Étiquette : fret

  • Les plates-formes de transport combiné changent de mains

    La mainmise de Novatrans et de Naviland Cargo sur les principales plates-formes de transport combiné en France est en train de voler en éclat. C’était une des conditions posées par l’Autorité de la concurrence pour donner son aval à la prise de contrôle par la SNCF de l’opérateur de transport combiné rail-route Novatrans. Le 1er mars, l’Autorité de la concurrence a accepté les nouveaux statuts proposés par SNCF Geodis en accord avec Réseau Ferré de France (RFF). Les nouveaux statuts doivent entrer en vigueur pour le futur service annuel 2012. Des sociétés simplifiées par actions (SAS) doivent être créées et devenir opérationnelles à la fin de l’année pour gérer les plates-formes. Le capital de ces plates-formes sera réparti entre les opérateurs de transport combiné présents sur le site à condition qu’ils dépassent un volume de 5 000 UTI/an (unités de transport intermodal). Il sera réparti en fonction du volume de chacun.

  • Fret : un nouveau trafic via le Mont-Cenis

    Fret : un nouveau trafic via le Mont-Cenis

    SNCF Geodis produit depuis mars 2011 un trafic de poutrelles d’acier entre le site Lucchini de Fiorentina di Piombino (Italie) et l’usine AscoMetal du Cheylas (France). Deux fois par semaine, des convois de 1 150 t transitent par le tunnel du Mont-Cenis, la traction étant assurée en 36300 de Fiorentina à Saint-Jean-de-Maurienne et en 75000 au-delà. Normalement, les convois sont tracés directement, via le raccordement de Montmélian, vers l’EP du Cheylas situé sur la ligne Montmélian – Grenoble. Dans la pratique, il n’est néanmoins pas rare que les trains soient amenés à transiter par Chambéry. Le lancement de ce nouveau trafic constitue une sorte de consolation pour SNCF Geodis, qui a dû céder fin 2010 la desserte Ambrogio à Trenitalia en Italie et à ECR en France : « pour des raisons de tarifs et de fiabilité, consécutivement aux grèves », admet Philippe Bihouix de la direction Internationale du pôle Transports ferroviaires de marchandises de SNCF Geodis. Récemment, l’opérateur a décidé de confier « au moins pendant quelques mois » etd’entente avec Hupac la traction du trafic du combiné Busto Arsizio – Barcelone à Trenitalia sur son parcours italien. Cette desserte reste sous la maîtrise commerciale de SNCF Geodis mais est assurée de Busto à Modane par un tiers, pour des questions de robustesse technique. En effet, Captrain Italy, qui continue à se développer, peine encore à maîtriser sa croissance et à garantir une production suffisamment solide en toutes circonstances. Ce recentrage passager ne veut pas dire que SNCF Geodis « laisse la main » à Trenitalia qui est en train de se renforcer sensiblement en Maurienne, mais correspond au souci de rendre le meilleur service possible à son client. Du reste, Philippe Bihouix confirme l’ambition du groupe SNCF Geodis de garder l’initiative en Italie, via le Mont-Cenis où les volumes des trafics de céréales, métallurgie et automobiles progressent – de nouveaux trains apparaîtront en juillet et décembre 2011 – et via la Suisse. Après le trafic Scandfibre dont les résultats sont bons, Captrain Italy pourrait être impliqué par la reprise ou le lancement de trafics du combiné.

     

    Sylvain MEILLASSON

  • La DB relance sa ligne de fret  entre la Chine et l’Allemagne

    La DB relance sa ligne de fret entre la Chine et l’Allemagne

    Transporter des marchandises entre la Chine et l’Allemagne par voie de chemin de fer : la DB est en passe de remettre sur les rails sa prestigieuse liaison Trans Eurasia Express, deux ans après avoir  renoncé à cause de la crise. Début avril, un convoi test chargé d’une cinquantaine de conteneurs est arrivé à Duisbourg dans la Ruhr au terme d’un périple de 10300 km qui avait débuté 16 jours plus tôt à Chongquing dans le Sichuan.
    Un trajet « deux fois plus rapide que la voie maritime et moins cher que l’avion », avance la Bahn qui vise l’industrie chimique et automobile ou les fabricants de produits électroniques grand public.
    « Nous espérons mettre en place un service régulier entre les deux continents avant la fin de l’année », annonce Karl-Friedrich Rausch, le directeur des activités de fret et de logistique. Il y a deux ans, la compagnie espérait un aller-retour par semaine, avant d’être rattrapée par la crise et l’effondrement des commandes. Cette fois-ci et malgré la reprise soutenue des échanges, la DB se montre prudente et n’avance aucun objectif. Le rythme de croisière « dépendra de la demande », souffle-t-elle.
    Au total, le convoi doit traverser sept pays dont le Kazakhstan ou la Biélorussie. Mais contrairement aux essais effectués avant la crise, l’itinéraire passe par le sud de la Mongolie et non plus par le nord. Résultat : un trajet plus long de 2 000 km. Un « détour » toutefois compensé par des contrôles douaniers moins nombreux. Ce nouveau parcours a même fait gagner un jour de voyage au convoi.
     

