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Taiwan : travaux pour empêcher l’affaissement de la ligne à grande vitesse
Les autorités taïwanaises ont débloqué un budget de près de 52 md TWD (environ 1,23 md €) pour boucher ou détourner le cours d’environ 1000 sources et torrents le long du parcours de la ligne à grande vitesse Taipei – Kaohsiung. La ligne, longue de 345 km, inaugurée en 2007 et exploitée par la Taïwan High Speed Railway Corporation (THSRC) subit en effet les « assauts » de ces cours d’eau qui, la pluviométrie s’avérant particulièrement forte à Taïwan depuis ces dernières années, débordent régulièrement et érodent dangereusement le sol, jusqu’à risquer de provoquer, estiment les experts, l’affaissement de la voie. Les travaux, qui se concentreront dans la partie centrale du parcours, devraient s’échelonner sur pas moins de dix ans.
ESPAGNE : la grande vitesse va se libéraliser
Le ministère du Développement à Madrid avance 2013-2014 pour l’entrée d’opérateurs privés sur les lignes à grand vitesse ibériques. Parmi les candidats (ou au moins ceux qui veulent se placer): Alsa (une grande compagnie d’autocars interurbains), le groupe Virgin, mais également la firme de grande distribution Corte Inglès. Une perspective ambivalente pour la Renfe car, si elle aura des concurrents, elle poura également leur louer des rames AVE (elle estime en avoir entre 20 et 25 ponctuellement en excédent vu les retards dans l’achèvement des lignes).

Chine : deux trains à grande vitesse entrent en collision
La collision qui a eu lieu le 23 juillet aux environs de la ville de Wenzhou, dans la province du Fujian, entre deux trains à grande vitesse, le D3115 assurant la liaison Hangzhou – Fuzhou, et le D301 roulant entre Pékin et Fuzhou, a fait 35 morts et entre 192 et 210 blessés selon les sources. Le mauvais temps semble être à l’origine de l’accident : le D3115 – de modèle CRH2, basé sur le Shinkansen E2 japonais, capable de rouler à 250 km/h – a été frappé par la foudre qui a causé une panne d’une nature encore à définir, et a dû s’immobiliser sur la voie. Le D301 – également un CRH2 – qui le suivait, l’a percuté peu après. Pourquoi ne s’est-il pas arrêté à son tour ? Là encore, l’orage fournit un élément immédiat d’explication : la foudre aurait, outre le D3115, frappé et endommagé un élément du système de sécurité installé sur la voie, destiné à alerter les rames en circulation des incidents de trafic.
Le D301 n’aurait donc pas été conscient de l’immobilisation du D3115. Pour mémoire, la foudre avait déjà été récemment à l’origine de l’immobilisation d’un train sur la ligne Pékin – Shanghai, dans le cadre d’une série d’incidents ayant sévèrement perturbé le trafic. Aussi bien, si les causes météorologiques avancées sont les bonnes, n’est-il pas légitime de se demander pourquoi le système s’y avère aussi sensible ? S’agit-il d’un défaut de conception, ou d’entretien ? La presse chinoise demande une enquête serrée et un renforcement des conditions de sécurité. Ainsi du China Daily : « La grande vitesse exige des standards d’excellence sur tout : les matériaux employés, la construction des lignes, le matériel roulant. Les voies et systèmes de communication doivent être plus fréquemment inspectés, sans tolérer erreurs ni ménagement des efforts… Le Ministère des chemins de fer doit tirer les leçons de l’accident et en investiguer sérieusement les causes… »Ce dernier a pour l’heure réaffirmé sa confiance dans son réseau à grande vitesse, tout en limogeant trois responsables du Bureau des chemins de fer de Shanghai, dans la circonscription duquel à eu lieu l’accident : Long Jing, He Shengli et Li Jia, respectivement directeur, directeur-adjoint et chef du Parti dudit Bureau.
Autre conséquence du drame : les actions – déjà mises à mal au début de l’année par le scandale de corruption ayant conduit à la mise à pied du ministre des chemins de fer Liu Zhijun – de China South Railway Locomotive and Rolling Stock Corp (CSR) et de China Railway Group, entreprises impliquées, soit directement soit via leurs filiales, dans la fourniture du matériel roulant et équipements et la construction de la ligne théâtre de l’accident, ont très fortement chuté aux bourses de Shanghai et/ou Hongkong où elles sont cotées. La valeur de CNR, le grand rival de CSR, a également chuté : les analystes estiment qu’à terme, l’ensemble des entreprises ferroviaires chinoises pourraient être objet de défiance de la part des investisseurs, dans la perspective d’une possible remise en cause du programme à grande vitesse chinois.
Marseille : le prolongement de la ligne 2 du métro confié à Artelia
La communauté urbaine Marseille Provence Métropole a confié à Coteba, filiale du groupe d’ingénierie Artelia, les travaux du prolongement de la ligne 2 du métro de Marseille. La ligne sera prolongée de 900 mètres entre la station Bougainville et le boulevard Capitaine Gèze. La mise en service est prévue pour la fin de l’année 2014. Le coût des travaux est évalué à 55 millions d’euros. Une nouvelle station, un pôle d’échanges multimodal (avec une gare pour 6 lignes de bus, 3 lignes de BHNS et 2 de lignes de cars interurbains) et un parc relais de 650 places seront créés.
Série noire sur la LGV Pékin Shanghai
Une série d’incidents a récemment occasionné le retard de plusieurs dizaines de rames sur la nouvelle ligne à grande vitesse Pékin – Shanghai : un court-circuit dans le système d’alimentation électrique provoqué par un orage a immobilisé 19 trains, un pantographe défaillant 30 autres, et un faux contact dans le transformateur du système de traction a empêché une rame de dépasser les 160 km/h. Le ministère chinois des Chemins de fer (MOR) s’est excusé auprès des usagers, tout en soulignant que la nouvelle ligne, en phase de rodage, avait vu 85,6 % de ses trains arrivés à l’heure depuis son inauguration le 30 juin 2011, et qu’enfin, les incidents survenus n’avaient en aucun cas affecté la sécurité des passagers. Il n’empêche que des voix s’élèvent pour reprocher au MOR d’avoir précipité la mise en service de la liaison, longue de 1 318 km, pour qu’elle coïncidât avec le 90e anniversaire du Parti communiste, au détriment d’une ultime phase de tests. Les compagnies aériennes semblent tabler sur la poursuite des difficultés : après avoir baissé leurs tarifs Pékin – Shanghai pour rester compétitifs face au train rapide – dont le trafic moyen est de 165 000 passagers/jour – elles les relèvent à nouveau.

