Étiquette : Ville

  • Sept Citadis de plus pour Valenciennes

    Pour sa deuxième ligne de tramway, le Syndicat intercommunal des transports urbains de la région de Valenciennes (Siturv) a passé à Alstom une commande ferme de 7 tramways Citadis de 32 m, du même design que les 21 rames du parc actuel mais avec des éléments de confort (climatisation, information voyageurs) et de sécurité (vidéosurveillance) améliorés. Une option à ce contrat d’environ 17 millions d’euros doit être levée d’ici fin novembre et portera sur une ou deux rames. La ligne qui recevra les nouvelles rames à partir de mars 2012, pour une mise en service en août suivant, reliera Valenciennes à Vieux-Condé d’une part et à Crespin / Quiévrechain d’autre part. Ces trams Citadis sont conçus et assemblés dans les sites Alstom de Valenciennes Petite-Forêt (gestion du projet et essais), La Rochelle (assemblage des rames), Ornans (moteurs), Le Creusot (bogies) et Villeurbanne (électronique embarquée).

  • Fin de la concertation pour le prolongement de la ligne 11 du métro parisien

    La procédure est originale et de plus en plus répandue en Ile-de-France : celle de la concertation menée sous l’égide d’un garant. En avril dernier, la Commission nationale du débat public (CNDP) pour le prolongement de la ligne 11 depuis Mairie-des-Lilas jusqu’à Rosny-sous-Bois a nommé Jean-Pierre Tiffon à ce poste. C’est en fait ce que peut proposer la CNDP quand un projet n’est pas de son ressort (soit parce qu’il n’est pas de caractère national, soit parce qu’il coûte moins de 300 millions d’euros), mais qu’il est suffisamment important pour ne pas pouvoir se contenter d’une concertation classique. « Impartial et neutre, le garant est là pour garantir que l’information donnée est complète et transparente ; pour faire en sorte que tous les publics puissent s’exprimer ; enfin, pour laisser une trace finale de tout ce qui s’est dit afin que le maître d’ouvrage, le Stif dans le cas présent, puisse prendre sa décision en ayant connaissance de tous les arguments », explique Jean-Pierre Tiffon, dont la mission avait commencé au printemps alors que la concertation n’a débuté que le 4 septembre (et se terminait le 7 octobre).
    En tant que spécialiste de la procédure, il donne également « un crédit au maître d’ouvrage ». Bref, en cas de contestation par exemple, c’est lui qui assumerait la responsabilité. Une assistance bienvenue pour le Stif qui pilote la concertation. « C’est une méthode que nous avons été les premiers à employer depuis deux ans, assure Jean-François Hélas, directeur des projets d’investissements du Stif. Pour nous, la présence du garant permet de poser la concertation, de la positionner sur des débats objectivés, en particulier dans des dossiers lourds politiquement. » C’est ainsi que les consultations pour le prolongement du tram T1 de Noisy-le-Sec à Val-de-Fontenay, pour le tram-train Massy – Evry, pour de débranchement du T4 de Livry-Gargan jusqu’à Clichy-Montfermeil, ainsi que pour la désaturation de la ligne 13 par le prolongement de la ligne 14 se sont elles aussi déroulées sous l’égide d’un garant.
    Dans le cas présent, le projet semble faire consensus. Bien que de couleurs politiques différentes, les cinq mairies des communes concernées (Les Lilas, Romainville, Montreuil, Noisy-le-Sec, Rosny-sous-Bois) sont d’accord. Elles attendent de pied ferme le prolongement de quelque 5,7 km et 5 ou 6 stations de métro selon les variantes et ont même signé, en mai dernier, une charte pour le développement d’un territoire durable avec la région, l’Iaurif, l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France, le Stif, la Ville de Paris et la Caisse des dépôts. « 60 000 riverains et 19 000 emplois se trouvent dans la zone d’attractivité de la future ligne, sans compter les patients de l’hôpital intercommunal qui viennent de toute la région », précise Cédric Genton, chef de projet ligne 11 au Stif. D’après les premières études, le prolongement drainerait quelque 10 000 voyageurs de plus à l’heure d’affluence : ils seraient 36 000 pendant la pointe du matin sur cette ligne qui transporte actuellement 227 000 personnes de 6h à 21h.
    D’un point de vue pratique, l’information du public a été multiforme : site Internet, quatre réunions publiques, une demi-journée d’information dans un centre social et distribution de dépliants sur les marchés. « Une démocratie participative allant au-devant des habitants », estime Jean-François Hélas. Même en période de vaches maigres, l’intérêt de ce prolongement est tel que le risque d’abandon semble faible. Ce projet est d’ailleurs inscrit depuis deux ans au projet de Sdrif. Il est par ailleurs mentionné dans le plan de mobilisation des transports d’ici à 2020. Il coûte cependant cher : 820 millions d’euros d’infrastructures, et même 1 milliard d’euros en comptant le matériel roulant nécessaire. Sa rentabilité socio-économique ne sera calculée qu’au stade du schéma de principe. « Il n’est pas en concurrence spatiale avec un autre projet, notamment avec Arc Express, et il dispose d’un vrai portage politique », note optimiste Jean-François Hélas. Cependant, la région comme l’Etat ont déjà demandé si un phasage ne serait pas envisageable. Pour l’heure, l’objectif officiel reste une mise en service de l’ensemble à la fin 2019. « C’est un beau challenge à tenir », estime-t-on au Stif. Surtout pour un projet initié en… 1929 !
     

