la ligne à une voie sur dalle en béton et non à une voie ballastée. Les consortiums ont jusqu’au 18 septembre pour corriger leur offre. Les Saoudiens pourraient se décider en novembre pour une signature avant la fin de l’année.

  • La SNCF houspillée en Floride

    Après la Californie, voici venu le tour de la Floride de s’intéresser au passé de la SNCF. Alors que se lance l’appel d’offres pour la construction d’une ligne de TGV entre Orlando et Tampa, le gouverneur de Floride Charlie Crist a annoncé hier que l’Etat du sud-est des Etats-Unis allait examiner le rôle de la SNCF dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le témoignage poignant d’une certaine Rosette Goldstein dont le père a été déporté dans les camps à bord d’un train exploité par la SNCF sous la tutelle de Vichy a tourné en boucle ces derniers jours dans les médias américains. La demande du gouverneur intervient après le vote fin août en Californie d’une loi imposant à partir du 1er janvier 2011 à tout candidat à un contrat dans la future ligne à grande vitesse entre Los Angeles et San Francisco d’expliquer son rôle éventuel dans le transport des prisonniers vers les camps entre 1942 et 1944. La SNCF se dit prête à ouvrir ses archives aux Américains. On imagine que Bechtel, son potentiel allié dans un consortium en Floride (Alstom se présenterait avec Vinci et le groupe de BTP Espagnol OHL) aimerait que le jour soit rapidement fait sur cette histoire.

  • Les TGV Paris-Figueras en service le 12 décembre

    Les TGV entre Paris et Figueras en Espagne commenceront à circuler le 12 décembre, a indiqué Jean-François Roverato, le PDG d’Eiffage, qui détient avec l’espagnol ACS Dragados la concession du tronçon Perpignan-Figueras de la ligne. La mise en service de cette partie de la future LGV Paris – Barcelone, soit 44,4 km dont 19,8 en Espagne et 24,6 en France, intervient près de deux ans après la fin des travaux côté français. Deux allers-retours quotidiens seront proposés par la SNCF, permettant de relier Paris à Barcelone en 7 heures 20 environ, contre 8 heures 40 dans le meilleur des cas aujourd’hui, même si les voyageurs devront changer de train à Figueras pour prendre un « teuf-teuf », comme le nomme Jean-François Roverato, puisque l’écartement des rails espagnols est plus large. TP Ferro a reçu de l’Etat espagnol une indemnité pour perte de recettes et moindre rentabilité tant que LGV espagnole n’est pas terminée ainsi qu’une prolongation de la concession de trois ans. La mise en service de Figueras-Gérone-Barcelone est prévue au mieux pour 2012.

  • Un ICE à Londres le 17 octobre ?

    Un ICE empruntant le tunnel sous la Manche : la DB en rêve depuis longtemps. Ce pourrait être une réalité dans la nuit du 16 au 17 octobre prochain, date d’un trajet test qu’elle mènera jusqu’à Londres, si la Commission intergouvernementale de sécurité (CIG) donne son accord. Une première étape vers son but ultime : assurer un service régulier « dès 2012 ». Rüdiger Grube, qui évalue à 1,1 million le potentiel de passagers sur la ligne Francfort Londres, s’est déclaré le 1er septembre « très optimiste » sur ses chances d’obtenir une autorisation définitive, projet pour lequel il assure bénéficier du soutien de la SNCF. Le même jour, Nicolas Petrovic, le directeur général d’Eurostar, a dit vouloir profiter du nouveau statut de sa société, devenue une entreprise à part entière, pour proposer de nouvelles dessertes sur le continent.

  • Le tracé de la LGV Limoges – Poitiers arrêté

    Le tracé du futur tronçon de la ligne à grande vitesse (LGV) Sud-Ouest – Atlantique, reliant Limoges à Poitiers sur 115 km, a été validé le 30 août à Limoges par le Comité des financeurs de la ligne ferroviaire (Cofi). La ligne, qui doit desservir les deux capitales régionales à l’horizon 2017, traversera 32 communes des départements de la Haute-Vienne et de la Vienne. Son tracé définitif devrait être validé par le ministre des Transports à la fin de l’année, puis soumis à enquête publique au cours du second semestre 2011, pour un début de travaux en 2013 et une mise en service en 2017. Le coût de cette LGV, qui doit mettre Limoges et Brive respectivement à deux et trois heures de Paris et permettre au Limousin l’accès au réseau à grande vitesse, est estimé à 1,6 milliard d’euros. A l’horizon 2020, RFF évalue le trafic de cette ligne à 2,5 millions de passagers par an.

