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  • Les FS veulent sortir de leurs frontières

    Les FS poursuivent dans leur intention d’opérer sur les marchés des autres pays européens. « La concurrence est en train de nous faire faire des pas considérables. En France, nous n’avons pas eu assez de chance, mais vous verrez que prochainement nous aurons des ouvertures dans d’autres pays d’Europe occidentale », a affirmé l’administrateur délégué des FS, Mauro Moretti, en marge d’une conférence de presse sur l’achèvement de la LGV Turin – Milan – Naples – Salerne. Mauro Moretti s’est par ailleurs plaint d’avoir eu quelques difficultés pour demander des sillons en France.

     

  • Un chemin de fer souterrain entre les deux principales gares de Pékin

    Une liaison ferroviaire souterraine de 9 km doit être établie entre la gare centrale de Pékin et la gare de l’Ouest, qui devraient ainsi être reliées en 20 minutes. Les responsables des transports de la capitale chinoise prévoient que près de 100 000 voyageurs transiteront entre les deux gares chaque jour en 2012, date prévue pour l’achèvement de la liaison souterraine. Ce projet, estimé à près de 3,1 milliards de yuans (310 millions d’euros), fait partie du plan visant à mettre Pékin à huit heures maximum des autres grandes villes chinoises par train à grande vitesse.

     

  • Prêt de 5 milliards d’euros de la BEI pour la grande vitesse espagnole

    La Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé le 26 octobre qu’elle prévoyait d’apporter un financement de 5 milliards d’euros pour des projets de construction liés au réseau ferroviaire à grande vitesse espagnol. Les projets d’infrastructures financés par la BEI seront réalisés entre 2010 et 2015. Il s’agit des LGV Madrid – Badajoz (en direction de Lisbonne), Madrid – Alicante – Murcie, Valladolid – Burgos – Vitoria et Valladolid – Galice, mais aussi de l’agrandissement de la gare Madrid-Atocha, la construction d’une connexion souterraine entre les gares madrilènes d’Atocha et Chamartín et la construction des 3e et 4e voies entre Torrejón de Velasco et Madrid. L’accord signé est le troisième de ce type, il fait suite à ceux conclus en 2002 et 2006 avec le ministère espagnol de l’Equipement, d’un montant de 10 milliards d’euros chacun, indique la BEI.

     

  • Appui espagnol pour le métro de Quito

    Le maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardón, et son homologue de Quito, Augusto Barrera, ont signé le 20 octobre dernier un accord de collaboration pour l’implantation du métro dans la capitale de l’Equateur. Aux termes de cet accord, des experts de l’administration madrilène « apporteront appui et assistance » pour le projet de construction de la première ligne.

  • Contrat de maintenance « innovant » sur les trams de Linz pour Bombardier en Autriche

    Le 27 octobre, Bombardier Transport a annoncé avoir conclu un marché avec les Linz AG Linien (filiale transport des services publics de la région de Linz) portant sur la maintenance de 23 tramways Flexity Outlook. D’une durée de 16 ans, ce contrat évalué à quelque 29 millions d’euros est « basé sur un concept de maintenance innovant », développé conjointement par Bombardier et les Linz AG Linien. Le savoir-faire technique pour l’optimisation de la maintenance sera fourni par Bombardier, qui a construit les tramways en question, alors que les tâches de maintenance proprement dites seront effectuées par les salariés des Linz AG Linien dans leur propre dépôt.

  • Des prêts bonifiés pour les commerçants

     

    Brest métropole océane, la chambre de commerce et d’industrie de Brest et la chambre de métiers et de l’artisanat du Finistère ont signé le 12 octobre une convention prévoyant un important dispositif financier d’accompagnement des travaux du tramway. Les partenaires proposent, à des conditions précises (baisse du chiffre d’affaires de plus de 10 % sur 3 mois, situation géographique, etc.) des mesures de bonification de prêts (prêt à taux zéro pour le bénéficiaire) qui s’applique aux prêts consentis par les banques aux entreprises, commerces et artisans rencontrant des difficultés de trésorerie liées aux travaux du tramway. Un fond de 300 000 euros est ainsi constitué par les trois partenaires pendant la durée des travaux (depuis le 6 juillet 2009) et jusqu’à un an après la mise en service du tramway, soit le 30 juin 2013. Oséo et les banques sont également partenaires du dispositif.

