Étiquette : Chine

  • Débuts difficiles de la ligne à grande vitesse Zhengzhou – Xi’an

    La ligne à grande vitesse (350 km/h) Zhengzhou – Xi’an a été inaugurée le 6 février dernier, mais les conditions météo difficiles ont fait que, le lendemain, 3 des 14 trains programmés pour y circuler quotidiennement ont été annulés et plusieurs autres retardés. Cette ligne longue de 505 km permet de relier en 1 h 48 les capitales respectives du Henan et du Shaanxi, contre 6 heures auparavant. Première de son genre en Chine centrale, sa construction a coûté 35,3 milliards de yuans (environ 3,8 milliards d’euros).

  • Chine : le vrai bond en avant

    En inaugurant le 26 décembre sa ligne à grande vitesse Wuhan – Guangzhou, la Chine a fait un bond considérable. Certes, ce n’est pas comme on a pu le lire de-ci, de-là une ligne de 1 068 km mais de 922 km. Les meilleurs trains ne font pas du 350 km/h de moyenne mais du 313 km/h, et seulement deux trains sur une douzaine réalisent cette performance. De plus, même s’il faut admettre que c’est bien la première fois qu’une ligne de plus de 900 km est ouverte d’un coup, elle n’est pas la plus grande LGV au monde : si on additionne nos LGV hexagonales, on arrive à 1 059 km de Calais-Fréthun à Marseille. Bien ! Ces précisions méritent d’être apportées, et les Français de SNCF International ou d’Alstom le font volontiers. Mais une fois qu’on a ramené l’exploit à de plus justes proportions, et qu’on se penche sur les bons chiffres… on voit d’autant mieux qu’il s’agit d’un exploit. « C’est énorme ! », dit simplement Pierre-Louis Rochet. Ancien patron de Systra, de SNCF International, de Siemens Transportation Systems, aujourd’hui conseiller de Vossloh, entreprise qui a fourni les attaches de rails de la voie chinoise, Pierre-Louis Rochet est un des meilleurs connaisseurs des évolutions de la grande vitesse dans le monde, duquel la Revue générale des chemins de fer va publier prochainement une synthèse sur le sujet.
    Revenons sur Calais – Marseille, dont les 1 067 km de gare à gare furent parcourus, le 26 mai 2001, d’un seul tenant, en 3 heures 29, par un TGV à la vitesse moyenne de 306 km/h. Ce record d’endurance est resté dans les mémoires ferroviaires sous le nom mirobolant d’opération Sardine. Or, ce que les Chinois font depuis le 26 décembre, c’est Sardine tous les jours, deux fois par jour. Un peu moins longtemps, mais un peu plus vite. Et en service commercial ! Il n’y a d’ailleurs pas de doute : selon les tableaux dressés par Pierre-Louis Rochet, la Chine fait maintenant la course en tête. Les 313 km/h de moyenne de gare à gare, sur 922 km, sont à comparer au record mondial, jusqu’à ce jour détenu par le TGV : 272 km/h entre Champagne TGV et Lorraine TGV, sur 168 km. Et la performance chinoise suppose que les rames font bel et bien sur certaines portions du 350 km/h en service commercial !
    Deux types de rames assurent la nouvelle relation. Ce sont les CRH 2 (de technologie japonaise, dérivée des E2 de Kawasaki) et les CRH 3 (de technologie allemande, de la famille Velaro de Siemens). Mais ce sont seulement ces dernières qui assurent les temps de parcours records et qui relient les deux énormes agglomérations (chacune de plus de dix millions d’habitants) en 2 heures 58 pour les meilleurs trains, au lieu de 10 heures 30 précédemment. La prouesse chinoise est aussi une prouesse allemande. Les Chinois s’approprient naturellement le train qu’ils ont acheté, avec le transfert de technologie afférent. Cette technologie, la maîtrisent-ils ? C’est la grande question, sur laquelle les interprétations divergent. Un expert proche des milieux industriels français dit entendre tout et son contraire sur le sujet : pour les uns, les Chinois dépendent complètement de leurs fournisseurs, pour d’autres, ils sont en train de remporter leur pari technologique et de sauter en peu d’années toute une génération. Ce qui est sûr, c’est que dans la grande vitesse, à l’exception d’Alstom, les grands constructeurs ont décidé de parier sur la Chine et de s’en faire les partenaires durables. Pour des raisons diverses, explique ce même expert. Pour Siemens, le ferroviaire, qui ne représente que 3 % du chiffre d’affaires du groupe, n’est pas stratégique mais offre une vitrine prestigieuse. Bombardier, qui n’était pas présent dans la grande vitesse, n’avait rien à perdre, bien au contraire, à nouer un partenariat avec le ministère des Chemins de fer (MOR), afin de lancer son Zefiro promis à 380 km/h. Enfin, le marché chinois est le débouché naturel des industriels japonais. Dans ce concert, Alstom fait exception. D’abord, les ingénieurs d’Alstom ont eu le sentiment, même s’ils ne l’ont pas dit publiquement, de se faire piller toute une part de leur savoir-faire à l’occasion de la commande de 60 automotrices électriques remportée en 2004, les Chinois ayant demandé nombre d’études supplémentaires et varié les spécifications comme à loisir… Quoi qu’il en soit, Philippe Mellier, patron d’Alstom Transport, a dit publiquement il y a un an, le 2 janvier 2009, au New York Times, que le marché chinois se fermait graduellement, alors qu’on commençait « à voir des entreprises chinoises qui répondent à des offres dans le monde avec des locomotives chinoises dont la fabrication de certaines est basée sur des transferts de technologie ». Ce qui est sûr, c’est que le marché chinois de la grande vitesse, lui, s’est fermé en 2009 pour Alstom. Le MOR a commandé l’an dernier 80 Zefiro à la joint-venture chinoise de Bombardier, 140 rames à Kawasaki-Sifang, 140 rames à Siemens-Tangshan-Changhchun et rien à Alstom.
    Alstom, avec la SNCF, a depuis des années arrêté une politique : pour garder un temps technologique d’avance, on ne transfère pas la toute dernière technologie mais la précédente. C’est par exemple ce qui a été fait en Corée pour le premier KTX. On comprend Alstom, qui avait un rôle de leader mondial à défendre et pour qui le ferroviaire représente près de la moitié du CA. Mais on peut se demander si c’est le bon choix. Cela n’a d’ailleurs pas empêché les Coréens d’assimiler très vite la technologie de la grande vitesse, qu’ils vont tenter de vendre prochainement au Brésil. S’agissant de la Chine, la crainte de Philippe Mellier est fondée. Mais ce n’est pas dans le seul marché des locomotives, c’est dans celui de la grande vitesse aussi que les Chinois répondent à des appels d’offres : deux ans après la mise en service de leur première LGV, Pékin – Tianjin, ils partent très fort sur la ligne à grande vitesse Médine – La Mecque, dont les offres doivent être remises avant la fin janvier. Certes, ils ont de vraies faiblesses : on n’est pas sûr, on l’a dit, qu’ils maîtrisent la technologie ; ils n’ont de toute façon aucun retour d’expérience. Mais on voit bien qu’on ne saurait sous-estimer la portée historique de l’événement Wuhan – Guangzhou.
     