    Cécile NANGERONI

  • Jean Germain, maire (PS) de Tours : « Les vents sont porteurs »

    Jean Germain, maire (PS) de Tours : « Les vents sont porteurs »

    VR&T : Pourquoi vous êtes-vous lancé dans l’aventure du tramway à Tours ?
    Jean Germain :
    Pourquoiun tramway à Tours ? L’agglomération de Tours fait environ 300 000 habitants. Elle est dans les douze plus grandes agglomérations de France. Pour tout le monde – en tout cas pour tous ceux qui s’occupent de transports –, le tramway s’avère faisable dans une agglomération de cette taille. Et moi je dirais nécessaire ! On a une structure des déplacements qui est tout à fait favorable, puisqu’il y a un axe majeur entre le nord de Tours et Joué-lès-Tours. Tours est une ville ferroviaire, avec une longue tradition de carrefour, ce qui rend aussi logique le choix du tramway sur fer. On sait que l’on sera au-delà de 60 000 personnes par jour. Et en disant 60 000, je suis sûr de ne pas me tromper ! Et puis, il n’y a pas que les problèmes de transport, il y a aussi des aspects environnementaux : la qualité de la vie est un sujet important, et permettre aux gens de mieux se déplacer à des tarifs corrects et sans émission de CO2 dans l’atmosphère paraît une évidence. Evidemment, on peut se demander si c’est une mode ou une nécessité… Pour faire un parallèle un peu osé, il y a beaucoup de manifestations contre la façon dont on veut régler le problème des retraites. Nicolas Sarkozy vous dira que c’est une mode, les syndicalistes vous diront que c’est une nécessité… Et moi, je ferai la même réponse pour un tramway : c’est une nécessité. De plus, je m’appuie sur le résultat des élections municipales. Le tramway avait été au coeur du débat. En face de nous, la liste opposée était farouchement contre, et nous avons fait plus de 62 % ! Je vois bien le rendu de l’enquête publique. Je laisserai bien sûr le président de la commission s’exprimer là-dessus, mais j’en ai les résultats – ils sont connus – et je les regarde. Il peut y avoir des choses qui ne plaisent pas, bien sûr ! Mais je remarque que ce sont surtout les opposants qui se déplacent pour ce genre d’enquête. Or, on a plus de 72 % des gens qui se déclarent favorables au tramway et à son tracé.

     

    VR&T : Tout demême, en comparaison d’autres villes, vous avez pris votre temps pour faire ce tram…
    J. G. :
    La ville de Tours a été longtemps isolée, puisque l’agglomération ne s’est créée qu’en 2000. Le tramway est un projet fédérateur, qui ne peut pas se lancer dans une seule ville. Et au-delà de la première ligne, on a le projet de la seconde ligne, on a le projet de l’étoile ferroviaire et du tram-train… Ce sont des choses qui se discutent à plusieurs. C’est l’avenir de l’agglo pour les vingt ans qui viennent qui est en jeu, ça mérite qu’on prenne un peu de temps. Et puis, nous souhaitions sur une grande partie de la ligne avoir une alimentation électrique qui ne soit pas par ligne aérienne, et je vais lier ça à la question du design : Tours est une ville qui est à la fois ville d’art et d’histoire, ville patrimoine mondial, ville qui a un des plus grands secteurs sauvegardés de France, la partie de la Loire qui traverse la ville est classée Natura 2000…C’est quelque chose qui est remarquable du point de vue du patrimoine, qu’il soit construit ou naturel ! Le tourisme est une industrie que nous ne négligeons pas, puisqu’il est pourvoyeur à la fois d’attractivité, d’emplois et de revenus importants.
    Les plus grands peintres, les plus grands romanciers, les cinéastes ont célébré cette percée de Tours qui va depuis la Tranchée jusqu’à la place Jean-Jaurès, qui est la nouvelle perspective de la ville (l’ancienne étant sur un axe est-ouest qui va de la cathédrale à la basilique Saint-Martin). Il fallait préserver cette perspective. Il n’y a pas eu de discussion là-dessus, ça s’est fait très rapidement au sein du Sitcat, le syndicat qui gère les transports. Ça a été décidé à l’unanimité, personne ne voulait modifier la perspective monumentale. Nous avons été dans un certain nombre de villes, et nous avons vu que l’on pouvait se passer de lignes aériennes et qu’on n’en était plus au stade de l’expérimentation.

