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Radiation des dernières Z 600 savoyardes
Pour remplacer les Z 200 d’origine PLM tirant des remorques d’un confort obsolète datant de l’ouverture entre 1901 et 1908 de la ligne à voie métrique de Saint-Gervais- les-Bains-Le Fayet à Vallorcine, longue de 36 km avec des rampes en adhérence de 90 mm/m, la SNCF a commandé au groupement Decauville-Oerlikon huit automotrices Z 600 livrées au dépôt de Saint-Gervais du 17 février au 24 juillet 1958. Montés sur deux bogies, ces engins de 18,20 m, développant 400 kW avec frotteurs pour circuler sous le troisième rail conducteur alimenté en 750 V, d’une masse de 40,9 t offraient 42 places assises et étaient limités à 70 km/h (abaissés à 60 km/h en 1985), ce qui était suffisant compte tenu des arrêts rapprochés. En complément quatre remorques ZR 20600 de 59 places ont été commandées permettant des compositions allant d’une Z à deux ou trois Z couplées, de deux Z encadrant deux remorques et de trois Z avec deux remorques intercalées.
Assurant un dur service notamment l’hiver avec les pointes neige dans la vallée de Chamonix, elles poussaient en territoire suisse jusqu’au Châtelard, voire Salvan sur la section contiguë exploitée par la compagnie du MC.
Pour les grandes révisions assurées par les ateliers d’Oullins-Machines, elles étaient acheminées sur des wagons plats.
En 1996 leur relève avec un matériel moderne a commencé par les Z 800 bicaisses plus puissantes et plus confortables, munies d’un pantographe pouvant circuler sur le parcours international Saint-Gervais – Martigny, renforcé à compter de 2005 par des Z 850 tricaisses.
À compter de 2008 le parc des Z 600 privé des Z 608, 602, 606 réformées en 1999, 2005, 2006 a dû capituler, tout comme les ZR 20600, la Z 604 étant liquidée en 2009. De son côté la Z 603 a été transformée en wagon plat tandis que les trois dernières rescapées (Z 601, 605 et 607) étaient affectées aux trains de travaux avec une livrée rouge et blanc particulière.
Ce lot rescapé a vu son amortissement différé jusqu’en 2022. À leur place la SNCF a agencé pour cette fonction l’ex-automotrice ABDeh 4/4 n° 4 rachetée à l’ex-MC et renumérotée Xemh 4/4 n° 4.
? Cet article est tiré du Rail Passion n°305

