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Étiquette : Wagon
Argentine. Un contrat géant pour CSR
CSR équipera l’Argentine pour la rénovation de son parc de fret ferroviaire. C’est ce qu’a annoncé le 15 décembre le géant chinois de l’industrie du rail, dans un communiqué. Ce sont en tout 80 locomotives et plus de 2 000 wagons – notamment pour le transport de minerais et de céréales – qui seront livrés. Montant du contrat : 221 millions d’euros. En 2013, CSR avait déjà remporté deux marchés pour la livraison de 709 voitures de trains de banlieue dont les premiers sont entrés en service cet été dans la région de Buenos Aires.
L’entreprise de maintenance ferroviaire SDHF rachetée par son principal client
Le tribunal de commerce d’Orléans (Loiret) a entériné mercredi la reprise de l’entreprise Saint Denis de l’Hôtel Ferroviaire (SDHF) par son principal client, le loueur de wagons de marchandises Millet. Sur les 78 emplois de SDHF, 49 sont conservés. Le repreneur conserve l’ensemble de l’activité de maintenance industrielle de wagons de fret.
En mai dernier, le tribunal de commerce d’Orléans avait liquidé la holding AORF (Ateliers orléanais de réalisation ferroviaire)-dont SDHF était une filiale- et la filiale de construction neuve, Ateliers Bretons de réalisation ferroviaire Industries (ABRFI), installée à Châteaubriant (Loire atlantique).
Après une tentative de reprise par le russe Uralvagonzavod lors de l’été 2013, les actionnaires avaient pu repartir, mais un conflit avait opposé le Pdg, Eric Vinassac, et son actionnaire majoritaire, Jean-Luc Remondeau, sur la gestion de la société. Ce conflit avait eu pour conséquence d’éloigner des clients comme la SNCF.

Cérévia et Europorte célèbrent leur millième train entre la Bourgogne et la Méditerranée
Un train lancé en 2009 par Cérévia, union de commercialisation céréalière de sept groupes coopératifs en Bourgogne, Franche-Comté et Rhône-Alpes, en partenariat avec Europorte, la filiale de fret ferroviaire du Groupe Eurotunnel. Six jours sur sept, un train de 1 335 tonnes arrive ainsi à Port-Saint-Louis, à l’embouchure du Rhône, permettant d’acheminer annuellement 375 000 tonnes de céréales par le rail. Les nouveaux wagons mis à disposition par Europorte, plus capacitaires et d’une exploitation plus aisée, permettent au rail d’assurer ici 40 % des approvisionnements, l’essentiel du complément étant acheminé par barges fluviales.
Le ruban a été coupé par Robert Bilbot, président de la SEPT (société d’exploitation du Port des Tellines) et directeur de Cérévia, Didier Laurency, président de Cérévia, Pascal Sainson, président d’Europorte et Christine Cabau-Woehrel, présidente du directoire du Grand Port Maritime de Marseille.
Si l’heure était aux réjouissances, Pascal Sainson a saisi l’occasion de cette célébration pour réitérer son « appel au secours » à l’Etat pour la pérennité du réseau ferré capillaire français, sans lequel la desserte des silos serait impossible…
Les deux filiales de l’équipementier ferroviaire AORF en liquidation judiciaire
ABRFI (Ateliers Bretons de réalisation ferroviaire Industries) installé à Châteaubriant (Loire-Atlantique) et SDH Ferroviaire, installé à Saint-Denis de l’Hôtel (Loiret), toutes deux filiales de l’équipementier ferroviaire AORF, ont été placées le 12 mai, en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce d’Orléans.
Ces entreprises, spécialisées dans la construction et la maintenance de wagons de fret, emploient environ 150 salariés à elles deux. Les juges ont autorisé la poursuite d’activité d’ABRFI jusqu’au 23 mai, et celle de SDH Ferroviaire jusqu’au 11 juillet.
« J’espère que cette décision va permettre la reprise de ces sociétés par des investisseurs pour préserver les sites et le maximum d’emplois », a déclaré le PDG Eric Vinassac à l’issue de l’audience.
Les deux sociétés avaient déjà été placées en redressement judiciaire il y a un an, avec à la clé un passif de l’ordre de 26 millions d’euros.
Elles en étaient sorties en septembre dans le cadre d’un plan de continuation, une solution qui s’était imposée par défaut, faute d’avoir alors trouvé un repreneur.
