Étiquette : Gares

  • Évangile, une nouvelle gare en plein Paris

    Évangile, une nouvelle gare en plein Paris

    Ce sera une première depuis 1983 et l’ouverture de la station Saint-Michel-Notre-Dame du RER C : avec Évangile, une nouvelle gare va être créée en plein Paris. Située entre Magenta et Pantin, sur la ligne actuelle du RER E, un secteur actuellement mal desservi, cette gare dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par Réseau Ferré de France, mettra le quartier à trois minutes de Magenta et sept de Saint-Lazare. Maillée avec le tramway T3, dont le prolongement est en cours, elle permettra également de desservir le nord-est. Conçue pour favoriser la desserte du quartier de la porte d’Aubervilliers et répondre aux prévisions d’emplois et de population liées au projet urbain Paris Nord-Est de la Ville de Paris, sa fréquentation quotidienne est estimée à 68 200 voyageurs en 2015.

    Validé à l’unanimité en décembre 2010 par le Stif, le projet est lancé. Estimés à 116,5 millions, les travaux commenceront au 1er semestre pour une mise en service prévue fin 2015. À l’ouverture de la gare, le quartier sera donc branché sur les autres portes de Paris via le T3 (Pont-du-Garigliano – Porte-d’Ivry – Porte-de-la-Chapelle). À plus long terme, il sera relié à la Plaine-Saint-Denis et au stade de France via le T8.

    Dans l’attente du prolongement du RER E à l’ouest, en 2020, tous les trains de la ligne s’arrêteront à cette gare, soit 16 par heure dans le sens de la pointe. Située sur sa branche est, c’est là que les trains venant de l’ouest de la capitale effectueraient leur retournement. Là aussi qu’une gare pourra accueillir les voyageurs en provenance de l’est, soit les lignes vers Chelles et Tournan.

    En revanche, la question n’est pas entièrement calée pour les trains venant de Mantes-la-Jolie et de l’ouest. Significatif : dans la synthèse de dossier du débat public sur le prolongement de la ligne E vers l’ouest, les trajets des voyageurs s’arrêtent à Magenta. Juste avant Évangile. Une version « prudente ». Il est toutefois précisé que « l’hypothèse d’un arrêt commercial à Évangile est également étudiée. »
     

     

    La future gare dans ses grandes lignes

    La gare s’insère en souterrain sous les voies et le quai qui la recouvrent. Le parvis sud (hall d’accès vitré) est un espace de transition entre la salle d’échange et la rue. La Ville de Paris, dans le cadre des réflexions urbaines sur le secteur, a prévu la réalisation d’un immeuble dit « tertiaire » de part et d’autre de l’entrée sud de la gare. Le passage piéton sous les voies, d’une largeur de 12,50 m, aboutit à une traversée à niveau de la Petite Ceinture et permettra d’accéder au T3 et au futur T8.
     

     

    Le financement

    Le coût de ce projet, de 116,510 millions d’euros (aux conditions économiques 2006), est réparti entre la Région, 51,24 %, la Ville de Paris, 25,68 %, l’État, 22,66 % et RFF, 0,42 %.

  • La nouvelle halte ferroviaire de Lentilly attend l’arrivée du tram-train

    La nouvelle halte ferroviaire de Lentilly attend l’arrivée du tram-train

    Ce nouvel aménagement concerne la construction d’un quai central de 130 mètres de long et la mise en place d’un Kit TER avec panneaux d’information dynamique, abris/mobilier d’attente et consignes à vélo individuelles. En outre, le site devient un parc relais de grande capacité paysager avec 230 places de stationnement. Au total, les travaux ont coûté 2,3 millions d’euros, financés en majorité par les collectivités dont la région Rhône-Alpes (37 %), le département du Rhône (34 %) et la Communauté de communes du Pays de l’Arbresle (17,5 %). Le montant est complété par le Syndicat départemental des énergies du Rhône (5,5 %) et l’Etat, la SNCF et RFF (2 % chacun).

    La halte ferroviaire de Lentilly marque une étape importante du projet de développement du projet ferroviaire de l’Ouest lyonnais dans le cadre du Réseau express de l’aire métropolitaine lyonnaise (Real). Ce nouvel équipement, lié à de nouveaux services – dont le cadencement au quart d’heure en heures de pointe -, va aussi contribuer à l’accueil du tram-train qui circulera sur les trois lignes de l’ouest lyonnais. La région a investi 102 millions d’euros en crédit-bail dans l’achat de 24 rames Dualis Alstom qui seront mises en service progressivement sur la branche Lyon (Saint-Paul) – Tassin – Sain Bel en septembre 2011, sur Lyon – Brignais en décembre 2012 et sur Lyon – Lozanne en 2015.

  • Trois futures gares pour le RER E

    Trois futures gares pour le RER E

    La Folie
    Cette gare à venir se situe sur un secteur ouest du « grand » pôle de La Défense, « Les Groues », sur le secteur de Nanterre, en fort développement. A la différence des autres gares nouvelles prévues dans le projet Eole, elle serait en surface. Sa vocation est de s’inscrire dans le projet global d’aménagement du secteur des Groues à Nanterre, en fort développement avec des logements, des bureaux, des équipements sportifs et culturels. Des correspondances seraient aménagées pour cette gare voyageurs, par la voirie, entre la gare de La Folie et la gare de Nanterre-Préfecture du RER A, située à proximité. En termes d’exploitation, c’est à La Folie que les trains venant de l’est, Chelles et Tournan, seraient retournés.

