Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Le MTR, un exploitant novateur qui s’exporte

    Le MTR, un exploitant novateur qui s’exporte

    Le Mass Transit Railway (MTR) System gère de nombreux modes de transports en commun à Hongkong, notamment un métro moderne, ponctuel et efficace. Son réseau permet de se déplacer facilement et de découvrir les principaux quartiers de la ville.
    Tous les jours, le métro transporte 2,3 millions de personnes, pour une population totale de 7 millions d’habitants.
    Il comprend dix lignes: Island, Tsuen Wan, Kwun Tong, Tseung Kwan O, Tung Chung, West rail, East Rail, Ma On Shan, Disneyland Resort (dont le matériel roulant est « customisé » dans l’esprit du parc d’attractions), et Airport Express. En partie souterrain dans les zones les plus peuplées, il dessert 163 stations. Les métros passent toutes les deux ou trois minutes aux heures de pointe.
    Le MTR opère également une ligne de tramway entre Yuen Long et Tuen Mun dans les Nouveaux Territoires, ainsi qu’un service de trains grandes lignes en Chine continentale. Privatisée en 2000, MTR exporte maintenant son savoir-faire à l’international et opère également des lignes de métro en Chine, en Australie, en Suède et au Royaume-Uni.

  • L’Orient rencontre l’Occident à Hongkong

    L’Orient rencontre l’Occident à Hongkong

    Hongkong de jour, Hongkong de nuit: les deux faces d’une même ville. Verticale comme aucune autre, elle semble changer de tenue à la faveur du soleil, à la faveur de la lune. Les adresses s’y déclinent en étages et, naturellement, on ne fréquente pas les mêmes endroits en pleine journée ou en pleine nuit. Très belle quand on lève les yeux, parfois déroutante quand on les baisse. Le jour, on aime les marchés bondés, les jardins publics où les grands-mères répètent inlassablement leurs mouvements de Taî-chi sur des équipements mis en place par la municipalité. La nuit, on aime le scintillement multicolore des néons. Le jour, on a plutôt des envies de mer. De cette eau vert d’huître et des ferries qui y croisent. De s’embarquer sur celui qui part du port de Wan Chai et qui aborde l’île de Kowloon, avec à son bord son mélange de touristes et de Hongkongais du cru. La nuit, on aime ces bars bondés où des groupes multiculturels enflamment les pistes de danse. Afin de découvrir tous les visages de cette ville, il faut se munir d’un plan de métro et du réseau de la MTR  et de beaucoup d’envie.
    Commençons par prendre un peu de hauteur, histoire de situer les différents quartiers de la ville, en empruntant le Peak Tram. Depuis plus de 120 ans, le vénérable funiculaire vous mène à Victoria Peak, le point de vue indispensable sur Hongkong. Inauguré en 1888, le Peak Tram est le plus vieux funiculaire à câble d’Asie. Jusqu’alors seule une voiture à porteurs pouvait vous permettre de faire l’économie d’une petite randonnée. Tirées par 1500mètres de câbles, deux voitures d’une capacité de 72 places transportent les passagers de Central jusqu’en haut du « Peak ». La ligne compte cinq stations. Aujourd’hui, le funiculaire est exploité par le groupe Hongkong and Shanghai Hotels, également propriétaire de l’infrastructure. La gare de départ, Peak Tram Lower Terminus, ne se situe pas très loin de la station Central. De la terrasse posée à exactement 428 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur la Peak Tower, vous pourrez admirer au premier plan la silhouette effilée des gratte-ciel de l’île de Hongkong, la mer et au second plan Kowloon et, par beau temps, les Nouveaux Territoires. Un musée retrace depuis 2007 l’histoire de Hongkong en parallèle de celle de son funiculaire emblématique. Vous pourrez y admirer une réplique de la première génération de matériel.
    Les quartiers de Central et d’Admiralty représentent le quartier des affaires et partout, les tours vous y dominent. À force d’essayer d’en mesurer la hauteur, la nuque devient douloureuse. Mais, malgré une urbanisation insatiable, il subsiste quelques traces architecturales du passé britannique et tout d’un coup surgit le clocher d’une église, minuscule entre les gratte-ciel géants. Un héritage notamment présent à la station Sheung Wan avec le Western Market et son architecture édouardienne. Construit en 1906 et rénové en 1991, ce bâtiment de briques rouges, avec ces belles arches de granit, abrite aujourd’hui des magasins d’artisanat et des restaurants, mais il fut construit à l’époque pour reloger les commerçants des vieilles ruelles de Central, aujourd’hui disparues.
    Pas loin de la station Central, Hongkong a hissé les escaliers mécaniques au rang de moyen de transport, avec les escalators de Central – Midlevels qui se révèlent être les plus longs du monde en extérieur, près de 800mètres, entre Central et Western. Construits en 1993, ils permettent de grimper les 135 mètres de dénivelé en 20minutes. Ils sont rapidement devenus une part de l’identité de ce quartier et ont été exploités par les cinéastes, du Chungking Express de Wong Karwai au Batman, The Dark Knight de Christopher Nolan. Tout autour, restaurants et bars drainent une foule de noctambules.
    Il existe à Hongkong une liberté d’expression inconnue en Chine continentale (voir encadré Un pays, deux systèmes). Ainsi, lorsque vous vous baladez dans Soho (SOuth HOllywood Road), un quartier à proximité duquel passe l’escalier mécanique, faites un petit tour dans les galeries d’art et dans les lieux alternatifs, vous serez étonnés par certaines oeuvres des artistes locaux. Ici, on ne craint pas de critiquer ouvertement le parti communiste chinois, le gouvernement local ou de caricaturer Mao. Chose impensable sur le continent. Le quartier est également un endroit très fréquenté pour sortir boire un verre ou écouter un groupe de musique. Jeunes Hongkongais, expatriés, touristes: tous se retrouvent pour fêter le plaisir d’être ensemble.