Une nouvelle offre de wagons isolés en France
Depuis mi-décembre, une nouvelle offre de transport de wagons isolés est proposée en France par deux filiales de SNCB Logistics, Xpedys, commissionnaire de transport de fret conventionnel, et OSR, une nouvelle entreprise ferroviaire qui a obtenu en novembre 2010 sa licence ferroviaire et son certificat de sécurité. Cette dernière a l’autorisation de circuler sur l’axe Le Havre – Paris – Dijon – Mulhouse. Un plan de transport a été mis au point pour une vingtaine de clients venant de Belgique et de France. OSR organise ses flux à partir de deux hubs, Tergnier en Picardie et Aulnoye dans le Nord. Fort de 75 personnes soumis au droit privé, OSR, qui achemine aussi des trains complets, affirme proposer un modèle plus économique que Fret SNCF. « Nous sommes petits, réactifs, avec un grand groupe derrière nous », résume Olivier Deprez, son directeur général.
DB Schenker Rail investit 410 millions deuros en matériel roulant en 2010
Pour DB Schenker Rail, la reprise est déjà là, avec une hausse de 18,8 % du trafic ferroviaire fret en tonnes-km au premier semestre 2010 par rapport à la même période en 2009. Une reprise qui se traduira cette année par la somme « record » de 410 millions d’euros investie à l’échelle de l’Europe pour l’acquisition de 1 472 wagons et 71 locomotives fret. Sur cette somme, 190 millions d’euros sont destinés à la remise à niveau ou au renouvellement du parc de wagons, en mettant l’accent sur les transports de produits chimiques et le secteur automobile, ainsi que sur l’achat de 700 wagons pour le charbon ou les produits sidérurgiques. Les locomotives seront commandées pour un total de 167 millions d’euros, le reste de l’enveloppe étant destiné aux installations fixes et à l’équipement informatique.
Ermewa se désengage du secteur céréalier
Ermewa a cédé le 12 juillet ses 1 083 wagons céréaliers, ainsi que sa participation à hauteur de 75 % dans la société TMF S.A (commissionnaire de transport ferroviaire dans le secteur céréalier) à VTG société de location de wagons et de logistique ferroviaire basée à Hambourg. Acquise le 22 janvier dernier par SNCF Geodis, Ermewa se conforme ainsi à la réglementation européenne sur les concentrations en se désengageant du secteur céréalier. Rappelons que la filiale à 100 % de SNCF Geodis, spécialiste de la location, l’exploitation et la maintenance de wagons, dispose d’une flotte de 60 000 wagons, 23 000 conteneurs et 16 000 petits conteneurs.
Wagon isolé : la Commission européenne réfléchit à déventuelles mesures de soutien
L’eurodéputé allemand vert Michael Cramer a alerté la Commission européenne sur la situation difficile du wagon isolé. Siim Kallas, le Commissaire aux Transports, lui a répondu par écrit que Bruxelles avait pris la mesure du problème. « Ce mode de transport est très flexible mais souvent peu compétitif, écrit Siim Kallas, son prix peut être jusqu’à deux fois plus élevé que celui d’un transport par la route. » Bruxelles estime néanmoins que dans un souci de protection de l’environnement et la sécurité, il faut défendre le wagon isolé. La Commission étudie actuellement la nécessité de mesures supplémentaires de soutien.
Sylvie Charles, directrice de Fret SNCF : « La priorité est de réussir la nouvelle offre de wagons isolés »
Ville, Rail & Transports. Comment devraient évoluer les résultats de Fret SNCF cette année ?
Sylvie Charles. L’année dernière, les résultats ont été très mauvais : un peu moins de 500 millions d’euros en résultat opérationnel courant. En résultat net, Fret SNCF a perdu plus de 800 millions d’euros, conséquence de dépréciations sur la valeur de nos actifs d’exploitation. Le résultat aurait été encore plus dégradé sans la vente d’un site important aux Batignolles. 2010 sera une année de fort repositionnement sur les domaines de pertinence du transport ferroviaire. Notre priorité cette année est de réussir notre nouvelle offre de wagons isolés. Quant aux volumes, ils sont pour l’instant plutôt au niveau de 2009.VR&T. Pourquoi donner la priorité à la réorganisation des wagons isolés ?
S. C. Parce que ce sont eux qui nous mènent dans le mur. Une analyse menée en 2009 a démontré que 50 % des activités sont pertinentes. La SNCF a des problèmes de coût et de productivité. Mais son souci majeur, c’est de ne pas avoir repositionné son activité en fonction de l’évolution de la géographie industrielle et des modes de production des entreprises, de plus en plus en « juste à temps ». La crise a mis en plein jour ce que l’on savait depuis vingt ans : une offre de wagons isolés basée sur un réseau maillé n’est pas viable économiquement. Notre densité industrielle représente le tiers de celle de l’Allemagne. Notre pays ne peut plus se payer un réseau maillé sur l’ensemble du territoire. Ce réseau coûte 650 millions d’euros annuels de frais d’exploitation à Fret SNCF, dont plus de 400 millions d’euros en coûts fixes.
