Étiquette : Grande vitesse

  • Pays-Bas : accord entre les NS, AnsaldoBreda et Finmeccanica sur les V250

    Epilogue de l’affaire V250, les trains à grande vitesse qui ont brièvement relié Amsterdam à Breda et Bruxelles à partir de décembre 2012. Retirés de service dès janvier 2013 suite à des problèmes majeurs (batteries, portes, perte de pièces, freinage, corrosion…), les neuf trains déjà livrés aux NS (sur 16 commandés, alors que les 3 destinés à la SNCB n’ont jamais été livrés) seront restitués à leur constructeur AnsaldoBreda. En contrepartie, les NS seront remboursés à hauteur de 125 millions d’euros, en vertu d’un accord rendu public le 17 mars et signé par les chemins de fer néerlandais, le constructeur des trains et sa maison mère, Finmeccanica. Les trois signataires s’estiment satisfaits d’être parvenus à un tel accord assez vite : les NS mettent ainsi un point final à cette affaire, alors qu’AnsaldoBreda se voit offrir la possibilité de revendre les V250. Et si le constructeur trouve un nouveau client, les NS toucheront même un bonus par train revendu, dans une enveloppe de 21 millions d’euros !
     

  • Grande vitesse : la France et l’Espagne connectés sans changement

    Grande vitesse : la France et l’Espagne connectés sans changement

    Le 15 décembre a vu le démarrage de la nouvelle offre à grande vitesse entre la France et l’Espagne. Onze mois après la connexion entre le réseau à grande vitesse espagnol et la ligne nouvelle Perpignan – Figueras, qui obligeait encore à effectuer une correspondance dans cette dernière gare faute de matériel roulant autorisé de part et d’autre, des services sans changement sont enfin proposés en coopération entre la SNCF et la Renfe.En dépit d’une homologation relativement tardive de 10 rames AVE série 100 sur le réseau français, le 22 novembre, le service a pu démarrer moins d’un mois plus tard, à temps pour le changement d’horaire. Le passage à la grande vitesse, lancé par les ministres Frédéric Cuvillier et Ana Pastor avec Guillaume Pepy et Julio Gómez-Pomar Rodríguez, présidents de la SNCF et de la Renfe, permet des gains de temps de 47 minutes à 1 heure 06 sur les meilleurs temps.Sur les cinq allers et retours transitant chaque jour entre Perpignan et Barcelone, deux relient Paris et Barcelone en 6 heures 25 en TGV Duplex Dasye (qui doivent être remplacés par des Euroduplex en 2014). Mais l’essentiel n’est pas l’amélioration des relations entre Paris et l’Espagne, dont les voyageurs ne gagnent pas vraiment au change avec un gain de temps minime : ces relations se destinent à une clientèle loisirs pour qui plus de trois heures restent un temps de parcours supportable. De plus, cette clientèle parisienne ne pourra plus prendre les trains Talgo de nuit d’Elipsos sans changement pour Barcelone et Madrid. Ces trains qui n’avaient plus le vent en poupe ces derniers temps (120 000 voyages par an) face à la concurrence aérienne (low cost ou non) ont bénéficié d’un an de sursis jusqu’au lancement des nouveaux TGV, même si ces derniers ne les remplacent pas vraiment.En fait, la véritable révolution est la création de liaisons performantes sans changement, effectuées en AVE série 100, entre 12 villes du sud de la France et l’Espagne : Barcelone est reliée une fois par jour à Toulouse en 3 heures 02 et à Lyon en 4 heures 53, alors que Madrid n’est plus qu’à 7 heures 03 de Marseille. Ces « TGV des régions » montrent que la grande vitesse, malgré tout le mal que l’on en dit ces deniers temps, n’est pas réservée aux Parisiens. D’autant plus que si l’on ajoute les deux allers et retours Paris – Barcelone aux trois autres, Perpignan bénéficie chaque jour de cinq allers et retours avec Barcelone. Et pour répondre à des pics d’affluence saisonniers – plus d’un million de voyageurs sont attendus sur ces relations la première année –, la fréquence pourrait augmenter dès le printemps prochain, échéance à laquelle des Euroduplex doivent remplacer les TGV Duplex Dasye.Ces nouveaux services mettent enfin en évidence le chaînon manquant du réseau à grande vitesse européen qui, une fois achevé le contournement de Nîmes, subsistera entre Montpellier et Perpignan. Dans le contexte actuel, pourtant peu favorable aux lignes nouvelles, Frédéric Cuvillier a cherché à rassurer son auditoire à Perpignan lors de son discours inaugural en annonçant la poursuite des études sur la ligne nouvelle Montpellier – Perpignan, précisant qu’il avait « décidé » que cette ligne aurait un trafic mixte voyageurs-fret et serait dotée de gares de périphérie pour Béziers et Narbonne, voire Perpignan ultérieurement. Mais déjà, la première étape ne sera certainement pas pour tout de suite…En revanche, des gains de temps sont encore envisageables au sud de Perpignan, en particulier sur la LGV espagnole, conçue pour 350 km/h. N’oublions pas qu’il y a trois ans, la SNCF annonçait des Paris – Barcelone en 5 heures 35 « en 2012-2013 » !