     

    VR&T : Et donc, le choix de Tours pour effacer les lignes aériennes ?
    J. G. :
    Ça sera l’alimentation par le sol qui sera adoptée. Nous signons avec Alstom. Et l’APS ira jusqu’à la gare, parce que nous avons eu des tarifs corrects. Nous avions fixé une base de 76 millions d’euros hors taxes sans l’accès à la gare, et là, nous sommes à 73,2 millions avec. Les circonstances économiques du moment et la concurrence ont fait baisser les prix de façon significative.

     

    VR&T : Le projet fait la part belle au design…
    J. G. :
    Le design, c’est un élément d’attractivité. Tours est une ville connue dans la région des châteaux de la Loire, qui est au patrimoine mondial. On peut le dire, nous souhaitons que notre tramway soit une attraction ! Nous avons demandé à des artistes reconnus et à un designer de travailler là-dessus, et sur le design du tramway lui-même. Pour que ce soit un objet dont on parle, qui soit attractif, et puis que depuis ce tramway il puisse y avoir un rayonnement artistique et culturel. Daniel Buren va nous aider : il nous a fait un projet sur les traversées de la ville qui est très intéressant. Il y a aussi un aspect de mise en lumière remarquable. Régine Charvet-Pello a obtenu le marché du design du tramway. Elle est aussi votre adjointe à la mairie de Tours.

     

    VR&T : Elle était la meilleure ?
    J. G. :
    Oui, elle était la meilleure. La question ne se pose même pas ! Elle a une certaine réputation en la matière. Et il ne faut pas se priver du savoir-faire des entrepreneurs locaux par principe.

     

    VR&T : Vous avez demandé de l’argent à l’Etat dans le cadre du deuxième appel à projets pour les transports en commun de province ?
    J. G. :
    Pour l’appel à projets du Grenelle 2, nous participons non pas pour une deuxième ligne, mais pour l’extension de la première. D’entrée de jeu, nous avons décidé d’étendre la ligne au nord, suite à la première enquête publique. Ça va nous permettre d’obtenir des subventions pour ces 2,5 kmsupplémentaires qui n’étaient pas inclus dans le Grenelle 1. Franchement, je ne peux pas vous dire combien nous pourrons récupérer. Qui connaît les finances de l’Etat actuellement ? Nous espérons avoir quelque chose !

     

    VR&T : Quels sont vos projets pour la suite ?
    J. G. :
    La deuxième ligne de tramway, le BHNS et l’étoile ferroviaire sont trois sujets étroitement liés. On a à Tours une étoile ferroviaire relativement importante. Elle n’est pas partout en bon état,mais un peu partout on est en train de refaire les aiguillages et les voies. RFF et la SNCF vont se lancer dans le cadencement de l’intégralité des lignes en décembre 2011. Cela fait un peu évoluer notre réflexion dans le temps. Nous nous sommes rendu compte dans le cadre du Scot [schéma de cohérence territoriale, ndlr] qu’on pourrait assez vite avoir des dessertes ferroviaires cadencées sur les voies existantes, avec des tarifs abordables : de l’ordre de 20 à 30 millions d’euros, ce ne sont pas des choses impossibles. On pourrait faire une ligne reliant sur les lignes existantesMonnaie, Notre-Dame-d’Oé, La Membrolle-sur-Choisille, Fondettes, La Riche, le carrefour de Verdun, où il faut construire une halte en correspondance avec le tramway, Saint-Pierre-des-Corps, La Ville-aux-Dames et Montlouis. Elle ne passerait pas à la gare de Tours, mais serait en correspondance avec le tramway au carrefour de Verdun. On va aussi développer le BHNS. On pense qu’on aura d’autres axes à l’avenir, notamment quand l’autoroute A10 sera déclassée, lorsque le contournement autoroutier de l’agglomération tourangelle sera réalisé. Voilà les sujets pour les quinze ans qui viennent ! La première ligne en septembre 2013 ; pour la deuxième ligne, ça ira beaucoup plus rapidement parce qu’il n’y a pas de dépôt à construire et parce qu’il n’y a pas de problème d’effacement de ligne. Il y a juste un passage en pente un peu délicat. Quant à l’étoile ferroviaire, est-ce que c’est un tram-train ou une autre desserte ? Les voies existent, elles ont besoin d’être rénovées, mais la rénovation est en route, et il faudra construire cette halte au carrefour de Verdun.