VR&T. Combien faut-il acheminer de wagons isolés pour couvrir ces coûts ?
S. C. Il faut transporter près de 800 000 wagons remplis pour couvrir ces frais. Il y a quelques années, Fret SNCF en acheminait 700 000. Mais l’industrie a changé ses modes de production et le coût du transport routier a baissé. L’année dernière, certains de nos clients ont vu leurs productions reculer en moyenne de 15 %. Le nombre de wagons remis en lotissement a chuté de 60 à 70 %. Les clients ont fait des choix modaux. Ils ont profité d’une suroffre routière liée à la crise et à l’ouverture du cabotage routier à de nouveaux pays. Imaginez les conséquences sur un réseau ferré maillé, dont l’essentiel des coûts est constitué par des frais fixes ! En 2009, nous avons transporté moins de 380 000 wagons isolés. Cette année, nous nous attendons à en acheminer 300 000. Avec la mise en place du multilot/multiclient, nous traiterons environ 210 000 wagons isolés annuels.VR&T. Comment allez-vous réorganiser le transport de wagons isolés ?
S. C. Notre souci est de baisser nos charges fixes. Nous allons permettre aux commissionnaires ou aux chargeurs de remettre des wagons sur tous les grands axes qui couvrent les principaux flux d’échanges du pays. Mais les modalités changent. Jusqu’à présent, les wagons isolés étaient remis sans préavis, procédé qu’on n’imagine même pas pour les camions. Nous mettons donc en place un nouveau système qui s’appuie sur des prévisions annuelles de volumes mais, dans un premier temps, sans engagement. Le trimestre précédant le transport, le chargeur doit affiner sa commande, ce qui vaut pré-engagement. L’engagement se fait chaque mois, quinze jours avant le début du mois. Il consiste à dire que sur tel axe, le chargeur va réserver tant de wagons sur tel train.VR&T. Les chargeurs s’inquiètent d’une forte hausse des prix à venir. Est-ce que ce sera le cas ?
S. C. Le ferroviaire est cher, mais nous avons la possibilité de mener une politique tarifaire adaptée. Dans cet esprit, nous demandons à nos clients un minimum d’anticipation. Notre dispositif sera incitatif car le prix payé par le client va être déterminé par le volume annoncé. Si un client nous demande plus de capacité, nous lui en vendrons sur la base de ce qu’il avait commandé. Celui qui n’aura pas anticipé du tout paiera plus cher. En fin d’année, nous appliquerons un système de bonus-malus qui sera fonction du volume finalement réalisé. Notre but est de saturer nos axes à 60-70 %. A partir de ce seuil, nous couvrirons nos coûts fixes.VR&T. Quand passerez-vous au système de multilot/multiclient ?
S. C. Nous avons énormément travaillé à la mise au point de cette nouvelle offre. Nous l’avons présentée à nos clients. Nous sommes en train de « peigner » leurs flux pour déterminer ce qui va entrer dans le cadre du multilot/multiclient. Nous aurons une bonne visibilité d’ici à la fin juin. Certains clients voudraient faire avec nous des expérimentations. Nous le ferons sans doute sur trois lignes. La bascule du système du lotissement au multilot/multiclient aura lieu à la fin de l’année.
Il y aura trois hubs, un à Woippy, un à Sibelin, et un en Ile-de-France dont la localisation n’est pas encore déterminée.VR&T. Avec ce nouveau dispositif, parviendrez-vous à réduire vos coûts fixes ?
S. C. Nous les baissons de moitié. Nous faisons face à quelques clients qui ont des volumes significatifs à transporter mais ne rentrent pas dans le cadre du multilot/multiclient. Nous raisonnons par axe. Au bout de chaque axe, il y a des dessertes terminales. Nous proposerons à ces clients une connexion à un axe ou une desserte terminale dédiée. C’est-à-dire que nous leur demanderons d’assurer la couverture des coûts en acquittant un forfait à l’année. Nous allons engager ce chantier en incitant les clients à discuter entre eux quand ils sont plusieurs à être concernés par une même desserte terminale.VR&T. Allez-vous mettre en place des équipes dédiées ?