    Le lendemain matin, il est temps de pratiquer un sport incontournable de Hongkong, le shopping ! Direction donc la station de Causeway Bay où les boutiques de grandes marques, et une multitude de restaurants ne désemplissent pas en cette période de Noël. Surnommé « les jeux olympiques du shopping », le lieu demande une bonne dose d’énergie et des jambes solides. Il faut se frayer un chemin à travers une foule si compacte que si vous ne jouez pas des coudes, vous risquez de faire du surplace. Dans ce temple de la consommation assumée, il est conseillé de garder la tête froide. Vous n’êtes pas loin de l’imposant Hongkong Convention and Exhibition Centre et de sa promenade où une drôle de faune a élu domicile. C’est le quartier où de jeunes adolescents se déguisent en personnages de mangas japonais et prennent la pause devant la baie de Kowloon. En plein mois de décembre, le soleil brille dans un ciel sans nuages et l’air de la mer permet de respirer après la cohue des centres commerciaux. Vous êtes alors à deux pas de Wan Chai et du port où le Star Ferry appareille depuis plus d’un siècle pour transporter les Hongkongais de l’île de Hongkong jusqu’à Kowloon. Ces navires historiques permettent de découvrir un nouveaupoint de vue sur l’île de Hongkong et Kowloon, dont les gratte-ciel conçus selon les normes du Feng Shui vous dominent alors que le lent roulis du ferry vous berce. Si vous avez le mal de mer, traversez en métro et commencez par descendre à la station de East Tsim Sha Tsui et parcourez la promenade juste au bord de l’eau. Ce n’est certes pas le Walk of fame d’Hollywood Boulevard, mais l’Avenue of Star à Kowloon permet également de marcher sur des « étoiles », celles du cinéma hongkongais.
    Des acteurs comme Maggie Cheung, Jackie Chan ou Chow Yun Fat, des réalisateurs et producteurs comme Tsui Hark, Wong Kar-wai ou John Woo: tous les grands noms de l’industrie cinématographique locale sont présents. Bruce Lee a également droit à une statue, immortalisé alors qu’il semble s’apprêter à donner un coup de pied chassé dans le front d’un opposant. De nombreux touristes de Chine continentale s’arrêtent pour être pris en photo avec celui qui a, le premier, popularisé le cinéma de Hongkong un peu partout sur la planète. Pendant des décennies, l’ampleur de sa production classait ses studios juste après Hollywood et Bollywood.
    Hongkong, qui signifie littéralement le Port aux parfums, n’a pas usurpé son nom. Si vous voulez le vérifier, prenez le métro et arrêtez-vous à la station Prince Edward. Partout le sens olfactif est mis à contribution, mais surtout dans ce quartier, où se presse une foule dense d’acheteurs compulsifs. Dans les nombreux marchés en plein air du quartier, il y en a pour tous les goûts. Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur, comme une petite visite au marché aux fleurs sur Flower Market Road (station Prince Edward, sortie B2). Le pire, comme une petite visite au marché des poissons rouges sur Tung Choi Street North, où l’odeur est si forte qu’on la goûte avec la bouche, autant qu’on la sent avec le nez. On s’émerveille tout de même de la diversité des poissons qui y sont vendus. Un peu plus au sud, le quartier de Mongkok affiche la plus grande densité de population du monde avec 130000 habitants au kilomètre carré.
    Arpenter tous ces marchés creuse l’appétit et justement à proximité se trouve Tim Ho Wan, sur Kwong Wa Street. Ce restaurant de Dim Sum de Kowloon est l’étoilé Michelin le moins cher du monde. Une queue perpétuelle de gourmands patiente afin de goûter les divines bouchées qui sortent de cette cuisine minuscule. Dès que vient son tour et qu’un client pénètre enfin dans la petite salle bondée, son visage s’éclaire, ses yeux brûlent d’une flamme toute particulière : il va enfin pouvoir manger. Prix d’un repas pour deux : 15 euros. À peine installé, tout va très vite : les Dim Sum brûlants atterrissent sur la table à un rythme infernal. Pas le temps de souffler, on est là pour manger. Pas de service pompeux, pas de décoration travaillée. Non, ici, tout se passe dans l’assiette. Il n’y a rien autour des clients, rien qui pourrait les déconcentrer. Ils s’intéressent uniquement à ce qui se passe entre la cuisine et leur table. Le reste n’a aucune importance. Dans cet espace ridiculement petit, cinq serveuses s’occupent de la salle. Il faut dire que ça sort de la cuisine à toute vitesse. Elles ont tout de même le temps de plaisanter avec les clients, la cuisine ou entre elles. Les clients, eux, ne sont pas là pour causer ou s’amuser. Des mines satisfaites, des « mmm » de plaisir, c’est tout. Ici, on se tait, tout mot est vain.
    Afin d’achever dignement ce séjour, rendez-vous à 200mètres au nord de la station Tsim Sha Tsui, afin d’emprunter les ascenseurs de la tour The One pour s’installer sur la terrasse extérieure du Wooloomooloo, au 21e étage du 100 Nathan Road. On sirote un cocktail en pensant à l’avenir de cette anomalie culturelle qu’est Hongkong. On surplombe Kowloon, la mer et l’on jouit d’une vue imprenable sur l’île de Hongkong, Victoria Harbour et sur tous ces immeubles rivalisant par leur taille, leur architecture et la multiplicité de leurs néons multicolores. En ces périodes de fêtes, certains arborent d’immenses décorations de Noël qui brillent et clignotent, colorant la mer de rouge, de jaune, de vert. Au second plan, la colline a pris les dehors de la voie lactée. Tout en bas, les trottoirs sont assaillis, les gens ont des achats plein les bras. Ils sont si loin, si minuscules qu’on se prendrait presque pour un Dieu observant la masse informe de son troupeau. D’ici la ville est étrangement calme, mais c’est un trompe l’oeil. Nous sommes si haut qu’on n’entend ni les Klaxons, ni la musique d’ascenseur aux accents de Noël qui s’échappe des magasins. Partout l’esprit de Noël se mélange avec la culture chinoise et cohabite sans souci avec elle dans les volutes blanches des bâtons d’encens qui se consument devant les temples bouddhistes.
    La Région administrative spéciale conserve pour l’instant son caractère unique, mais son statut particulier est limité dans le temps et en 2047, elle devrait devenir une ville chinoise presque comme les autres. Aujourd’hui, la ville est à la croisée des chemins entre son héritage britannique et son avenir chinois. Mais pour l’instant, Hongkong reste ce lieu hors norme où l’Oriental et l’Occidental se fréquentent, se mélangent et créent une histoire commune. Une histoire à découvrir.