     


    Evangile
    C’est là où les trains venant de l’ouest de la capitale effectueraient leur retournement. C’est aussi là qu’une gare pourra accueillir les voyageurs en provenance de l’est, soit les lignes vers Chelles et Tournan. En revanche, la question n’est pas entièrement calée pour les trains venant de Mantes-la-Jolie et de l’ouest. Significatif : dans la synthèse de dossier du débat public, les trajets des voyageurs s’arrêtent à Magenta, juste avant Evangile. Une version « prudente ». Il est toutefois précisé que « l’hypothèse d’un arrêt commercial à Evangile est également étudiée ». Mais pas entièrement calée, comme le note Jacques Tribout, responsable du département Développement à Transilien. « Le problème, c’est que cette gare est très contrainte, car un retournement est assez complexe, avec le temps de retournement ajouté à celui nécessaire pour prendre des voyageurs. » Le nouveau système d’exploitation baptisé Next, misant sur une aide à la conduite avec 20 % de trains en plus, actuellement étudié par RFF et la SNCF, pourrait permettre à l’horizon 2020 de résoudre le problème. Ce qui serait appréciable, puisque ce secteur de « Paris-Nord-Est » bénéficie d’un très fort développement urbain, bureaux et logements. Comme le résume un spécialiste du dossier : « Il n’y a pas de doute sur l’utilité de la gare. Les difficultés sont seulement techniques. »

     


    Porte-Maillot (photo)
    Importante, en particulier pour la ville de Paris, cette gare renforcerait l’attractivité d’un territoire structuré autour du palais des Congrès avec ses salles de spectacles, espaces d’animations et de congrès professionnels, son offre hôtelière, ses bureaux… Cet arrêt permettrait d’améliorer fortement ses liaisons avec le centre d’affaires d’Haussmann-Saint-Lazare, le quartier d’affaires de La Défense… Parallèlement, il créerait une interconnexion avec la ligne 1 et le RER C, un aspect essentiel pour les responsables de la SNCF. Une ligne extrêmement paradoxale, comme le résume Jacques Tribout. « La ligne C est la plus longue à l’intérieur de Paris, celle qui a le plus de gares, avec trois branches dans la capitale, et en  même temps c’est celle qui maille le moins avec le réseau RER. » Seulement avec la ligne B à Saint-Michel. « C’est une ligne un peu marginalisée, alors que les lignes A, B, D et E dialoguent entre elles. » Avec la gare nouvelle, le maillage permettrait de la réintégrer dans le réseau RER.
     

    François DUMONT et Pascal GRASSART

  • 3 000 plantes pour assainir l’air de Magenta

    Un mur végétal dépolluant a été inauguré par Transilien SNCF le 20 mai à la gare Magenta du RER E. Associant 31 espèces de végétaux, notamment du lierre pour absorber formaldéhyde et xylène, ou de la plante araignée contre le monoxyde de carbone, il filtrera l’air respiré par les 70 000 voyageurs quotidiens. La façade de Lyon-Perrache possède 400 m2 de mur végétal depuis fin 2007.

  • Appel d’offres pour les gares de la LGV saoudienne

    Saudi Railways Organization (SRO) a lancé l’appel d’offres pour la construction des quatre gares de la ligne nouvelle Haramain : Médine, King Abdullah Economic City, Djedda, La Mecque. L’appel d’offres a été préparé par Foster & Partners, avec Buro Happold. Les huit consortiums préqualifiés (Al Safwah, Saudi Bin Laden Group, Saudi Oger Ltd, Kier Construction Ltd, Al Arrab Alliance, Azmeel Alliance, Nesma & Partners Contracting Co., Al Mabani General Contractors) doivent répondre d’ici au 10 mai.