     

  • 20 millions de passagers pour le métro de Lausanne

    C’est le cap que vient de franchir le M2, métro automatique de Lausanne, qui a transporté en un peu moins d’un an 20 millions de passagers, annoncent les Transports publics (TL). Les débuts commerciaux du métro remontent au 27 octobre 2008.

  • Le nez du tram de Tours en consultation

    Le Sitcat (Syndicat intercommunal des transports en commun de l’agglomération de Tours), maître d’ouvrage de la première ligne de tram, vient d’ouvrir une consultation par Internet jusqu’au 31 octobre, permettant d’« afficher ses préférences » sur le design du nez des futures rames. L’agence RCP Design global (en association avec les artistes Daniel Buren, Roger Tallon ou Louis Dandrel), retenue pour concevoir le design de l’ensemble de la ligne, a réalisé trois esquisses de rames possibles : la première, « Belvédère mobile », s’inspire d’anciens tramways ; la seconde, « Curseur », s’affiche plus ronde et plus conviviale ; la troisième, « Facette », propose une image plus contemporaine, inspirée d’une sculpture de Xavier Veilhan. Le choix final appartiendra cependant au Sitcat, qui lancera en novembre les appels d’offres pour le matériel roulant dont le lauréat sera choisi en novembre 2010.

  • La SNCF veut 12 gares TGV pour desservir toute l’Ile-de-France

    Au départ, ça ressemble à une « question quiz » pour public averti. Elle est posée par Mireille Faugère, directrice générale déléguée SNCF Voyages : « Quelle est la région la plus mal desservie par le TGV ? » Une question piège pour une réponse surprise : l’Ile-de-France. La démonstration est rapide. Paris compte quatre grandes gares TGV, Paris-Nord, Paris-Est, gare de Lyon, Montparnasse, et la banlieue, trois, soit Massy, Marne-la-Vallée et Roissy. D’où cette conclusion tirée à grande vitesse : « Sur les 12 millions d’habitants de la région, trois seulement peuvent accéder facilement à l’une de ces gares. Et 80 % ont un très mauvais accès au TGV. » Car, sur ces 12 millions, près de dix millions sont des « banlieusards ». Provocation ? Pas seulement. Car « si la part de marché que nous avons dans Paris intra-muros est excellente, elle est très mauvaise à l’extérieur ». Logique, puisque « l’avantage du TGV, c’est de faire du centre-ville à centre-ville ». Ceux qui se trouvent obligés de se rendre au cœur de Paris pour prendre leur train n’en profitent pas. « L’accès aux gares de Paris est trop compliqué. Et lorsqu’on commence à prendre sa voiture, le plus souvent, on la garde. » Alors, Mireille Faugère se prend à rêver… à « 12 gares pour 12 millions d’habitants. Soit un million par gare. Cela permettrait de désaturer les lignes et l’accès aux gares parisiennes. » Positionner finement de nouvelles gares TGV, ce serait une bonne façon de repenser l’Ile-de-France et son accessibilité, et de faire de la région parisienne « un grand hub de la grande vitesse, avec des gares de passage et pas seulement en cul-de-sac ». Alors que le projet sur le Grand Paris vient de passer, ce 7 octobre, en Conseil des ministres, focalisé autour du « grand huit » et son métro automatique piloté par la RATP, la SNCF avance ses cartes pour « aller du Grand Paris vers la ville-monde ». Et sort des cartons ce projet de 12 gares TGV qui pourraient être reliées par des tronçons de lignes à grande vitesse. Une idée d’ailleurs préconisée dès la présentation du projet par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Objectif : passer de 1,5 milliard de voyageurs par an à plus de 2,5 milliards en 2025. Président de la SNCF, Guillaume Pepy le dit sans détour : « Le rôle de la SNCF dans le Grand Paris, c’est d’être un aménageur en concertation avec les élus. » Les comptes sont vite faits. Il y a déjà les quatre gares TGV dans Paris, plus les trois gares situées en banlieue. Et puis, dans le projet gouvernemental, deux gares nouvelles sont déjà largement évoquées, reliées à de nouveaux territoires propices aux développements à venir. C’est Pleyel, au nord de la capitale et de La Plaine-Saint-Denis. Il serait alors raccordé à la ligne 14 et au RER. Et c’est l’aéroport d’Orly, au sud. Le pôle d’échanges pourrait se trouver sur une ligne d’interconnexion reliant le TGV Atlantique aux autres lignes à grande vitesse, Sud-Est, Est et Nord… Et puis, il y a La Défense, placée dans la droite ligne du projet évoqué de LGV Le Havre – Paris. Un projet qui ne doit pas être conçu avec Saint-Lazare comme terminus, mais passant par La Défense et sa clientèle d’affaires puis par Roissy, « du port à l’aéroport », où se trouvent déjà Eurostar et Thalys. La Défense serait ainsi à 2 heures 15 de Londres… Reste toutefois à « faire émerger » un barreau à grande vitesse entre La Défense, point d’arrivée possible du TGV normand, et la gare de Pleyel-Saint-Denis, portée par Christian Blanc, secrétaire d’Etat au Grand Paris. Ces trois nouveaux pôles d’échanges pourraient coûter, globalement, aux alentours d’un milliard, estime Sophie Boissard, directrice générale de la branche Gares et Connexions. Enfin, il y a deux projets de gares : à Villeneuve-Saint-Georges et dans le sud de l’Essonne. Cette dernière pourrait être concernée par la future ligne qui « doublerait » Paris – Lyon, soit Paris – Orléans – Clermont – Lyon. Avec ces cinq projets, à l’horizon 2020, la SNCF se place clairement dans la vision d’un Grand Paris qui, autour de ses 130 km de métro automatique veut, comme le dit Christian Blanc, privilégier « les portes ouvertes sur le monde que sont les aérogares et les gares TGV ». Guillaume Pepy l’affirme : la SNCF se veut « aménageur, en concertation avec les élus ». Juste à sa place, mais avec toute sa place.
     