    Samuel DELZIANI

  • France – Espagne : Figueres – Barcelone, 131 km qui changent tout

    Sur la ligne à grande vitesse qui permet de relier Amsterdam à Séville, et plus « modestement » Paris à Barcelone et Madrid, c’était le maillon manquant. Une ligne à grande vitesse traverse désormais l’Europe du nord au sud… exception faite de Nîmes – Perpignan, section que parcourent les rames à grande vitesse à allure réduite. Mardi 8 janvier, Felipe, prince héritier d’Espagne, a inauguré ces 131 km d’une ligne qui bouleverse la carte de la grande vitesse en Europe. La mise en service a eu lieu dès le lendemain. Au programme, dans chaque sens, huit dessertes pour relier au quotidien Madrid, Saragosse, Lleida, Tarragone, Barcelone, Gérone et Figueres. Et un aller-retour pour effectuer le trajet Barcelone – Gérone – Figueres. Plus de deux ans après la mise en service du tronçon Perpignan – Figueres, le 19 décembre 2010, le maillon manquant entre France et Espagne, Barcelone – Figueres, est donc mis en service. Le retard au démarrage est conséquent, puisque la totalité de l’ouvrage de ligne nouvelle entre France et Espagne devait, initialement, l’être… le 17 février 2009.
     

  • Le Japon pratique

    Le Japon pratique

    Formalités
    Les citoyens français et belges peuvent voyager au Japon sans visa pour une période maximum de trois mois. Les Suisses, eux, ont le droit à six mois.

    Y aller
    Compagnies aériennes :
    – JAL : http://www.fr.jal.com/frl/fr/
    – ANA : http://www.ana.co.jp/asw/wws/fr/f/
    Tél. : 0820-803-212
    – Air France : http://www.airfrance.com/indexCOM.html
    Tél. : 36 54 (0,34 €/minute)


    Se loger

    L’hébergement est plutôt cher au Japon, spécialement à Tokyo. Parmi les solutions les moins onéreuses, nous pouvons citer les Ryokans, ces auberges traditionnelles qui, généralement très simples, sont néanmoins très confortables. Pour les plus téméraires, les hôtels capsules sont une institution à Tokyo. Cependant, claustrophobes s’abstenir, ces hôtels sont nommés ainsi car chaque « chambre » est un tube, qui ne laisse de place quasiment que pour un corps allongé. Voici deux adresses que nous vous conseillons, l’une à Tokyo, l’autre à Kyoto.

    • Kimi Ryokan (à partir de 59 euros)
    2-36-8 Ikebukuro, Toshima, Préfecture de Tokyo
    Japon 171-0014
    Tél. : +81-3-3971-3766 – http://www.kimiryokan.jp/
    • Ryokan Shimizu (à partir de 50 euros)
    644 Kagiya-cho, Shichijo dori Wakamiya agaru,
    Shimogyo-ku, Kyoto, Japon 600-8317
    Tél. : +81-75-371-5538 – http://www.kyoto-shimizu.net


    Se restaurer

    Isakaya, kaiseki, sobaya ou encore bars à sushis : il existe toutes sortes de restaurants au Japon. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets : de la soupe de ramen (nouilles chinoises) à 400 yens jusqu’au menu complet dans un restaurant gastronomique de type kaiseki à 20 000 yens. Il n’est parfois pas facile de commander quand le menu est strictement en japonais et sans illustration. Dans ce cas, observez vos voisins et commandez le plat qui vous fait le plus envie. La gastronomie japonaise est mondialement connue. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si aujourd’hui il y a plus de restaurants étoilés par le Guide Michelin à Tokyo qu’à Paris. L’archipel est une destination de choix pour tous les gastronomes de la planète.