  • 407 millions de dollars de plus pour le ferroviaire canadien

    La version canadienne du programme de relance économique profite au transport ferroviaire de voyageurs. Un précédent plan d’investissements de 516 millions de dollars canadiens (un dollar canadien vaut 0,65 euro), décidé fin 2007, vient d’être complété par une enveloppe de 407 millions de dollars, dans la foulée de la crise financière. Ce total de 923 millions va permettre, sans attendre un hypothétique train à grande vitesse, d’améliorer les infrastructures et le matériel utilisés par Via Rail Canada, l’agence fédérale du transport ferroviaire de voyageurs, pour déboucher sur une amélioration des vitesses et des fréquences sur les lignes les plus chargées, le triangle Montréal – Ottawa – Toronto.
    En matière d’infrastructures, la ligne Montréal – Toronto va connaître une métamorphose. Propriété de Canadien National, cette artère, la « subdivision Kingston », est à double voie sur la totalité des 540 km du parcours.
    Sur les fonds débloqués en 2007, une phase 1, en cours de réalisation, vise à la création d’une troisième voie latérale sur un total de 64 km en trois sections de 32, 20 et 12 km. Sur ces segments, les trois voies seront banalisées, comme le sont systématiquement les voies multiples sur le réseau. À Belleville, près de Toronto, une quatrième voie sera construite pour accroître la capacité de la gare. Mise en service prévue en 2011. Fait nouveau dans les mœurs ferroviaires canadiennes, la marche à droite sera posée comme prioritaire aux régulateurs, entraînant l’abandon du principe de mise à quai côté bâtiment voyageurs. Cette dernière pratique, qui occasionne des acrobaties de gestion des voies banalisées aux approches des gares en ligne, découle d’un règlement fédéral imposant le consignement de tout canton de voie principale traversée par des voyageurs à pied en gare.
    Logiquement, les gares de cette subdivision Kingston sont donc appelées à être dotées de passages supérieurs piétons : Belleville en banlieue de Toronto (dotée d’une quatrième voie) et les gares de pleine ligne d’Oshawa, Cobourg et Brockville, dotées de nouveaux quais, ainsi que Dorval sur l’île de Montréal, à proximité de l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. L’hypothèse de passages inférieurs a été abandonnée en raison de la nature des terrains, des interférences des travaux sur le trafic et de considérations budgétaires.
    Une phase 2 du projet, assise sur les fonds débloqués dans le cadre du plan de relance, consistera en l’équipement d’autres tronçons de la « subdivision Kingston » d’une troisième voie banalisée, permettant de porter le cumul des sections triplées de 64 km à 130, voire 160 km.
    Cet effort particulier sur l’infrastructure CN n’est-il pas contradictoire avec le projet, encore récemment réaffirmé, d’une ligne à grande vitesse Québec – Windsor ? « Non », répond l’ingénieur ferroviaire André Gravelle, au siège national de Via Rail, à Montréal. Il explique : « Notre part de marché doit augmenter sans attendre. Il est difficile de faire un acte de foi en lançant un projet de train à grande vitesse à partir d’un marché insuffisamment achalandé. La meilleure façon de faire avancer le rail c’est, dès à présent, d’améliorer sensiblement l’offre de service. »
    Malcolm Andrews, directeur général de la communication de Via Rail, précise de son côté : « Pour que le rail gagne en crédibilité, il nous faut encore améliorer notre couverture des coûts par les recettes, qui est de 60 % à présent après avoir été de 30 % il y a trente ans. »
    De fait, ces améliorations d’infrastructures permettront d’améliorer la vitesse commerciale sans avoir à relever les vitesses limites, déjà de l’ordre de 160 km/h grâce à un excellent armement des voies en LRS d’un poids dépassant les 60 kg/m. L’objectif, en 2011, est de réduire le temps de parcours, actuellement de 4 heures 59 minutes pour 539 km, soit une vitesse commerciale de 108 km/h – une belle performance en traction thermique –, « d’une trentaine de minutes grâce à une plus grande fluidité du trafic et à la création de services express », précise Malcolm Andrews. Soit 4 heures 20 minutes, correspondant à une vitesse commerciale relevée à 124 km/h.
    La ligne reliant Montréal à Ottawa, capitale fédérale, qui se débranche de l’axe Montréal – Toronto à Coteau, à 63 km à l’ouest de Montréal, vient de subir une sérieuse cure de rajeunissement pour 12,5 millions de dollars. Cette « subdivision Alexandria » Coteau – Ottawa, pour l’essentiel, a été acquise à CN en 1998 par Via Rail. Cette dernière y alloue d’ailleurs un sillon quotidien à un tractionnaire fret short liner, un cas atypique en Amérique du Nord… Elle est progressivement équipée de longs rails soudés, depuis 2002. Cette année, elle a été dotée d’un nouvel évitement situé à 16 km à l’est d’Ottawa, à Carlsbad Spring, d’une longueur (modeste pour le Canada) de 760 m. Via Rail vient par ailleurs d’acquérir la pleine propriété de 10 km résiduels d’infrastructure auprès de Canadien National (vers Montréal) et d’une portion de ligne de Canadien Pacific (vers Toronto), à proximité d’Ottawa.
    La signalisation vient d’être modernisée et centralisée. La gare d’Ottawa, construite en 1966 en périphérie de la capitale fédérale, après la suppression malheureuse de l’ancienne gare souterraine de plein centre, a été rénovée.
