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Eurotunnel intéressé par High Speed One
Eurotunnel, l’exploitant du tunnel sous la Manche, est candidat à l’achat de High Speed One, la ligne à grande vitesse reliant le tunnel à Londres, que le gouvernement britannique entend privatiser. « Il y a une logique à notre candidature pour trois raisons. Cette ligne est le prolongement naturel du tunnel vers Londres, nos compétences en matière de gestion et d’entretien d’une infrastructure ne sont plus à prouver et cela facilitera le développement du trafic vers la Grande-Bretagne », a expliqué Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel à Ville, Rail & Transports. « Cela se fera probablement en partenariat avec d’autres, mais attendons les précisions du gouvernement britannique sur le processus. » Le gouvernement britannique n’a pas indiqué quand, ni pour combien il comptait vendre High Speed One, mais il a annoncé le 12 octobre sa privatisation prochaine.
Nouvel accord franco-italien sur lAutoroute ferroviaire alpine
La France et l’Italie ont signé le 9 octobre un accord bilatéral sur l’Autoroute ferroviaire alpine (AFA), qui permet déjà à titre expérimental le transport de camions par rail entre les deux pays. Cet accord va permettre de lancer le processus de concession de ce service public. Le service concédé se fera dans un premier temps entre Aiton (France) et Orbassano (Italie), puis sera étendu à la région lyonnaise avec la construction d’une nouvelle plate-forme. Le service pourrait démarrer en janvier 2011. Durant sa phase expérimentale entamée en 2003, opérée par une filiale commune entre la SNCF et Trenitalia, cette autoroute longue de 175 km entre la Savoie et Turin a transporté 100 000 camions. L’objectif est désormais de transférer 100 000 poids lourds par an sur cette autoroute ferroviaire, avec dix allers-retours par jour au lieu de quatre.
Consultation pour la branche Sud de la LGV Rhin-Rhône
Le 8 octobre, le préfet de la région Franche-Comté, Jacques Barthélémy, a lancé à Besançon la phase de consultation de la branche sud de la LGV Rhin-Rhône qui reliera la branche est Mulhouse – Dijon à l’agglomération lyonnaise. « Cette branche se fera bien, tout simplement parce qu’elle est inscrite dans la loi », a-t-il précisé. Longue de 150 km, cette branche sud sera mise en service entre 2020 et 2025, avec un début des travaux prévu pour 2015. Coût de l’opération : environ 3 milliards d’euros. Sept variantes de tracés sont proposées à la consultation. Il faut aujourd’hui 4h45 pour relier Strasbourg à Lyon, en décembre 2011, avec la première tranche de la branche est (de Villers-les-Pots à Petit-Croix), il faudra 3h25, et à l’achèvement de la branche sud, la durée du trajet passera à 2h18.
Une nouvelle gare pour le RER E à Paris
Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) a approuvé le 7 octobre le dossier d’enquête publique pour une nouvelle gare du RER E : le pôle Eole-Evangile. Située dans le XIXe arrondissement de Paris, la nouvelle gare devrait favoriser la desserte du quartier de la porte d’Aubervilliers. L’objectif est un engagement des travaux fin 2011 pour une mise en service fin 2015. Le projet est estimé à 130 millions d’euros hors matériel roulant.
Le port de Dunkerque investit dans une nouvelle voie ferrée
Le port de Dunkerque a inauguré le 8 octobre une nouvelle ligne ferroviaire de 7,4 km qui le relie à la voie ferrée Calais – Dunkerque. La construction de ce nouveau « barreau de Dunkerque » aura nécessité près de trois ans de travaux pour un investissement total de 23,6 millions d’euros. Selon ses responsables, il était indispensable pour compléter l’unique voie ferrée, arrivée à saturation. La gare de triage fret de Grande-Synthe, près de Dunkerque, est la première gare ferroviaire de France en termes de trafic fret avec près de 14 millions de tonnes de marchandises par an. Confiant dans le développement du trafic fret, le port de Dunkerque prévoit également d’investir 61,5 millions d’euros d’ici à 2013 pour développer ses capacités et moderniser son réseau.
