Catégorie : Infrastructure

L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

  • Un sondage favorable à la LGV Poitiers – Limoges à 80 %

    Selon un sondage Ifop commandé par RFF, 80 % des habitants des huit départements concernés par le tracé de la future LGV Poitiers – Limoges sont favorables à cette réalisation. Plus précisément, 20 % des 1 006 personnes interrogées mi-janvier se déclarent très favorables et 60 % plutôt favorables. Un résultat qui n’a pas été divulgué avant le scrutin régional et qui déplaira sans doute aux détracteurs du projet. Paradoxalement, les sondés estiment aussi à 71 % que l’utilité de cette ligne est faible pour leurs déplacements personnels. Une contradiction sans doute due au degré d’information actuel du public et à la large zone géographique d’étude, « RFF ayant voulu un état des lieux à l’échelle de l’aire d’influence du projet », précise-t-on au service communication. L’objet de l’enquête était avant tout de faire le point sur la communication nécessaire autour de ce projet controversé, alors que les études préliminaires se poursuivent, en même temps que la concertation.

  • Maintenance décennale « dynamique » pour le tram d’Orléans

    Jusqu’à présent, l’examen des 36 km de rails de la ligne était effectué pas à pas par les mécaniciens tous les 50 à 100 mètres alors que l’expertise dynamique repose sur l’analyse de la voie à partir de lasers et de caméras installés sur une rame au niveau du bogie porteur. « C’est une technique encore novatrice, explique Jean Yves Gudin, responsable du matériel roulant à la Setao, seules Bordeaux et Lyon l’ont utilisée peu après leurs mises en service, mais jamais pour un bilan décennal. » Équipée d’installations électroniques pilotées par l’entreprise allemande Deutzer une rame à vide a donc effectué un aller-retour à vitesse normale en s’arrêtant à toutes les stations. Plusieurs mesures ont été réalisées : respect du rayon du rail, relevé d’usure ondulatoire de la table de roulement du rail, mesure de la profondeur de la gorge, écartement et dévers de la voie. Quelques heures après l’inspection, les logiciels « crachaient » leurs analyses avec, à la clef, des recommandations et propositions d’amélioration, la définition des urgences et la planification des opérations de remise à niveau. Cette campagne va également servir aux futurs essais des nouvelles rames 302 qui équiperont la seconde ligne en 2012. Par anticipation, quatre de ces rames seront mises en service en septembre prochain pour alléger le trafic de la première ligne.

  • Pour la presse allemande, le train à grande vitesse russe serait pour Alstom

    L’étoile de Siemens serait-elle en passe de pâlir à Moscou ? C’est ce que croit savoir le quotidien économique allemand Handelsblatt, qui fait d’Alstom le favori des RZD pour sa prochaine commande de trains à grande vitesse. La Russie envisage de doubler la ligne reliant Moscou à Saint-Pétersbourg. A terme, les trains y circuleront à 400 km/h, contre 250 actuellement avec le Sapsan, la version russe de l’ICE 3, construit par Siemens. Or, actuellement, seul l’AGV d’Alstom répond aux nouvelles exigences russes, plaçant de fait les français en position favorable. Selon le journal allemand, qui cite le vice président des RZD, Valentin Gapanovich, les Russes envisagent de commander 20 AGV, si ces projets de ligne à grande vitesse devaient se concrétiser. En 2006, Moscou avait commandé huit Sapsan au conglomérat bavarois, pour un montant de 276 millions d’euros, assorti d’un contrat de maintenance de 354 millions sur 30 ans.

  • La Banque de Chine investit dans la ligne à grande vitesse Pékin – Shanghaï

    La Banque de Chine devrait investir 6,6 milliards de RMB – environ 700 millions d’euros – pour entrer dans le capital de la Beijing Shanghai High Speed Railway Co. qui, sous la houlette du MOR, exploitera la ligne Pékin – Shanghaï, en rachetant 6 millions d’actions détenues par la China Railway Investment Co., principal actionnaire de l’opérateur avec 56,2 % du capital. Selon les analystes, l’opération permettra à la Banque de Chine d’entrer sur un marché profitable et à la Cric de dégager des fonds pour d’autres projets ferroviaires. La Beijing Shanghai High Speed Railway Co. pourrait par ailleurs prochainement obtenir l’aval des autorités pour lever 50 milliards de RMB (5,37 millions d’euros) sur les marchés boursiers afin de compléter le financement de la ligne, dont le coût est estimé à 221 milliards de RMB (23,76 millions d’euros).