    Sur Ottawa – Kingston (Toronto), d’importants renouvellements de voies sont programmés à court terme entre Ottawa et Smith Falls, sur une soixantaine de kilomètres.
    Sur la ligne Montréal – Québec, enfin, parcourue par les trains Via Rail reliant les deux villes et par les trains de nuit de et vers Halifax et Gaspé, rien n’est programmé en termes d’infrastructures dans le cadre des deux plans d’investissement Via Rail en cours. CN, voici une dizaine d’années, avait allongé ses voies d’évitement sur la section à voie unique, à l’est de Saint-Hyacinthe, à 54 km de Montréal. Cet autre segment du Transcanadien est au demeurant équipé d’une voie d’excellente qualité.
    En termes de fréquence, l’ensemble de ces améliorations d’infrastructures va permettre de densifier l’offre. En jour ouvrable de base, Via Rail prévoit d’ajouter deux rotations aux 6 allers-retours actuels Montréal – Toronto et deux rotations aux 5 allers-retours Ottawa – Toronto actuellement parcourus en 4 heures 37.?La liaison Montréal – Ottawa bénéficie déjà de 6 allers-retours.
    Côté matériel roulant, le plan de modernisation complété par le plan de relance prévoit une rénovation massive des engins de traction comme du matériel tracté.
    Concernant le parc des voitures voyageurs, les célèbres LRC (Light Rail Cars) vont être modernisées au titre du plan de relance. Conçues en 1968 par le consortium Dofasco, Alcan et Montréal Locomotive Work (devenu Bombardier), acquises en 1978 et 1981 par Via Rail pour 98 unités, elles sont autorisées à la vitesse de 152 km/h. C’est la société Irsi, sise à Moncton au Nouveau-Brunswick, qui va totalement réviser ce matériel constitué de monocoques d’aluminium, pour 98,9 millions de dollars. Au programme : rénovation des bogies, attelages et intercirculations, traitement anticorrosion des caisses, amélioration de l’efficacité énergétique tant par un nouveau câblage que par de nouveaux moteurs de portes et un conditionnement « intelligent ».
    Objectif : prolonger d’une vingtaine d’années la durée de vie de ce matériel profondément novateur en Amérique du Nord.
    Cette rénovation massive viendra épauler les 106 voitures Alstom construites pour les trains de nuit mort-nés du Transmanche. Via Rail avait racheté le lot de 139 en 2000, sans possibilité de n’en acquérir qu’une partie, comme il l’aurait souhaité. L’exploitant a néanmoins pu ainsi cannibaliser plusieurs éléments pour optimiser le parc en service. Notons que ce matériel ne correspond pas aux normes américaines de résistance au tamponnement, qui imposent une capacité de résistance de 800 000 livres (174 tonnes métriques) contre la moitié en Europe. Pour cette raison, une voiture de transition sans voyageurs est imposée entre la rame ouverte au service commercial et la locomotive.
    Six automotrices aluminium Budd sont par ailleurs réhabilitées, utilisées sur liaisons isolées de l’île de Vancouver (Colombie Britannique) et Sudbury-Whiteriver (Ontario). Une option de rachat d’une quinzaine d’autres est à l’étude. Le reste du parc est complété par des voitures Budd des années cinquante ex-CP, dénommées Streamliner.
    Concernant le matériel de traction, les 54 locomotives F40 de General Motors vont être rénovées au titre du premier plan d’investissement, complété à la marge par le plan de relance. Elles avaient été acquises en 1987 après l’échec des motrices profilées conçues spécialement pour les rames LRC dont elles respectaient la ligne de toiture. Leurs moteurs, non suspendus, s’étaient révélés trop agressifs pour la voie.
    Très présentes en Amérique du Nord (Amtrak les a étrennées à la fin des années soixante-dix et elles sillonnent de nombreuses banlieues), les F40 de Via Rail vont être réhabilitées pour une prolongation de carrière de 15 à 20 années par les ateliers CAD de Lachine, en banlieue de Montréal. L’exploitant en attend une baisse d’émission de gaz à effet de serre de l’ordre de 12 %, après une diminution de 16 % déjà réalisée. Les économies cumulées de ces locomotives aptes à 153 km/h devraient se chiffrer à 5 millions de litres de gazole par an. Un moteur diesel leur sera ajouté pour générer l’électricité des rames tractées.
    C’est donc bien un plan ambitieux pour le rail qui se réalise sur le dense et prometteur corridor Québec – Windsor, lequel réunit l’essentiel de la population des deux provinces les plus peuplées du Canada. Québec et Ontario cumulent près de 21 millions d’habitants, près des deux tiers des 34 millions de Canadiens.
    Les récentes élections municipales au Québec auront scellé le grand retour du train à grande vitesse dans l’arène politique. Le maire de Québec, Régis Labeaume, a plaidé très vivement cet automne pour que la première phase du projet parte de Québec. Une exigence relayée par le Premier ministre provincial Jean Charest (libéral), le 30 septembre : « Nous voulons, nous insistons pour que le trajet se fasse de Québec à Montréal, ensuite de Montréal à Toronto. Parce que, si on ne le fait pas au départ avec Québec, les chances que ça se fasse un jour sont à peu près nulles. » Un thème auquel s’est ralliée l’opposition libérale au niveau fédéral, dont le responsable transport, Joe Volfe, qui a confié au journal Le Soleil, de Québec, sa volonté que cela soit fait « en une seule phase ». Enjeu municipal, provincial et fédéral relancé par les questions climatiques et les plans de relance du grand voisin états-unien, le futur réseau canadien de LGV aura connu une interminable gestation.