    François DUMONT

  • Chine : préférence marquée pour les technologies allemandes et japonaises

    La voie Wuhan – Guangzhou est posée sur dalle en béton, technologie privilégiée par les Japonais et les Allemands pour la grande vitesse. Le MOR a une préférence marquée pour les solutions adoptées par ces deux pays : voie sur dalle, motorisation répartie, lignes dédiées, rames non articulées. Les Chinois sont d’autant plus sensibles à ces solutions que les Japonais ont formé un millier d’ingénieurs ferroviaires de haut niveau, et les Allemands deux cents, dont Liu Zhijun, ministre des Chemins de fer depuis 2003.

  • Les prochaines lignes dans l’empire du Milieu

    Les Chinois ont aujourd’hui environ 5 000 km de lignes nouvelles, dont plus de 1 000 parcourues à plus de 300 km/h : 130 km de Pékin à Tianjin depuis les JO de 2008, et maintenant 922 km de Wuhan à Guangzhou. Cette année, ce sont les lignes Fuzhou – Xiamen, Zhengzhou – Xi’an et Guangzhou – Shenzhen qui doivent ouvrir. Ningbo – Hangzhou et Hangzhou – Shanghaï ouvriraient à la fin de l’année ou au début 2011. Les Chinois veulent disposer en tout d’un réseau de 12 000 km de lignes nouvelles. Rappelons qu’en tout les Chinois détiennent, construisent ou ont commandé 840 rames à grande vitesse. C’est vrai, toutes ne font pas du 300 km/h. Mais les premières commandes ont à peine plus de cinq ans, et on devrait bientôt atteindre le double du parc français, constitué en une trentaine d’années.