  • Une LGV Moscou-Minsk sur les rails

    Le 29 juillet, la Russie, la Biélorussie et la Chine ont annoncé entamer le projet de construction d’une ligne à grande vitesse qui reliera Minsk à Moscou. « Nous avons amorcé le travail préliminaire de construction d’une LGV, a indiqué le responsable des chemins de fer biélorusses Anatoli Sivak. Le projet est en cours de développement. La deuxième étape prévoit des études économiques et techniques ». Les parties envisagent la mise au point d’une voie ferrée d’un nouveau genre permettant d’atteindre 300 km/h. Aucun délai de construction n’a cependant été donné. Minsk a par ailleurs signé un mémorandum de coopération avec le ministère chinois des Chemins de fer visant à organiser des communications ferroviaires à grande vitesse en Biélorussie.

  • « Grande vitesse » et ERTMS niveau 2 sur la ligne de Botnie en Suède

    Longue de 190 km et chiffrée à 13,2 milliards de couronnes (environ 1,3 milliard d’euros), la ligne nouvelle suédoise de Botnie (Botniabanan) a été inaugurée le 28 août, 11 ans après le lancement des travaux et 2 ans environ après la date prévue, en partie pour des raisons environnementales. À voie unique, cette ligne qui comporte sept gares, 25 km de tunnels et 143 ponts (sur 13,5 km) est la première d’Europe du Nord à mettre en œuvre le niveau 2 du système européen ERTMS, ici avec l’équipement Interflo de Bombardier. Appelée à connecter sans détour Örnsköldsvik et Umeå, deux ports du golfe de Botnie, au reste du réseau ferré suédois, la ligne nouvelle est autorisée à 250 km/h pour les trains « à grande vitesse pendulaires », 220 km/h pour les trains « modernes », 200 km/h pour les trains classiques et 120 km/h pour les trains de fret à 25 t par essieu. Les premières circulations régulières y sont les trains régionaux Norrtåg qui, depuis le 30 août, relient Örnsköldsvik et Umeå (116 km) en 55 minutes, contre 1h30 à 1h55 en bus actuellement.

  • La France se défend de bloquer les trains allemands

    « Non, nous ne bloquons pas les trains allemands ! » a affirmé Dominique Bussereau dans le Journal du dimanche du 8 août. Le secrétaire d’Etat chargé des transports répondait aux critiques de son collègue allemand sur le peu d’empressement de Paris à s’ouvrir à la concurrence. « Il suffit d’aller gare de l’Est à Paris pour voir les ICE (TGV allemands) qui font la liaison à grande vitesse avec Francfort », a poursuivi Dominique Bussereau qui devait se rendre le 31 août à Berlin rencontrer le ministre allemand des Transports, Peter Ramsauer. Selon le secrétaire d’Etat français, « avec l’ouverture du marché sur les lignes internationales, rien n’empêche les compagnies étrangères de circuler en France ». Et d’ajouter : « Les concurrents sont les bienvenus, qu’ils soient allemands ou italiens. »

