Catégorie : Infrastructure

L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

  • Ansaldo STS et Cofely Ineo remportent le contrat de la signalisation de la LGV Tanger – Kénitra

    L’ONCF a confié au consortium Ansaldo STS France-Cofely Ineo (GDF Suez) la conception et la réalisation de la signalisation ferroviaire, des télécommunications et du poste de commande centralisé de la future ligne à grande vitesse de 185 km entre Tanger et Kénitra. Dans le cadre du contrat, chiffré à 120 millions d’euros, Ansaldo STS France, chef de file du consortium, couvrira toutes les phases de mise en œuvre de la signalisation, de la conception à l’intégration et la mise en service, tout en fournissant les équipements de télécommunication, les postes d’enclenchements informatisés de nouvelle génération, les circuits de voies, l’ERTMS niveaux 1 et 2, ainsi que le poste de commande centralisé localisé à Rabat. Cofely Ineo, intégrateur de solutions de signalisation ferroviaire, déploiera les équipements en ligne et réalisera l’alimentation électrique et les artères câblées. Les deux entreprises « noueront, suivant leur domaine respectif, des partenariats industriels locaux afin d’organiser et d’assurer la transmission des savoir-faire et des connaissances nécessaires au développement des compétences et à la professionnalisation de la filière dans le domaine de la grande vitesse ».

  • Maroc : Colas Rail et Egis Rail remportent le contrat de conception-construction de la LGV Tanger – Kénitra

    Colas Rail a annoncé avoir remporté, avec sa filiale Colas Rail Maroc et en groupement avec Egis Rail, le contrat de conception-construction de la ligne à grande vitesse entre Tanger et Kénitra, soit 185 km de double voie dont la mise en service est prévue au premier semestre 2016. Les travaux de construction, qui se dérouleront sur 42 mois, concernent les voies ferrées (études et travaux), les caténaires et deux bases travaux (études, fournitures et travaux). Le montant total du contrat s’élève à 136 millions d’euros, dont 124 millions d’euros pour Colas Rail et sa filiale. Le groupe précise que ce contrat marocain représente « un nouveau succès commercial dans la zone Mena (Afrique du Nord et Moyen-Orient) » après le chantier du métro du Caire, la construction des tramways de Rabat et Casablanca et l’obtention fin 2012 du contrat d’extension du métro d’Alger, puis début 2013 du Réseau Ferroviaire Rapide de Tunis.
     

  • Kazakhstan : Systra chargée des études en vue du TGV Almaty – Astana

    Le président du Kazakhstan voit les choses en grand. En vue de l’exposition universelle de 2017, il espère avoir inauguré une ligne à grande vitesse de 1 000 km entre l’ancienne et la nouvelle capitale, son pays Astana et Almaty. Systra a remporté un contrat pour la supervision des études et de la construction auprès des chemins de fer Kazakhes (KTZ). « Cette liaison à grande vitesse d’une longueur totale de 1 000 km effectuée à 250 km/h traversera une zone de steppe désertique de plus de 500 km soumise à des conditions climatiques extrêmes pouvant enregistrer des variations de température de 75° entre l’été et l’hiver. Le tracé comporte le franchissement du lac Balkhash via un ouvrage d’art d’une longueur de 10 km », indique Systra dans son communiqué. L’autre challenge réside dans les délais très courts (4 ans) pour mener à bien un tel projet. De tels délais pour la construction d’une LGV n’ont à ce jour pas été observés ailleurs qu’en Chine. De mauvais augure pour les industriels européens ?

  • Suisse : une pétition pour le maintien du TGV Paris – Berne

    Une pétition franco-suisse de plus de 13 000 signatures pour le maintien de la liaison TGV Paris – Berne devait être remise aux autorités suisses le 1er mars. La société Lyria qui l’exploite doit décider en mars de l’éventuelle suppression de cette unique liaison TGV quotidienne avec Paris.

  • Malaisie-Singapour : accord sur une liaison à grande vitesse

    A l’issue de leur rencontre bilatérale qui s’est tenue le 19 février, les Premiers ministres de la Malaisie et de Singapour ont signé un accord sur la construction d’une ligne à grande vitesse entre Kuala Lumpur et Singapour. Aujourd’hui, le trajet entre la capitale malaisienne et la cité-Etat, assuré par les trains KTMB, prend entre 6 et 7 heures pour parcourir les 374 kilomètres qui séparent la gare de Kuala Lumpur Sentral à la frontière singapourienne. La première phase des travaux reliera la ville de Johor Bahru, en Malaisie, à Singapour. Aucune précision n’a été fournie sur le financement d’un tel projet.    