  • Un Alsacien en service à Shanghai

    Le Translohr de Shanghai est entré en service ce 1er janvier. 15 stations sont réparties le long d’une ligne de tramway de 9,8 kilomètres, au sud-est de Shanghai. Une correspondance avec la ligne 2 du métro est possible à la station de Zhangjiang. La commande, signée en décembre 2007 par l’exploitant Pudong Modern Tramway, portait sur neuf rames de Translohr de trois caisses pour un montant de près de 20 millions d’euros.

  • Wuhan – Guangzhou : 922 km de plus pour le réseau chinois

    Le 26 décembre, la Chine a inauguré une LGV longue de 922 km, de Wuhan, dans le centre du pays, à Guangzhou, au sud. Les meilleurs trains, dérivés du Velaro de Siemens, relient les deux gares en 2 heures 58 minutes, soit à une moyenne de 313 km/h. La meilleure performance mondiale en service commercial était jusqu’à présent détenue par le TGV, avec 272 km/h entre les gares Champagne TGV et Lorraine TGV, distantes de 168 km.

  • Bombardier fournira 246 voitures de métro pour la ligne 12 de Shanghaï

    Bombardier Transport et ses partenaires de coentreprise en Chine ont signé un contrat avec Shanghai Rail Transit Line 12 Development Co. Ltd, filiale de Shanghai Shentong Metro Group Co., pour 41 rames Movia de six voitures, soit 246 voitures au total, les pièces de rechange et la formation du personnel de l’exploitant. Le contrat total est chiffré à environ 1,99 milliard de RMB (203 millions d’euros) dont 941 millions de RMB (96 millions d’euros) pour Bombardier. Changchun Bombardier Railway Vehicles Company Ltd (CBRC) assemblera les voitures à Changchun (Chine), alors que le consortium regroupant Bombardier Transport Suède et Changzhou Railcar Propulsion Engineering R&D Center (CPC) sera responsable des équipements de propulsion, produits par Bombardier CPC Propulsion System Co. Ltd (BCP) à Changzhou (Chine) et à Västerås (Suède). Les livraisons doivent commencer 28 mois après le contrat et se terminer en 2014.

  • 87 milliards d’euros prochainement investis dans des métros en Chine

    La Chine va donner un coup d’accélérateur aux métros, dans lesquels elle va investir quelque 87 milliards d’euros dans les prochaines années, a annoncé mercredi la presse chinoise, reprise par l’AFP. « Le gouvernement a approuvé les projets de construction de métro dans 22 villes, pour un investissement total de 882 milliards de yuans », a affirmé le Legal Evening News. De précédentes informations avaient évoqué un investissement de 98 milliards d’euros d’ici à 2016.

  • Signalisation Thales-Alcatel-Lucent pour la ligne Daxing du métro de Pékin

    Le 9 novembre, Thales et Alcatel-Lucent ont annoncé avoir été retenus par Beijing MTR Co pour fournir, clés en main, la signalisation de la ligne Daxing du métro de Pékin, qui doit prolonger de 22 km (11 stations) l’actuelle ligne 4 d’ici fin 2010. Au sein d’un consortium comprenant également Beijing Hua-Tie Information Technology Development Co, Thales fournira sa solution de gestion des trains basée sur les communications (CBTC) SelTrac et Alcatel-Lucent sera chargé de l’intégration réseau ainsi que des services de conseil, de conception et d’ingénierie. Les métros de Shanghaï, Pékin, Wuhan et Guangzhou ont choisi les solutions de signalisation clés en main de Thales et d’Alcatel-Lucent pour leurs projets, faisant de Thales, déjà « leader mondial dans le domaine des solutions de communications et du pilotage automatique des trains », le « numéro un du marché de la signalisation CBTC en Chine ».

  • Le hongkongais MTR renonce au fret

    MTR, l’exploitant du métro et du réseau de banlieue de Hongkong, vient d’annoncer qu’il abandonnait l’activité fret sur sa ligne est, courant jusqu’à la frontière chinoise, dont il avait hérité lors de sa fusion avec l’autre opérateur local, KCR, en 2008. Ayant connu un pic en 1987, avec 200 000 EVP, le fret ferroviaire entre Hongkong et la Chine régressait depuis régulièrement, ne représentant plus que 12 000 EVP en 2008, soit 0,008 % de l’ensemble du fret entre l’ex-colonie britannique et sa nouvelle puissance tutélaire.