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Catégorie : Fret
L’actualité du fret ferroviaire en France et dans le monde.

Nouveau hors-série disponible ! (n°39)
Au sommaire de ce hors-série spécial Grand Est (1re partie) :
Des années 50 à nos jours
Un réseau très actif qui se modernise
Des origines aux années 50
implantation et développement du chemin de fer
Cité du train
200 ans d’histoire du rail
Le train Thur Doller Alsace
Les partenaires de la Cité du train
En savoir plus en cliquant sur la couverture :

En terre picarde, de Creil à Amiens
Creil – Amiens, section méridionale de l’artère Paris – Lille, a connu une forte activité marchandises du temps de la vapeur avec le transport de pondéreux provenant du bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais. L’ouverture de la LGV Nord-Europe puis le développement de l’offre TER ont redéfini le transport de voyageurs aujourd’hui dominant, le transit fret se maintenant à un bon niveau.
Tronçon méridional de 80 km de la grande artère Paris – Lille de la Compagnie du Nord, portant le n° 272 au catalogue du RFN, c’est une des plus anciennes lignes de la puissante compagnie, car ouverte à double voie en 1846. Empruntée également par les convois vers les ports du littoral de la mer du Nord, traversant les départements de l’Oise et de la Somme, elle a un passé chargé avec les trois guerres successives ayant touché le nord de la France.
Après un siècle de présence sans partage de la traction vapeur et l’amenuisement des trafics lourds de pondéreux issus du bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais, elle a connu les heures glorieuses du monophasé, puis s‘est vue privée d’un coup des liaisons grandes lignes converties en TGV utilisant la LGV Nord-Europe. Si aujourd’hui les circulations TER de la région des Hauts-de-France dominent son activité avec des déplacements de clientèle en hausse orientés vers la capitale, le transit du fret n’est cependant pas marginal. Elle reste à tout moment une soupape de sûreté pour accueillir en détournement éventuel les TGV vers Lille et la Belgique lors d’incidents sur la LN 3 heureusement rarissimes.
De la nationalisation à l’électrification
Le 1er janvier 1938 la section de ligne Creil – Amiens passe au compte de la nouvelle région Nord de la SNCF avec gérance par les arrondissements de Paris-Nord et d’Amiens. Quatre TAR fonctionnent, l’un desservant Longueau comme deux des express Paris – Tourcoing, Dunkerque, économisant le tête-à-queue d’Amiens. En hiver un rapide relie Brigue à Calais-Maritime via la Petite Ceinture.

Les bonnes nouvelles pour le fret
Le Plan de relance de juillet 2020 accorde une place importante au fret ferroviaire, l’objectif étant de doubler la part de ce mode de transport d’ici à 2030. 1,35 milliard d’euros vont être consacrés notamment à des projets d’installations terminales, à l’adaptation d’infrastructures et au verdissement du parc des locomotives.
Dans le Plan de relance gouvernemental dévoilé en juillet 2020 par le président de la République, un volet important concerne le fret ferroviaire. Le constat est sans appel : alors qu’il consomme six fois moins d’énergie et émet neuf fois moins de CO2 que la route, la part du ferroviaire a chuté de 18 à 9 % en 20 ans. Il y a pourtant une légère hausse du marché total de transport de fret. C’est la route qui en profite. L’arrivée de la concurrence au début des années 2000 ne réussit pas à inverser cette courbe descendante. Pour l’essentiel, ce sont les marchés existants qui sont partagés. L’objectif affiché est de doubler la part du fret ferroviaire d’ici 2030. Le défi est important.
L’été 2020, de premières mesures sont prises. Les péages sont annulés pour le second semestre 2020 ou plus exactement financés à hauteur de 63 millions d’euros par l’État. Et ils sont réduits de moitié en 2021, l’autre moitié étant payée par l’État.
Le 13 septembre est publiée la stratégie nationale pour le développement du fret ferroviaire. Elle s’articule autour de cinq axes principaux : le transfert modal, une composante ferroviaire dans la logistique d’approvisionnement des métropoles, le développement des infrastructures et des pôles multimodaux, le développement de corridors de fret ferroviaire transnationaux et le développement des dessertes ferroviaires des ports. Le document énonce ensuite les pistes sur lesquelles il faut travailler.