    « Un comité des transports a été réuni récemment à Ottawa et a réexaminé le dossier », confie André Gravelle, ingénieur chez Via Rail. Représentants fédéraux de l’Ontario et du Québec y ont réexaminé le sujet. Avant qu’ils ne publient leurs conclusions, deux audits ont été demandés. Les grandes villes concernées ont demandé une étude prospective à la SNCF pour un coût de 375 000 dollars. Ses conclusions, publiées en juin, ont montré l’opportunité commerciale du réseau sur le corridor, étendu à Chicago et New York. Les gouvernements provinciaux et fédéral ont pour leur part demandé une étude à la firme Dessau et au cabinet Éco-Train, pour un coût de 3 millions de dollars, dont le résultat est attendu début 2010. Elle devra synthétiser et actualiser les travaux réalisés auparavant.
    Il faut dire que les avant-projets n’auront pas manqué. Dès 1981, Via Rail Canada réalise des études complètes en collaboration avec la SNCF et les chemins de fer japonais. Elles débouchent en 1984 sur un rapport préconisant un réseau à grande vitesse voyageurs s’étirant de Québec à Windsor (1 150 km) et desservant Montréal, Ottawa, Toronto, ainsi qu’une liaison Calgary – Edmonton, à l’ouest du Canada.
    Via Rail reprend son avant-projet en 1987, travail débouchant sur un nouveau rapport en 1989, suscitant un intérêt plus marqué que le précédent de la part des trois gouvernements les plus concernés (fédéral, Ontario, Québec). De ce fait, un groupe de travail est constitué en 1990. Cette commission Bujold-Carman remet en 1992 un rapport sur la rentabilité socio-économique, le financement, l’environnement et les questions industrielles. L’année suivante, les études initiées par les trois gouvernements sont actualisées sous l’égide de leurs ministres des Transports respectifs.
    Si Via Rail ne mène plus d’études en propre à l’heure actuelle, elle pose comme quasi-certitude qu’une infrastructure nouvelle relierait Québec à Montréal par la rive nord du Saint-Laurent et non par la rive sud comme la ligne classique CN, empruntée actuellement par ses trains, afin d’éviter deux franchissements du fleuve. Ce qui ravit Yves Lévesque, le maire de Trois-Rivières, ville située à quelque 150 km de Montréal et Québec sur la rive nord : « Cela ne prendra que 30 minutes pour se rendre au centre-ville de Montréal », prévoit-il déjà, déplorant « qu’on nous [ait] enlevé le train il y a plusieurs années », en 1990. Miracle du train à grande vitesse outre-Atlantique : on se bat de nouveau pour avoir des trains !
    Alors que se prépare l’aménagement d’une sixième ligne de banlieue dans l’agglomération de Montréal sous l’autorité de l’Agence métropolitaine des transports (AMT), le « train de l’Est » vers Repentigny et Mascouche, l’année 2009 aura été celle des grands avant-projets pour le métro de la capitale économique du Québec. Le premier ministre provincial Jean Charest a annoncé le 16 septembre la création d’un bureau de projet doté d’un budget de 12 millions de dollars pour trois ans afin de réaliser les études nécessaires à la construction de douze nouvelles stations sur trois prolongements de lignes totalisant 20 km.
    Objectif : une mise en service dans 10 à 15 ans. Coût estimé : 3 milliards de dollars. La ligne Orange (n° 2), déjà prolongée de trois stations (5,3 km) l’an dernier au nord-est d’Henri-Bourrassa à Montmorency (Laval), via une traversée sous-fluviale de la rivière des Prairies, serait « bouclée » par une mise en liaison de ses deux extrémités nord. Cette nouvelle section relierait sur plus de 5 km Côte-Vertu, actuel terminus nord-ouest, à Montmorency, via deux stations intermédiaires nouvelles (Poirier et Bois-Franc) et une autre traversée sous-fluviale.
    La ligne Bleue (n° 5, tangentielle nord) serait prolongée de plus de 5 km et cinq stations supplémentaires de Saint-Michel à Anjou.
    La ligne Jaune (n° 4, trois stations), seule à franchir le Saint-Laurent et à rejoindre la rive sud en plein développement, serait prolongée à la demande de la municipalité de Longueil de 8 km et quatre stations jusqu’à Roland-Thérien, aux abords de l’aérodrome de Saint-Hubert, en longeant le Saint-Laurent côté sud.
    Les médias montréalais se sont toutefois montrés prudents sur la probabilité de réalisation d’un tel plan, annoncé peu de temps avant la « Journée sans ma voiture » et en pleine campagne électorale pour les municipales. Il y a d’abord la question financière. Le maire de Montréal déplorait au printemps dernier que le déficit structurel des réseaux métro-bus de la STM (Société des transports de Montréal) s’apprête à atteindre 38 millions de dollars en 2009, exigeant une rallonge des subventions provinciales d’un montant de 30 à 55 millions de dollars. De plus, le projet de liaison rail aéroport, promis depuis des années et annoncé comme prochain, tarde à se concrétiser. Bien que deux voies ferrées majeures passent à moins de 1 km kilomètre des terminaux aériens, l’AMT se limite pour l’instant à annoncer que sur onze hypothèses d’avant-projet, seules trois restent en lice. La pose de nouvelles voies le long des corridors ferroviaires CN et CP, en parallèle sur cette section, et le choix d’un terminus à Lucien-L’Allier tiennent la corde. Mais pour l’instant, l’aéroport Pierre-Trudeau, seule plate-forme importante de la ville depuis la fermeture de l’éphémère Mirabel, reste l’un des plus inaccessibles du continent nord-américain, malgré sa proximité du centre-ville. Ses seules voies d’accès, des autoroutes, sont presque toujours congestionnées.
     