S. C. Nous sommes en train de créer un métier nouveau : l’opérateur de wagons isolés par axe avec des pilotes d’axe s’appuyant sur les mêmes interlocuteurs commerciaux que ceux qui gèrent les trains massifiés. Et nous souhaitons disposer de conducteurs qui savent ce qu’ils transportent.
VR&T. Où en est votre projet de créer des entités spécialisées par produits ?
S. C. En créant des entités spécialisées, nous voulons fusionner les pôles d’activités et les directions fret territoriales. Cela nous permet de réaliser un effort conséquent sur les frais de structure. Nous venons de créer, en deux étapes, la première entité fret charbon-acier. En fusionnant le commercial, la conception de la production et l’exécution, nous nous donnons les moyens de mieux anticiper et d’être plus réactifs vis-à-vis des clients. Environ 2 000 agents constituent cette entité, dont 550 conducteurs. Elle couvrira le Nord et une partie de l’Est de la France. La deuxième entité Combi-Express pourrait être créée au second semestre. Deux autres viendront plus tard.VR&T. Quelles autres tâches prioritaires vous fixez-vous ?
S. C. Les indicateurs de qualité de Fret SNCF ont indéniablement progressé ces dernières années. Mais, cette qualité a reculé depuis septembre et, encore plus, depuis décembre. Cela pour une raison, qui demain deviendra un atout : les travaux menés par RFF sur le réseau. Ils nous placent parfois dans des situations dramatiques. C’est pourquoi notre troisième priorité consistera à passer un contrat de qualité avec RFF, comme RFF doit le faire avec chaque opérateur dans le cadre de l’engagement national pour le fret ferroviaire.VR&T. Voyez-vous des signes de reprise ?
S. C. Nous considérons qu’il n’y aura pas de rebond significatif avant quelque temps.
Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT
Wagon isolé : Fret SNCF ne répond plus
Combien sont-ils, ces chargeurs qui sont passés du train à la route avec la nouvelle politique de Fret SNCF d’abandon de l’activité de wagons isolés jugée pas assez rentable ? Impossible de le savoir, répond l’AUTF (Association des utilisateurs de transport de fret). « Nous n’avons pas réussi à avoir de chiffres. Mais nous recevons de nombreux témoignages de chargeurs qui n’ont plus aujourd’hui d’autre solution que la route », se désole Maurice Desderedjian, le président de la commission ferroviaire de l’AUTF. Seuls les grands clients de Fret SNCF (la chimie, l’agroalimentaire ou encore la sidérurgie) sont en train d’étudier comment se réorganiser en regroupant leurs envois de wagons isolés. « La sidérurgie est particulièrement concernée car 50 % de sa demande de transport concerne du wagon isolé », précise Hervé de Tréglodé, le directeur du pôle commercial de Réseau Ferré de France (RFF). « Ceux qui n’ont pas de grandes capacités de massification se tournent vers la route », poursuit Maurice Desderedjian.
Qui plus est, les prix du transport ferroviaire devraient augmenter sensiblement. De quel ordre ? « Actuellement, il n’y a pas d’offre. Si vous êtes une petite entreprise et que vous faites une demande de transport et de prix à Fret SNCF pour du wagon isolé, on ne vous répond même pas. Tous les jours, je reçois des témoignages de chargeurs qui n’ont plus d’offre ferroviaire », raconte Maurice Desderedjian, également directeur général d’EDF Trading Logistics. Les chargeurs qui peuvent profiter des prix très bas du transport routier, où se livre une compétition exacerbée par la crise, ne sont pas satisfaits. « Les chargeurs restent attachés au mode ferroviaire, même s’il ne marche pas très bien », estime l’AUTF. « La politique de Fret SNCF est regardée avec beaucoup d’attention par les chargeurs. Beaucoup souhaiteraient travailler avec la SNCF, en raison notamment de leurs objectifs de développement durable », confirme RFF.
Mais même du côté des chargeurs, on reconnaît que la nouvelle stratégie de Fret SNCF a du sens. « La SNCF ne peut pas continuer à perdre de l’argent à chaque fois qu’elle transporte un wagon », commente Maurice Desderedjian. L’AUTF regrette surtout que Fret SNCF ne laisse pas assez de temps aux industriels pour adapter leurs plans de transports. Il aurait fallu deux à trois ans pour mener à bien la conversion. D’où cette grande question : « Si les industriels diffus finissent par délaisser le mode ferroviaire, les ITE [Installations terminales embranchées, ndlr] risquent de disparaître. Une fois fermés, ils ne seront plus jamais rouverts. Quand le grand nettoyage sera fait, comment fera-t-on pour faire repartir le fret ferroviaire ? »
Marie-Hélène POINGT