Nouveau numéro disponible ! (Décembre 2021)
Le numéro 290 est arrivé !Au sommaire de ce numéro :? TER. La SNCF perd Marseille – Nice. Concurrence, état des lieux? Les dernières rames tractées sur la ligne du Bourbonnais? Les projets SNCF pour développer Ouigo? Les bonnes nouvelles pour le fret? En terre picarde, de Creil à Amiens? Une suite rapide pour les caténaires? Vidéo en ligne : De Paris à Nevers. En ligne sur le Bourbonnais (2e partie)? etc.
ArcelorMittal et le fret ferroviaire en France
Alors qu’un plan de relance du fret ferroviaire vient d’être annoncé par le gouvernement et que des volontés de report modal se font jour, partons à la découverte des trains de fret mis en marche pour une entreprise qui recourt déjà massivement à ce mode de transport : ArcelorMittal. Sidérurgiste de niveau mondial, le groupe fait circuler pour ses besoins industriels de nombreux trains et son opinion sur le fret et le ferroviaire doit être entendue…
S’il y a bien une entreprise qui croit en l’avenir du fret ferroviaire, c’est Arcelor- Mittal. L’entreprise, créée en 2006 suite au rachat de l’aciériste Arcelor par le groupe Mittal, a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires mondial de 53,3 milliards de dollars (soit près de 46 milliards d’euros). Elle emploie en France 15 500 personnes dont 800 chercheurs répartis sur 40 sites de production, plusieurs centres de distribution et trois centres de Recherche et Développement. Pour ses besoins intersites mais également pour la livraison de produits finaux à ses clients, le sidérurgiste a recours au fret ferroviaire depuis de longues années maintenant. L’entreprise assume ce choix car « les usines, nous explique Arnaud Desmonts, responsable de la Conception multimodale de la société, sont organisées pour pouvoir charger de grande quantité de wagons et la capacité des autres modes de transport est limitée » mais également parce que « le fret ferroviaire contribue à améliorer la performance énergétique » de l’entreprise avec un objectif de diminution des émissions de gaz à effet de serre de 30 % d’ici 2030 en Europe et la neutralité carbone en 2050.
Pour bien montrer l’importance d’Arcelor- Mittal pour le fret ferroviaire, Arnaud Desmonts nous rappelle que l’entreprise est parmi les premiers chargeurs de fret ferroviaire dans plusieurs pays : la France, l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg ainsi que la Pologne. On conçoit donc aisément le poids en termes de marché mais également en termes de tonnage de la société car ArcelorMittal remet de gros volumes au rail, notamment depuis le hub de Dunkerque-Grande-Synthe.

Vectron. Une locomotive intra-européenne
En une décennie, la nouvelle gamme de locomotives construites par Siemens a envahi l’Europe et concurrence la grande famille des Traxx de Bombardier. Plus de 1 100 locomotives de type Vectron ont été vendues pour plus d’une cinquantaine de compagnies ferroviaires dans 20 pays européens. Ces engins s’affranchissent des différences nationales et sont flexibles, un vœu pieux de la Commission européenne.
Depuis la fin des années 80, la Communauté européenne entreprend des réformes successives pour ouvrir les frontières, favoriser les échanges de biens et de personnes entre les pays membres. Cette même volonté politique prône un « espace ferroviaire unique européen ». Ces mesures, à l’origine du traité de Rome de 1957, mettent fin aux monopoles étatiques et ouvrent le monde ferroviaire à la concurrence et aux entreprises privées.
Dans les années 90, la signature du traité de Maastricht acte la mise en place d’un Réseau transeuropéen de transport (RTE-T) et fonde les neuf premiers corridors ferroviaires européens.
Ces corridors sont conçus pour harmoniser les équipements, les infrastructures, les réglementations et la gestion du trafic entre les différents réseaux ferroviaires qui les traversent.
Les EuroSprinter
C’est dans ce contexte que le constructeur Siemens, au début des années 90, développe le programme des EuroSprinter. Ce dernier doit répondre au besoin d’une locomotive multiprotocolaire pour transiter sur toute la longueur d’un corridor européen.
Ce programme a pour ambition de concevoir des locomotives d’une puissance de 6400 kW, avec la fonction d’assurer les services voyageurs à grande vitesse aussi bien que des trains de marchandises lourds. Le tout pouvant circuler sur plusieurs réseaux, avec des tensions électriques et équipements de sécurité différents.