    Pascal GRASSART

  • Liège : un abribus géant pour les TGV

    Le 18 septembre, la nouvelle gare de Liège-Guillemins était inaugurée par le prince Philippe de Belgique en prélude d’un spectacle chorégraphique et pyrotechnique de Franco Dragone intitulé « Gare à vous ». Retransmis en direct sur la télévision publique RTBF, l’événement a attiré les foules sur la vaste place triangulaire ouverte dans l’axe du nouveau bâtiment très aérien et très ouvert, signé Santiago Calatrava. Cette gare, qui respecte intégralement le projet présenté en 1997, se veut un trait d’union entre les deux côtés jadis séparés par la voie, la colline de Cointe et un quartier un peu déshérité en marge du centre-ville, riverain de la Meuse mais séparé du fleuve par une véritable autoroute urbaine. C’est le relief de la colline voisine qui a inspiré la forme ondulée de la charpente métallique abritant la nouvelle gare. Culminant à 40 m, longue de 200 m (+ 200 m pour les abris de quai qui la prolongent) et pesant quelque 10 000 t, cette charpente est la composante la plus spectaculaire du nouvel ensemble. C’est aussi la plus contestée. Y compris par ceux qui sont sensibles à son architecture d’acier et de verre, car elle est loin d’être aussi indispensable que le remaniement total de la première gare wallonne en termes de recettes (33 500 voyageurs par jour ouvrable). Dotée en 1958 d’un bâtiment étriqué et laid, la gare des Guillemins présentait des quais en courbe, trop courts pour recevoir des rames Thalys en unité double, et un schéma de voies complexe obligeant les trains à des cisaillements d’itinéraires systématiques sur les relations Bruxelles – Allemagne, avec des limitations de vitesse pouvant descendre jusqu’à 40 km/h. Côté ferroviaire, le schéma a été simplifié, avec neuf voies passantes et 40 % d’appareils de voies en moins, permettant de relever les vitesses en voie directe. Côté aménagements, la gare comprend cinq quais, dont trois (côté « ville ») peuvent désormais accueillir une double rame Thalys le long de leurs 450 mètres, alors que les deux autres quais, pour les trains régionaux et locaux, sont limités à 350 mètres. Longé par la seule voie 1, le quai le plus proche de la ville est directement accessible de la rue par un escalier en amphithéâtre convexe et des escalators latéraux. Sous les quais, où le béton domine, un passage large de 18 mètres est établi dans l’axe de la gare, au même niveau que l’esplanade côté ville. Reliant entre eux les quais, ce passage au sol recouvert de pierre bleue typiquement belge est éclairé par la lumière du jour à travers un dallage translucide. Une dizaine de commerces ont trouvé place dans des niches latérales aménagées sous les voies le long du passage, qui débouche, au terme d’un parcours de 100 mètres, sur le niveau inférieur du parking souterrain de 800 places sur quatre niveaux. Côté colline, les voyageurs peuvent, au départ de la plate-forme routière et de la dépose-minute, rejoindre les quais via l’une des deux passerelles de 14 mètres de large qui les surplombent. « Cette gare est un peu comme un abribus, ouverte et facile à comprendre », risque Calatrava. Un peu trop ouverte peut-être, si l’on pense que le climat de Liège n’est pas exempt de précipitations ou de coups de vent ! Mais l’agencement permet à tous, y compris les personnes à mobilité réduite, de passer de la voie publique à leur train en quelques dizaines de secondes, que l’on soit venu en bus ou en taxi côté « ville », en voiture ou en vélo côté « colline », où le parking est connecté à l’autoroute, ou encore à pied, d’un côté comme de