Chine : des trains à grande vitesse contrefaçon du Shinkansen ?
Kawasaki Heavy Industries et Japan Rail menacent de surveiller et éventuellement contrer tout dépôt de brevet à l’étranger par la Chine, relativement au train à grande vitesse CRH 380A, pour violation de leurs droits de propriété intellectuelle. Les deux entreprises estiment en effet que les CRH 380A, mis au point par le fabricant chinois de matériel roulant CSR Sifang et roulant sur la toute nouvelle ligne à grande vitesse Pékin – Shanghaï, ont pour base les CRH2 développés par elles en partenariat avec ledit CSR Sifang en s’inspirant du Shinkansen série E2. Faux, réplique le ministère chinois des Chemins de fer, qui met en avant les nombreuses innovations propres aux CRH 380A et des caractéristiques techniques différentes, à commencer par la vitesse maximale : 380 km/h pour le CRH 380A contre 250 km/h aux CRH2 et Shinkansen E2. Plus globalement, le ministère avance le fait que la Chine a déjà déposé chez elle 1 900 brevets relatifs aux technologies de la grande vitesse et s’apprête à en déposer 481 autres pour illustrer l’originalité de la R&D chinoise en la matière.
LGV Djedda – La Mecque – Médine : la presse espagnole crie victoire
Selon plusieurs médias espagnols parus le 19 juillet, le consortium espagnol candidat au projet de train à grande vitesse Djedda – La Mecque – Médine aurait remporté l’appel d’offres face au consortium français composé d’Alstom et de la SNCF. Ce « mégacontrat » qui avait une valeur d’abord estimée à dix milliards d’euros et avoisinerait désormais les 7 milliards. Selon le journal El Economista, c’est le ministre des Transports qui a confirmé aux membres du consortium – Renfe, Talgo, Adif, OHL et huit autres entreprises espagnoles – qu’ils avaient remporté ce contrat. Et le quotidien El País assure que le partenaire saoudien du consortium espagnol a aussi reçu cette confirmation. Toutefois, contacté par l’AFP, un porte-parole du ministère des Transports espagnols s’est voulu prudent, précisant : « Le processus est très avancé, la candidature espagnole est en bonne position, mais ce n’est pas encore finalisé. » A la SNCF, on se refusait à tout commentaire tant que la décision officielle n’était pas prise.
P. G.

Grenoble : lancement de la ligne E du tramway à l’horizon 2014
La ligne E du tramway devant relier Fontanil-Cornillion à Grenoble en passant par les communes de Saint-Egrève et Saint-Martin-le-Vinoux verra les premiers travaux de réseau commencer au mois d’août (DUP attendue en septembre). Il est la traduction du premier contrat d’axe dans l’agglomération, signé le 17 juin 2011 par le SMTC (syndicat mixte des transports en commun) et les partenaires de la ligne E, qui a pour objectif de construire un véritable projet de territoire, fédérateur autour de l’axe. Cette ligne de 11,5 km desservant 18 stations pour un coût de 300 millions d’euros devrait être mise en service à l’automne 2014 après 2 ans de travaux pour l’infrastructure (printemps 2012 au printemps 2014). La création de cette ligne résulte d’une volonté de favoriser une meilleure articulation entre les transports en commun et d’améliorer l’accès de l’agglomération grenobloise depuis le Nord-ouest. Il est attendu, selon le SMTC, entre 30 et 45 000 voyageurs par jour.
M. F.
Début des travaux de la première ligne de tramway de Tours
Le 11 juillet, les travaux de voies ferrées ont démarré dans trois secteurs à Tours et à Joué-lès-Tours, après la fin des travaux de déviation et de modernisation du réseau. La ligne, composée de 29 stations sur 15 km, traverse ces deux communes. 54 900 voyageurs par jour sont attendus lors de la mise en service qui aura lieu au plus tard le 1er septembre 2013. Le coût du projet est estimé à 369,1 millions d’euros.
Renfe taille dans son offre grande vitesse pour le Levant
A l’occasion de son service d’été, la Renfe a décidé de réduire quelques services sur la ligne à grande vitesse Madrid – Valence qui dessert le Levant espagnol. Inaugurée le 18 décembre 2010, cette liaison rencontre le succès sur l’artère principale entre les deux capitales, mais guère pour le « cabotage » entre les autres villes. Ainsi la Renfe vient de supprimer le service direct à grande vitesse (rames 120 fournies par CAF) entre Tolède-Cuenca et Albacete qui irriguait ainsi les principales cités de la communauté autonome de Castilla-La Mancha. Selon la presse madrilène, ce train a accueilli 2 796 passagers en six mois, soit 15 au quotidien. Et la mise en service de la rame coûtait 18 000 euros par jour.
M. G.