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Catégorie : Infrastructure
L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

La catastrophe en Galice interroge la grande vitesse espagnole
En effet, l’accident est dû à une vitesse excessive (190km/h selon les premières informations), mais la cause exacte reste à définir : défaillance du conducteur de ce train Madrid – A Coruna/Ferrol et/ou mauvais fonctionnement de la signalisation, voire ennuis sur l’automotrice en cause, concernant le système de freinage?
La catastrophe s’est produite en fin d’une ligne à grande vitesse neuve avec du matériel tout récent : longue de 88 km, Ourense – Santiago a été mise en service le 10 décembre 2011, et le train qui a déraillé était une rame articulée Talgo S-730.12 (ou HSP 250), à motorisation Bombardier, un train hybride, à la fois électrique et diesel, tout juste sorti des usines du constructeur ibérique.
Les enquêtes en cours diront si, comme l’a déclaré le conducteur, « le convoi a échappé au contrôle » ou/et si la signalisation n’a pas bien fonctionné. Une précision d’importance puisque le déraillement est survenu en bout de ligne, à l’approche de Santiago, où le convoi quittait donc une section où la vitesse maximum possible est de 250 km/h, pour aborder une courbe limitée à 80 km/h, et une voie classique aménagée. Alors aussi qu’on passait du système de signalisation ERTMS 2, pour basculer sur les système espagnol Asfa (considéré comme ERTMS de niveau 1).La justice devait entendre le conducteur du train ce vendredi, qui a reconnu, selon les titres de la presse espagnole ce vendredi : « J’ai merdé ».
Cette catastrophe survient dans la région natale de Mariano Rajoy, président du conseil des ministres espagnol, laquelle est aussi celle de sa ministre des Transports, Ana Pastor. Et, il a lieu au moment où le pays met en œuvre un éclatement de Renfe le 31 juillet prochain.Le père du TGV chinois condamné à mort
Après un procès à grande vitesse, le verdict tombe. Liu Zhijun, ancien ministre des chemins de fer chinois, à l’origine des TGV en Chine est condamné à mort pour corruption avec privation de ses biens et de ses droits politiques. L’ex-ministre touchait une commission sur chaque kilomètre de LGV posé. En tout, il a réussi à mettre de côté 84 millions d’euros, soit 4 % du montant des contrats qu’il avait signé. La chute de Liu Zhijun avait commencé en juillet 2011, après un accident entre deux TGV, à Wenzhou, qui avait tué 40 personnes.
Espagne : l’AVE gagne 577 000 voyageurs grâce à la baisse des tarifs
Intervenue en février dernier, la baisse de 11 % des tarifs sur la grande vitesse porte ses fruits : l’AVE a gagné en quatre mois 577 000 voyageurs, soit 13,97 % en plus par rapport à la même période de 2012. Et ce malgré une conjoncture peu favorable. Cette politique de volume de Renfe amène des taux de remplissage de 75 % dans les trains, et une croissance de 16 % sur Barcelone – Madrid. Hausse également sur Madrid – Málaga (AVE mis en service fin 2007) où, en cinq ans, la part de marché du train est passée de 28 % à 86 % au détriment de l’avion.
Espagne : la grande vitesse arrive à Alicante
Deuxième étape de l’opération « Grande vitesse Madrid – Castille – Murcie », la ligne nouvelle Albacete – Alicante devait être mise en service le 18 juin. Soit 162 kilomètres pour desservir une agglomération de 300 000 habitants et un littoral touristique avec des stations telle Benidorm. En décembre 2010, une ligne dite du Levant avait été ouverte entre Madrid (Puerta de Atocha) et Cuenca avec deux prolongements, l’un vers Valence, l’autre vers Albacete : un total de 438 km. Désormais les trains venus d’Albacete toucheront Alicante.
Le trajet depuis Madrid se fera en 2 heures 20 contre 3 heures 10 jusqu’ici et à raison de neuf allers-retours par jour. Seront employées des rames AVE S 112 (Talgo), mais aussi les S 100 (Alstom) à l’origine sur Madrid – Séville, ainsi que des S 130 (Talgo à écartement variable) venues du nord (Galice, Asturies, Santander). La nouvelle ligne étant conçue pour les 350 km/h, la maire d’Alicante, Sonia Castedo, espère pour janvier 2014 un Albacete – Madrid (480 km) en deux heures seulement. La grande vitesse à Alicante est un pas de plus dans la réalisation de deux programmes : l’AVE du Levant Madrid – Murcie et Carthagène, soit 955 km et un investissement global de 2 milliards d’euros ; d’autre part, elle apporte un tronçon au corridor méditerranéen allant de l’Andalousie à la frontière française. S’étendant sur 1 300 km à voie UIC, cet axe « prévu pour 2017 » desservira nombre de ports et se veut l’extrémité ouest du corridor européen n° 6 amorcé à Zahony, à la frontière entre la Hongrie et l’Ukraine.Enquête régularité : le transport ferroviaire plus ponctuel que l’aérien
Un peu plus d’un an après sa mise en place, l’Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST), dont la mission consiste à collecter des indicateurs de ponctualité – théoriquement – de tous les modes, dresse un premier bilan. Principal constat, « les liaisons aériennes sont globalement moins régulières et ponctuelles que les liaisons ferroviaires ».