  • Lorry-Rail allonge l’autoroute ferroviaire Perpignan – Bettembourg

    Lorry-Rail a annoncé le 12 mai le lancement d’une nouvelle route entre la frontière espagnole et le sud de la Suède dès aujourd’hui, via Krefeld, puis à partir de cet automne via Hanovre. La société, dont SNCF Geodis détient le contrôle, élargit ainsi son offre d’autoroutes ferroviaires, dans le prolongement de la liaison actuelle entre Perpignan (Le Boulou) et le Luxembourg (Bettembourg). « Cette offre, réalisée avec Green Cargo, premier opérateur ferroviaire suédois, s’adresse aux transporteurs et leur permet dès à présent de faire voyager sur le train des semi-remorques préhensibles, des conteneurs et des caisses mobiles », précise SNCF Geodis dans un communiqué. Dans un premier temps, trois allers-retours par semaine seront proposés. « A l’automne, cette liaison permettra de parcourir en train, en 48 heures, les 2 000 km du trajet, contre trois jours a minima par la route », souligne SNCF Geodis.

  • Fret : l’Araf tranche un litige entre la SNCF et ECR

    Saisie en février dernier par Euro Cargo Rail (ECR) qui se plaignait des pratiques de la SNCF et de RFF en gare de Cerbère (Pyrénées-Orientales), notamment d’actes de malveillance contre ses trains, l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf) a rendu sa décision le 4 mai. Des actes de malveillance ont effectivement été constatés par des huissiers, mais l’Araf estime qu’elle n’est pas capable de savoir qui en est responsable. Selon le gendarme du rail, ces faits relèvent avant tout de la justice.
    Par ailleurs, ECR contestait le fait que ce soit un agent de Fret SNCF, son concurrent, qui soit le coordinateur des manœuvres des trains dans cette gare. D’autant que l’opérateur privé exploite désormais plus de la moitié des trains sur le site. L’Araf a donné raison à ECR. Mais sur ce point, la situation a évolué avant même la décision de l’Araf. Après discussions, RFF a décidé que la Direction des circulations ferroviaires devait reprendre le poste en attendant une organisation définitive prévue pour le 1er juillet.

  • Fret : le papier recyclé prend le train à Rennes

    Fret : le papier recyclé prend le train à Rennes

    Depuis mi-avril, un papetier récupère 12 000 tonnes de papiers dans le cadre du tri sélectif à Rennes Métropole, pour les recycler. Implantée dans les Vosges, Norske Skog Golbey, une filiale d’un groupe norvégien, a remporté l’appel d’offres lancé l’an dernier par la communauté d’agglomération en proposant une solution ferroviaire. « L’entreprise a mis au point un caisson innovant de 85 m3 qui permet de charger les papiers en vrac », raconte un porte-parole de Rennes Métropole. Ce qui permet une économie de 25 euros par tonne, comparé à une solution nécessitant un conditionnement en balle. « La solution combiné rail-route proposée est ainsi compétitive par rapport à la route », poursuit-il.
    Les papiers sont envoyés sur la plateforme multimodale de l’opérateur Combiwest, où les caissons sont chargés sur le rail. Ils sont acheminés jusqu’à l’usine des Vosges, où ils sont recyclés et transformés en bobines de papier. Les bobines sont rechargées sur les trains (qui ne repartent donc pas à vide) vers le site rennais de production du journal Ouest-France. Norske Skog Golbey espère développer cette solution, baptisée Valorail, avec d’autres collectivités locales. Son objectif est d’acheminer par rail 100 000 tonnes à l’horizon 2013. Soit l’équivalent de 4 000 camions en moins sur les routes.
    L’idée de Valorail a inspiré Valorplast, la filière de récupération des bouteilles en plastique de Rennes Métropole, qui a décidé d’acheminer par combiné rail-route 2 600 tonnes de balles de bouteilles et flacons pour les faire recycler dans les usines de ses clients. « Traditionnellement, ce transport se fait par la route », explique une porte-parole de Valorplast. Désormais, les balles sont chargées au centre de tri sur des semi-remorques équipés de caisses mobiles spéciales. Elles sont acheminées jusqu’à la plateforme de Combiwest, qui assure depuis le début de l’année une liaison quotidienne entre Rennes et Lyon. Les caisses sont chargées sur des trains allant jusqu’à la plateforme de Mâcon. « Ce qui va permettre d’éviter la circulation d’environ 170 camions par an », note la Communauté d’agglomération, qui gère les déchets ménagers de 37 communes et 404 000 habitants. Cette initiative-là coûte deux fois plus cher que le transport par route. Mais Valorplast espère qu’avec le temps et peut-être le développement des trafics, les conditions économiques pourront être améliorées.


