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Catégorie : Matériel
L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

Les SJ exploiteront les relations Krösatågen
L’opérateur historique suédois SJ a remporté le 2 décembre 2020 l’appel d’offres lancé par les autorités organisatrices de transport des comtés de Jönköping, Kalmar, Halland, Blekinge, Kronoberg et Skåne pour l’exploitation des relations Krösatågen pour 12 ans à partir du 12 décembre 2021. Ce contrat représente un volume de 75 millions de km-trains. Les SJ assureront la maintenance du matériel utilisé et reprendront les activités des dépôts de Kalmar et Nässjö. À partir du service annuel 2022, les SJ exploiteront, sous la marque Krösatågen, les relations Kustpilen exploitées actuellement par Transdev Sverige: Linköping – Kalmar et Linköping – Västervik, et les relations Krösatågen, que les chemins de fer norvégiens Vy Tåg avaient reprises en décembre 2018 à Transdev, Jönköping – Tranås, Jönköping – Nässjö – Eksjö, Nässjö – Halmstad, Jönköping – Växjö, Nässjö – Vetlanda, Nässjö – Alvesta – Växjö, Växjö – Hässleholm et Kalmar – Emmaboda – Karlskrona.

Plan massif d’investissements en Autriche
Mi-octobre 2020, le Conseil des ministres autrichien a approuvé un plan de 17,5 milliards d’euros pour la modernisation du réseau ferroviaire ainsi que pour la construction de nouvelles lignes. Ce plan couvre la période 2021- 2026, avec entre autres 8 milliards d’euros consacrés à la modernisation du réseau et aux électrifications de lignes, 3 milliards pour la construction des tunnels de base du Brenner, du Koralm et du Semmering, 1,2 milliard pour la modernisation de la S-Bahn (RER) de Vienne, afin entre autres d’allonger les quais de certaines gares de 160 m à 220 m pour autoriser la circulation de trains plus longs et équiper en ETCS des lignes permettant d’abaisser à 2min 30s l’intervalle entre deux circulations. Pour assurer en 2035 la neutralité carbone du transport ferroviaire en Autriche, environ 500 km de lignes seront électrifiés, et des trains à hydrogène ou à batteries utilisés sur les lignes où l’électrification est impossible techniquement ou économiquement.

Du matériel roulant pour les travaux de la Rhune
Pour les travaux de rénovation de la ligne à crémaillère à voie métrique de la Rhune (4,2 km), un appel d’offres avait été lancé le 20 décembre 2019 par le conseil départemental des Pyrénées- Atlantiques pour l’acquisition d’un locotracteur diesel à crémaillère neuf. À l’issue de l’appel d’offres clôturé le 29 janvier 2020, un seul constructeur avait répondu, Stadler, avec qui le marché a été conclu le 13 octobre pour un coût de 3,3 millions d’euros hors taxes. Un autre appel d’offres a été publié le 23 septembre par le conseil départemental pour la fourniture de trois wagons de travaux à crémaillère : un wagon plateforme et de secours, un wagon-trémie et un wagon- grue polyvalent. La clôture de l’appel d’offres était le 23 octobre et à la mi-décembre l’attribution n’était pas encore connue. Les travaux de rénovation de la ligne devraient débuter en 2022.

Fiasco pour la concurrence des TET
Début 2019, le gouvernement annonce son intention d’ouvrir à la concurrence deux lignes des trains d’équilibre du territoire : Nantes – Lyon et Nantes – Bordeaux. Pour augmenter la visibilité auprès de nouveaux opérateurs, il décide aussi d’y affecter des rames neuves Coradia Liner en remplacement des rames Corail.
L’appel d’offres est lancé début 2020. Et mi-décembre, le gouvernement annonce qu’il le classe sans suite car il n’y a pas eu d’offres… en dehors de celle de la SNCF ! Et de justifier ce résultat par la crise sanitaire et les nombreux travaux. Mais de promettre d’y revenir quand les temps seront meilleurs. En attendant, la SNCF est reconduite dans son contrat mais pas au titre de vainqueur de l’AO. Étonnant ! L’État annonce même des améliorations d’ici à 2022: de trois à quatre AR sur Nantes – Bordeaux et de deux à trois AR sur Nantes – Lyon.