     

    VR&T :Quel tracé pour la deuxième ligne ?
    J. G. :
    En ce qui concerne la deuxième ligne de tramway, car il y aura une deuxième ligne de tramway, elle desservira évidemment l’hôpital Trousseau au sud. Il n’y a pas de doute là-dessus. Nous sommes en train de travailler sur le tracé, car il y a des parties de Saint-Avertin dont il faut qu’on se rapproche un peu, il y a des constructions nouvelles, etc. Pour le reste, je vois les choses, mais il faut aussi s’assurer de leur faisabilité. On ne sait pas encore où la ligne 2 aboutira au nord : tout va dépendre de la façon dont se fera la jonction avec Saint-Pierre-des-Corps. Est-ce que ça va se faire en tram-train cadencé à la place de la navette ferroviaire, est-ce que ça sera en tram ? On ne peut pas faire les deux ! Je pense que dans un délai d’un an on le saura, mais ça dépend de beaucoup de discussions, entre les autorités organisatrices, avec RFF, avec la SNCF, pour voir par exemple si cette liaison aura le statut de navette SNCF ou si elle sera gérée par le Sitcat… Les gares de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps sont des gares nationales, la navette est actuellement Grandes Lignes, et on ne peut pas faire du tram-train cadencé en gardant ça. Tant qu’on ne connaît pas le statut de cette jonction, on ne peut pas répondre aux autres questions.

     

    VR&T : On a donc dans une dizaine d’années une première ligne de tramway, une deuxième ligne au moins sur la partie sud, une desserte cadencée entre Tours et Saint-Pierre-des-Corps et une desserte périurbaine sur l’étoile ferroviaire ?
    J. G. :
    Oui. Et je suis relativement optimiste parce que les vents sont porteurs. 

  • Lancement de l’enquête publique sur l’extension du tram de Nice

    Du 27 septembre au 27 novembre, Nice-Côte d’Azur soumet le projet de prolongement de son tramway ligne 1 à l’enquête publique. Cette extension rendra possible la desserte du quartier Pasteur et du centre hospitalier universitaire Pasteur en 2013. La seconde phase permettra son extension jusqu’au quartier de l’Ariane, puis jusqu’à La Trinité. Depuis son élection, le maire et président de la communauté urbaine, Christian Estrosi, a fait de l’amélioration des transports une priorité.

  • L’ex-chef de mission du tram de Bordeaux relaxé en appel

    L’ancien chef de la mission « tramway » de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB), ainsi que deux autres cadres de la collectivité ont été relaxés mardi 28 septembre par la cour d’appel dans un dossier de favoritisme pour l’attribution du marché du tram à Alstom. François Saglier, aujourd’hui directeur du métro à la RATP, avait été condamné en première instance devant le TGI de Bordeaux à 6 mois de prison avec sursis et à verser 10 000 euros de provision à chacune des parties civiles, Bombardier, repreneur de Adtranz, et Seco-DGC. Dans son arrêt la cour d’appel indique qu’ « il n’est pas justifié que François Saglier ait volontairement procédé le 14 avril 2000 à une présentation inégalitaire des offres en vue de favoriser Alstom ». Bombardier et Seco-DGC ont entamé en outre une procédure pour être indemnisées devant les juridictions administratives. Déboutés en première instance, elles ont fait appel et l’affaire doit être prochainement jugée par la cour administrative d’appel de Bordeaux.

  • Toulouse garde l’occitan dans le métro mais enlève l’accent

    Tisséo va revoir ses annonces du nom des stations de métro à Toulouse en occitan. L’initiative date d’il y a un an et, déjà, elle indispose certains voyageurs. En dehors du volume sonore jugé agressif, c’est principalement l’accent exagéré au point de tomber dans le grotesque qui est critiqué par les voyageurs enquêtés. Le métro toulousain va donc tout remettre en préférant la qualité à la quantité.

