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Étiquette : Italie
Lyon – Turin : la LGV générerait 14 milliards d’euros de richesse
La ligne à grande vitesse Lyon – Turin, contestée en Italie, produira de la richesse pour 12 à 14 milliards d’euros sur 50 ans, en particulier en réduisant les accidents routiers et les émissions polluantes, ont argué les défenseurs du projet le 26 avril. Ils s’appuient sur une étude « coûts-bénéfices » élaborée sous la houlette du commissaire spécial du gouvernement italien pour la ligne TAV.
La liaison, prévue en 2023, doit diminuer de moitié le trajet Lyon – Turin qui se fera en deux heures et mettra Paris à un peu plus de 4 heures de Milan. Selon l’étude, elle devrait drainer en 2035 environ 55 % (contre 26 % actuellement) du trafic de marchandises en évitant 700 000 camions annuels. Et 4,5 millions de voyageurs, dont 1,1 million d’anciens usagers de la route ou de l’avion.Italie : le difficile train-train quotidien des usagers du rail
Train-boulot-dodo ou métro-boulot-dodo : 2,83 millions d’Italiens connaissent cette formule par cœur, selon le dernier rapport de l’association écologiste Legambiente, consacré aux pendulaires. Depuis 2009, leur nombre a augmenté de 7,8 %. Mais le service n’a pas forcément suivi : avec 595,7 km de lignes de trains périurbains (contre 2 033 km en Allemagne) et seulement 176 km de métro (contre plus de 618 en Allemagne), le service ferroviaire italien, un des plus faibles d’Europe, est montré du doigt par les écologistes, qui s’inquiètent à l’heure où des coupes dans les budgets des collectivités locales, suite à plusieurs plans d’austérité, risquent encore d’aggraver la situation. Ces dix dernières années, 72,1 % des investissements pour les transports ont été consacrés aux autoroutes, regrette Legambiente. L’Italie est par ailleurs la plus mauvaise élève d’Europe en ce qui concerne la vitesse de ses trains régionaux qui roulent à seulement 35,5 km/h en moyenne contre 51,4 km/h en Espagne ou 46,6 km/h en France.
Une nouvelle gare pour les trains à grande vitesse à Rome
Le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, a inauguré le 28 novembre à Rome une nouvelle gare à l’est de la capitale. La gare de la Tiburtina doit devenir le premier « hub » international pour les trains à grande vitesse. Ses capacités s’ajoutent à celles de la station Termini, la principale gare ferroviaire du centre-ville. La nouvelle gare, reliée par le métro et des bus au centre de la ville et à l’aéroport de Fiumicio, s’inscrit aussi dans un projet urbanistique avec un pont de verre qui relie deux quartiers populaires de la capitale, Nomentano et Pietralata, jusqu’ici séparés par les rails. D’un coût d’environ 170 millions d’euros, elle sera complètement opérationnelle dans un délai d’un an et pourra accueillir chaque jour près de 470 trains et 140 000 passagers.

Europorte et Trenitalia ensemble sur une liaison France – Italie
Europorte, la filiale de fret d’Eurotunnel, et Trenitalia, premier opérateur ferroviaire italien, ont conclu un accord pour assurer du transport de marchandises entre la France et l’Italie. « Europorte assure la collecte de céréales dans une trentaine de silos en Bourgogne, puis leur transport vers le Sud-Est pour le compte du logisticien TMF. La connexion avec Trenitalia se fait à Ambérieu (Ain) jusqu’à Modane, avant de desservir plusieurs destinations en Italie », explique la filiale du gestionnaire du tunnel sous la Manche dans un communiqué du 7 septembre. Cinq allers-retours par semaine sont prévus, représentant un tonnage de 450 000 t/an. Ce qui devrait permettre d’éviter environ 30 000 camions sur les routes annuellement.
Lyon – Turin : vers des travaux en deux temps
La commission intergouvernementale (CIG) italo-française a approuvé le phasage des travaux de la liaison Lyon – Turin, lors d’une réunion à Rome le 6 juillet. Cette décision laisse présager une réalisation du chantier en deux temps : primo, la construction du tunnel de base sous les Alpes ainsi que la réalisation de la nouvelle gare de Suse. Secundo, la réalisation de la Ligne Suse – Turin. Entre les deux phases de chantier, l’Italie, qui veut échelonner les investissements, se contenterait de raccorder la ligne sortant du tunnel à une ligne historique jusqu’à Turin. Lors de cette réunion, la CIG a aussi évoqué les négociations entre les deux pays à propos de l’avenant au traité fondateur. Une signature doit avoir lieu rapidement pour ne pas perdre des financements européens.
E. K.