    Michel-Gabriel LÉON

  • Nantes aménage ses futures gares de connexion

    Une « prudence » qui se chiffre à 55 millions d’euros. Lors de son dernier conseil communautaire, Nantes Métropole a décidé d’aménager ses gares de connexion au futur tram-train Nantes-Châteaubriant et de ne seulement esquisser que deux « grands projets » : le raccordement de ses lignes 1 et 2 de tramway et la desserte « lourde » du nord-est de l’agglomération. « Comme tout le monde, nous sommes dans le flou le plus complet sur nos ressources après 2011 », se justifie Jean-François Retière, le vice-président aux transports de Nantes Métropole. La ville entamera donc prochainement la construction de pôles d’échange autour de deux futures gares de tram-train. L’un, Haluchère, sera complètement déménagé. Le tramway et la ligne de chemin de fer s’y côtoieront, pour des échanges en quai à quai. Ce pôle formera par ailleurs le point de ralliement des bus du centre-ville d’un côté et de l’autre celui des cars et des bus vers l’est de Nantes. La seconde gare servira de point de contact du tram-train dans un premier temps avec des bus, en direction notamment du campus universitaire et à terme, le tramway y viendra. Ce sera la ligne de raccordement entre les lignes 1 et 2 de tramway, un projet déjà ancien, mais qui coûte un peu trop cher (160 millions d’euros) pour le moment. Nantes Métropole a décidé d’entamer ce raccordement sur quelques centaines de mètres. Une dépense de 10 millions d’euros qui permet de rappeler un autre projet ancien : de cette station du Ranzay, partira une ligne de bus à haute fréquence (Chronobus) vers le nord-est, première étape, en principe, vers la construction d’un transport en site propre.
     

    Hubert HEULOT

  • Siemens réalise en Lituanie le premier triage automatisé d’Europe de l’Est

    Un consortium sous la direction de Siemens Mobility, comprenant l’allemand Sona Präzisionsschmiede GmbH et plusieurs sous-traitants, a automatisé la gare de triage de Vaidotai (près de Vilnius) pour les chemins de fer lituaniens (LG) – une première en Europe de l’Est, selon Siemens. L’opération permet de passer de 1 800 à 3 000 wagons triés par jour, tout en réduisant les coûts de maintenance et en évitant d’intervenir pour le freinage des wagons. L’échange de 21 aiguillages, le passage de 16 à 20 voies de triage, l’établissement d’un nouveau schéma pour les voies de réception, l’allongement à 1 000 m de quatre voies de stationnement, la création de quatre nouvelles voies de 1 000 m et l’installation de 25 freins de voie à mâchoires hydrauliques ont été réalisés sans interrompre les activités. Moins visibles, sont l’installation d’un microordinateur MSR32 pour la commande du passage à la bosse, ainsi que la modernisation des enclenchements à relais, y compris les interfaces avec les équipements en place. L’alimentation électrique a également été modernisée (dispositif Scada). Enfin, un drainage avec séparateur d’hydrocarbures a été installé sur ce site qui reçoit de nombreux wagons-citernes.