    Marie-Hélène POINGT

  • Belgique : la SNCB place son fret sous droit privé

    Belgique : la SNCB place son fret sous droit privé

    Une nouvelle entreprise de fret ferroviaire est née en Belgique le 1er  février : SNCB Logistics, filiale indépendante de droit privé des chemins de fer belges. La SNCB travaillait sur ce scénario depuis 2008 pour redresser les comptes de sa branche fret qui perdait alors plus de 80 millions d’euros annuels.
    Cette solution a été acceptée le 26 novembre dernier par un des deux syndicats représentatifs de la compagnie, le CSC-Transcom. Malgré le rejet de l’autre syndicat majoritaire CGSP-Cheminots et plusieurs conflits sociaux, le projet est maintenant sur les rails. La compagnie de fret peut aussi empocher une subvention de 135 millions d’euros, la dernière acceptée par la Commission européenne en contrepartie de cette restructuration.
    Sur ce total, 105 millions vont servir à financer les mesures liées aux 500 suppressions de postes, soit environ 30 % des effectifs. « Ces départs s’effectuent sans licenciements dans le cadre de départs naturels ou de reclassements au sein de la SNCB », précise une porte-parole du groupe. SNCB Logistics ne devrait plus employer qu’environ 1 000 personnes. Pour conduire ses trains, la société ne disposera pas de ses propres conducteurs mais passera dans un premier temps par SNCB, qui détachera des agents. De même, pour la maintenance du matériel roulant et pour les opérations de gare, SNCB Logistics fera appel à la SNCB.


    Reste encore à définir plus précisément les conditions de transfert du personnel. « Ceux qui veulent travailler dans notre filiale indépendante gardent leur statut et sont détachés », souligne une porte-parole. Ceux qui seront embauchés dans le futur par SNCB Logistics le seront dans un cadre contractuel privé et coûteront donc moins chers à l’entreprise. « Les seules priorités de la direction sont de réduire les coûts et de tirer vers le bas les conditions de travail », dénonce Serge Piteljon. Selon le secrétaire national de la CGSP, Fret SNCF devrait subir cette concurrence de plein fouet, puisque la nouvelle structure devrait afficher des coûts inférieurs de 30 % à ceux de la SNCB… et donc de la SNCF aussi. « Nous lançons un groupe performant international et logistique. Notre organisation est basée sur deux fondamentaux : la productivité et la qualité », répond de son côté la direction du groupe.
    L’objectif est d’économiser 100 millions d’euros annuels, soit 25 % des coûts de l’entreprise. « Nous avons déjà réalisé 75 % de l’objectif. Désormais, nous mesurons quotidiennement l’évolution des paramètres sur la sécurité », précise-t-elle.


    Un nouveau plan de transport a été mis en place pour les trafics diffus. « Nous pensons que le transport de wagons isolés peut être rentable tant sur le marché national que sur le marché international », souligne la direction de SNCB Logistics. Dans ce cadre, le nombre de gares de triage, qui étaient au nombre de quatre, a été réduit. Il ne devrait plus subsister qu’une seule grande gare de triage à Anvers, même si trois autres sites, à Charleroi, Gand et Liège, devraient encore continuer à fonctionner, toutes propriétés de la SNCB. L’opérateur de fret bénéficie déjà de la reprise des trafics. Ils seraient en hausse de 10 % depuis le début de l’année. L’objectif que s’est fixé SNCB Logistics est de renouer avec la rentabilité à l’horizon 2012.
        
