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Étiquette : Grande vitesse
Nordic Rail 2009 : les Suédois attendent leur train à grande vitesse
Avec 4 282 visiteurs professionnels en trois jours et 257 stands installés dans les halls du parc des expositions d’Elmia, à Jönköping (Suède), le salon ferroviaire biennal Nordic Rail marque le pas par rapport aux sept éditions précédentes. En effet, alors que le nombre de stands progressait de 9 %, les visiteurs ont été 12 % moins nombreux qu’en 2007. La crise actuelle n’est pas seule en cause, les conditions d’accueil étant passablement dégradées cette année pour cause de travaux, avec des surfaces d’expositions réduites et peu de présentations en extérieur. Cette année, le seul « vrai » matériel roulant présenté (en gare de Jönköping) était la nouvelle version de l’autorail Itino de Bombardier, équipée d’un power-pack Diesel Clean satisfaisant déjà aux prochaines normes d’émission, alors qu’Alstom avait déplacé une maquette à l’échelle 1 du tramway Citadis de Reims. Nordic Rail, ce sont une exposition et des conférences. Côté exposition, le marché visé est celui des pays nordiques, qui compte et attire de nombreux équipementiers et où les principaux groupes internationaux fournisseurs de matériel roulant, de signalisation et de services sont présents. Mais les exposants ne sont pas uniquement des industriels : bureaux d’études et laboratoires de recherche au sein des principaux établissements d’enseignement supérieur suédois sont très présents, de même que les différents projets d’infrastructure en cours de réalisation ou à des stades moins avancés. Enfin, syndicats et associations professionnelles – mais aussi amis des chemins de fer – étaient également venus des quatre coins de la Suède. En revanche, qu’il s’agisse de fret ou de voyageurs, les opérateurs ferroviaires étaient pratiquement absents cette année comme exposants. Toutefois, on les retrouvait au nombre des visiteurs, à côté des commerciaux, techniciens et chefs d’autres entreprises du secteur ou des élus et autres décideurs. Car, à Nordic Rail, on ne vient pas uniquement pour les stands : il s’agit d’une occasion unique pour nouer des contacts, voire faire connaissance avec un nouveau marché. Ainsi, parmi la vingtaine de pays représentés, la France a fait une apparition remarquée, ses couleurs étant portées par le stand Ubifrance, qui rassemblait 9 des 16 entreprises françaises présentes – sans compter Alstom ou Faiveley, représentés par leurs filiales suédoises. Du jamais vu à Elmia où, outre les exposants nordiques, Allemands, Britanniques, Italiens et Suisses sont présents de longue date. A l’heure où la Suède s’intéresse au tramway et à quelques mois d’une possible décision en faveur du lancement d’une ligne à grande vitesse entre les trois principales villes du pays, l’expérience française peut s’avérer précieuse. Et de la grande vitesse, il en a beaucoup été question au cours des quelque 150 conférences et tables-rondes du programme. Le « séminaire principal » qui s’est tenu pendant tout l’après-midi du 7 octobre était d’ailleurs consacré à ce sujet « chaud » en Suède ces derniers mois : après une série d’exposés esquissant une « perspective internationale », une table-ronde intitulée « Perspective nordique » a réuni les gestionnaires d’infrastructure et les principaux opérateurs ferroviaires scandinaves, ainsi que les présidents d’Alstom et de Bombardier en Suède. Dans ces pays où la population est limitée, la construction de lignes nouvelles n’est pas uniquement motivée par l’accélération des trains de voyageurs ; elle pourrait être dictée par la saturation du réseau classique par les trains de fret ! Le fret et l’intermodalité faisaient particulièrement l’objet de l’exposition-conférence Elmia Future Transport qui se tenait pour la deuxième fois parallèlement à Nordic Rail. A l’occasion, un prix a été remis à l’exploitant de trains régionaux Öresundståg dans la catégorie « gestion du voyage » et au port de Göteborg pour le « fret intermodal ». Grande vitesse ou non, l’industrie ferroviaire suédoise, qui emploie environ 20 000 personnes, est en croissance. C’est ainsi que Nordic Rail a donné à ce secteur l’occasion de lancer une grande campagne de recrutement concernant « 1 500 postes à pourvoir chaque année » : en Suède aussi, le ferroviaire est un secteur d’avenir !
Patrick LAVAL
Eurotunnel intéressé par High Speed One
Eurotunnel, l’exploitant du tunnel sous la Manche, est candidat à l’achat de High Speed One, la ligne à grande vitesse reliant le tunnel à Londres, que le gouvernement britannique entend privatiser. « Il y a une logique à notre candidature pour trois raisons. Cette ligne est le prolongement naturel du tunnel vers Londres, nos compétences en matière de gestion et d’entretien d’une infrastructure ne sont plus à prouver et cela facilitera le développement du trafic vers la Grande-Bretagne », a expliqué Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel à Ville, Rail & Transports. « Cela se fera probablement en partenariat avec d’autres, mais attendons les précisions du gouvernement britannique sur le processus. » Le gouvernement britannique n’a pas indiqué quand, ni pour combien il comptait vendre High Speed One, mais il a annoncé le 12 octobre sa privatisation prochaine.