  • Pas de consensus sur Roissy – Picardie

    Le débat public sur la liaison ferrée Roissy – Picardie doit s’achever le 31 juillet. Depuis le 14 avril, date de son lancement, 2 500 personnes ont assisté à 11 réunions publiques. « Il y a eu une forte mobilisation. Mais nous n’avons pas trouvé un consensus sur le sujet », commente Claude Bernet, le président de la Commission particulière du débat public (CPDP).
    Rappelons que le projet consiste à construire une ligne nouvelle d’une dizaine de kilomètres au nord de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle reliant l’axe Paris – Creil – Amiens à la ligne à grande vitesse (LGV) qui dessert la gare Aéroport-CDG TGV. « Il s’inscrit dans un contexte plus général d’amélioration des transports dans le nord de l’Ile-de-France, notamment pour accéder à Roissy », souligne Claude Bernet.
    L’idée est de donner à Amiens un accès direct aux trains à grande vitesse et de rapprocher une large partie de la région picarde du réseau de LGV. La position d’étoile ferroviaire de Creil (Oise) et d’Amiens (Somme) devrait permettre « de desservir par des correspondances d’autres pôles régionaux comme Beauvais, Compiègne, Saint-Quentin ou Abbeville, mais aussi la vallée de l’Oise par la ligne Creil – Persan-Beaumont – Pointoise », expliquent ses promoteurs. Entre les métropoles régionales et l’aéroport de Roissy, les temps de parcours seraient abaissés de 30 à 40 minutes en moyenne. Amiens – Roissy se parcouraient en 55 minutes. Creil ne serait plus qu’à moins d’une vingtaine de minutes de l’aéroport, par exemple.
    « La demande pour cette liaison Roissy – Picardie est extrêmement forte de la part des Picards, toutes tendances politiques confondues, ainsi que de la part des acteurs du secteur tertiaire, industriel, routier… », affirme Claude Bernet, avant de nuancer : « Dans l’est de la Picardie, les Saint-Quentinois sont attachés à leur gare TGV Haute-Picardie, plus connue sous le nom de gare des Betteraves, car elle leur rend service. Ils craignent que le nouveau projet ne lui porte atteinte. Mais la SNCF les a rassurés en prenant des engagements à son sujet. »
    Autre rejet, dans le nord du Val- d’Oise, en zone rurale, les habitants craignent les nuisances que risque de leur apporter la ligne nouvelle Picardie – Roissy. « Les habitants de cette zone se sont beaucoup manifestés pour défendre les milieux naturels. Il faut tenir compte de leurs demandes », souligne Claude Bernet.
    Reste la principale opposition, celle d’élus du Val-d’Oise, Yanick Paternotte en tête, qui plaident pour un autre projet plus prioritaire à leurs yeux : la réalisation du barreau de Gonesse, une transversale reliant les RER D et B et permettant d’éviter de passer par Paris pour faire un trajet de banlieue à banlieue. Le barreau de Gonesse risque de faire les frais du lancement de la liaison Roissy – Picardie, s’inquiètent les élus. Il y aurait ainsi concurrence entre les deux projets desservant l’aéroport de Roissy, l’un par le nord, l’autre par le sud. Yanick Paternotte propose une « utilisation mutualisée du barreau de Gonesse pour connecter Creil à Roissy-CDG ».
    Pour le président de la Commission particulière du débat public, les deux projets diffèrent dans leurs objectifs. « Le barreau de Gonesse, au sud de Roissy, permet aux habitants du bassin Sarcelles – Villiers-le-Bel – Gonesse de rejoindre facilement la plateforme aéroportuaire. C’est le but unique de Gonesse, alors que le projet Picardie – Roissy a un double objectif : il est aussi annoncé comme un projet TGV. »
    La ligne Paris – Picardie doit en effet permettre de faire passer, via l’aéroport de Roissy, des TGV venant de Marseille, de Bordeaux ou d’ailleurs jusqu’à Creil et Amiens. De plus, Réseau ferré de France (RFF), le maître d’ouvrage, propose d’y ajouter des TER pour relier à Roissy le bassin Creil – Chantilly. « L’aéroport de Roissy est une véritable ville qu’il faut relier aux bassins d’habitats. On y compte 90 000 emplois, auxquels il faut ajouter 60 000 emplois dans les zones environnantes », souligne Claude Bernet.
    D’où le souhait d’Aéroports de Paris de réaliser les deux projets de desserte. C’est aussi ce que demandent les écologistes du Val-d’Oise et de Picardie. Ou la Chambre de commerce et d’industrie interdépartementale du Val-d’Oise et des Yvelines. Fin juin, Jean-Vincent Placé, le vice-président (Verts) chargé des Transports au conseil régional d’Ile-de-France, a promis que le barreau de Gonesse serait réalisé à l’horizon 2017. Les deux projets ne sont pas concurrents, a-t-il affirmé.
    Yanick Paternotte n’est pas « satisfait de la façon dont s’est déroulé le débat. Manifestement, le maître d’ouvrage n’a pas dit le fond de sa pensée : il a utilisé des arguments fallacieux pour justifier le barreau Picardie – Roissy. A terme, il supprimera les TER pour récupérer des capacités nécessaires au développement des TGV. Son but est d’utiliser Creil comme un garage de rames TGV. Ma version, c’est qu’on prend les Picards et les habitants de Creil pour des gogos : on veut les faire financer un projet en leur faisant croire qu’il est d’intérêt local », analyse le député et maire (UMP) du Val-d’Oise, également persuadé que les estimations financières sont sous-évaluées. « On ne me fera pas croire qu’on paiera un milliard d’euros pour faire le barreau de Gonesse et celui de Roissy – Picardie », poursuit-il en rappelant que Jean-Vincent Placé s’était initialement prononcé, il n’y a pas si longtemps, en faveur de bus à haut niveau de service (BHNS) à la place du barreau de Gonesse.
    Tous attendent maintenant la décision de RFF en décembre, soit trois mois après le rapport qui sera établi en septembre par la Commission particulière du débat public. Les études sur Picardie – Roissy pourraient alors débuter en 2011, avec une déclaration d’utilité publique attendue vers 2015 et la mise en service en 2020.
     

    Marie-Hélène POINGT