     

    Marie-Hélène Poingt

  • Contournement de Lyon : début de l’enquête d’utilité publique

    L’enquête d’utilité publique sur le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL) sur sa partie nord devait démarrer le 26 avril et durer jusqu’au 3 juin. Cette ligne nouvelle de 48 km doit permettre aux trains de marchandises d’éviter de transiter par Lyon, notamment par la gare de Lyon-Part-Dieu, proche de la saturation. Elle coûterait 1,5 milliard d’euros et le premier coup de pioche pourrait être donné à l’horizon 2013 pour une mise en service en 2019.

  • Une nouvelle offre de wagons isolés en France

    Depuis mi-décembre, une nouvelle offre de transport de wagons isolés est proposée en France par deux filiales de SNCB Logistics, Xpedys, commissionnaire de transport de fret conventionnel, et OSR, une nouvelle entreprise ferroviaire qui a obtenu en novembre 2010 sa licence ferroviaire et son certificat de sécurité. Cette dernière a l’autorisation de circuler sur l’axe Le Havre – Paris – Dijon – Mulhouse. Un plan de transport a été mis au point pour une vingtaine de clients venant de Belgique et de France. OSR organise ses flux à partir de deux hubs, Tergnier en Picardie et Aulnoye dans le Nord. Fort de 75 personnes soumis au droit privé, OSR, qui achemine aussi des trains complets, affirme proposer un modèle plus économique que Fret SNCF. « Nous sommes petits, réactifs, avec un grand groupe derrière nous », résume Olivier Deprez, son directeur général.

  • Tram-fret, une bonne idée qui a du mal à monter sur les rails

    Tram-fret, une bonne idée qui a du mal à monter sur les rails

    Utiliser les voies des tramways pour faire rouler des « cargo-trams » qui effectueraient des livraisons ou transporteraient des poubelles en ville comme autant de petits trains de marchandises ? Le concept fait rêver élus et techniciens du transport, car il permettrait de se débarrasser d’une partie des camions qui encombrent les rues. On en reparle périodiquement, en Ile-de-France ou ailleurs, souvent à l’approche d’échéances électorales. L’idée n’est d’ailleurs pas bien neuve : dès leur origine à la fin du XIXe siècle, de nombreux réseaux de tram ont également eu une activité fret, souvent disparue avant la Seconde Guerre mondiale. L’exemple le plus connu en France est sans doute l’Arpajonnais, qui a livré des milliers de tonnes de fruits et légumes aux halles de Paris – mais a aussi transporté du fumier ou des pavés – jusqu’en 1933. En Allemagne, Francfort et Munich ont eu des trams postaux jusque dans les années 1950.

    Quelques grandes villes européennes ont lancé des expériences ces dernières années, avec plus ou moins de succès. La vitrine du tram-fret roule dans les rues de Dresde, dans l’est de l’Allemagne : il s’agit du CarGoTram qui, depuis 2001, alimente une usine Volkswagen en traversant le centre-ville toutes les heures. Ses véhicules longs de 59,40 m comportent deux motrices et trois wagons intermédiaires. A Zurich, un tram spécial nommé Cargotram sert depuis 2003 de benne mobile pour les déchets encombrants ; il a été rejoint en 2006 par un e-Tram chargé de la collecte des composants électriques et électroniques. Les deux stationnent à heure fixe en divers points du réseau.

    Entre 2005 et 2007, un Güterbim (tram de marchandises) a transporté des conteneurs dans les rues de Vienne. L’expérience a été jugée assez concluante… mais n’a pas été reconduite. Idem à Amsterdam, où un contrat avait été pourtant signé avec l’entreprise privée CityCargo en 2007. Il prévoyait l’achat de 52 courts véhicules qui auraient fait des navettes matinales entre des bases logistiques situées en périphérie et des petits dépôts installés en ville. On disait alors qu’Amsterdam serait ainsi débarrassée de la moitié des 5 000 camions qui y circulent tous les jours. Mais l’opération a été suspendue début 2009, l’opérateur étant incapable de lever la centaine de millions d’euros nécessaire. A Vienne comme à Amsterdam, les sites Internet dédiés ont disparu.

    La mise en place d’un tram-fret est en effet une tâche coûteuse. Bien sûr, il faut déjà un réseau de tramway digne de ce nom – d’où une bonne coordination avec l’exploitant pour ne pas désorganiser tout le service –, mais aussi des évitements, des bifurcations, des plateformes logistiques en périphérie et des zones de déchargement en ville (d’où des véhicules électriques parcourraient le cas échéant les quelques kilomètres séparant les rames des magasins)… On a même évoqué un tram-train dédié au fret, pouvant aussi bien circuler sur un réseau de tramway que sur un réseau ferré régional. Tout un programme !