L’innovation au coeur des transports urbains du Grand Ouest
Les transports urbains français doivent beaucoup à l’ouest de la France où l’innovation est devenue une marque de fabrique. À travers cinq réseaux, tous très différents, plusieurs chapitres de la mobilité urbaine ont été écrits.
On a fini par l’oublier mais le transport public français doit une fière chandelle à Nantes. D’abord, c’est dans cette ville qu’a été inventé dès 1825 l’omnibus par Stanislas Baudry, avant même Paris qui attendra 1828. L’histoire est connue, l’officier en retraite qui ouvre un établissement de bains en périphérie et qui pour faire venir ses clients met des voitures à cheval à disposition. Devant le succès de ce service, il arrête les bains et se lance dans le transport. Et comme ses voitures stationnaient devant la boutique du chapelier Omnès, qui pour faire un jeu de mots avait inscrit en devanture Omnès Omnibus, « Omnès les coiffe tous », les Nantais prirent l’habitude de parler des omnibus pour désigner le nouveau mode de transport.
C’est également dans cette ville qu’est né le tramway moderne au milieu des années 80 à une époque où personne n’en voulait. En l’absence de réseaux modernes dans notre pays, le tramway aurait pu longtemps rester un simple concept, tout juste une idée parmi tant d’autres.
Il fallait qu’une agglomération s’y risque, mais il n’y avait alors quasiment aucun élu assez fou pour se lancer dans cette aventure. Sauf peut-être à Nantes où une jeune équipe arrive aux affaires. Sans ce pari risqué il y a près de 40 ans maintenant, notre pays ne compterait sans doute pas une trentaine de réseaux aujourd’hui.
Pourtant, dès les années 70, le constat est à peu près partout le même : la croissance automobile ne pourra pas se poursuivre à ce rythme encore très longtemps. Autrement dit, le rêve que nourrit chaque Français de posséder une voiture est en train de tourner au cauchemar. Les grands axes sont saturés et le stationnement devient progressivement totalement anarchique, les besoins devenant largement supérieurs aux possibilités offertes par la voirie.
C’est l’âge d’or des autoroutes urbaines et autres rocades, qui permettent à toujours plus de véhicules de venir encombrer les centres-villes. Le premier choc pétrolier met un coup d’arrêt à cette expansion anarchique, sans que le transport public puisse directement en profiter. Jusque dans les années 80, l’autobus est quasiment le seul mode de transport en commun, sauf à Paris avec son métro, bientôt suivi de Marseille en 1977 et Lyon en 1978.
Malheureusement ce « beau jouet » reste réservé aux plus grandes (et plus riches) villes de France, les investissements restant toujours hors de portée de la plupart des agglomérations.
Pourtant, il existe bien des solutions entre le métro et l’autobus, et nos voisins européens y ont largement recours. La plus efficace et la moins chère est sans aucun doute le tramway. La France qui est un pays moderne ne veut surtout pas en entendre parler. On sait (ou croit savoir) parfaitement ce qu’est un tramway, dont on s’est heureusement débarrassé au profit de l’autobus plus moderne et plus souple sur la chaussée. Malheureusement, le tramway en question est celui qui a survécu dans nos villes jusque dans les années 50, et qui après la guerre était arrivé à bout de souffle. Rien à voir avec le tramway moderne auquel nos voisins européens réservent désormais des sites propres.

Turquie : une nouvelle LGV en 2023
L’année 2023 devrait voir la mise en service de la LGV Ankara – Sivas portant à huit le nombre de relations à grande vitesse exploitées par l’opérateur historique turc TCDD Taşımacılık. Après quatre ans d’arrêt, les travaux de la nouvelle ligne Ankara – İzmir ont également repris. Ceux de la nouvelle ligne Ankara – Kayseri ont débuté. De 2003 à 2022, en moyenne près de 134 km de nouvelles lignes ont été construits annuellement.
Au 1er janvier 2023, le réseau ferré turc est composé de 11 668 km de lignes classiques dont 4 705 km électrifiés, de 1 241 km de lignes à grande vitesse électrifiées dénommées YHD (Yüksek Hızlı Demiryolu, soit LGV) ou YHT (Yüksek Hızlı Tren, soit TGV), et de 204 km de lignes aménagées dénommées YSD (Yüksek Standarth Demiryolu) avec des vitesses limites supérieures à 160 km/h.
Dès 2001, le gouvernement turc envisageait la construction d’une ligne à grande vitesse apte à 230 km/h entre Istanbul et Ankara avec une mise en service en 2006. Les travaux de construction du premier tronçon de LGV entre Esenkent et Eskişehir ont été lancés le 10 décembre 2003 et achevés en 2007 permettant la mise en service le 13 mars 2009 de la première LGV turque d’une longueur de 206 km et apte à 250 km/h.

Viaduc du Boulet
Près de Souillac sur le viaduc du Boulet, un train complet de trémies se dirige vers Brive, il est tracté par une BB 75000 de Fret SNCF (17 juillet 2022 ; J.-Y. Claude).