    Se renseigner

    Office national du tourisme japonais :
    • Bureau de Paris
    4, rue Ventadour, 75001 Paris
    Tél. : 01 42 96 20 29 – http://www.tourisme-japon.fr/
    • Bureau de Tokyo
    ShinTokyo Building, 1F 3-3-1 Marunouchi,
    Chiyoda-ku, Tokyo
    Tél. : 03-3201-3331

    OT de Tokyo : http://www.yes-tokyo.fr/
    • Bureau de Paris
    Bureau de la promotion du tourisme de la ville de Tokyo en France
    56, rue Saint-Dominique 75007 Paris
    Tél. : 01 40 28 05 24 – E-mail : info• Bureau de Tokyo
    Tokyo Convention and Visitors Bureau
    Kasuga Business Center Bldg. 10 F
    1-15-15 Nishikata, Bunkyô-ku, Tokyo 113-0024
    Tél. : +81 3 5840 8890
    • http://www.gotokyo.org/fr/index.html

    OT de Kyoto :
    • Centre d’information du tourisme de Kyoto
    Gare de Kyoto JR 2e étage Shimogyo-ku, Kyoto
    Tél. : 075-343-0548 – http://www.kyoto.travel/fr/


    Agences de voyages :

    • France : http://www.vivrelejapon.com/voyage-japon/
    Tél. : 01 42 61 60 83
    • Belgique : http://www.peak-experience-japan.fr/
    Tél. : 02 32 53 050
    • Japon : http://www.japan-coachman.com/fr/who/index.html
    http://www.seibutravel.co.jp/fr/index.html

    Guides touristiques :
    • Le Japon vu du train, par Claude Leblanc. Éditions Ilyfunet. 18 euros.
    • Lonely Planet Japon (plusieurs guides régionaux existent également)
    • Guide du Routard Tokyo, Kyoto et environs 2012.

  • Le métro de Tokyo, un défi en soi

    Le métro de Tokyo, un défi en soi

    Le désarroi de celui qui découvre pour la première fois le plan du métro de Tokyo – ou plutôt des métros –, dans l’optique d’aller d’un point A à un point B, n’a rien de feint. Vous pouvez l’observer, l’œil défait, se concentrer sur le plan – une masse de spaghettis informe – plisser les yeux, puis chercher de l’aide, un brin paniqué. Premier souci : la multiplicité des réseaux. Il en existe deux principaux qui fonctionnent avec une billetterie différente : Toei et Tokyo Métro. Les usagers tokyoïtes peuvent également compter sur une ligne circulaire (Yamanote) et des lignes transversales gérées par JR East, qui ne font pas partie du réseau de métro, mais qui permettent de nombreuses correspondances fort pratiques. Si vous comptez vous déplacer beaucoup dans la ville, un certain nombre de pass permettent d’éviter les problèmes de billets. Dans les grandes stations, vous pouvez trouver des guichets à l’intention des touristes étrangers, où l’on dispense des informations en anglais. Partout, les distributeurs automatiques proposent une traduction dans la langue de Shakespeare et les noms des plans sont, la plupart du temps, en caractères japonais et en caractères romains. À noter que si vous vous trompez de montant, vous avez la possibilité de payer l’appoint à la sortie du métro. Bref, passé la première panique, le visiteur étranger s’en sort très bien dans le métro de Tokyo, d’autant plus que le réseau est très dense, il dessert la grande majorité des lieux remarquables, et que l’usage du taxi est rédhibitoire tant le coût en est élevé : il faut par exemple compter entre 150 et 200 euros pour rejoindre l’aéroport international de Narita à partir du centre ! Si vous vous en sortez dans la station de Shinjuku, qui est la gare la plus fréquentée du monde, alors vous êtes parés pour parcourir l’ensemble du réseau !

  • Le Japon vu du train

    Le Japon vu du train

    Les éditions Ilyfunet, une maison d’édition spécialisée dans les publications sur le Japon, ont édité la bible du voyage ferroviaire dans l’archipel. Le Japon vu du train, de Claude Leblanc, offre, en plus d’une réflexion sur le rapport qu’entretient le pays avec son réseau ferroviaire, une description de près de 40 lignes à travers tout le pays. Vous trouverez notamment de nombreux exemples d’Ekiben (boîte-repas, plus d’informations ci-dessous), avec leur prix et leur composition, des adresses de restaurants et d’hôtels, ainsi que des infos sur les lieux à visiter. Un guide essentiel que vous pouvez trouver dans notre boutique.

    Le Japon vu du train, par Claude Leblanc. Éditions Ilyfunet. 18 euros.

    L’ekiben, le bento du voyageur

    L’eki-uri-bento, littéralement le bento (un panier-repas esthétique où chaque compartiment accueille un mets différent) vendu en gare, ou ekiben, est plus qu’un simple déjeuner pour voyageur pressé. Il permet, en attendant le train ou le temps d’une correspondance, de s’offrir une fenêtre sur une culture culinaire régionale, très marquée dans l’archipel. Apparu à la fin du xixe siècle avec la naissance du chemin de fer nippon, il a connu son heure de gloire dans les années 70. Avec l’arrivée de la LGV, les temps de trajet se raccourcissant, l’ekiben a perdu de son utilité. Il n’empêche, vous en trouverez dans toutes les gares qui proposent des trajets longues distances. Il vous en coûtera entre 700 et 1 200 yens (7 et 12 euros) pour un repas individuel complet, préparé le jour même avec des produits frais. Souvent composé de riz, de poisson, de porc ou de poulet, il participe au plaisir du voyage en train, alors prenez le temps de choisir le vôtre avant de monter à bord !L’ekiben, le bento du voyageur

  • Les « Petits Gris » adjugés, vendus  au profit des Restos du cœur

    Les « Petits Gris » adjugés, vendus au profit des Restos du cœur

    Morceaux choisis des années 60 : les acheteurs se sont bousculés le 18 décembre pour acquérir aux enchères des pièces détachées des fameux « Petits Gris » qui ont fait si longtemps le quotidien des banlieusards et des cheminots. Une vente organisée par la SNCF au profit des Restos du Cœur qui a rapporté plus de 45 000 euros.