Protocole daccord Chine Russie pour la grande vitesse
Mardi 13 octobre, dans le cadre d’une rencontre à Pékin entre les chefs de gouvernement russe et chinois, le président des Chemins de fer de Russie (RZD) Vladimir Iakounine et le ministre chinois des Chemins de fer Liu Zhijun ont signé un protocole d’accord dans le domaine de l’organisation et du développement du transport ferroviaire à grande et très grande vitesse sur le territoire de la Fédération de Russie. Le mémorandum concerne la coopération dans le domaine de la reconstruction des chemins de fer existants et dans la construction de grandes lignes ferroviaires à grande et très grande vitesse. Un groupe de travail sera mis en place avant le 1er décembre 2009.
Consultation pour la branche Sud de la LGV Rhin-Rhône
Le 8 octobre, le préfet de la région Franche-Comté, Jacques Barthélémy, a lancé à Besançon la phase de consultation de la branche sud de la LGV Rhin-Rhône qui reliera la branche est Mulhouse – Dijon à l’agglomération lyonnaise. « Cette branche se fera bien, tout simplement parce qu’elle est inscrite dans la loi », a-t-il précisé. Longue de 150 km, cette branche sud sera mise en service entre 2020 et 2025, avec un début des travaux prévu pour 2015. Coût de l’opération : environ 3 milliards d’euros. Sept variantes de tracés sont proposées à la consultation. Il faut aujourd’hui 4h45 pour relier Strasbourg à Lyon, en décembre 2011, avec la première tranche de la branche est (de Villers-les-Pots à Petit-Croix), il faudra 3h25, et à l’achèvement de la branche sud, la durée du trajet passera à 2h18.
Du soleil pour les trains à grande vitesse américains
Source inépuisable d’énergie, le soleil pourrait s’inviter dans les projets de trains à grande vitesse outre-Atlantique. Conçu par Solar Bullet LLC, un dispositif d’alimentation des trains en énergie électrique d’origine solaire en est à ses premiers stades de développement. Cette technologie, qui met en œuvre une fabrication modulaire issue de l’aérospatiale, se présente sous la forme de panneaux solaires posés au-dessus des voies ferrées, produisant l’énergie instantanée nécessaire aux trains. Avantage sur tous les autres projets de véhicules solaires (voitures, avions, bateaux), dont le captage et le stockage d’énergie sont embarqués : le dispositif fait ici partie des installations fixes ! Destiné en priorité aux régions où la densité d’énergie solaire reçue au sol est la plus forte, comme le sud-ouest des Etats-Unis, ce dispositif vise l’axe Phœnix – Tucson – soit 185 km à parcourir en 30 mn par « des trains à 220 mph », soit plus de 350 km/h –, avec des prolongements envisageables vers Las Vegas et Los Angeles. A quel prix ? Pour Solar Bullet, « l’objectif est de 20 à 40 millions de dollars par mile », soit 8,5 à 17 millions d’euros par km.
Les villes moyennes doivent-elles rêver de TGV ?
Vingt pour cent de la population vivent dans une ville moyenne. Au carrefour des métropoles et de l’espace rural, ces aires urbaines de 20 000 à 200 000 habitants se sentent parfois les oubliées de l’aménagement du territoire. Le 11 septembre, elles tenaient leur première Rencontre nationale au Puy-en-Velay sur le thème des transports et de l’accessibilité. L’occasion de rendre compte de l’expérimentation lancée en mars 2007 par la Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact) autour de 20 villes moyennes témoins. Il s’agissait d’identifier des actions d’aménagement du territoire dans quatre domaines, dont les transports et l’accessibilité, thème qui a été choisi au Puy, à Montauban, ainsi qu’à Brive et à Tulle. D’emblée, le maire du Puy-en-Velay, Laurent Wauquiez, également secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi, a souligné l’importance de la « logique interrégionale » qui devrait guider tous les projets. Sans cette coopération, en effet, c’est souvent à une dégradation des conditions de transport que les villes assistent. Ainsi, un trajet Le Puy – Paris qui se faisait autrefois en 4 heures 20 demande aujourd’hui 4 heures 50. Autre exemple : la mise en place du cadencement en Rhône-Alpes a eu des conséquences fâcheuses sur la qualité des dessertes pour les Auvergnats voisins, a déploré René Souchon, président de la région Auvergne. Les élus constatent ainsi qu’il faut renforcer l’interrégionalité sur l’axe Le Puy – Saint-Etienne – Lyon. Laurent Wauquiez avance pour sa part une proposition pour « placer la Haute-Loire à moins de 4 heures de la capitale sans gros investissement » : créer une nouvelle gare TGV à Firminy. Une telle configuration éviterait en effet la traversée stéphanoise pour rejoindre la gare de Saint-Etienne et prendre un TGV. Invité de