Les Re 6/6 de CFF Cargo ont encore quelques belles années de service
Les Re 6/6 11600, alias Re 620, ont encore quelques années de service devant elles, CFF Cargo prévoyant de maintenir une fraction significative de sa dotation jusqu’en 2035.
En ce début d’année 2023, les effectifs des Re 6/6 11600 ne comptent plus que 68 engins sur les 89 construits (kilométrage annuel moyen pour la flotte : 100 000 km). Ils ont tous bénéficié du renforcement de l’étanchéité des cabines de conduite aux ondes de pression, mais seulement 50 unités déjà équipées de l’ETCS (plus un prototype, sans) ont été rénovées. Le refit, mené de 2014 à 2022 aux ateliers industriels de Bellinzona (voir Rail Passion n° 303), permet de prévenir le vieillissement rapproché et de préserver la substance, pour plus de 10 ans, des locomotives. À cette occasion, leur câblage a été totalement renouvelé, leur toiture (et les éléments s’y trouvant) rénovée, leurs transformateurs révisés (avec remise à neuf du graduateur HT) et testés. Les bogies ont par ailleurs été refaits lors de la régénération des châssis. La révision des composants et des véhicules continuera à être effectuée selon la programmation usuelle. Ces opérations seront reprises par le futur NSIF de Arbedo-Castione.
Les Re 620 sont en l’état utilisées sur l’ensemble du réseau à voie de 1 435 mm (CFF mais aussi BLS, SOB, RhB…) avec les trains produits en Suisse par CFF Cargo. Les Re 6/6 11601 à 11689 ont été conçues pour à la fois ménager l’infrastructure (configuration BoBoBo) et être capables de performances extrêmement élevées :
• puissances de 8 020 kW en régime unihoraire, de 7 440 kW en régime continu ;
• efforts au démarrage de 394 kN, de 265 kN en régime unihoraire, de 234 kN en régime continu, de 195 kN à Vmax140 km/h ;
• effort de retenue : 135 kN de 140 à 0 km/h ;
• masses remorquées de 800 t à 80 km/h en rampe de 26 ‰/ 1 600 t à 111 km/h en 10 ‰/ 1 600 t à 140 km/h en 6,5 ‰.

Allemagne – ICE 3neo, une nouvelle génération de Velaro
Construits un peu plus d’un an après avoir été commandés, les ICE 3neo se déploient au fur et à mesure de leur livraison principalement entre Cologne et Francfort-sur-le-Main. Ils devraient remplacer dès 2024 les ICE 3 série 406 sur les relations Francfort-surle- Main – Amsterdam et Francfort-sur-le-Main – Bruxelles.
Les premiers ICE 3 ont été mis en service en 2000. Construits par Siemens pour la DB, ils se déclinent en trois séries :
• BR 403 monocourant 15 kV 16,7 Hz ;
• BR 406 quadricourant 1 500 V CC – 3 000 V CC – 15 kV 16,7 Hz – 25 kV 50 Hz, construits également en quatre exemplaires pour les chemins de fer néerlandais (NS), qui circulent en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en Suisse jusqu’à Bâle CFF. Six d’entre eux, désignés ICE 3MF, ont été dotés entre autres du KVB et de la TVM 430, et ont circulé en France sur les relations Paris-Est – Francfortsur- le-Main/Stuttgart jusqu’à l’introduction des BR 407 ;
• BR 407, dénommés par la DB ICE 3MS, quadricourant 1 500 V CC – 3 000 V CC – 15 kV 16,7 Hz – 25 kV 50 Hz et issus de la plateforme Velaro sont dotés du PZB, du LZB, de l’ETCS, de la TBL 1 et 2 belge, de la TVM 430, de l’ATB néerlandais et du KVB français.
Les ICE de ces trois séries sont tous à huit caisses et de type Bo’Bo’+2’2’+Bo’Bo’+2’2’+2’2’ +Bo’Bo’+2’2’+Bo’Bo. Siemens a également vendu 26 Velaro série 103 aux chemins de fer espagnols (Renfe), 19 aux chemins de fer turcs (TCDD) numérotés dans la série HT80000, dont sept à huit caisses et 12 à 10 caisses, aux chemins de fer russes (RZD) 16 « Sapsan » Velaro RUS ES300 à 10 caisses à écartement de 1 520 mm aptes à 250 km/h dont quatre EVS1 et 12 EVS2, à Eurostar 17 à 16 caisses série 374, et également en Chine et en Égypte.