Du soleil pour les trains à grande vitesse américains
Source inépuisable d’énergie, le soleil pourrait s’inviter dans les projets de trains à grande vitesse outre-Atlantique. Conçu par Solar Bullet LLC, un dispositif d’alimentation des trains en énergie électrique d’origine solaire en est à ses premiers stades de développement. Cette technologie, qui met en œuvre une fabrication modulaire issue de l’aérospatiale, se présente sous la forme de panneaux solaires posés au-dessus des voies ferrées, produisant l’énergie instantanée nécessaire aux trains. Avantage sur tous les autres projets de véhicules solaires (voitures, avions, bateaux), dont le captage et le stockage d’énergie sont embarqués : le dispositif fait ici partie des installations fixes ! Destiné en priorité aux régions où la densité d’énergie solaire reçue au sol est la plus forte, comme le sud-ouest des Etats-Unis, ce dispositif vise l’axe Phœnix – Tucson – soit 185 km à parcourir en 30 mn par « des trains à 220 mph », soit plus de 350 km/h –, avec des prolongements envisageables vers Las Vegas et Los Angeles. A quel prix ? Pour Solar Bullet, « l’objectif est de 20 à 40 millions de dollars par mile », soit 8,5 à 17 millions d’euros par km.
Un tramway au supermarché à Montpellier
A Montpellier, on peut maintenant faire ses courses en tram. Exactement comme les gares, qui accueillent de plus en plus de magasins, le tramway se doit de desservir les espaces commerciaux. Là, le concept a été poussé à l’extrême, avec le prolongement de 600 m de la ligne 1 qui pénètre carrément à l’intérieur de la galerie commerciale à ciel ouvert Odysseum et ses 50 000 m2 de nouveaux commerces. La particularité de la nouvelle station inaugurée le 21 septembre est « d’avoir été conçue en même temps que le centre commercial », souligne-t-on chez Egis, qui a été chargé de la maîtrise d’œuvre. Avec sa patinoire, ses cinémas, son planétarium, son aquarium, son mur d’escalade, ses restaurants et ses commerces, Odysseum (150 000 m2) draine quelque six millions de visiteurs chaque année. Ils pourront désormais s’y rendre en 15 mn depuis le centre historique, avec une rame toutes les 5 mn en journée, 15 mn en soirée et 10 mn le dimanche. Pour Montpellier Agglomération, l’extension du tramway « traduit la progression naturelle du centre-ville de Montpellier vers le sud-est et répond à la formidable croissance démographique de l’agglomération ». L’ancien terminus est rebaptisé Place-de-France et le nouveau reprend le nom d’Odysseum. Avec cette extension qui a coûté 5,5 millions d’euros, le tramway devrait transporter quelque 2 000 voyageurs de plus chaque jour. Il est déjà plébiscité puisque, avec un démarrage à l’été 2000 avec 75 000 voyageurs par jour, la ligne 1 enregistre aujourd’hui une fréquentation de plus de 130 000 voyageurs par jour, ce qui en fait l’une des plus fréquentées de France. La ligne 2 avoisine pour sa part les 50 000 voyages, et la ligne 3 (22,4 km), en chantier, est attendue pour 2012. L’objectif du PDU après la réalisation des trois lignes est de faire passer la part modale des transports en commun à 24 % des déplacements dans l’agglomération.
Cécile NANGERONI
Un consortium sud-coréen construira la ligne 5 du métro de Hanoi
Un consortium de 7 entreprises coréennes emmené par Samsung et Daewoo vient de signer un MOU (Memorandum of Understanding) avec les Chemins de fer vietnamiens pour la construction, en deux tronçons successifs, de la ligne 5 du métro de Hanoi, reliant le lac de l’Ouest à l’arrondissement de Hoa Lac, dans la banlieue ouest de la capitale vietnamienne. Longue de 33,5 km et forte de 22 stations, le coût global de cette ligne a été chiffré à 1,2 milliard de dollars (816 millions d’euros). Le consortium la construira et l’exploitera sous forme de BOT (Build, Operate and Transfer).
Collaboration interrégionale dans les transports
La Lorraine et la Franche-Comté ont signé le 18 septembre dernier une charte de collaboration dans plusieurs domaines, dont celui des transports, qui a fait l’objet d’engagements communs sur différents points. La Lorraine soutient la réalisation de la branche sud de la LGV Rhin-Rhône (Dijon – Lyon), en appui de la réalisation de la branche est (Dijon – Mulhouse). De son côté, la Franche-Comté s’engage à associer la Lorraine aux prochains comités de pilotage de la LGV Rhin-Rhône. Les deux régions souhaitent par ailleurs associer leurs réflexions sur l’électrification et le temps de parcours sur la ligne Epinal – Belfort. Il est d’ailleurs question que la ligne soit raccordée à la LGV Rhin-Rhône. Enfin, en matière de transports collectifs, les deux régions souhaitent mettre en place des navettes pour réduire les nuisances des véhicules. Cette navette, jusqu’alors expérimentale, a rencontré un grand succès cet été. Il s’agira donc d’étendre son réseau et de pérenniser le système.