  • Medvedev organise la grande vitesse russe

    Le président russe Dmitri Medvedev a signé un décret « sur les mesures visant à l’organisation du réseau de transport ferroviaire à grande vitesse en Russie ». Un document qui enjoint le gouvernement russe d’adopter des mesures concernant les recommandations techniques, les exigences de sécurité… En outre, le président de RZD, Vladimir Yakounine, a fait remarquer que le train à grande vitesse Sapsan, qui assure la desserte Moscou – Saint-Pétersbourg depuis décembre 2009, bénéficie d’un taux de remplissage de 90 et 100 %.

  • La sécurité de la LGV bavaroise en question

    Après les trains, les voies ferrées ? La DB, qui depuis plus d’un an se débat dans des problèmes de matériel roulant (ICE, S-Bahn berlinois), pourrait bientôt rencontrer de nouveaux déboires, sur ses infrastructures cette fois-ci.
    A l’origine de ces possibles nuages : les révélations d’un ancien employé de Bilfinger, le numéro deux allemand du bâtiment. Il affirme que des irrégularités ont été commises par son entreprise lors de la construction, entre 2001 et 2006, de la LGV Munich – Nuremberg : certains tunnels ou ponts ne répondraient pas aux normes de sécurité.
    Des allégations prises très au sérieux, car Bilfinger est au cœur d’un gigantesque scandale, suite à la découverte de graves malversations sur le chantier du métro de Cologne. Les autorités ont établi que de nombreuses armatures en acier censées stabiliser le chantier n’ont jamais été installées, pour être revendues illégalement. Par endroits, il manque jusqu’à 80 % de ces pièces. Pour ne pas attirer l’attention, les protocoles qui rendent compte de ces travaux ont été falsifiés. Ces magouilles pourraient être à l’origine de l’effondrement du bâtiment des archives, qui a coûté la vie à deux personnes il y a un an.
    Des soupçons identiques pèsent désormais sur le chantier de la LGV bavaroise, où la moitié des protocoles auraient été manipulés. La DB, qui a nommé un expert indépendant pour faire toute la lumière sur cette affaire, se veut néanmoins rassurante : « Pour l’instant, nous n’avons aucun élément permettant d’affirmer que des irrégularités ont été commises », explique-t-elle.
     

    Antoine HEULARD

  • Le gouvernement britannique en faveur d’une deuxième LGV entre Londres et l’Ecosse

