Votre panier est actuellement vide !
Étiquette : Ville
Toulouse confirme ses engagements
Les Assises de la Mobilité sont passées par là… Dans la foulée de l’élection de la gauche à la mairie de Toulouse après 37 ans de droite au pouvoir et de la nomination d’un écologiste à la tête de l’autorité organisatrice des transports, se sont tenues en mai et juin dernier des dizaines de rencontres destinées à écouter les citoyens parler des transports. 5 000 propositions en ont émané. « Si je devais résumer les attentes analysées à la suite de ces Assises, ce serait “plus”, a indiqué Stéphane Coppey, président de Tisséo lors de sa conférence de presse de rentrée. Plus de métros, plus de bus, plus de tramways, plus de fréquences, plus de tarifs préférentiels. » Les nouveautés sont donc le résultat de cette écoute démocratique et de la prise de contrôle d’une nouvelle équipe ambitieuse en matière de mobilité.
Plus de métros le soir
A partir de cette rentrée, les toulousains auront plus de métros en soirée. Les vendredis, samedis et dimanches, la fréquence des rames de métro passera de 7 à 4 mn de 20h à 1h (minuit le dimanche). Le dernier métro partira à 1h du matin les vendredis et samedis (et prochainement aussi les jours de semaine). Pour tenir compte d’une demande spécifique formulée par les étudiants qui rentrent en masse le dimanche soir de la gare Matabiau, la fréquence des rames du métro ligne A passe à 2 min 30 entre 18h45 et 20h45.Créations de lignes de bus
Une nouvelle ligne voit le jour entre la station de métro Université Paul-Sabatier et l’hôpital de Rangueil. Une réflexion est en cours pour desservir l’hôpital Larrey et le cœur de l’université. Les services de Tisséo discutent aussi avec l’université autour du projet de LMSE (liaison multimodale sud-est), une voie nouvelle avec site propre bus, mise en attente pour cause de projet incompatible avec des soucis écologiques. Une autre ligne nouvelle connecte la zone aéroportuaire avec le centre de Blagnac toutes les 15 min en heure de pointe. La demande insistante de connexion de l’aéroport avec le métro recevra une réponse ultérieurement. « Nous devons attendre la fin de la délégation de service public de la desserte de l’aéroport à Veolia au 31 décembre 2009 », explique Stéphane Coppey. Cette demande sera sans doute traitée avec le projet de création de lignes express qui pourraient emprunter une voie dédiée sur le périphérique. « Nous sommes en discussion avec ASF pour étudier la possibilité de réduire la largeur des voies et d’utiliser une bande d’arrêt d’urgence élargie, avec une réduction de vitesse », détaille l’élu. Deux autres lignes de proximité apparaissent dans le nord et dans le sud de la ville.Un nouveau TAD
Tisséo lance un transport à la demande (TAD) à partir de la gare de Colomiers, ville aéronautique à l’ouest de l’agglomération, sur le même modèle que celui de Balma, au nord-est, dont Stéphane Coppey est l’un des initiateurs et qui est un grand succès (1 000 passagers/jour). De 6h à 21h du lundi au samedi, une navette partira toutes les demi-heures de la gare TER de Colomiers pour amener ses passagers où ils veulent dans Colomiers et les communes voisines de Cornebarrieu, Aussonne et Mondonville. Dans l’autre sens, les passagers devront appeler deux heures à l’avance. Ce service à la demande remplace la ligne de bus 18 Blagnac-Colomiers, dont la fréquence était insuffisante.La première ligne « Tempo » à régularité garantie
C’est un des objectifs de la mandature Coppey : créer des lignes de bus à haut niveau de service, bénéficiant d’une fréquence et d’une régularité garantie, avec très prochainement une priorité aux feux et l’affichage des horaires de passage aux arrêts. La première ligne de ce type baptisée « Tempo » est la ligne 27, reliant le lycée Toulouse-Lautrec à Rangueil, soit le nord-ouest au sud-est de Toulouse. Dix minutes d’attente maximum garanties en semaine, 25 minutes le samedi et les vacances. Deux autres lignes Tempo suivront à partir de janvier 2009.Une nouvelle organisation