  • On restructure à Saint-Etienne

    Révolution à Saint-Etienne. Depuis le 30 août, la vénérable ligne 4 a disparu. Cette ligne de tramway remontant à 1881, qui fut l’une des trois lignes de tram françaises à avoir survécu à la vague de suppressions de l’après-guerre, avait toujours gardé son numéro historique. Elle s’appelle désormais T1, de même que les deux branches de la ligne 5, créée en 2006, sont devenues T2 et T3.
    L’arrivée des appellations T1, T2 et T3 pour les tramways stéphanois est l’un des éléments marquants d’un vaste chamboulement du réseau des transports en commun de l’agglomération, promis à l’arrivée de la gauche aux affaires il y a deux ans. La dernière restructuration réalisée en 2006 n’avait pas convaincu, limitant la plupart des lignes de bus aux portes du centre-ville et obligeant à de nombreuses ruptures de charges. La fréquentation a baissé, un comble !
    Les bus sont désormais – en partie – revenus dans un centre de Saint-Etienne en pleine piétonnisation. Plus généralement, le nouveau réseau de la Stas (groupe Veolia Transport) se veut plus clair, et hiérarchisé : les trois lignes de tram sont complétées par des « lignes essentielles » numérotées de 1 à 9 (les 3 et 7 étant plus essentielles que les autres). Les lignes secondaires ont été renumérotées en fonction du bassin desservi (10 à 29 autour de Saint-Etienne, 30 à 35 autour de Firminy, 40 à 49 autour de Saint-Chamond… et 70 à 89 pour les « autres lignes » moins fréquentes).
    Dans l’aventure, Saint-Etienne a perdu une ligne de trolleybus et n’en a plus qu’une (la 3). Et la nouvelle numérotation n’a pas gardé de place pour la future ligne Beste (bus express stéphanois), une liaison à haut niveau de service tangentielle envisagée grâce à la fusion des lignes 6 (au sud) et 9 (au nord), qui devrait voir le jour d’ici 2013.
     

    François ENVER

  • Bordeaux va « recentrer » ses tramways

    Sous cette appellation un poil barbare, ils désignent le nouveau schéma d’exploitation adopté pour le tramway de la métropole aquitaine à la fin 2013, quand seront achevés les prolongements en cours. L’idée est de concentrer les moyens là où la demande est la plus forte, c’est-à-dire au cœur du réseau. Concrètement, les trois lignes A, B et C seront exploitées chacune par trois services différents, plus courts, cadencés aux dix minutes (aux heures de pointe). Ceux-ci se superposeront dans les sections centrales du réseau, offrant théoriquement un passage plus régulier toutes les trois minutes environ. En revanche, le service sera dégradé aux extrémités, moins fréquentées.
    « Le réseau l’exige, la loi mathématique s’impose ! Si on n’avait pas pris cette décision, il faudrait acheter un nombre inimaginable de rames ! », explique Gérard Chausset, vice-président de la Cub chargé des transports de demain. Avec la construction des nouvelles extensions prévues et la croissance de la fréquentation attendue par les services techniques, il faudrait acheter 104 nouvelles rames d’ici 2020 si l’on continue à faire rouler les tramways d’un terminus à l’autre. Et les problèmes de régularité ne s’arrangeraient pas… Avec des bouts de lignes plus courts, il ne faudra ajouter que 47 rames au parc actuel de 74 trams (dont 26 d’ici 2013).
    Les travaux de prolongement des trois lignes du tramway bordelais – dont l’enquête d’utilité publique a eu lieu au début de l’été – comprendront l’aménagement de sept terminus partiels, pour 16,75 millions d’euros. Il s’agit à chaque fois d’aménager un embranchement de 60 à 100 m de long, qui permettra aux tramways de faire demi-tour sans perturber le fonctionnement de la ligne. Sur la ligne C, les trois services préfigureront d’autres extensions du réseau, le tram-train du Médoc (prévu en 2014) et la future ligne D (annoncée pour la fin 2016).
    Quelques incertitudes demeurent néanmoins. Comment les habitants accepteront-ils des tramways moins fréquents au bout des lignes ? La question se pose particulièrement à Mérignac, deuxième commune de l’agglomération, qui ne doit plus avoir qu’un tram toutes les dix minutes. « Il faudra voir comment cela va évoluer, répond Gérard Chausset, qui en est  l’élu. C’est un choix réversible : s’il le faut, on pourra renforcer les fréquences ! »
    Reste le rêve des techniciens de la Cub (et de Gérard Chausset) : créer un réseau maillé avec des liaisons passant d’un corridor à l’autre, combinant par exemple des morceaux des lignes A et C actuelles. Après l’avoir un moment envisagé pour 2013, ils y ont renoncé. « Il y avait trop d’incertitudes techniques, notamment à certains carrefours. C’est dommage, mais on n’est pas encore prêts, explique l’élu. L’objectif, c’est de désaturer ! Après, on verra, c’est peut-être envisageable en 2020… »
     