    Patrick LAVAL
     
    TP Ferro n’est pas à la fête
    Sans TP Ferro et sa ligne nouvelle Perpignan – Figueras, pas de TGV France-Espagne ! Cette filiale à parts égales du groupe de BTP espagnol ACS et de son homologue français Eiffage est en effet le concessionnaire pour 53 ans de la ligne de 44 kilomètres traversant l’extrémité orientale des Pyrénées, via un tunnel de 8 kilomètres. Or cet acteur indispensable, qui devait devenir le PPP modèle du temps de son lancement, n’a pas été cité une seule fois lors du lancement de la nouvelle offre à grande vitesse. Et ses représentants ont brillé par leur absence lors des festivités.
    Il faut dire que le concessionnaire n’a guère de raisons de se réjouir : presque cinq ans après l’achèvement de sa ligne, livrée en février 2009, le trafic prévu n’est pas au rendez-vous. Les péages de cinq allers et retours par jour en TGV ou AVE, additionnés à ceux du trafic fret, dix fois moins élevé que prévu, rembourseront difficilement le milliard d’euros qu’a coûté la ligne franco-espagnole. Et pourtant, vu de la SNCF et de la Renfe, ces péages sont déjà très élevés : il se dit à la direction de SNCF Voyages que le voyageur ayant obtenu le tarif le plus bas sur Paris – Barcelone ne paye pas beaucoup plus que sa part du péage à TP Ferro !
    En attendant, ce dernier est en très mauvaise situation. Après l’aménagement d’un itinéraire à voie normale vers Barcelone sur ligne classique pour le fret et l’ouverture de la LGV de Barcelone à Figueras, début 2013, l’Espagne ne se considère plus responsable des problèmes dus aux retards du passé (à Figueras, jusqu’en décembre 2010, la ligne nouvelle ne menait nulle part). Donc, plus question de payer quelque 30 millions d’euros par an à TP Ferro, qui en contrepartie des retards avait également vu sa concession prorogée de trois ans.
    Côté français, en dépit des annonces rassurantes de Frédéric Cuvillier sur la poursuite des études de la ligne nouvelle mixte au nord de Perpignan, la prochaine décennie (et sans doute la suivante) peut être considérée comme perdue… Sans attendre une telle échéance (le gouvernement évoque la mi-2014 selon Le Monde), il faut trouver un plan de sauvetage pour TP Ferro. Il y a bien eu le précédent Eurotunnel, mais vu que le trafic envisagé sous les Pyrénées, rien que pour les trains à grande vitesse, est dix fois moins élevé que sous la Manche… P. L.
     
  • Suède : deuxième jeunesse pour le SJ 2000

    Suède : deuxième jeunesse pour le SJ 2000

    Face à la concurrence des nouveaux entrants, SJ, l’opérateur « historique » des chemins de fer suédois, va faire moderniser ses 36 trains pendulaires SJ 2000 pour 3,5 milliards de couronnes (400 millions d’euros).

    Plus connus sous leur ancienne appellation X 2000, ces trains qui relient à 200 km/h maximum les principales villes suédoises depuis 1990 bénéficieront de nouveaux équipements techniques et aménagements intérieurs. En particulier, un contrat de 1,4 milliard de couronnes (160 millions d’euros) a été signé le 16 janvier avec ABB pour les nouveaux systèmes électriques (convertisseurs, transformateurs de traction, chargeurs, systèmes de protection des trains et d’information des voyageurs). Selon SJ, cette rénovation devrait accroître la fiabilité des trains tout en permettant des économies d’énergie de l’ordre de 10 %.