    Nostalgie, quand tu nous tiens… Le 18 décembre, il y avait foule sous le barnum installé cour de Rome devant la gare Saint-Lazare pour la vente aux enchères de pièces détachées des fameux « Petits Gris », ces rames en Inox, les Z 6100, qui, après avoir sillonné la banlieue Nord depuis 1965, tirent leur révérence. Les mises à prix variaient de 5 à 100 euros pour les objets : banquettes simples ou doubles en Skaï orange ou customisées par des designers, porte-bagages, plaques d’immatriculation de locomotive, phares, portes, hublots, marchepieds, lavabos, grands et petits sifflets et autres pièces détachées dont un, et un seul, siège de conducteur. Les 180 lots mis en vente au profit des Restos du Cœur ont tous trouvé preneur et la vente menée par Me Ludovic Morand et Me Romain Revol, commissaires-priseurs, a rapporté la coquette somme de 45 530 euros. De quoi ravir Véronique Colucci, présidente de l’association caritative, et Guillaume Pepy, qui s’est réjoui tout d’abord de l’affluence sous le chapiteau, puis du succès obtenu grâce « aux amateurs d’objets ferroviaires, aux fans du vintage et aux personnes venues simplement pour accomplir un geste de solidarité. » Il y avait tant de monde que le barnum s’est révélé trop petit. On a donc ouvert les portes et la vente s’est déroulée simultanément sous le chapiteau et sur le parvis pour ceux qui n’avaient pu entrer. La pièce vendue au prix le plus élevé est une banquette double à quatre places, partie à 2 000 euros. Une paire de portes extérieures a atteint 950 euros, une porte hublot 500… Les restaurateurs et les commerçants en quête de mobilier vintage côtoyaient collectionneurs et nouveaux amateurs de déco industrielle. Tel ce jeune homme acquéreur d’un signal d’alarme pour 300 euros (« Un objet un peu décalé pour mon appartement ») ou cet habitant du Val-d’Oise ravi de son acquisition, pour 440 euros, d’un porte-bagages, « vestige » des trains qu’il a emprunté des années durant sur la ligne H. Une jeune mère de famille est repartie avec une banquette quatre places : « C’est pour la chambre des enfants, j’y accolerai leurs bureaux de part et d’autre ». Présent du début à la fin, Dominique Le Goffic, cheminot chargé de la maintenance et de l’entretien des Z 6100 au dépôt de la Chapelle depuis plus de vingt ans, affichait un grand sourire. « Ces trains sont de vrais monuments historiques ! »

    Anne JEANTET-LECLERC

    Adieu, rames Inox, version Z 6100
    C’est aux années 1930 que remontent les premières rames Inox de la banlieue parisienne. Elles devaient être retirées du service le 31 décembre dernier en version Z 6100 à courant alternatif, alors que les rames Z 5300 à courant continu, elles, poursuivent leur carrière sur les lignes N, D et R du réseau Transilien, d’où elles devraient disparaître en 2016. En effet, la SNCF reçoit en 1938 les automotrices Z 3700, les premières à caisse Inox réalisées par Carel et Fouché selon le procédé américain Budd – d’où le surnom de rames Inox qu’elles porteront longtemps. En 1953, apparaissent sur les lignes de banlieue les Z 5100, dérivées des « Budd » d’avant guerre, suivies des Z 5300 à partir de 1965, du moins sur les lignes électrifiées en courant continu. Car parallèlement, sur les lignes en 50 Hz, apparaissent les Z 6100, suivies d’une version « courte » : les Z 6300.
    Carel et Fouché poursuivront la livraison des automotrices Inox jusqu’en 1975. Viendra ensuite le temps des réformes : 1985 pour les Z 3700, 1998 pour les Z 5100 (après un détour sur la ligne en troisième rail de Puteaux à Issy-Plaine), 2008 pour les Z 6300… Il faudra attendre l’arrivée des nouveaux trains Francilien, fin 2009, pour réformer les Z 6100 et 5300. Mais ces automotrices, familières à des générations de banlieusards, ne disparaîtront pas sans laisser de traces : une Z 6100 sera envoyée prochainement à la Cité du train de Mulhouse pour y être exposée. Une autre sera confiée à une association de passionnés des « Petits Gris » créée sur Paris-Nord en 2011 (Association pour la préservation d’un « P’tit gris » du Nord).

