Étiquette : Etats-Unis

  • La France toujours dans la course à la grande vitesse en Californie

    Le 28 août on apprenait de Berlin que la Deutsche Bahn venait de signer un Memorandum of Understanding (MOU, ou lettre d’intention), avec la Strategic Rail Authority (SRA) de l’Etat de Californie. Son objet : la coopération dans le domaine de la grande vitesse. A SNCF International, on précise que les Italiens de Trenitalia auraient fait pareille le même jour. Quant à la France, elle a signé une lettre d’intention semblable en avril 2008. Bref, tout le monde se place. Etape suivante la semaine prochaine, avec la visite d’Anne-Marie Idrac, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, au gouverneur Arnold Schwartznegger et une visite de Domnique Bussereau à l’automne. De manière surprenante, la France a choisi de rapatrier les ingénieurs de Systra qui conseillaient la SRA. L’objectif est d’éviter les conflits d’intérêt avec la SNCF (qui est actionnaire de Systra) en vue des futurs appels d’offres.

  • Dans l’attente des subventions TGV, les industriels américains se positionnent

    Les États candidats à des subventions fédérales, dans le cadre du programme américain à grande vitesse, avaient jusqu’au lundi 24 août pour remettre leur dossier de candidature. Les premières annonces de financement devraient intervenir fin septembre, début octobre, a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère américain des transports. Plus d’un milliard de dollars par an devrait être attribué sur une période de 5 ans. Après le couple Alstom/SNCF et les industriels espagnols, les Allemands et les Canadiens ont manifesté cet été leur intérêt pour la grande vitesse américaine. Selon l’hebdomadaire le Spiegel, Siemens et la DB proposeront leur expérience de constructeur et d’opérateur de l’ICE 3 et Bombardier, en voisin, fait valoir sa bonne connaissance des règles en vigueur aux États-Unis et son implantation industrielle locale, selon l’agence de presse La Presse Canadienne.

  • Intérêt « énorme » pour le plan grande vitesse aux Etats-Unis

    A la mi-juillet, pas moins de 278 préinscriptions avaient été remises à l’Administration fédérale des chemins de fer (FRA) par 40 Etats américains plus le District de Columbia (où se trouve la capitale Washington). L’intérêt manifesté pour le plan américain de développement des relations ferroviaires à grande vitesse est « énorme », se félicite Ray LaHood, secrétaire américain aux Transports. Les deux tiers des préinscriptions proviennent des Etats de l’ouest ou du nord-est, le reste étant partagé de façon assez égale entre le sud-est et le Midwest. Gros problème : le montant des projets, programmes ou études concernés par les préinscriptions atteint un total de 102 milliards de dollars (72 milliards d’euros), alors que ce sont 8 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros) qui doivent être attribués d’ici 2012.
     

  • Colorado, Nouveau-Mexique et Texas veulent étudier un corridor à grande vitesse

    Le 10 juillet, les trois Etats américains du Colorado, du Nouveau-Mexique et du Texas ont déposé une demande de fonds fédéraux de 5 millions de dollars (3,5 millions d’euros) pour une étude de viabilité portant sur une ligne Nord – Sud à grande vitesse (180 km/h à 320 km/h) entre Denver, Albuquerque et El Paso. Soit une distance de 1 160 km entre la ville au pied des Rocheuses et la frontière mexicaine, à l’extrême ouest du Texas. Les trois Etats, qui déplorent l’orientation exclusivement est-ouest des dessertes voyageurs par rail à travers leurs territoires respectifs, espèrent que leur corridor sera le onzième sur les 11 autorisés par le Congrès. Parmi les 10 corridors déjà identifiés, se trouve le South Central, qui doit traverser l’est du Texas.

  • Le corridor californien pousse vers Las Vegas

    Les Etats américains de Californie et du Nevada se sont mis d’accord pour prolonger le corridor à grande vitesse californien de Los Angeles vers Las Vegas et demander les fonds fédéraux nécessaires sur les 8 milliards de dollars qui devront être attribués aux projets, programmes ou études d’ici 2012 à travers les Etats-Unis. Entre Los Angeles et Las Vegas, le trafic routier et aérien est tellement intense que de nombreux projets de trains à grande vitesse ont déjà été étudiés sur cet axe qui ne fait pourtant pas partie des 10 corridors déjà identifiés.

  • New York vend les noms de ses stations de métro

    La Metropolitan Transportation Authority (MTA) de New York a trouvé un moyen de renflouer ses caisses : vendre les droits sur les noms de ses stations de métro. Selon The New York Times, un accord a été conclu le 24 juin avec Barclays pour un montant de 4 millions de dollars (2,8 millions d’euros). La banque britannique verra donc son nom s’ajouter à celui de la station Atlantic Avenue-Pacific Street, deuxième station la plus fréquentée de Brooklyn, à partir de 2012. La MTA avait offert la possibilité d’acheter le nom de ses stations il y a cinq ans, s ans grand succès jusqu’alors. Rappelons que le métro de Dubaï a décidé de faire de même.

  • Collision dans le métro de Washington, défaillance informatique ?