    Les X 2000 ont été construits entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990 par ABB, qui venait de naître de la fusion entre le suédois Asea et le suisse Brown Boveri. Si l’ancienne activité matériel roulant d’ABB est aujourd’hui reprise par Bombardier, l’helvético-suédois continue de jouer un rôle important dans les systèmes électriques ferroviaires. En ce qui concerne le SJ 2000 rénové, la conception, l’ingénierie et la conduite de projet seront assurées par ABB Suisse à Turgi et Genève. Les principaux composants techniques seront également produits en Suisse, tandis que le montage des composants, la phase d’essai et la mise en service auront lieu chez ABB Suède. Montage et démontage seront effectués en Suède « avec un partenaire » indique ABB. Les premiers trains modernisés seront livrés en 2015. Au terme d’une phase d’essai et d’évaluation, les SJ 2000 rénovés devraient reprendre leur service entre 2016 et 2018… pour vingt ans de plus, au moins !

  • Turquie : la grande vitesse entre Istanbul et Ankara en février 2014

    Binali Yıldırım, le ministre des Transports du gouvernement turc, a annoncé dans un entretien donné le 18 novembre au Hürriyet Daily News, la mise en service dans le courant du mois de février 2014 de la ligne à grande vitesse de 576 km entre Istanbul et Ankara. Baptisée Yüksek Hizli Tren (YHT), cette LGV permettra de réduire le temps de parcours entre les deux villes de 6 heures 30 à 3 heures. La ligne a été conçue pour être connectée au tout nouveau tunnel de 13 km qui franchit le détroit du Bosphore depuis le 29 octobre dernier et qui relie le réseau turc au reste du réseau européen. Le matériel roulant, des HT65000 du constructeur espagnol Caf, affiche une vitesse maximale de 260 km. La signalisation ERTMS niveau 1 a été fournie par Thales.

  • Pays-Bas – Belgique : l’appellation Fyra disparaît

    Le changement d’horaire du 15 décembre sonnera la mort définitive de l’appellation Fyra, portée non seulement par les trains à grande vitesse Ansaldo qui auraient dû relier Amsterdam et Bruxelles, mais aussi par les trains néerlandais sur LGV (HSL Zuid) en service intérieur. A l’international, les trains intercités sont rétablis toutes les heures sur ligne classique entre les gares bruxelloises et La Haye, alors qu’à grande vitesse, 12 Thalys relieront Bruxelles-Midi et Amsterdam chaque jour, dont 9 au départ et à l’arrivée de Paris-Nord. En service intérieur entre Amsterdam et le sud des Pays-Bas, les trains Fyra sur LGV seront rebaptisés « Intercity Direct ». A l’occasion, les suppléments grande vitesse ne seront maintenus qu’entre l’aéroport de Schiphol et Rotterdam.

  • Lyon – Turin : percement d’une galerie de reconnaissance côté italien

    Le tunnelier, une énorme fraiseuse de plus de six mètres de diamètre, est entré en action le 12 novembre à Chiomonte, à une cinquantaine de km à l’ouest de Turin en Italie, pour percer une galerie de reconnaissance pour la future ligne à grande vitesse Lyon – Turin.
    L’opération a été organisée sous le sceau de la confidentialité « pour des raisons de sécurité », par crainte de manifestations contre ce chantier contesté et placé sous haute protection policière. Cette galerie doit permettre l’accès au chantier du tunnel proprement dit. Une fois ce dernier réalisé, elle servira pour la ventilation, l’entretien et comme issue de sécurité.
    Lancé en 2001, le projet a pris du retard et sa mise en service est désormais prévue en 2025-2026. Son coût total est estimé à 26 milliards d’euros, dont 8,5 milliards pour la partie transfrontalière. L’Europe doit financer 40 % de cette partie, soit 3,4 milliards, le reste étant pris en charge par l’Italie (2,9 milliards) et la France (2,2 milliards).

  • Chine : CSR Qingdao Sifang dévoile sa nouvelle rame à grande vitesse

    Chine : CSR Qingdao Sifang dévoile sa nouvelle rame à grande vitesse

    Le constructeur chinois CSR Qingdao Sifang a dévoilé le 6 novembre au public la première rame à grande vitesse sur les neuf commandées par l’exploitant des transports de Hongkong, MTR, au début de 2012. Basée sur le design de la CRH380A, elle pourra transporter 579 passagers. Sur sa carrosserie, un arc orange symbolise le dragon chinois. Ce nouveau matériel empruntera la ligne de 142 km de long qui, reliera en 48 minutes Hongkong à la gare grande vitesse de Shibi, à Canton, et de là à l’ensemble du réseau à grande vitesse chinois. Les rames rouleront à 200 km/h en territoire hongkongais, et à 350 km/h passée la frontière. La ligne Express Rail Link Hongkong – Shenzhen – Canton devrait ouvrir en 2015. Le tronçon de 102 km de LGV entre Shenzhen et Canton est achevé depuis décembre 2011.