Pologne : SKPL achète aux NS 32 DM’90
En 2018 l’opérateur roumain Ferotrans-TFI avait acheté 48 automotrices diesels DM’90 (Diesel materieel 90), qu’avait réformées et mises en vente l’opérateur historique néerlandais NS Reizigers. Après décision de justice, cette vente fut annulée. Suite à un recours de Ferotrans-TFI sur les modalités de remboursement, les DM’90 ont été mises sous séquestre jusqu’au 4 novembre 2020. L’association polonaise des transports ferroviaires locaux SKPL (Stowarzyszenie Kolejowych Przewozów Lokalnych) avait toutefois racheté en septembre 2020 aux NS 32 DM’90. Quatre ont été acheminées le 28 novembre 2020 vers Zagórz en Pologne. SKPL a été créé le 4 février 2002 par d’anciens employés des PKP, qui travaillaient sur le réseau à voie étroite de Kalisz. En 2010, l’opérateur SKPL Cargo Sp. z.o.o. fut créé, et obtint ses licences d’exploitation voyageurs et fret en 2013. SKPL dispose de 32 locomotives diesels et de 16 autorails. SKPL exploite la relation Pleszew Miasto – Pleszew Wąskotorowy, des trains touristiques, et assure en sous-traitance des manœuvres et des dessertes pour d’autres opérateurs fret.

La Suisse change d’horaire et améliore ses relations
Depuis le 13 décembre 2020, l’arrivée de nouveaux concurrents sur les trains voyageurs de grandes lignes, l’ouverture du tunnel de base du Ceneri et du tunnel Eppenberg, l’amélioration des liaisons internationales avec l’Allemagne et l’Italie, la réception de nouveau matériel font évoluer l’offre de transport et les grilles horaires en Suisse. Ceci dans un contexte de crise sanitaire et de lourds travaux de modernisation du réseau en Suisse romande et au Tessin.
Le changement d’horaire de décembre 2020 sonne la fin du monopole des Chemins de fer fédéraux (CFF) sur les trains voyageurs grandes lignes. La compagnie devra partager son réseau avec la Südostbahn (SOB) et Berne-Lötschberg-Simplon (BLS). La SOB exploitera deux relations en passant par le col du Gothard (Bâle – Locarno et Zurich – Locarno), abandonnées quelques années plus tôt par les CFF. BLS après avoir remporté la ligne Bienne – Berne l’année dernière, exploitera une relation supplémentaire aux alentours de Berne (Berne – Olten) et conserve l’exploitation de la ligne Berne – La Chaux-de-Fonds. Conformément à l’accord signé entre BLS et les CFF en 2019, les CFF restent concessionnaires des lignes.
La mise en service commercial de nouvelles infrastructures a impacté les nouveaux indicateurs horaires ; d’une part avec l’ouverture du tunnel de base du mont Ceneri dans le Tessin ; d’autre part avec le tunnel d’Eppenberg (Argovie) qui permet de supprimer le tuyau d’étranglement sur l’artère principale du pays entre Olten et Zurich et accorde une exploitation en quatre voies de Lenzbourg à Olten.
L’année 2021 sera également marquée par la généralisation du nouveau matériel roulant type Twindexx et Giruno sur les axes principaux et le déplacement des rames réversibles tractées par les Re 460 sur d’autres axes. La fin des Re 420 s’approche avec le retrait des dernières rames tractées non réversibles. Ces locomotives seront limitées aux trains de nuit et à l’EuroCity transalpin.

Appel d’offres historique pour le tram de Montpellier
La métropole de Montpellier s’apprête à investir 275 millions d’euros pour commander 77 nouvelles rames de tramway. Cet appel d’offres est exceptionnel à plus d’un titre. Il est d’abord « ouvert », ce qui signifie que tous les constructeurs mondiaux pourront y répondre sans condition, l’objectif étant d’obtenir les prix les plus bas. Plus étonnant encore, il s’agit de remplacer les Citadis de la ligne 1 entrés en service en 2000. Ce matériel de seulement 20 ans subit des charges importantes sur une ligne qui reçoit 130 000 voyageurs par jour. Son remplacement par 30 rames n’entraînera pas sa revente à un autre réseau, mais son recyclage dans un projet artistique ou urbain, voire sa destruction, bien avant ses 30 ans, âge estimé de sa retraite. 25 autres rames seront affectées à la future ligne 5 tandis que les 22 rames restantes viendront en renfort du réseau.