    C’est un discours historique que Lord Adonis, ministre des Transports britannique, a prononcé le 11 mars, annonçant la stratégie du gouvernement britannique en matière de grande vitesse ferroviaire « entre Londres et les grandes villes des Midlands, du Nord et de l’Ecosse », basée sur le rapport remis en décembre dernier. A terme, la deuxième ligne nouvelle, soit en anglais High Speed 2 ou HS2, formerait un « réseau en Y » totalisant 335 miles (540 km), permettant aux trains de relier Londres aux grandes villes du nord-ouest de l’Angleterre « à 250 mph maximum » (400 km/h), et de poursuivre vers le nord de l’Angleterre et le sud de l’Ecosse.
    Pour Lord Adonis, « six raisons principales » justifient le lancement de ce projet d’envergure : la capacité de l’actuelle ligne de la Côte ouest (West Coast Main Line), qui devrait atteindre ses limites en dépit des milliards de livres investis pour sa modernisation, les gains de temps, qui devraient dépasser la demi-heure, la possibilité « historique » d’interconnecter le réseau ferré britannique, qui n’a toujours pas surmonté les divisions entre les compagnies concurrentes du XIXe siècle, l’établissement d’une gare de correspondance entre HS2 et le projet de « RER londonien » Crossrail, qui permettrait de gagner l’aéroport de Heathrow en un seul changement, le développement durable et, enfin, un rendement de « deux livres pour chaque livre investie ».
    Pour commencer, le tronc commun de 120 miles (190 km) entre Londres et Birmingham, chiffré entre 15,8 et 17,4 milliards de livres (17,4 à 19,2 milliards d’euros au cours actuel), devrait être terminé à l’horizon 2026. Son itinéraire quitterait la gare londonienne d’Euston, qui devra être restructurée, pour gagner la gare de correspondance avec Crossrail, à l’ouest de la gare de Paddington et poursuivre vers l’ouest sans effectuer de détour par l’aéroport de Heathrow.
    Etablie parallèlement à la ligne partagée par les métros vers Amersham et les trains vers Aylesbury, la ligne nouvelle quitterait l’agglomération londonienne par le tracé du Great Central, chemin de fer abandonné depuis plus de quarante ans, avant d’obliquer vers l’agglomération de Birmingham. Une gare devrait être établie à proximité de l’aéroport international de cette ville (déjà desservi par la ligne classique) et de l’important centre d’exposition voisin. A l’ouest du centre de Birmingham, la ligne nouvelle se ramifierait entre une antenne vers la gare de Curzon Street et une branche finissant par se raccorder à la ligne classique au niveau de Lichfield, dans le nord de l’agglomération.
    Pour relier Londres à Birmingham en 49 minutes environ, le gouvernement britannique envisage des trains autorisés à 360 km/h minimum, au gabarit européen, longs de 400 mètres (comme une unité double de TGV) et comptant jusqu’à 1 100 places assises. Mais la ligne nouvelle, qui devrait présenter une capacité initiale de 14 trains par heure, devrait également voir passer des trains au gabarit britannique pour les dessertes au-delà de Birmingham.
    Les fournisseurs de ces futurs trains ont (presque) tout leur temps devant eux, vu que l’inauguration de la HS2 devrait attendre une bonne quinzaine d’années, si tout se passe comme prévu. En effet, sa réalisation impliquera certainement des démolitions par centaines et un important financement public. Enfin, l’annonce d’un tel projet, assez consensuel et pouvant créer « jusqu’à 10 000 emplois », n’est certainement pas innocente en cette période préélectorale. L’opposition conservatrice n’a d’ailleurs pas manqué de critiquer le fait que la ligne nouvelle ne desserve par l’aéroport de Heathrow, même si Lord Adonis ne ferme pas la porte à cette possibilité, tout en estimant que ce détour reviendrait très cher par rapport à son intérêt. D’autant plus que les terminaux de Heathrow, déjà desservis par le rail, sont éclatés autour de trois sites distincts.
     

    Patrick LAVAL

  • Premier marché de génie civil de la phase 2 du la LGV Est attribué

    Le premier marché de génie civil de la phase 2 de la LGV Est a été attribué le 18 mars au groupement d’entreprises françaises Guintoli (mandataire)/Maia Sonnier/NGE GC pour un montant de 78,9 millions d’euros. « Cette nouvelle étape marque le véritable lancement des opérations, souligne dans un communiqué le président de RFF Hubert du Mesnil. Les grands travaux de génie civil démarreront à l’été 2010 comme RFF s’y était engagé. » Ce marché porte sur la réalisation (terrassements, hydraulique, ouvrages d’art, rétablissements de chaussée) du lot 42, soit 16,8 km de LGV à l’extrémité est du secteur mosellan, entre les communes de Sarraltroff et Danne-et-Quatre-Vents (57). Les travaux, qui débuteront après les études d’exécution des dernières reconnaissances de sol, concernent près de 9 millions de m3 de terrassement et 29 ouvrages d’art. La maîtrise d’œuvre du tronçon est assurée par le groupement Inexia Arcadis. Les appels d’offres des 9 autres lots de génie civil se poursuivront en 2010, conformément au calendrier. Les travaux de génie civil sur les 106 km de la phase 2 (entre Baudrecourt et Vendenheim) doivent durer trois ans. Cette réalisation d’un coût de plus de 2 milliards d’euros permettra de gagner 30 minutes entre Paris et Strasbourg.

  • TGV Lyria : Alain Barbey nommé directeur général

    Alain Barbey, qui dirigeait Cisalpino AG jusqu’à fin décembre 2009, a été choisi le 18 mars lors du conseil d’administration de Lyria, pour être le nouveau directeur général de TGV Lyria, la filiale commune aux CFF et à la SNCF, à compter du 1er juillet prochain. Il remplace Christian Rossi, qui était à ce poste depuis 5 ans et qui rejoint les CFF en tant que directeur Ventes et distribution de la région du Léman.