  • Israël : lancement un projet de grande vitesse entre Tel Aviv et Eilat

    Une commission ministérielle d’Israël a approuvé le 6 octobre un projet de ligne ferroviaire à grande vitesse qui reliera Tel Aviv, la plus grande ville israélienne sur la côte méditerranéenne, à la ville touristique d’Eilat au bord de la mer Rouge, dans l’extrême sud du pays, selon l’agence Xinhua. La future ligne, qui s’étendra sur environ 400 km, permettra de desservir les deux villes en deux heures à la vitesse de 250 km/h. Il s’agira du plus grand et plus coûteux projet relatif au transport en Israël, avec un budget estimé à environ 30 milliards de shekels (soit 6,2 milliards d’euros). La ligne devrait être en service en 2020.

  • Ligne à grande vitesse Lyon – Turin : des travaux d’accès à l’ouvrage déclarés d’utilité publique

    Un décret publié au Journal officiel le 25 août a déclaré « d’utilité publique et urgents » des travaux destinés à créer un itinéraire d’accès côté français au chantier de la future ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon – Turin.
    Les travaux d’accès à l’ouvrage interviendront entre Colombier-Saugnieu (Rhône) et Chambéry (Savoie). Des aménagements localisés dans les communes savoyardes de Montmélian et Francin, et entre Avressieux et Saint-Jean-de-Maurienne seront également réalisés, précise le décret.
    Par conséquent, dans ces zones, les expropriations nécessaires devront être réalisées dans un délai de quinze ans maximum. « Le maître d’ouvrage devra, s’il y a lieu, remédier aux dommages causés aux exploitations agricoles », est-il précisé.
    Par ailleurs, les documents d’urbanisme d’un certain nombre de communes du Rhône, d’Isère et de Savoie ont été mis « en compatibilité » avec ce projet d’utilité publique, détaille le décret. Les maires de ces communes devront donc procéder « aux mesures de publicité prévues ».
    Cette publication a aussitôt été dénoncée par les opposants au projet, notamment par la Coordination des opposants au Lyon – Turin, qui estime dans un communiqué que ce décret est « un mauvais coup porté à la démocratie et aux finances publiques, au moment où l’on sait que ce projet est inutile, que rien ne le justifie, que le déficit public est toujours plus important, comme les efforts demandés aux contribuables ». Rappelons que la ligne à grande vitesse Lyon – Turin doit permettre de raccourcir le trajet Paris – Milan à un peu plus de 4 heures, contre 7 actuellement, grâce notamment au percement d’un tunnel sous les Alpes.

  • La catastrophe en Galice interroge la grande vitesse espagnole

    La catastrophe en Galice interroge la grande vitesse espagnole

    En effet, l’accident est dû à une vitesse excessive (190km/h selon les premières informations), mais la cause exacte reste à définir : défaillance du conducteur de ce train Madrid – A Coruna/Ferrol et/ou mauvais fonctionnement de la signalisation, voire ennuis sur l’automotrice en cause, concernant le système de freinage?
    La catastrophe s’est produite en fin d’une ligne à grande vitesse neuve avec du matériel tout récent : longue de 88 km, Ourense – Santiago a été mise en service le 10 décembre 2011, et le train qui a déraillé était une rame articulée Talgo S-730.12 (ou HSP 250), à motorisation Bombardier, un train hybride, à la fois électrique et diesel, tout juste sorti des usines du constructeur ibérique.
    Les enquêtes en cours diront si, comme l’a déclaré le conducteur, « le convoi a échappé au contrôle » ou/et si la signalisation n’a pas bien fonctionné. Une précision d’importance puisque le déraillement est survenu en bout de ligne, à l’approche de Santiago, où le convoi quittait donc une section où la vitesse maximum possible est de 250 km/h, pour aborder une courbe limitée à 80 km/h, et une voie classique aménagée. Alors aussi qu’on passait du système de signalisation ERTMS 2, pour basculer sur les système espagnol Asfa (considéré comme ERTMS de niveau 1).La justice devait entendre le conducteur du train ce vendredi, qui a reconnu, selon les titres de la presse espagnole ce vendredi : « J’ai merdé ».
    Cette catastrophe survient dans la région natale de Mariano Rajoy, président du conseil des ministres espagnol, laquelle est aussi celle de sa ministre des Transports, Ana Pastor. Et, il a lieu au moment où le pays met en œuvre un éclatement de Renfe le 31 juillet prochain.