l’autre. En tout point de la gare, les multiples écrans permettent de connaître les heures de départ et les quais, alors que l’absence d’un grand panneau d’affichage est compensée par la rétroprojection des horaires des trains sur la vitre extérieure côté « ville ». Et, outre sa fonction de pôle d’échanges, cette vitrine de Liège ouverte vers le centre-ville est également une galerie commerciale, ainsi qu’un lieu culturel qui a accueilli l’orchestre philharmonique de Liège le 19 septembre, tout en présentant deux œuvres prêtées pour l’inauguration, La Maison bleue de Chagall et Le Violoniste de Van Dongen. Par son architecture de qualité, la nouvelle gare fait entrer la Cité ardente dans le même club que Lisbonne, Lyon ou Zurich. Cette idée de requalification urbaine a été présente dès 1993, lorsque la société Euro Liège TGV, filiale de la SNCB, a été créée pour étudier et assurer la réalisation du projet de nouvelle gare TGV. A côté de la SNCB, maître de l’ouvrage, des acteurs publics locaux et régionaux ainsi qu’une banque sont regroupés au sein de la Société de développement de Liège-Guillemins pour seconder Euro Liège TGV, maître d’œuvre, dans la réalisation du projet ferroviaire et architectural, de même que pour accompagner les retombées attendues sur le quartier. Tous les acteurs sont d’accord pour l’ouverture d’un axe transversal entre la gare et la Meuse, distante de 500 mètres, voire au-delà vers le parc de la Boverie et son Palais des congrès, en jetant une passerelle pour cyclistes et piétons au-dessus du fleuve. En dépit des démolitions effectuées (70 expropriations) sur cet axe idéal, la partie n’est pas gagnée : en particulier, un monumental bâtiment des Finances se dresse sur le chemin. Néanmoins, le fait qu’une part importante des terrains ou des immeubles soit aux mains du public (SNCB, ville, Etat fédéral) peut constituer un levier décisif dans ce dossier. Mais, sur ce qu’il convient de faire du terrain libéré, les visions de la ville divergent de celles d’Euro Liège TGV, basées sur une réflexion de Santiago Calatrava. Pour les élus, il s’agit de terminer d’ici à 2012 la place triangulaire devant la gare et de profiter du départ des Finances pour achever vers 2014 l’axe vers un pôle de musées, le tout bénéficiant d’un financement mixte Europe-région de près de 60 millions d’euros. Euro Liège TGV avait une vision plus grandiose, une « avenue de la Liberté » réalisée autour d’un plan d’eau rectiligne et environné par un quartier reconstruit et rebaptisé Liège-la-Nouvelle. Mais, pour les élus, il faut rester réaliste et éviter absolument une nouvelle « place Saint-Lambert ». Une allusion à la grande place au centre de Liège, créée lors de la destruction de l’ancienne cathédrale des Princes-Evêques en 1794, qui a fait l’objet d’un aménagement « interminable » entre les années 1970 et 2000, accouchant quand même d’un souterrain pour autobus. Toujours est-il qu’une à une les maisons de ville de deux ou trois étages qui constituaient l’essentiel du bâti environnant le nouvel accès à la gare des Guillemins, à 200 mètres plus au sud que l’ancien, ont laissé la place à un terrain vague d’où ne dépasse plus qu’un immeuble des années 30, recouvert au soir de l’inauguration d’une banderole « Liège, Cité ardente, souhaite la bienvenue à l’Europe ». En réponse, les maisons de la rue Paradis, qui se sont retrouvées en première ligne le long de la nouvelle place triangulaire, arboraient d’autres banderoles pour l’occasion : « Gare à nous », en réponse au spectacle inaugural, ou encore « J’y suis, j’y reste » !
     

    Patrick LAVAL