  • Espagne : Renfe fait s’envoler la demande de billets AVE

    Le vendredi 8 février, Renfe a mis en route pour commercialiser ses offres grande vitesse une stratégie de volume : tarif de base en baisse de 11 %, promotions chocs, prix cassés selon les catégories de voyageurs. Ainsi, entre les 8 et 10 février, 378 000 billets ont été vendus (+87% par rapport au même week-end de 2012). La progression est de 41 % sur Madrid – Saragosse – Barcelone et de 23 % sur Séville – Madrid. « Nous réalisons des ventes plus fortes que jamais », se réjouit Julio Gomez Pomar, président de la compagnie. Par contre, le low-cost aérien Vueling dénonce une concurrence déloyale et ne s’interdit pas une action en justice.

  • Grande-Bretagne : présentation du tracé de la HS2 au nord de Birmingham

    Le 28 janvier, suite à la confirmation du tracé de la première phase de la ligne à grande vitesse HS2 entre Londres et Birmingham (225 km) fin 2012, le gouvernement britannique a dévoilé dans ses grandes lignes le tracé de la deuxième phase, au nord de Birmingham. Chiffrée à 32 milliards de livres Sterling (37,5 milliards d’euros), cette deuxième phase concerne une ligne en Y de 340 km entre Birmingham et Manchester (branche ouest) ou Sheffield et Leeds (branche est), dont le tracé définitif devrait être choisi d’ici fin 2014, après consultation publique. La construction de la première phase devrait commencer en 2017, la mise en service des premiers trains à grande vitesse étant prévue en 2026, tandis que la deuxième phase devrait être mise en chantier mi-2020, pour se terminer en 2032. Une échéance que le gouvernement britannique souhaiterait rapprocher, et une demande a été faite au ministère des Transports à cette fin.
    Outre une ligne autorisant jusqu’à 250 mph (400 km/h !), ce projet couvre les correspondances avec les transports urbains ou régionaux autour des futures gares desservies par les lignes à grande vitesse, en particulier pour les gares établies hors des centres-villes. Outre l’accélération des relations dans le nord-ouest de l’Angleterre (Londres – Birmingham en 49 minutes au lieu de 1 h 24, Londres – Manchester en 1 h 08 au lieu de 2 h 08, Birmingham – Manchester en 41 minutes, Birmingham – Leeds en 57 minutes au lieu de deux heures…), la HS2 permettra de libérer de la capacité sur les lignes classiques pour les trains régionaux ou de fret.

  • Amtrak et la Californie vont définir un matériel roulant américain à grande vitesse

    Le 17 janvier, Amtrak et la California High Speed Rail Authority se sont réunis à la gare de Washington (Union Station) pour définir une demande d’information en vue d’acquérir en commun des trains à grande vitesse. Ce partenariat a pour but de faire avancer à la fois la modernisation du Corridor Nord-Est (Boston – New York – Washington) et le développement d’un réseau de 800 km en Californie, tout en établissant une norme américaine de matériel roulant à grande vitesse (350 km/h), qui pourrait être « fabriqué et fourni localement, mais aussi produit pour le reste du monde ».
     

  • France – Espagne : Figueres – Barcelone, 131 km qui changent tout

    Sur la ligne à grande vitesse qui permet de relier Amsterdam à Séville, et plus « modestement » Paris à Barcelone et Madrid, c’était le maillon manquant. Une ligne à grande vitesse traverse désormais l’Europe du nord au sud… exception faite de Nîmes – Perpignan, section que parcourent les rames à grande vitesse à allure réduite. Mardi 8 janvier, Felipe, prince héritier d’Espagne, a inauguré ces 131 km d’une ligne qui bouleverse la carte de la grande vitesse en Europe. La mise en service a eu lieu dès le lendemain. Au programme, dans chaque sens, huit dessertes pour relier au quotidien Madrid, Saragosse, Lleida, Tarragone, Barcelone, Gérone et Figueres. Et un aller-retour pour effectuer le trajet Barcelone – Gérone – Figueres. Plus de deux ans après la mise en service du tronçon Perpignan – Figueres, le 19 décembre 2010, le maillon manquant entre France et Espagne, Barcelone – Figueres, est donc mis en service. Le retard au démarrage est conséquent, puisque la totalité de l’ouvrage de ligne nouvelle entre France et Espagne devait, initialement, l’être… le 17 février 2009.
     