Sur l’année 2012, le retard à l’arrivée des trains longue distance (TGV, trains internationaux et Intercités) tourne autour de la demi-heure en moyenne mensuelle. Dans le transport aérien, le retard moyen des vols se situait entre 37 et 39 min au départ et entre 39 à 44 min à l’arrivée pour les vols internationaux, intérieurs et outre-mer. Le suivi de la régularité va s’étendre aux TER, au Transilien et aux RER cet été.
LGV Bretagne – Pays de Loire : Vossloh Cogifer fournira les appareils de voie
Vossloh Cogifer et Eiffage Rail Express ont signé un contrat de fourniture d’appareils de voie et de prestations associées pour la future ligne à grande vitesse Bretagne – Pays de Loire (PBL). Ce contrat vient après ceux des appareils de voie de la LGV Sud-européenne Atlantique (SEA) et de la LGV Tanger – Kénitra (Maroc), en 2012. La fourniture destinée à la LGV BPL comprend une centaine d’appareils de voie (le plus grand, de tangente 1/65, fait plus de 230 m de long !), ainsi que divers équipements connexes (motorisations, manœuvres, produits de sécurité pour la signalisation, dispositifs complets de réchauffage, etc.) Des innovations telles que la MIM (manœuvre mécanique intégrée en traverse) et d’autres solutions brevetées par Vossloh Cogifer visant à réduire la maintenance en service seront mises en œuvre. Vossloh Cogifer assumera la logistique et le transport des appareils de voie, par route et par wagons spéciaux, de ses deux principaux sites français (Reichshoffen, en Alsace, et Fère-en-Tardenois, en Champagne) aux bases-travaux. La livraison est prévue entre le deuxième trimestre 2014 et la mi-2016.
Vietnam : coup de frein au train à grande vitesse entre Hanoï et Ho Chi Minh-Ville
Le projet de relier Hanoï et Hô Chi Minh-Ville par un train à 300 km/h du type Shinkansen a été abandonné. Le train à grande vitesse japonais aurait pourtant permis de réduire le temps de parcours entre les deux grandes villes vietnamiennes à environ 5 heures 30, contre 29 à 38 heures actuellement. Mais l’idée d’accélérer la desserte ferroviaire sur la dorsale du pays n’est pas abandonnée : désormais, le gouvernement vietnamien envisage de passer « dans un premier temps » à une vitesse de l’ordre de 160 à 200 km/h. Ce coup de frein par rapport au plan initial réduirait de 20 % le montant du projet, chiffré à plus de 50 milliards de dollars (quelque 40 milliards d’euros). De plus, sur une gamme de vitesse plus classique, les constructeurs japonais devront faire face à la concurrence de la Corée du Sud et de la Chine.
Lyon – Turin : des opposants portent plainte pour préjudice à l’intérêt public
Des opposants au projet de TGV Lyon – Turin ont porté plainte contre X auprès du parquet de Paris après la divulgation dans les médias italiens de l’estimation du montant du creusement d’une partie du tunnel transfrontalier avant même l’appel d’offres. Selon eux, deux articles dans des médias italiens, publiés en avril 2012 lors d’une présentation de la galerie de reconnaissance au ministère des Infrastructures italien, font mention d’un ouvrage dont le montant est estimé à 450 millions d’euros. Huit mois plus tard, le 22 décembre 2012, est publié l’appel d’offres de cette descenderie dite de Saint-Martin-la-Porte, qui évalue les travaux entre 250 et 500 millions d’euros.