    Patrick Laval

    © E. Bernard/SNCF Transilien, D. Santrot/SNCF Transilien, F. Fénino/Photorail SNCF

  • Japon Rail Pass et billets de train

    Japon Rail Pass et billets de train

    Depuis la construction en 1872 de la première ligne de chemin de fer entre Tokyo et le port de Yokohama (28 km), le réseau japonais n’a cessé de se développer. Aujourd’hui, l’archipel est parcouru par plus de 23 000 km de voies, dont 7 000 dédiées à la grande vitesse.
    À l’instar du logement, les transports sont chers. Mais le visiteur étranger a la chance de pouvoir acheter un pass qui lui permet de prendre la grande majorité des trains de l’archipel pendant une durée limitée (7, 14 ou 21 jours). Il existe également des pass régionaux, moins onéreux mais plus restrictifs. Les enfants de moins de 5 ans voyagent gratuitement et pour 50 % du prix pour les petits voyageurs de 6 à 11 ans. À noter que seuls les touristes étrangers ou les Japonais résidant à l’étranger ont le droit d’acheter un tel sésame. Vous pouvez prendre tous les trains de Japan Railway, à l’exception du Nozomi. Vous pouvez également emprunter le Narita express qui relie l’aéroport international de Narita au centre de Tokyo. Beaucoup moins rapides, mais confortables et pratiques, les trains de nuit sont une bonne option pour les trajets plus longs, ils permettent notamment d’économiser une chambre d’hôtel. Vous pouvez acheter votre pass en France dans les agences de voyages spécialisées. Si vous n’avez pas de pass et que vous souhaitez acheter un billet longue distance, rendez-vous au Midori-no-madoguchi, le « guichet vert » de Japan Railway, vous en trouverez dans toutes les grandes gares.