  • Rénovation du réseau. Le nouveau plan d’action de RFF

    Rénovation du réseau. Le nouveau plan d’action de RFF

    Sept ans de réfections. Et après ? Engagé dans une ambitieuse rénovation du réseau depuis que le rapport de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) de 2005 a mis en évidence son état d’obsolescence, RFF s’apprête à s’appuyer sur le nouveau rapport de l’EPFL qu’il a commandé à Yves Putallaz et Panos Tzieropoulos pour analyser ce qu’il faudrait encore faire. Un rapport bien moins sévère que celui de la Cour des comptes, qui soulignait récemment la tendance à réaliser les travaux là où c’est le moins compliqué, c’est-à-dire sur les lignes les moins chargées. « La Cour des comptes a une vision sur la gouvernance tandis que l’EPFL a une vision plus technique », explique Alain Quinet, directeur général délégué de RFF.
    Pour Yves Putallaz, le doublement de l’effort d’investissement mis en œuvre par RFF est « remarquable ». Il est passé à 1,7 milliard d’euros annuels entre 2006 et 2011. Il propose toutefois un bilan socio-économique sur les différentes parties du réseau, qui sont toutes maintenues sans distinction, même les moins fréquentées, « ce qui consomme des ressources d’entretien ». Cela permettrait à l’État de faire des arbitrages.
    La référence, c’est toujours la Suisse, où les 2/3 des investissements vont au renouvellement du réseau et 1/3 à l’entretien. En 2003, c’était l’inverse en France. Aujourd’hui, la répartition des sommes se fait à égalité. « Faut-il faire plus ? La réponse que nous avons envie de donner est : non. Car nous n’avons pas plus d’argent et nous sommes arrivés à la limite de l’acceptabilité des travaux avec 1 000 grands chantiers par an. Donc, il s’agit de prolonger l’effort dans le temps. Nous allons vers une logique d’optimisation du réseau existant », explique Alain Quinet.
    D’abord, en augmentant sa capacité. « Nous allons consulter les autorités organisatrices des transports sur leurs attentes puis mettre en cohérence les programmes lancés », précise-t-il. RFF souhaite aussi réaliser « de petits investissements stratégiques peu visibles avec de grands résultats », par exemple les IPCS (installations permanentes de contresens), des voies d’évitement pour les trains de fret longs ou des sauts-de-mouton. Il compte aussi sur des gains de productivité grâce à la commande centralisée. Au lieu de 1 500 postes d’aiguillage, il ne devrait plus y avoir que 16 grands centres de régulation du trafic, permettant de gagner en efficacité, notamment en zone dense où les exigences de robustesse et de régularité sont élevées.
    « Avec l’ERTMS, on pourra aussi augmenter le nombre de sillons sur certaines lignes TGV saturées. Par exemple sur Paris – Lyon, limitée à 13 sillons par heure, on pourrait en gagner deux, voire trois », précise-t-il. « Nous avons 5 à 10 ans de visibilité. Le ministre nous a donné 2 milliards par an jusqu’à 2020-2022. Nous allons réévaluer les projets en cours. Dans cinq ou six mois, nous connaîtrons le tableau des entrées et des sorties de ces 2 milliards. » C’est à ce moment que RFF doit présenter son nouveau plan au ministre des Transports.
    Auparavant, RFF devrait signer un nouveau contrat de performance avec l’État. Peut-être sous forme d’avenant au contrat actuel qui s’achève fin 2012, en attendant d’en savoir plus sur la réforme ferroviaire.

    Marie-Hélène Poingt


    La caténaire : un sujet de préoccupation

    Selon le nouveau rapport de l’EPFL, les caténaires pourraient « constituer le prochain point critique : les travaux prévisibles sont importants, consommateurs de plages de travaux sur des axes structurants chargés ». Ses auteurs estiment que 5 000 km de caténaires atteignent leur durée limite. « Soit la technologie ne correspond plus aux exigences d’interopérabilité et nécessite de l’entretien coûteux, soit l’âge des supports laisse présager un état moyen peu rassurant », écrivent-ils. Surtout sur les lignes en 1,5 kV continu, dont les supports ont pour l’essentiel 60 à 90 ans. On devrait connaître dans quelques mois la stratégie retenue par RFF et SNCF Infra. Mais leur rénovation nécessitera des moyens accrus à moyen terme. Les rapporteurs suggèrent d’associer les industriels qui travaillent sur des « innovations susceptibles de réduire les coûts de renouvellement ainsi que les impacts capacitaires (plages travaux) ».

    M.-H. P. et P. L.