  • La SNCF veut 12 gares TGV pour desservir toute l’Ile-de-France

    Au départ, ça ressemble à une « question quiz » pour public averti. Elle est posée par Mireille Faugère, directrice générale déléguée SNCF Voyages : « Quelle est la région la plus mal desservie par le TGV ? » Une question piège pour une réponse surprise : l’Ile-de-France. La démonstration est rapide. Paris compte quatre grandes gares TGV, Paris-Nord, Paris-Est, gare de Lyon, Montparnasse, et la banlieue, trois, soit Massy, Marne-la-Vallée et Roissy. D’où cette conclusion tirée à grande vitesse : « Sur les 12 millions d’habitants de la région, trois seulement peuvent accéder facilement à l’une de ces gares. Et 80 % ont un très mauvais accès au TGV. » Car, sur ces 12 millions, près de dix millions sont des « banlieusards ». Provocation ? Pas seulement. Car « si la part de marché que nous avons dans Paris intra-muros est excellente, elle est très mauvaise à l’extérieur ». Logique, puisque « l’avantage du TGV, c’est de faire du centre-ville à centre-ville ». Ceux qui se trouvent obligés de se rendre au cœur de Paris pour prendre leur train n’en profitent pas. « L’accès aux gares de Paris est trop compliqué. Et lorsqu’on commence à prendre sa voiture, le plus souvent, on la garde. » Alors, Mireille Faugère se prend à rêver… à « 12 gares pour 12 millions d’habitants. Soit un million par gare. Cela permettrait de désaturer les lignes et l’accès aux gares parisiennes. » Positionner finement de nouvelles gares TGV, ce serait une bonne façon de repenser l’Ile-de-France et son accessibilité, et de faire de la région parisienne « un grand hub de la grande vitesse, avec des gares de passage et pas seulement en cul-de-sac ». Alors que le projet sur le Grand Paris vient de passer, ce 7 octobre, en Conseil des ministres, focalisé autour du « grand huit » et son métro automatique piloté par la RATP, la SNCF avance ses cartes pour « aller du Grand Paris vers la ville-monde ». Et sort des cartons ce projet de 12 gares TGV qui pourraient être reliées par des tronçons de lignes à grande vitesse. Une idée d’ailleurs préconisée dès la présentation du projet par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Objectif : passer de 1,5 milliard de voyageurs par an à plus de 2,5 milliards en 2025. Président de la SNCF, Guillaume Pepy le dit sans détour : « Le rôle de la SNCF dans le Grand Paris, c’est d’être un aménageur en concertation avec les élus. » Les comptes sont vite faits. Il y a déjà les quatre gares TGV dans Paris, plus les trois gares situées en banlieue. Et puis, dans le projet gouvernemental, deux gares nouvelles sont déjà largement évoquées, reliées à de nouveaux territoires propices aux développements à venir. C’est Pleyel, au nord de la capitale et de La Plaine-Saint-Denis. Il serait alors raccordé à la ligne 14 et au RER. Et c’est l’aéroport d’Orly, au sud. Le pôle d’échanges pourrait se trouver sur une ligne d’interconnexion reliant le TGV Atlantique aux autres lignes à grande vitesse, Sud-Est, Est et Nord… Et puis, il y a La Défense, placée dans la droite ligne du projet évoqué de LGV Le Havre – Paris. Un projet qui ne doit pas être conçu avec Saint-Lazare comme terminus, mais passant par La Défense et sa clientèle d’affaires puis par Roissy, « du port à l’aéroport », où se trouvent déjà Eurostar et Thalys. La Défense serait ainsi à 2 heures 15 de Londres… Reste toutefois à « faire émerger » un barreau à grande vitesse entre La Défense, point d’arrivée possible du TGV normand, et la gare de Pleyel-Saint-Denis, portée par Christian Blanc, secrétaire d’Etat au Grand Paris. Ces trois nouveaux pôles d’échanges pourraient coûter, globalement, aux alentours d’un milliard, estime Sophie Boissard, directrice générale de la branche Gares et Connexions. Enfin, il y a deux projets de gares : à Villeneuve-Saint-Georges et dans le sud de l’Essonne. Cette dernière pourrait être concernée par la future ligne qui « doublerait » Paris – Lyon, soit Paris – Orléans – Clermont – Lyon. Avec ces cinq projets, à l’horizon 2020, la SNCF se place clairement dans la vision d’un Grand Paris qui, autour de ses 130 km de métro automatique veut, comme le dit Christian Blanc, privilégier « les portes ouvertes sur le monde que sont les aérogares et les gares TGV ». Guillaume Pepy l’affirme : la SNCF se veut « aménageur, en concertation avec les élus ». Juste à sa place, mais avec toute sa place.
     