    Renseignements : http://www.japanrailpass.net/fr/fr001.html

  • De Tokyo à Kyoto en Shinkansen

    De Tokyo à Kyoto en Shinkansen

    En 1922, Albert Londres vient suivre la visite officielle du maréchal Joffre à Tokyo et demande à être conduit au bout de la ville, mais comme il le découvre : « Tokyo n’avait pas de bout. Ce ne serait rien qu’elle n’eût pas de bout, mais elle n’a pas de centre. Qu’elle n’eût pas de centre, on s’en passerait ; mais elle n’a ni tête, ni jambes, ni foie, ni rate. Monstre pour Barnum, Tokyo n’est pas une capitale, c’est un rêve de fièvre chaude. Elle désorienterait la boussole elle-même. Dans sa rose des vents, on ne voit pas trente-deux parties, comme on devrait, mais trente-six chandelles. » Quatre-vingt-dix ans après, notre boussole personnelle de gaijin (étranger en japonais) reste désorientée. Rien ne prépare à la découverte de Tokyo. La modernité a définitivement pris ses quartiers dans cette mégalopole sans fin, sans fond. Ville verticale, chaque îlot recèle des secrets à tous les étages. Donc forcément, visiter Tokyo, c’est d’abord faire des choix.
    Nous débuterons notre visite par Tsukiji, le plus grand marché de poissons du monde. Le lieu mérite qu’on se lève à l’aube afin de se confronter à l’imposant ballet des Fenwick, des clients et des vendeurs qui, en quelques heures, vont s’échanger des quantités astronomiques de produits de la mer. Lorsqu’on visite le hall géant, il faut esquiver les projections des poissons qu’on découpe, éviter les chariots qui filent dans les allées et mobiliser ses connaissances pour reconnaître les espèces mises en vente : on trouve ici plus de 450 sortes de poissons, coquillages et crustacés qui proviennent de toutes les mers de la planète. Il faut également essayer d’être discret, ne pas déranger les professionnels souvent exaspérés par les groupes de touristes bloquant les allées pour quelques photos. Le poisson n’est pas là pour prendre la pause, mais pour satisfaire l’appétit insatiable des Japonais pour tout ce qui vient de la mer. Avec un peu de chance, vous pourrez assister à une vente aux enchères. Plus de 56 millions de yens (572 000 euros) : voici la somme record a laquelle a été vendu un thon rouge de 269 kg (thunnus thynnus) en janvier dernier ! Après quelques heures passées dans le marché, c’est le moment de déguster des sushis, malgré l’heure matinale. Dans la rue Uogashi Yokocho qui part de l’entrée principale, vous trouverez de nombreux restaurants spécialisés dans le poisson cru. Installez-vous au comptoir et choisissez en observant le maître sushi à l’œuvre. Avec un peu de chance, il vous fera découvrir des saveurs inaccessibles chez nous. Ainsi, le cuisinier saisit une fine tranche de toro (la ventrèche), la partie la plus prisée du thon rouge, la saupoudre de fleur de sel et, équipé d’un petit chalumeau, il la grille rapidement sur les deux faces, le cœur restant cru, et en fait un sushi qu’il nous offre gracieusement. Un grand moment de bonheur gourmand.
    Rassasié, c’est le moment de s’enfoncer dans le métro et filer vers le nord, vers Akihabara, un quartier surnommé « la ville électrique », à deux pas de la gare de Tokyo. C’est la capitale mondiale du shopping informatique, des nouvelles technologies, des gadgets hi-tech les plus superflus aux figurines de manga les plus essentielles : le quartier est le paradis du geek. Akiba, comme le surnomment les Tokyoïtes, est toujours noir de monde, on peine à se déplacer, heureusement d’immenses enseignes lumineuses agissent sur le visiteur, comme le phare sur le marin, et permettent de se repérer. Devant les magasins, des aboyeurs rivalisent de bagout et surtout de décibels pour attirer le chaland. Attention, au bout de quelques heures, tous les sons, toutes les lumières, toute cette foule donnent le vertige et bientôt on frôle la crise d’épilepsie.
    Impossible de visiter tous les quartiers de la mégalopole, mais ils ont tous une identité propre et mériteraient tous que l’on s’y attarde. Pour éviter la cohue des Ginza, et ses enseignes de luxe, Shibuya, et son célèbre passage piéton, et autre Harajuku, le quartier où les adolescents se déguisent comme leur héros de manga préféré, il existe des quartiers plus secrets où il est bon de flâner. Notamment à Lidabashi, un de ces quartiers où Tokyo change d’échelle. Les immeubles dépassent rarement les quatre étages, les ruelles en pente et les petits bars en font une sorte de Montmartre d’Extrême-Orient. N’hésitez pas à passer les portes de ces établissements minuscules où le patron s’affaire pour servir les clients installés au comptoir. C’est l’occasion de s’immiscer dans la vie du quartier quand, après le travail, les habitués viennent discuter autour d’un verre. Ces petits restaurants, qui ne comptent souvent pas plus d’une demi-douzaine de couverts, sont les héritiers de ces restaurateurs ambulants qui tenaient le pavé avant que cette modernité radicale s’empare de la ville. Ici, vous vous perdrez probablement, et c’est tant mieux : c’est le meilleur moyen de découvrir cet endroit.
    Asakusa, est un autre quartier où subsiste un Tokyo à « taille humaine ». Derrière Sensoji, l’imposant temple bouddhiste très visité le week-end, vous trouverez une rue commerçante, Nakamise, dont l’histoire remonte à plusieurs siècles, où vendeurs d’habits traditionnels, de souvenirs cohabitent avec de petites échoppes proposant toutes sortes de délices aux acheteurs affamés. L’heure pour nous de rejoindre la gare afin de partir vers la capitale du Kansai : Kyoto.
    La gare de Tokyo est le cœur névralgique du maillage ferroviaire. Récemment rénovée, elle a été construite en 1914 sur le modèle de la gare centrale d’Amsterdam. Vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin avant le départ. Notamment cette spécialité des gares nippones, les ekiben, ces paniers-repas de cuisine régionale, constitués de produits frais et bon marché (voir encadré page précédente).
    Aux heures de pointe, les Shinkansen entre Tokyo et Kyoto s’offrent des fréquences de RER. Pendant cette période, un train quitte en effet les quais toutes les quinze minutes. C’est à bord du Shinkansen N 700, le tout dernier modèle circulant sur le réseau de JR West, que nous montons. L’immensité de la capitale se comprend bien mieux quand on essaye de lui échapper en prenant le train. On attend impatient les premiers faubourgs, le moindre espace dans le tissu urbain. On attend longtemps. Puis les premiers champs apparaissent, les premières collines couvertes de forêt adoucissent le paysage, mais dès que le relief le permet chaque parcelle de terrain est cultivée ou construite. Grande vitesse oblige, le trajet est court : 2 heures 40. Juste le temps d’interpeller la vendeuse ambulante qui passe à travers les voitures en poussant un chariot chargé de plateaux-repas, de sandwichs, de thé vert et de bières Asahi ou Kirin. Pour les fumeurs, les trains les plus récents mettent à disposition des espaces où deux personnes peuvent tenir, avec des aérations qui, bien que silencieuses, se révèlent très efficaces. Les trains les plus anciens proposent toujours des voitures où le tabac reste toléré.
    En gare de Kyoto, on est accueilli dès la sortie par une sculpture d’Astro Boy, célèbre personnage d’un manga des années 50. Le bâtiment, inauguré en 1997, est immense et abrite non seulement une gare, mais également un centre commercial, un hôtel et de nombreux restaurants. Cette modernité détonne avec la ville elle-même, un sanctuaire de la culture japonaise traditionnelle. Une ville où, aujourd’hui encore, il est possible d’entendre, dans le quartier de Gion, le cliquetis des socques d’une geisha (appelée geiko à Kyoto) pressée, c’est la petite musique d’un Japon immuable, d’une culture millénaire indifférente à la mondialisation.
    Kyoto fut la capitale de l’empire japonais de 794 à 1868, année où l’empereur Mutsuhito a déclaré l’ouverture de l’ère Meiji (l’ère des Lumières) et qui marque la fin de l’isolement géographique, politique et culturel du pays. De ce passé glorieux, Kyoto a gardé un héritage dense et les milliers de temples bouddhistes, zen et ésotériques, et de sanctuaires shintoïstes (religion polythéiste qui n’existe que sur l’archipel) le déclinent en autant de styles architecturaux spécifiques.
    Les jardins sont une expression essentielle de la culture japonaise. À Kyoto, vous en verrez parmi les plus célèbres de tout le Japon. Autour des temples, des tombeaux shintoïstes, bref, autour d’un grand nombre de monuments historiques, ces jardins ont la plupart du temps une symbolique forte. Parmi, les plus étonnants pour le visiteur étranger, les karensansui, sont des « jardins secs » de graviers, de mousses, de sable et de rochers que l’on trouve souvent à proximité des temples zen. Celui de Ryoan-ji, un monastère zen du nord-ouest de la ville, est probablement le plus connu.
    Afin de pénétrer, un peu l’âme de cette ville, une visite au marché couvert de Nishiki s’impose. Vous y trouverez les produits gastronomiques et l’artisanat qui font la réputation de la ville dans tout le pays. Des spécialistes du thé sauront vous expliquer toute la finesse et la complexité d’un breuvage toujours très populaire (essayez le genmaisha, un thé vert parfumé aux grains de riz grillés). Plusieurs échoppes vendent des sélections impressionnantes de tsukemono, ces légumes marinés salés qui sont de presque tous les repas japonais. Il est possible de tous les goûter avant d’acheter et les clients se serrent autour des bols, avancent doucement comme dans une procession, saisissant ici un morceau de concombre, là un morceau d’osinko, échangeant avec leurs condisciples en gourmandise des soupirs de bonheur.
    Aujourd’hui, de nombreux sites de la ville sont entrés au Patrimoine mondial de l’Unesco, c’est notamment le cas du château Nijo-jo et de seize temples comme le Kiyomizu-dera ou le fameux Kinkaku-ji, le « pavillon d’or ». Ce temple est d’ailleurs l’un des plus visités (et photographiés) du Japon. Il s’élève d’un étang, cerné d’un magnifique jardin, et lorsqu’au coucher du soleil il se dédouble dans le plan d’eau, l’émotion est immédiate.
    Visiter tous les temples, tous les jardins, tous les châteaux nécessiterait probablement plusieurs mois, mais déjà, nous devons rejoindre la gare et remonter à bord du Shikansen. Alors que la nuit prend possession de Kyoto, le train démarre et le regard se perd dans les ombres de la ville qui s’effacent au fur et à mesure que le Shinkansen accélère. Le voyage touche maintenant à sa fin. Le trajet de retour offre l’occasion de faire le point. Le charme du Japon réside aussi dans la complexité de sa culture et l’impossibilité pour le gaijin d’en comprendre tous les codes, toutes les subtilités. Et c’est tant mieux, ça vous oblige à y revenir. Pris par le sentiment de n’avoir effleuré que la surface de l’âme japonaise, ce haïku du grand poète Bashô, rassure :