La gestion en régie des transports dans l’agglomération toulousaine a été mise en place en janvier 2006, sous la présidence de l’ancien maire UMP de Toulouse, mais sous la pression de la gauche. Stéphane Coppey, l’actuel président Vert de Tisséo, en a été un défenseur de la première heure. Cette rentrée a été l’occasion pour lui de réorganiser Tisséo de manière à fondre la régie urbaine et l’autorité organisatrice en une seule entité. Le nouveau directeur s’appelle Olivier Delcourt. C’est l’ancien directeur général du Sicoval, une des communautés d’agglomération membres de Tisséo. Travailleront sous sa direction, avec du personnel originaire de Tisséo, de la régie, ou mixant des salariés des deux entités, cinq directions déléguées : aux ressources (humaines, financières…), aux grands travaux, au développement de la mobilité et des transports publics, à l’exploitation et aux bus, et enfin au métro et à la sûreté.De nouveaux tarifs pour les jeunes et les familles
Tisséo fait des efforts tarifaires en direction des jeunes et des familles. Un premier pas dans une démarche plus globale. « Une des priorités de Tisséo est d’engager une véritable réflexion sur la tarification des transports en commun, en vue de faire de la politique tarifaire un des leviers d’incitation à l’usage des transports en commun et des modes doux », a souligné Stéphane Coppey. L’abonnement Jeunes à 22 euros par mois (contre 37 euros pour le tarif plein), jusque-là réservé aux 16-25 ans, est étendu aux 4-15 ans. Pour les familles et les petits groupes, Tisséo lance le « ticket Tribu » qui offrira 12 déplacements dans une journée à 2 à 6 personnes au prix 4,20 euros. Les 20, 21 et 22 septembre, lors des journées du Patrimoine et de la semaine européenne de la Mobilité, ce ticket sera lancé au prix promotionnel de 1 euros. Stéphane Coppey a indiqué que ses équipes planchaient aussi sur une carte permettant de calculer automatiquement à la fin du mois le meilleur tarif pour le client selon ses déplacements. Quant à la gratuité des transports pour les jeunes promise par le maire de Toulouse, estimée entre 12 et 20 millions d’euros, le président de Tisséo a précisé que son coût devait être assumé par la collectivité souhaitant la mettre en place…Plus d’intermodalité
L’intermodalité est un des axes de la nouvelle politique de Tisséo. Pour favoriser l’intermodalité avec le vélo, des parcs de stationnement sécurisés et gratuits ouvriront à l’automne aux abords de deux stations de métro. Sur le modèle de la Maison de la Mobilité de Labège, un réseau d’une quinzaine d’agences de la mobilité couvrira bientôt l’ensemble du territoire du périmètre des transports urbains. Elles proposeront des conseils et des services en alternative au véhicule individuel (vente de titres de transport, fabrication de cartes d’abonnements, conseils sur la mobilité multimodale, covoiturage, autopartage…) et sensibiliseront les employeurs via les plans de déplacement entreprises. Enfin, un ticket unique commun aux différentes autorités organisatrices (Tisséo, département et région) est annoncé pour le printemps 2009 pour les abonnés de la carte Pastel.A plus long terme
Tisséo envisage de développer encore les transports urbains avec des projets ambitieux dans les années à venir : déploiement d’un système d’information en temps réel des voyageurs d’ici 2010, prolongement de la ligne E du tramway, augmentation du nombre de navettes et TAD… La hausse importante de la participation des collectivités au budget de Tisséo et le passage du Grand Toulouse en communauté urbaine au premier janvier 2009 devra faciliter également la réalisation des projets lourds qui seront programmés dans le nouveau Plan de Déplacements Urbains en cours d’élaboration.