Les nouvelles Vectron de BLS Cargo en Belgique
BLS Cargo, via sa filiale Crossrail Benelux NV, a repris la traction des trains Ambrogio entre la Belgique et l’Italie. Toutes sont équipées des systèmes de traction et de protection des trains (y compris l’ETCS) et homologuées en Allemagne (DE), Autriche (AT), Suisse (CH), Italie (IT), Pays-Bas (NL) et Belgique (BE) pour cette dernière commande. Malgré la crise sanitaire, Siemens a respecté la livraison prévue des locomotives ainsi que les homologations en Belgique. 10 des 25 locomotives ont été livrées, les 15 autres suivront, à partir de 2023. À terme, BLS Cargo possédera un parc total de 40 éléments avec les 15 Vectron achetées en 2015.
C’est la 193.341 de DB Cargo Belgium (filiale de DB Cargo) qui a ouvert le bal le 29 août dernier en circulant pour la première fois sur le réseau Infrabel. BLS Cargo peut se vanter d’effectuer intégralement le corridor Rhin-Alpes et ce, sans changer de machine.

La fin des BB 25500… et des « danseuses » en général
Le changement de service du 12 décembre 2020 a sonné la fin des BB 25500, avec une dernière circulation commerciale le 11 décembre entre Sélestat et Strasbourg, et des radiations enregistrées dès le 14 décembre pour quatre des six dernières machines alsaciennes affectées aux TER Grand Est (25591, 25613, 25615 et 25664), les deux restantes (25673 et 25679) n’étant pas encore fixées sur leur sort au moment où ces lignes étaient rédigées (mi-décembre 2020).
Avec le retrait plus ancien des BB 8500, 16500 et 20200, et la radiation toute récente des dernières BB 17000 transiliennes de Paris-Saint-Lazare, c’est la série tout entière des « danseuses » qui s’efface du paysage ferroviaire après 56 ans de présence. Pas toujours appréciées des conducteurs en raison de leur suspension peu performante et de leur confort rudimentaire, mais souvent recherchées par les amateurs jusqu’à leurs derniers tours de roues, les « danseuses », laisseront le souvenir d’engins polyvalents ayant fréquenté la plupart des lignes électrifiées, tant au service des convois de fret qu’en tête de rames de voyageurs, essentiellement des trains express régionaux ou de la banlieue parisienne.
Dorénavant, seuls subsisteront quelques engins préservés et les chasse-neige CN 1 et CN 2 (8553 et 8556), sans oublier quelques exemplaires bicourant vendus à la Roumanie, encore en activité pour certains d’entre eux.

RER métropolitains : l’avenir des zones urbaines
La loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 fixait pour objectif le doublement de la part modale du ferroviaire en zone urbaine avec une nette priorité pour les investissements dans les transports du quotidien. SNCF Réseau a été chargé de présenter un plan d’ensemble des grands nœuds ferroviaires pour développer, au cas par cas, de nouveaux services express métropolitains (SEM).
La loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 vise à améliorer la mobilité quotidienne. Dans la loi, la programmation des investissements s’appuie sur le rapport de janvier 2018 du Conseil d’orientation des infrastructures (COI). Pour le COI, le ferroviaire est un mode de transport propre, partagé, maillé, adapté au mass transit et à l’intermodalité. L’objectif de la LOM est le doublement de la part modale des trains en zone urbaine et l’orientation très nette des investissements vers les transports du quotidien au lieu des projets de LGV favorisés pendant plus de 40 ans. Enfin, la LOM confie à SNCF Réseau la présentation d’un plan d’ensemble des grands nœuds ferroviaires pour développer de nouveaux services express métropolitains (SEM). SNCF Réseau a remis son rapport en octobre dernier. On y trouve un état des lieux, des projets de territoire, l’analyse de la saturation des étoiles ferroviaires et des perspectives. Il précise d’emblée que la réussite passe par les aspects techniques. Et que l’analyse doit se faire au cas par cas; notamment, il ne s’agit pas de décliner en province le modèle de l’Île-de- France.
Les déplacements dépendent directement de la densité : en 2019, 75 % de la population vit sous l’influence de la ville dans l ’une des 241 aires urbaines qui accueillent 55 millions d’habitants. Et 50 % vivent dans l’une des 31 grandes aires urbaines dont il existe 22 très grandes en janvier 2020: Lille, Tours, Rouen, Brest, Nantes, Grenoble, Clermont- Ferrand, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Toulon, Nice, Saint-Étienne, Lyon, Metz, Nancy, Strasbourg, Paris, Dijon, Orléans et Rennes.