    Devant l’éclair
     – sublime est celui
    qui ne sait rien !

    Samuel Delziani

  • Languedoc-Roussillon. Nîmes – Perpignan : la « ligne malade » va beaucoup mieux

    Languedoc-Roussillon. Nîmes – Perpignan : la « ligne malade » va beaucoup mieux

    Janvier 2011 : Guillaume Pepy place l’axe Nîmes – Perpignan parmi les douze « lignes sensibles » du réseau, suite à une calamiteuse série de retards. L’année précédente, cet axe majeur du Languedoc-Roussillon affichait 82,3 % de trains à l’heure, soit près d’un sur cinq en retard. Pire, en août 2010, seuls 73,5 % des circulations respectaient l’horaire, soit plus d’un train sur quatre en retard. En février 2011, la direction régionale SNCF de Montpellier nommait un chef de projet « ligne sensible » réunissant dix-sept dirigeants. Une multitude d’actions internes étaient lancées, accompagnées d’initiatives avec des acteurs extérieurs. Depuis, la régularité a déjà gagné six points, « la meilleure augmentation de toutes les lignes sensibles. Elle permet d’afficher 9 trains sur 10 à l’heure », explique Philippe Le Bras, le chef de projet. Le taux de satisfaction des voyageurs a gagné 14 points en un an, à 91,4 %. Le chiffre de suppression de trains-kilomètres a chuté de 50 %. Le malus imposé par le conseil régional à l’activité TER s’est éteint. Tout cela malgré un graphique saturé, un trafic en hausse de 20 % en deux ans, des installations anciennes (sept postes sur 9 km pour la gare de Nîmes) et une urbanisation galopante qui favorise les incidents de personnes. Cette réussite a représenté l’activité Proximité de la région de Montpellier aux Trophées du groupe SNCF. Les outils du redressement ont d’abord consisté à fiabiliser les circulations en amont, pour prévenir défaillances techniques ou absences de personnels. La remise des engins moteurs est renseignée 60 min avant le départ. Les TER chargés sont désignés « trains drapeaux », avec « bouclage des ressources » (personnels, matériel) 24 heures avant le service, priorité absolue sur le graphique, scénarios de repli en cas d’incident, « des mesures de maintenance destinées à empêcher absolument qu’un même incident de matériel impacte la circulation deux jours consécutifs », dit Jesus Sanchez, directeur de l’activité TER à Montpellier. Pour optimiser la maintenance : à Perpignan, une antenne du Technicentre régional de Nîmes a été ouverte et on a rapatrié la maintenance des engins thermiques de Toulouse à Nîmes. Les causes de retard liées à l’infrastructure ont été cartographiées pour améliorer la réactivité. L’ultime voie hors gabarit fret dans la peu capacitaire gare de Nîmes a été mise à niveau pour recevoir les convois. RFF agit contre les intrusions, les suicides, les accidents rail-route, les vols de câbles et batteries, et ces feux qui, en août 2010, ont sinistré la ligne. Le propriétaire des voies a posé 15 km de clôtures et systématisé la télésurveillance des passages à niveau. La gendarmerie opère une surveillance héliportée de l’axe. Des brûlages dirigés ont été entrepris avec les pompiers. Et ce n’est pas fini. Outre une concertation mensuelle avec les associations d’usagers et des petits-déjeuners avec un panel de « pendulaires », SNCF et RFF voient plus loin. Un comité de pilotage mensuel pour l’infrastructure est créé, avec une priorité : le diagnostic du vieux pont levant de la Bordigue à Sète. Qu’il se bloque en position haute et 200 circulations quotidiennes sont paralysées.

    Michel Gabriel LEON