Catherine STERN
Marseille : le tram voit le bout du tunnel
La mise en service du dernier tronçon d’environ 900 m entre l’arrêt Eugène-Pierre et Noailles devrait avoir lieu le 21 septembre. « Je préfère prendre le temps de faire les essais nécessaires avant l’ouverture commerciale. Nous sommes dans un tunnel, dans une configuration plus proche du ferroviaire et cela nécessite de prendre encore plus de précautions que sur le réseau en surface », estime Josiane Beaud, directrice générale de la RTM (Régie des transports de Marseille). Ce tunnel de 700 m datant de la fin du xixe siècle et qu’empruntait le tramway 68 jusqu’en 2004 a dû être entièrement rénové. Les travaux auront coûté 15 millions d’euros. Il n’offre toutefois qu’une seule voie. Mais malgré les difficultés d’exploitation et les exigences de sécurité, les fréquences de passage, de l’ordre de 5 min au moins, ne devraient pas ralentir les cadences actuelles. La restructuration globale du réseau marseillais n’interviendra qu’à l’automne 2009, avec le prolongement de la ligne 1 du métro et de la ligne 2 du tramway. De plus, la RTM met actuellement au point l’interface des bus avec les TER en provenance d’Aix-en-Provence. Fermée pendant 2 ans pour des travaux de modernisation, la ligne Aix-Marseille sera remise en service le 14 décembre. En attendant, l’été aura été particulièrement ensoleillé pour les transports marseillais avec une augmentation globale de la fréquentation de 5 %. Les « lignes des plages » ont été particulièrement prisées : +18 % sur celles du nord, selon la RTM, et +10 % sur celles du sud. Les dessertes d’été au nord de la ville sont d’ailleurs maintenues en septembre. « Avec un tel succès sur les plages nous devons nous interroger pour savoir si on n’a pas intérêt à mettre des navettes vers les plages plutôt qu’utiliser les lignes régulières, note Josiane Beaud. Nous aurons peut-être intérêt aussi à nous interroger sur un certain nombre de services, en renforcer certains et en alléger d’autres… » A la RTM, après un été chaud, place à la réflexion.
José SOTO
Rouen multiplie les initiatives en attendant de booster son métro
Victime de leurs succès, les 28 rames actuellement en service, en circulation depuis 1994, sont en effet souvent saturées. « Nous avons défini un cahier des charges. Pour simplifier, il s’agira de déterminer s’il faut commander de nouvelles rames plus grandes ou s’il sera possible de coupler les rames actuelles et de les compléter avec du matériel neuf », explique Yvon Robert, vice-président de l’Agglo en charge des transports. Selon lui, cette augmentation de capacité sera effective dans trois ans, pour un coût de l’ordre de 70 millions d’euros. En attendant, l’AOT et son exploitant, la TCAR (Transports en commun de l’agglomération rouennaise, groupe Veolia Transport), misent sur la fluidification et l’optimi-sation d’un réseau qui a délivré plus de 5 millions de titres l’an dernier. Ils comptent notamment sur un nouveau SAEIV (système d’aide à l’exploitation et à l’information voyageurs) satellitaire (10 millions d’euros) et sur une nouvelle carte de transport sans contact, à puce et rechargeable, baptisée Astuce (7,5 millions d’euros). L’Agglo a décidé de diviser par plus de deux le prix de l’abonnement annuel des moins de 26 ans, sans condition de scolarité ni de résidence. Il passe de 380 euros/an à 175 euros. « Il était injuste de ne privilégier que les étudiants au détriment des jeunes actifs ou en recherche d’emploi », estime Laurent Fabius, nouveau président de l’Agglo. Parallèlement, la collectivité vient d’acquérir 52 nouveaux bus (13 millions d’euros), 14 bus standard de type Citélis, et 38 bus suburbains de type Crossway. Enfin, l’Agglo a décidé de tester jusqu’en juin 2009 une liaison (par bus) entre le CHU et l’actuel terminus nord du métro. « Au terme de cette expérimentation et d’une enquête voyageurs, nous verrons s’il est justifié de pérenniser cette ligne », explique Yvon Robert.
Richard GOASGUEN