Cette révélation « empêche le libre fonctionnement de la concurrence et fait obstacle à ce que les offres financières proposées par les candidats soient tirées vers le bas », estiment les auteurs de la plainte.Eurostar : une nouvelle liaison expérimentale de Londres à Aix-en-Provence
Eurostar, la compagnie ferroviaire qui relie à grande vitesse le continent au Royaume-Uni via le tunnel sous la Manche, mise sur l’extension de ses services pour se développer. Elle va lancer le 4 mai une liaison expérimentale entre Londres – Lyon-Part-Dieu – Avignon-TGV et Aix-en-Provence. Chaque samedi jusqu’au 29 juin, un Eurostar doit circuler dans chaque sens. Si le test est positif, une nouvelle liaison sera lancée en 2015. Les trains mettront 4 h 43 entre Londres et Lyon et près de six heures pour le retour. Cette différence s’explique par les contraintes de contrôles : si dans le sens Angleterre – continent, les formalités d’enregistrement et de contrôles de sûreté et d’immigration se font une fois pour toutes à Londres en gare de Saint Pancras, il n’en va pas de même dans l’autre sens où les voyageurs peuvent embarquer dans plusieurs gares françaises qui ne sont pas toutes dotées d’installations propres à procéder à ces contrôles. Un arrêt technique de 90 minutes est donc prévu à Lille-Europe équipée d’un terminal de contrôle.

Gare : le lifting de Lille-Flandres
La deuxième gare de province fait sa mue. Gares & Connexions veut la rendre encore plus accessible aux voyageurs et passants qui la fréquentent, et la doter de services et boutiques du quotidien. Trente mois de travaux sont prévus, pour un coût de 18 millions d’euros.
Lille-Flandres, deuxième gare de province (21 millions de voyageurs par an), est aussi l’un des emblèmes de Lille avec sa façade néoclassique – l’ancienne de la gare du Nord qui fut remontée à Lille en 1867 – et ses jets d’eau. La SNCF y a lancé début avril une rénovation en profondeur des quais et des commerces. Objectif : faire de cette gare devenue vieillotte et peu fonctionnelle un espace optimisé, dédié aux voyageurs et aux services. Les travaux dureront trente mois et coûteront 18 millions d’euros. « On avait une gare aux espaces mal utilisés. Dans le nouveau plan de la gare, on n’a gardé que ce qui a un lien direct avec le client », soutient Jérôme Bodel, directeur de projet à Gares & Connexions. De ce fait, des services « administratifs » sortent de Lille-Flandres, faisant place nette pour de nouvelles boutiques et services : des boutiques du quotidien (DAB, Relais, boulangeries, restauration rapide, mobilité urbaine), un laboratoire d’analyses médicales. Dans la mesure où 61 % des clients de la gare sont des pendulaires, les services doivent être placés « dans les flux » et rendus visibles. « Le temps de transaction pour un navetteur, c’est 10 à 15 minutes grand maximum » insiste Jérôme Bodel. Dans les étages de la gare, 1 300 m2 d’espaces de la moitié du XIXe, en pleine décrépitude, sont confiés à Regus qui y installera, après réhabilitation, un centre d’affaires avec des locations de surfaces de bureaux. La disparition de l’un des Relais permet de mieux connecter la gare à la place des Buisses, « le barycentre de Lille-Flandres », où se trouvent VLS, taxis, bus et entrée de métro. « On va faire entrer de la lumière dans la gare, il faut que l’on puisse voir des trains dans la ville et la ville depuis les trains », indique Jérôme Bodel. En plus des voyageurs, il y a également 5 millions de personnes qui traversent la gare chaque année. Plutôt que de lutter contre cette tendance, Gare & Connexions veut créer un véritable axe traversant, accessible et logique. « La gare, c’est aussi un lieu de vie », soutient Odile Fagot, directrice régionale SNCF Nord-Pas-de-Calais.
Ces travaux à l’intérieur de la gare coïncident avec la dernière phase d’aménagement des voies situées en avant-gare de Lille-Flandres (53 millions d’euros), pilotée par RFF. Les aménagements effectués en 2013 (nouveaux aiguillages, signalisation, caténaire et équipements de contrôle-commande du poste d’aiguillage) permettront d’offrir une capacité d’accueil supplémentaire de 30 %. Ils porteront sur les circulations en provenance d’Hazebrouck, soit 27 % du trafic de la gare.
Parallèlement, les 7 voies à quai de la gare annexe (côté parvis Willy-Brandt) seront renouvelées et les quais refaits, ce qui nécessitera une fermeture estivale de la gare annexe (1er juillet-25 août). Pour l’occasion, les deux maîtres d’ouvrage partageront leur communication sur le projet, qui s’étalera sur les palissades de Lille-Flandres. « On veut raconter une histoire commune », indique Odile Fagot.Guillaume LEBORGNE