Rénovation du tramway canadien
La ligne électrique du tramway historique du Musée ferroviaire canadien de Saint-Constant a été rénovée. L’opération réalisée par Equans Transport Canada a permis la reprise des circulations interrompues depuis deux ans.

Déraillement d’un train de fret : la grue Kirow à la rescousse
Les trains de céréales sont les derniers trains courants de fret de l’Indre. Ils assurent la desserte des silos d’Argy, Déols-La Martinerie, Issoudun, Reuilly, Saint-Maursur- Indre, Montierchaume.
Le 2 décembre 2022 dans la soirée, cinq wagons céréaliers d’un train de l’entreprise Millet Rail déraillent à quelques centaines de mètres au nord de la gare d’Issoudun au Km 236,4 de la ligne Polt sur son parcours vers La Rochelle. Les wagons remplis de blé pèsent 60 t chacun. Cet incident occasionne des dommages importants sur plusieurs centaines de mètres sur les voies et les aiguillages sans toucher heureusement les installations de caténaires, ni faire de blessés.
Le trafic ferroviaire est totalement interrompu jusqu’au 8 décembre au matin dans les deux sens entre Paris et Toulouse malgré l’implication 24 h/24 des techniciens dépêchés de toute la France.
Trois trains sont bloqués, un en gare de Vierzon, un autre en gare de Fleury-les-Aubrais, des plateaux- repas sont distribués aux voyageurs. Le troisième se rendant à Paris doit retourner à Toulouse. Des bus de substitution vers Châteauroux sont mis en place par la SNCF pour les clients des TER.
Ce déraillement mobilise de nombreuses ressources de la part de la SNCF qui dépêche sur zone une de ses deux grues de relevage Kirow (voir encadré pages 28-29) venue de son dépôt d’attache de Dijon avec son train d’accompagnement.
Trois des cinq wagons sont des nouveaux véhicules à longueur réduite du fabricant AFR, celui qui s’est couché et qui engage le gabarit est remisé sur une voie de débord pour être découpé ultérieurement sur place.
En gare d’Issoudun, à quelques centaines de mètres au sud du déraillement, un train de céréales Europorte, avec sa CC 4005 titulaire, qui dessert la malterie franco-suisse Boormalt reste bloqué toute la durée de l’interruption sur l’embranchement particulier. L’origine du déraillement n’a pas été précisée.

Nouveau numéro disponible : n°305 ! (Mars 2023)
Le numéro 305 est arrivé !Retrouvez notamment au sommaire de ce numéro :L’arrivée du RER NG se précise
La ligne 14 prête pour les JO de 2024
Les Re 6/6 de CFF Cargo ont encore quelques belles années de service
Déraillement d’un train de fret : la grue Kirow à la rescousse
Le service horaire 2023
État annuel au 1er janvier 2023 du matériel moteur SNCF
Cliquez sur la couverture pour en savoir plus et lire un extrait :
RP305 : DE PARIS-AUSTERLITZ À TOURS – En cabine d’un V200 (1re partie)
Voilà déjà longtemps que Rail Passion ne vous avait proposé un film réalisé sur l’ancien réseau du Sud-Ouest. C’est aujourd’hui chose faite, avec ce tournage en cabine d’une BB 26000, au train 14061, de Paris-Austerlitz à Tours. Tracé pour une masse de 600 t, ce V200 quitte la capitale à 17 h 37, et arrive au terme de son parcours après une heure et cinquante-et-une minutes de temps alloué par la marche. L’origine du premier tronçon autorisé à la vitesse limite de 200 km/h se situe au Km 62,3, 6 km environ après Étampes, et l’extrémité du dernier, au Km 223,6, une dizaine de kilomètres avant Saint-Pierre-des-Corps. La conduite d’un V200 requiert un très haut niveau de savoir-faire. Illustration, ce soir-là, avec Antoine, conducteur, et Aurélien, cadre Transport-Traction…
Durée : 25 min