LGV Lyon – Turin : un chantier pris d’assaut au Val de Suse
Au moins 76 policiers et carabiniers et une quinzaine de manifestants ont été blessés lors de l’assaut lancé le 3 juillet par des opposants à un chantier du tunnel de la ligne à grande vitesse Lyon – Turin dans le Val de Suse (nord de l’Italie), selon un bilan des autorités italiennes. Cocktails molotov, pierres, bouteilles remplies d’ammoniaque ont été lancés sur les forces de l’ordre qui ont répliqué. Des échauffourées avaient déjà eu lieu le 27 juin. Rappelons que la France et l’Italie ont signé en 2001 un accord pour la construction de la ligne à grande vitesse Lyon – Turin, jugée stratégique pour le réseau européen. Elle doit raccourcir le trajet entre Paris et Milan à 4 heures contre 7 actuellement, mais elle suscite une forte opposition dans le Val de Suse. Le gouvernement italien a déclaré qu’il ne cédera pas face aux violences et que le chantier sera poursuivi. Son coût total est estimé à plus de 15 milliards d’euros, dont une partie financée par l’Union européenne.
Le marché du métro 4 de Milan attribué
Un consortium italien emmené par les constructeurs Impregilo et Astaldi a remporté un marché estimé à 1,7 milliard d’euros pour construire puis gérer la ligne 4 du métro de Milan. Cette nouvelle ligne, qui sera entièrement automatique et sans conducteur, s’étendra sur 15,2 km entre Linate (un des aéroports milanais) et Lorenteggio. Le projet prévoit la construction de deux galeries, une par sens de marche, ainsi que de 21 stations et d’un dépôt. Outre Impregilo et Astaldi, le consortium vainqueur comprend le gestionnaire du réseau de transports milanais ATM, le spécialiste des systèmes de signalisation ferroviaire Ansaldo STS et le constructeur AnsaldoBreda (deux filiales du groupe Finmeccanica) ainsi que le spécialiste des câbles Sirti.
Lyon – Turin : maintenant ou jamais ?
Encore une fois, la LGV Lyon – Turin joue avec le feu. Malgré les menaces de l’Europe, le chantier de la galerie de reconnaissance de la Maddalena (7,5 km, 143 millions d’euros) n’avait toujours pas commencé à l’heure de notre bouclage. Début juin, Siim Kallas, le commissaire européen en charge des transports, a pourtant fait savoir qu’il donnait jusqu’à la fin du mois à la France et l’Italie pour honorer leurs engagements pris en mars. S’ils ne veulent pas perdre 9 millions d’euros de financements européens, les deux pays doivent signer l’avenant au traité fondateur de la partie transfrontalière, approuver le projet préliminaire de la portion italienne de la partie transfrontalière et lancer les premiers travaux dans la Botte, ceux de la galerie de reconnaissance de la Maddalena. Si ces engagements ne sont pas respectés, des fonds seront supprimés « et peut-être tout le projet », s’est alarmé le quotidien turinois La Stampa. Depuis plusieurs semaines, les manifestations d’opposants au projet se sont multipliées sur le site de la Maddalena. Cette mobilisation inquiète, alors qu’en 2005 des manifestations avaient conduit à l’annulation du chantier et à l’élaboration d’un nouveau tracé. A ce problème, s’ajoute le fait que – selon la presse italienne – la Botte réclame désormais une répartition des coûts 50-50 pour la partie transfrontalière (pour l’instant, elle devait être financée à 30 % par l’UE, le reste étant divisé ainsi : 63 % Italie, 37 % France). La signature de l’avenant au traité pourrait donc être retardée par des tractations.
Saipem construira la LGV Treviglio – Brescia
L’ingénieriste italien Saipem (filiale du géant pétrolier ENI) va construire une ligne ferroviaire à grande vitesse et à grande capacité entre Treviglio et Brescia, en Lombardie. Ce marché de plus de 700 millions d’euros a été attribué par le gestionnaire du réseau Rete Ferroviaria Italiana (groupe FS) au consortium Cepav Due, détenu par Saipem à 52 % et qui rassemble également les constructeurs italiens Pizzarotti, Condotte et Maltauro. Il prévoit la réalisation de 39 km de LGV et de 12 km d’interconnexion avec la ligne existante. Saipem, dont l’activité principale est l’exploration et l’ingénierie pétrolière, a déjà réalisé, à travers le consortium Cepav Uno, la LGV Milan – Bologne, en service depuis décembre 2008.

Fret : un nouveau trafic via le Mont-Cenis
SNCF Geodis produit depuis mars 2011 un trafic de poutrelles d’acier entre le site Lucchini de Fiorentina di Piombino (Italie) et l’usine AscoMetal du Cheylas (France). Deux fois par semaine, des convois de 1 150 t transitent par le tunnel du Mont-Cenis, la traction étant assurée en 36300 de Fiorentina à Saint-Jean-de-Maurienne et en 75000 au-delà. Normalement, les convois sont tracés directement, via le raccordement de Montmélian, vers l’EP du Cheylas situé sur la ligne Montmélian – Grenoble. Dans la pratique, il n’est néanmoins pas rare que les trains soient amenés à transiter par Chambéry. Le lancement de ce nouveau trafic constitue une sorte de consolation pour SNCF Geodis, qui a dû céder fin 2010 la desserte Ambrogio à Trenitalia en Italie et à ECR en France : « pour des raisons de tarifs et de fiabilité, consécutivement aux grèves », admet Philippe Bihouix de la direction Internationale du pôle Transports ferroviaires de marchandises de SNCF Geodis. Récemment, l’opérateur a décidé de confier « au moins pendant quelques mois » etd’entente avec Hupac la traction du trafic du combiné Busto Arsizio – Barcelone à Trenitalia sur son parcours italien. Cette desserte reste sous la maîtrise commerciale de SNCF Geodis mais est assurée de Busto à Modane par un tiers, pour des questions de robustesse technique. En effet, Captrain Italy, qui continue à se développer, peine encore à maîtriser sa croissance et à garantir une production suffisamment solide en toutes circonstances. Ce recentrage passager ne veut pas dire que SNCF Geodis « laisse la main » à Trenitalia qui est en train de se renforcer sensiblement en Maurienne, mais correspond au souci de rendre le meilleur service possible à son client. Du reste, Philippe Bihouix confirme l’ambition du groupe SNCF Geodis de garder l’initiative en Italie, via le Mont-Cenis où les volumes des trafics de céréales, métallurgie et automobiles progressent – de nouveaux trains apparaîtront en juillet et décembre 2011 – et via la Suisse. Après le trafic Scandfibre dont les résultats sont bons, Captrain Italy pourrait être impliqué par la reprise ou le lancement de trafics du combiné.
Sylvain MEILLASSON