  • La LGV brésilienne empêtrée dans le calendrier électoral

    Le 2 mars, les Brésiliens devaient publier l’appel d’offres sur la ligne à grande vitesse Rio – São Paulo – Campinas. Mais l’appel d’offres n’est pas sorti et, aujourd’hui encore, on ne dispose que de la minute mise en ligne en décembre dernier. Un document de quelque 250 pages, c’est mince pour se faire une idée de la réalisation d’un projet de LGV.
    Pourquoi ces retards, accompagnés dans un même mouvement de proclamations d’urgence ? La réponse est simple : le calendrier est politique. Le président Luiz Ignacio Lula achève son mandat cette année. La candidate du parti des Travailleurs, investie le 20 février par Lula pour lui succéder, Dilma Roussef, est aujourd’hui chef de la Casa Civil. Numéro 2 du pouvoir fédéral derrière Lula, elle occupe un poste entre secrétaire général de la présidence, Premier ministre et ministre de l’Intérieur. À ce titre, elle est chargée des grands projets. Selon Le Monde du 20 février, Lula la présente comme la « mère du PAC », le programme d’accélération de la croissance.
    C’est dire que Dilma Roussef s’intéresse à la LGV. Les élections doivent avoir lieu en octobre. Et c’est cette échéance qui permet de comprendre l’agenda : appel d’offres le 2 mars, adjudication le 2 mai, signature quasiment dans la foulée, ce qui permet de faire rentrer au moment du scrutin la LGV dans la liste des grands travaux engagés, pour une mise en service cinq ans plus tard. Ce sera trop tard, certes, pour la Coupe du monde de football de 2014, comme on l’annonçait d’abord, mais encore à temps pour les Jeux Olympiques qui se tiendront au Brésil en 2016. Voilà pour le calendrier officiel.
    Mais le 2 mars est passé et l’appel d’offres n’est pas sorti. Le Tribunal des comptes, qui doit l’examiner avant sa publication, a demandé soixante jours à partir du moment où il aura l’intégralité des documents, qu’il n’a toujours pas reçus… De plus, le délai de deux mois donné aux consortiums pour répondre est bien trop serré : Alstom et la SNCF ont dit qu’il leur fallait six mois. 2016 est donc d’ores et déjà jugée irréaliste. Ce qui est gênant car, faute d’un rendez-vous international, que les Chinois avaient respecté pour la LGV Pékin – Tianjin à l’occasion des JO, que les Sud-Africains s’apprêtent à respecter tant bien que mal pour la mise en service du Gautrain lors de la prochaine Coupe du monde de football, le projet pourrait bien dériver pour de bon.
    Alors, beaucoup de bruit pour rien ? Sans doute pas. Selon Jean-François Fritsche, attaché des Transports et infrastructures au service économique régional auprès de l’ambassade de France, « c’est un projet nécessaire au pays, ils ont les moyens financiers de le réaliser, et ils s’en donneront les moyens techniques aussi, grâce au transfert de technologie ». Pourquoi l’appel d’offres est-il si dur à préparer ? « Parce qu’il manque une génération. Les Brésiliens n’ont plus, depuis vingt-cinq ans, l’expérience de la construction de grandes infrastructures linéaires. »
    Les Brésiliens ont, de fait, sous-estimé le travail préparatoire. L’Agence nationale des Transports terrestres (ANTT) ne dispose que d’une vingtaine de personnes pour suivre le projet. Aucun assistant à maître d’ouvrage n’a été désigné pour préparer l’appel d’offres. Et l’étude préalable, réalisée par Halcrow, est jugée faible : il faut dire qu’elle a été réalisée pour moins d’un million d’euros, dix fois moins que le coût d’une étude classique.
    Le gouvernement a tout de même fait des choix importants. L’État fédéral procédera lui-même aux expropriations. Le consortium aura cinq ans, à partir de la mise à disposition de l’ensemble des emprises, pour ouvrir la ligne. Mais la grande option retenue fait frémir les spécialistes historiques de la grande vitesse. Le contrat doit être attribué au moins offrant, à un consortium chargé de l’intégralité du projet. 70 % de la note viendront de la moindre participation demandée à l’État, et 30 % du plus bas coût demandé au voyageur pour un billet de 2e classe. Ensuite seulement, et une fois le choix fait, seront ouvertes deux enveloppes, une sur l’offre technique, une sur les garanties financières. L’appel d’offres va donc être jugé sur deux critères comptables. Ce qui ne peut qu’avantager les Chinois. Soit un scénario proche de celui de l’Arabie saoudite.
     

    François DUMONT