    François ENVER

  • Lancement de Rhônexpress

    Les premières rames rouges de Rhônexpress sont entrées en service le 9 août, reliant le centre de Lyon, plus précisément la gare La Part-Dieu, à l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry. C’est la première liaison ferrée dédiée et directe reliant un aéroport et un centre- ville en France. Le tramway assure la desserte en moins de 30 minutes garanti, avec une fréquence tous les quarts d’heure. L’exploitant CFTA Rhône (Veolia Transport), qui a fixé le ticket à l’unité à 13 euros, table sur un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros la première année.

  • Renouveau du métro : un programme qui respecte le patrimoine

    Le 28 juin, Pierre Mongin, le PDG de la RATP, inaugurait la station rénovée du métro République. Une étape marquante dans le programme Renouveau du métro lancé dès 1998, en commençant par la station Saint-Ambroise. Depuis, cette modernisation du métro parisien, la plus importante depuis sa construction en 1900, s’est poursuivie sans interruption. Station après station, le décor se met au goût des jours à venir : plus moderne, plus fonctionnel, plus confortable. Mais sans rompre avec son histoire et ses origines.
    Pour ses promoteurs, l’opération doit « garantir l’avenir d’un patrimoine exceptionnel en l’adaptant aux nouveaux usages et à une fréquentation sans cesse croissante ». « Tout ceci est basé sur le respect du patrimoine en y introduisant des composants modernes », précise Lorenzo Sancho de Coulhac, à la tête de l’unité de maîtrise d’ouvrage des espaces voyageurs de la RATP. « C’est une action sur le long terme, sans effet de mode, sans volonté de faire du spectaculaire. Il y a de grands programmes de rénovation de réseaux à Londres, Berlin, New York. Mais je ne pense pas que l’on ait fait ailleurs un programme de ce type sur un aussi long terme et aussi complet. »
    République est donc la 233e station rénovée dans ce programme prévu sur près de vingt ans et qui doit donner un sérieux coup de jeune aux 273 stations. D’un montant de près d’un demi-milliard d’euros (à la valeur 2010), il devrait s’achever à l’horizon 2016. Et le cap est tenu. Tout comme le budget prévu initialement, au rythme de 15 à 20 millions investis chaque année.
    Si République vient de jouer les têtes d’affiche, c’est parce que c’est la plus importante des rénovations aujourd’hui effectuées. C’est en effet la quatrième station du métro parisien en termes de trafic, avec 261 000 voyageurs par jour. C’est aussi l’une des plus étendues, avec ses cinq lignes en correspondance (3, 5, 8, 9 et 11).
    Les travaux qui viennent de s’y achever avaient débuté le 5 janvier 2009. Dix-sept mois ont été nécessaires pour moderniser l’éclairage, qui vieillit particulièrement mal. Or, « la mise en lumière, c’est essentiel pour le sentiment de confort, de sécurité », souligne encore Lorenzo Sancho de Coulhac. Un métro plus clair, c’est une véritable priorité. Dix-sept mois ont été nécessaires, à République, pour remplacer également le carrelage, mettre en place une nouvelle signalétique, remettre en ordre câbles et tuyaux, réaliser un guichet de vente, un « comptoir-club », créer quatre fronts de vente automatique. Parallèlement, la RATP anticipe et accompagne le vaste projet de rénovation de la place de la République mené par la Ville de Paris.
    Ici, comme dans les autres stations déjà rénovées, et dans celles qui vont l’être, l’objectif fixé se résume dans un slogan simple : « un métro plus beau », mêlant avec harmonie design contemporain, notamment grâce à la conception de nouveaux équipements, et mise en valeur des structures patrimoniales héritées du passé. Si le programme a démarré, les premières années, par beaucoup de « petites » stations, parmi celles qui vont suivre dans les années à venir, il reste « de gros morceaux » compliqués comme Bastille ou Nation…
     

    Pascal GRASSART