    Pascal GRASSART

  • Liège : un abribus géant pour les TGV

    Le 18 septembre, la nouvelle gare de Liège-Guillemins était inaugurée par le prince Philippe de Belgique en prélude d’un spectacle chorégraphique et pyrotechnique de Franco Dragone intitulé « Gare à vous ». Retransmis en direct sur la télévision publique RTBF, l’événement a attiré les foules sur la vaste place triangulaire ouverte dans l’axe du nouveau bâtiment très aérien et très ouvert, signé Santiago Calatrava. Cette gare, qui respecte intégralement le projet présenté en 1997, se veut un trait d’union entre les deux côtés jadis séparés par la voie, la colline de Cointe et un quartier un peu déshérité en marge du centre-ville, riverain de la Meuse mais séparé du fleuve par une véritable autoroute urbaine. C’est le relief de la colline voisine qui a inspiré la forme ondulée de la charpente métallique abritant la nouvelle gare. Culminant à 40 m, longue de 200 m (+ 200 m pour les abris de quai qui la prolongent) et pesant quelque 10 000 t, cette charpente est la composante la plus spectaculaire du nouvel ensemble. C’est aussi la plus contestée. Y compris par ceux qui sont sensibles à son architecture d’acier et de verre, car elle est loin d’être aussi indispensable que le remaniement total de la première gare wallonne en termes de recettes (33 500 voyageurs par jour ouvrable). Dotée en 1958 d’un bâtiment étriqué et laid, la gare des Guillemins présentait des quais en courbe, trop courts pour recevoir des rames Thalys en unité double, et un schéma de voies complexe obligeant les trains à des cisaillements d’itinéraires systématiques sur les relations Bruxelles – Allemagne, avec des limitations de vitesse pouvant descendre jusqu’à 40 km/h. Côté ferroviaire, le schéma a été simplifié, avec neuf voies passantes et 40 % d’appareils de voies en moins, permettant de relever les vitesses en voie directe. Côté aménagements, la gare comprend cinq quais, dont trois (côté « ville ») peuvent désormais accueillir une double rame Thalys le long de leurs 450 mètres, alors que les deux autres quais, pour les trains régionaux et locaux, sont limités à 350 mètres. Longé par la seule voie 1, le quai le plus proche de la ville est directement accessible de la rue par un escalier en amphithéâtre convexe et des escalators latéraux. Sous les quais, où le béton domine, un passage large de 18 mètres est établi dans l’axe de la gare, au même niveau que l’esplanade côté ville. Reliant entre eux les quais, ce passage au sol recouvert de pierre bleue typiquement belge est éclairé par la lumière du jour à travers un dallage translucide. Une dizaine de commerces ont trouvé place dans des niches latérales aménagées sous les voies le long du passage, qui débouche, au terme d’un parcours de 100 mètres, sur le niveau inférieur du parking souterrain de 800 places sur quatre niveaux. Côté colline, les voyageurs peuvent, au départ de la plate-forme routière et de la dépose-minute, rejoindre les quais via l’une des deux passerelles de 14 mètres de large qui les surplombent. « Cette gare est un peu comme un abribus, ouverte et facile à comprendre », risque Calatrava. Un peu trop ouverte peut-être, si l’on pense que le climat de Liège n’est pas exempt de précipitations ou de coups de vent ! Mais l’agencement permet à tous, y compris les personnes à mobilité réduite, de passer de la voie publique à leur train en quelques dizaines de secondes, que l’on soit venu en bus ou en taxi côté « ville », en voiture ou en vélo côté « colline », où le parking est connecté à l’autoroute, ou encore à pied, d’un côté comme de l’autre. En tout point de la gare, les multiples écrans permettent de connaître les heures de départ et les quais, alors que l’absence d’un grand panneau d’affichage est compensée par la rétroprojection des horaires des trains sur la vitre extérieure côté « ville ». Et, outre sa fonction de pôle d’échanges, cette vitrine de Liège ouverte vers le centre-ville est également une galerie commerciale, ainsi qu’un lieu culturel qui a accueilli l’orchestre philharmonique de Liège le 19 septembre, tout en présentant deux œuvres prêtées pour l’inauguration, La Maison bleue de Chagall et Le Violoniste de Van Dongen. Par son architecture de qualité, la nouvelle gare fait entrer la Cité ardente dans le même club que Lisbonne, Lyon ou Zurich. Cette idée de requalification urbaine a été présente dès 1993, lorsque la société Euro Liège TGV, filiale de la SNCB, a été créée pour étudier et assurer la réalisation du projet de nouvelle gare TGV. A côté de la SNCB, maître de l’ouvrage, des acteurs publics locaux et régionaux ainsi qu’une banque sont regroupés au sein de la Société de développement de Liège-Guillemins pour seconder Euro Liège TGV, maître d’œuvre, dans la réalisation du projet ferroviaire et architectural, de même que pour accompagner les retombées attendues sur le quartier. Tous les acteurs sont d’accord pour l’ouverture d’un axe transversal entre la gare et la Meuse, distante de 500 mètres, voire au-delà vers le parc de la Boverie et son Palais des congrès, en jetant une passerelle pour cyclistes et piétons au-dessus du fleuve. En dépit des démolitions effectuées (70 expropriations) sur cet axe idéal, la partie n’est pas gagnée : en particulier, un monumental bâtiment des Finances se dresse sur le chemin. Néanmoins, le fait qu’une part importante des terrains ou des immeubles soit aux mains du public (SNCB, ville, Etat fédéral) peut constituer un levier décisif dans ce dossier. Mais, sur ce qu’il convient de faire du terrain libéré, les visions de la ville divergent de celles d’Euro Liège TGV, basées sur une réflexion de Santiago Calatrava. Pour les élus, il s’agit de terminer d’ici à 2012 la place triangulaire devant la gare et de profiter du départ des Finances pour achever vers 2014 l’axe vers un pôle de musées, le tout bénéficiant d’un financement mixte Europe-région de près de 60 millions d’euros. Euro Liège TGV avait une vision plus grandiose, une « avenue de la Liberté » réalisée autour d’un plan d’eau rectiligne et environné par un quartier reconstruit et rebaptisé Liège-la-Nouvelle. Mais, pour les élus, il faut rester réaliste et éviter absolument une nouvelle « place Saint-Lambert ». Une allusion à la grande place au centre de Liège, créée lors de la destruction de l’ancienne cathédrale des Princes-Evêques en 1794, qui a fait l’objet d’un aménagement « interminable » entre les années 1970 et 2000, accouchant quand même d’un souterrain pour autobus. Toujours est-il qu’une à une les maisons de ville de deux ou trois étages qui constituaient l’essentiel du bâti environnant le nouvel accès à la gare des Guillemins, à 200 mètres plus au sud que l’ancien, ont laissé la place à un terrain vague d’où ne dépasse plus qu’un immeuble des années 30, recouvert au soir de l’inauguration d’une banderole « Liège, Cité ardente, souhaite la bienvenue à l’Europe ». En réponse, les maisons de la rue Paradis, qui se sont retrouvées en première ligne le long de la nouvelle place triangulaire, arboraient d’autres banderoles pour l’occasion : « Gare à nous », en réponse au spectacle inaugural, ou encore « J’y suis, j’y reste » !
     

    Patrick LAVAL