    Les enquêteurs recherchant la cause de l’accident entre deux rames du métro de Washington le 23 juin se demandaient pourquoi le système informatique n’avait pas stoppé la rame qui en a embouti une seconde, faisant 7 morts et 70 blessés. Le train ne s’est pas arrêté, alors même que le frein d’urgence était activé. Au moment du choc, la rame fonctionnait en mode automatique, le conducteur se contentant d’actionner les portes. « Le train n’aurait jamais dû pouvoir approcher à plus de 1 200 pieds, c’est tout », a souligné Jackie Jeter, qui préside le syndicat représentant les travailleurs du Metro. En une trentaine d’années, c’est le plus grave accident survenu dans le métro de la capitale américaine, qui transporte en moyenne 800 000 voyageurs par jour sur quatre lignes reliant de lointaines banlieues de la Virginie et du Maryland voisins.

  • Les Coréens prêts pour la Californie

    Selon Cho Wan-ik, le directeur de l’Agence d’Etat chargée du commerce (Korea Trade & Investment Promotion Agency), une dizaine d’entreprises sud-coréennes se préparent à répondre aux appels d’offres pour la LGV californienne. Parmi elles, la compagnie ferroviaire nationale, Korea Railroad Corporation, et des entreprises privées comme Posco Engineering & Construction et Hyundai Rotem. Cho Wan-ik s’exprimait le 29 mai, après avoir signé un « memorandum of understanding » (lettre d’intention) avec la Korea Railroad Corporation. L’Agence, a-t-il dit, fera « des efforts majeurs pour que les entreprises coréennes remportent le projet ». Rappelons que la Corée a acquis auprès d’Alstom ses trains à grande vitesse KTX, le contrat assurant le transfert de technologie.

  • LaHood a « zappé » l’ICE

    Egalité. Le TGV (Paris – Strasbourg) et l’AVE (Madrid – Saragosse) ont été qualifiés d’« impressive » par le secrétaire américain aux Transports, lors de son voyage d’étude des systèmes ferroviaires à grande vitesse européens. D’après les observateurs, en dépit du forcing français, le modèle espagnol aurait également marqué des points, en raison de la très grande rapidité de son développement et des coûts limités de ses travaux d’infrastructure, notamment en matière de creusage de tunnels. Ray LaHood n’est, en revanche, pas monté dans l’ICE allemand. Il a rencontré brièvement des responsables de la DB lors du forum des transports de Leipzig. Inquiétant pour la DB et Siemens ? Rien à ce stade ne semble joué. A la fin de l’année, Ray LaHood se déplacera d’ailleurs au Japon pour compléter sa documentation sur les systèmes ferroviaires à grande vitesse.

  • Le secrétaire américain aux Transports teste le TGV

    « A wonderful system. Very impressive. » Il a multiplié les qualificatifs, Ray LaHood, le secrétaire américain aux Transports, lors de sa visite, le 26 mai, gare de l’Est à Paris. Un prélude très médiatisé avant un voyage à destination de Strasbourg à bord d’un TGV tiré par les motrices du record du monde, à 574,8 km/h. « Nous avons voulu d’abord venir voir le pays qui a ouvert la voie au train à grande vitesse. […] Nous commençons tout juste ce que vous avez entrepris en Europe depuis si longtemps, et avec tant de succès. […] Nous voulons apprendre de vous. »
    L’actualité, ce sont les 13 milliards de dollars débloqués par l’administration Obama – un plan de relance de 8 milliards plus 5 dans les cinq ans – pour développer la grande vitesse sur 11 corridors à travers les Etats-Unis. Le projet le plus avancé, de Sacramento à Los Angeles, « pèse » plus de 40 milliards de dollars et représente, comme l’a noté Guillaume Pepy, le président de la SNCF, l’équivalent de Bruxelles – Nice en trois heures à 350 km/h. Considérable.
    Venu étudier les « différentes opportunités », accueilli aussi par le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, le ministre américain devait se rendre dans la foulée en Allemagne. Pour assister à Leipzig au Forum international des Transports. Bonne occasion de découvrir l’ICE. Puis aller tester en Espagne la grande vitesse à l’espagnole, l’AVE. Et déjà, le secrétaire d’Etat américain envisage un prochain voyage au Japon.
    Les échanges s’accélèrent puisque, dans l’autre sens, dès cette semaine, le secrétaire d’Etat aux Transports doit se rendre à Washington, en compagnie de dirigeants d’Alstom et de SNCF International, pour appuyer la candidature française et rencontrer les membres de la commission transport au Congrès. L’Etat fédéral a déjà lancé auprès des Etats un appel à candidatures concernant le financement, la conception, la construction, l’exploitation, la maintenance de chacun des projets, afin de déterminer à quelle hauteur ils bénéficieront des fonds fédéraux.
    « Nous sommes candidats mais nous ne sommes pas les seuls », a humblement précisé le président de la SNCF. « Ils vont d’abord voir le leader mais il faut se méfier
    des challengers. » Du coup, pour emporter le marché, la souplesse est de rigueur : « On est complètement flexibles : on est d’accord pour un transfert de technologie, pour participer à l’ingénierie, pour être un opérateur. C’est à eux de dire. » En – très bons – clients, insiste Guillaume Pepy : « Ce n’est pas une course de vitesse. C’est le choix pour une génération. Un tournant dans l’histoire du transport au niveau mondial après les années auto-avion. La compétition commence aujourd’hui. » Mais, même pour une course de fond, on ne peut se permettre de manquer le départ.
     

    Pascal GRASSART