la journée, Guillaume Pepy a immédiatement prévenu : accessibilité du territoire ne veut pas systématiquement dire TGV. « Le TGV n’est pas la panacée. Il ne faut pas s’engager dans l’idée qu’il y a un droit au TGV », a-t-il insisté. Reconnaissant qu’on a laissé dériver le réseau classique et les liaisons Corail Intercités pendant de nombreuses années « avec de vieux trains, des horaires inadaptés et en perdant beaucoup d’argent », le président de la SNCF lance l’idée de « contrats de service public des liaisons interrégionales » qui formaliseraient le bon niveau de desserte pour telle ou telle ville moyenne. Reste bien sûr le financement à trouver pour ces améliorations. Venu conclure la journée, le ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, Michel Mercier, a évoqué une piste : « Que l’économie réalisée par la SNCF du fait de la suppression de la taxe professionnelle soit réutilisée pour moderniser et développer les lignes Intercités. » Commentaire de Guillaume Pepy : « Bonne idée ! »
Cécile NANGERONI
Collaboration interrégionale dans les transports
La Lorraine et la Franche-Comté ont signé le 18 septembre dernier une charte de collaboration dans plusieurs domaines, dont celui des transports, qui a fait l’objet d’engagements communs sur différents points. La Lorraine soutient la réalisation de la branche sud de la LGV Rhin-Rhône (Dijon – Lyon), en appui de la réalisation de la branche est (Dijon – Mulhouse). De son côté, la Franche-Comté s’engage à associer la Lorraine aux prochains comités de pilotage de la LGV Rhin-Rhône. Les deux régions souhaitent par ailleurs associer leurs réflexions sur l’électrification et le temps de parcours sur la ligne Epinal – Belfort. Il est d’ailleurs question que la ligne soit raccordée à la LGV Rhin-Rhône. Enfin, en matière de transports collectifs, les deux régions souhaitent mettre en place des navettes pour réduire les nuisances des véhicules. Cette navette, jusqu’alors expérimentale, a rencontré un grand succès cet été. Il s’agira donc d’étendre son réseau et de pérenniser le système.
Le projet de TGV Montréal – New York de nouveau dactualité
Le Premier ministre du Québec Jean Charest aurait l’intention de relancer le projet d’un train à grande vitesse entre Montréal et New York. Il s’est montré optimiste après une rencontre avec le gouverneur David Patterson, de l’Etat de New York, lors d’une conférence sur le changement climatique, début octobre. Il s’agit d’un ancien et coûteux projet – son développement coûterait près de 4 milliards de dollars, soit 2,7 milliards d’euros. Selon le Québec, le plan de relance économique du président Barack Obama est favorable pour entreprendre ce genre de projet : le gouvernement américain souhaite mettre près de 800 milliards de dollars (547 milliards d’euros) d’investissements anticipés dans les infrastructures. Un service de train rapide à 240 km/h entre les deux villes ferait passer la durée du trajet de 10 heures 15 à 4 heures 5. Selon les estimations, ce type de service pourrait capter de 500 000 à 700 000 nouveaux voyageurs sur le marché New York – Montréal.
Les passagers du TERGV vers Boulogne pourront voyager assis
Mis en place 2000, les TERGV (trajets de TER effectués avec des TGV) de la région Nord-Pas-de-Calais sont victimes de leur succès. Dans certains TERGV, la moitié des passagers voyagent debout tant l’affluence est importante. C’est notamment le cas du train au départ de Lille à 17h21 vers Calais et Boulogne. Il transporte en moyenne 403 personnes du lundi au jeudi et plus de 600 le vendredi (pour 345 places assises). Depuis début septembre, le vendredi dans un premier temps, une rame supplémentaire augmente la capacité à 690 places assises. Le renforcement du TERGV du vendredi coûtera 99 000 euros de plus au conseil régional d’ici à la fin de l’année.
Le nouveau statut dEurostar fait grogner le personnel français
Les syndicats de cheminots ont fait état, mi-septembre, du mécontentement du personnel français d’Eurostar, à l’annonce de son changement de statut au 1er janvier prochain. Coentreprise gérée par la SNCF, EUKL (filiale de London & Continental Railway) et les chemins de fers belges, Eurostar va devenir une « entreprise ferroviaire de plein exercice ». La SNCF, actionnaire majoritaire, en prendra le contrôle effectif.
Selon la CFDT-Fgaac, la SNCF en appelle au volontariat des agents pour être détachés auprès d’Eurostar, mais « le service est mal défini et les rémunérations seraient en baisse. Des personnels vont également être écartés de l’Eurostar, puisqu’ils travaillent pour Eurostar et Thalys par exemple. Demain, Eurostar pourra aussi employer du personnel non-SNCF ».