Brasília se convertit au tram
Le Brésil sera le premier pays d’Amérique à voir circuler un train à grande vitesse. C’est au moins probable. Et Brasília sera, à coup sûr, la première ville d’Amérique latine à mettre en service un VLT (Veículo Leve sobre Trilhos), en d’autres termes un tramway. Il n’y a pas si longtemps, on eût parlé de révolution culturelle. Selon les métaphores aujourd’hui de rigueur, on dira qu’en adoptant le tramway Brasília change de logiciel. Ou que le VLT est contraire à son ADN. A cinquante ans, Brasília va muter. Le cinquantenaire de Brasília sera célébré en avril 2010. La ville a été créée pour l’automobile. Dans l’ensemble du pays, le président Juscelino Kubitschek avait parallèlement mis en place une industrie automobile, devenue la cinquième au monde, et supprimé une grande partie des relations ferroviaires. La capitale s’est inspirée de la charte d’Athènes de 1933, qui prévoit la séparation fonctionnelle au sein des villes : ici le travail, là les loisirs, là encore le commerce, les universités ou les hôpitaux. Elle transpose, mais dans le milieu peu dense de la ville américaine (type Los Angeles, pas New York) le plan Voisin programmé pour Paris. Le Corbusier l’avait rêvé, Lucio Costa l’a fait. Par définition, une telle ville crée du transport. Pas de problème, la solution est là : l’automobile, à la portée de tout un chacun. Cinquante ans plus tard, le piéton y est toujours aussi désemparé, et s’avance dans le plan d’un urbaniste qui l’a exclu. Ce n’est qu’à grand-peine qu’on ose traverser les immenses avenues où les feux pour interrompre la circulation sont rares et la plupart du temps destinés aux seules automobiles. Pour aller du ministère de l’Agriculture à celui de l’Education, dans ce qu’on appellerait ailleurs le centre-ville et qui porte le nom de plan pilote, le fonctionnaire non motorisé devrait traverser à pied une avenue à six voies, un terre-plein gazonné d’environ 200 mètres de large, une seconde avenue à six voies. Autant prendre sa voiture. Comme dit un habitant : « Si tu n’as pas de voiture, c’est ton problème et c’est tant pis pour toi. » On ne peut pourtant pas dire que le transport public soit inconnu. Il y a un réseau de métro, en Y, d’une quarantaine de kilomètres qui, partant de l’axe monumental, dessert l’aile sud du plan pilote, et devient assez vite un RER, joignant la ville programmée, prévue pour 500 000 habitants, à certaines de ses satellites, dont Aguas Claras, résidence-dortoir en construction. De plus, de nombreux, de trop nombreux bus, desservent la ville du plan pilote et les alentours. Le tramway prendra place sur une énorme avenue croisant l’axe historique, la W3, où passent aujourd’hui plus de 150 lignes de bus. Ce sont des bus comme ceux de Bogotá avant le Transmilenio, de Santiago avant le Transantiago ou, pour rester au Brésil, d’avant Curitiba : polluants, appartenant à des microsociétés familiales dont les chauffeurs, payés à la recette, desservent les stations populeuses, ignorent les autres, n’ont pas toujours de permis de conduire. C’est en fait un réseau de BRT (Bus Rapid Transit), et pas de VLT, que la ville avait adopté, sous l’impulsion de la Banque interaméricaine de développement, afin de rendre aux habitants, qui connaissent eux aussi la congestion automobile, un service digne de ce nom. Après un savant travail de lobbying français, un tramway, fourni par Alstom, desservira l’une des lignes de ce réseau. La mutation n’affectera pas tout le corps de la ville, loin de là. Mais pour les partisans du tramway, l’essentiel est acquis : la modernité d’il y a cinquante ans avoue ses limites. La capitale de l’utopie automobile sera la vitrine du tramway.
François?DUMONT