L’ERTMS sur les lignes Arezzo – Stia et Arezzo – Sinalunga de Rete Ferroviaria Toscana
En Italie, l’ERTMS est utilisé uniquement sur les lignes à grande vitesse et sur quelques sections du réseau ferré. L’adoption de ce système de gestion du trafic pour deux lignes régionales montre le début d’un changement de politique prenant en compte le rôle de ce type d’infrastructure dans la réduction du trafic routier.
Le chemin de fer Arezzo – Stia relie Arezzo à la partie septentrionale de sa province par un par- cours de 44 km dans la vallée du Casentino jusqu’à la ville de Stia, proche de la Romagne. La ligne a été ouverte à l’exploitation en 1888 et électrifiée en 1954 en courant continu 3 000 V, comme aux FS, auxquels elle se raccorde en gare d’Arezzo.
La ligne Arezzo – Sinalunga (40 km), nommée aussi Chemin de fer de la vallée de Chiana, a été inaugurée en 1930, elle dessert des communes au sud d’Arezzo. Cette ligne est électrifiée en 3 000 V cc et se raccorde, comme la précédente, à la gare RFI (Réseau ferré italien) d’Arezzo et à celle de Sinalunga dans la province de Sienne.
Le dépôt, commun aux deux lignes, tout comme le matériel roulant, se trouve en gare d’Arezzo-Pescaiola, à la périphérie d’Arezzo. Le matériel roulant confié au service voyageurs a beaucoup évolué au fil des ans. Souvent ex-FS, il a été modifié afin de s’adapter aux exigences locales, et récemment il a connu un important renouvelle- ment et une certaine unification. Le parc comprend :
• quatre ETR « Minuetto », puissance horaire 1 200 kW, vitesse maximale 160 km/h;
• trois ETR « Jazz », puissance horaire 2 000 kW, vitesse maximale 160 km/h;
• deux rames Ale 801 + Le 108 + Le 108 + Ale 940, ex-FS, puissance horaire 2 x 4 x 262 kW, vitesse maximale 140 km/h;

Railcoop poursuit son chemin
Depuis juin dernier, la coopérative Railcoop a progressé sur de nombreux plans pour la mise en place de ses futurs services ferroviaires sur le Réseau ferré national. De nouveaux collaborateurs issus de la SNCF et de nouveaux sociétaires (notamment le syndicat ferroviaire du Livradois- Forez) ont rejoint la coopérative. La première assemblée générale a validé le capital social suffisant pour obtenir la licence d’entreprise ferroviaire et la demande de licence a été déposée durant l’été, tout comme celle du certificat de sécurité unique. L’instruction de ces deux documents est en cours par les services concernés. Durant l’été, la coopérative a conclu un accord avec l’organisme de formation ferroviaire agréé par l’EPSF Digirail et a également lancé une levée de fonds via la plateforme collaborative Lita.co. Finalement, 509 100 euros ont été réunis et le capital social est maintenant d’environ 3 millions d’euros(1). À ce jour, plus de 9 000 sociétaires sont membres de Railcoop.
Pour les services voyageurs, les sillons du Lyon – Bordeaux ont été commandés. À leur rendu par SNCF Réseau, plusieurs ajouts d’arrêts pourront être confirmés, notamment Thiviers et Lyon-Perrache. L’opérateur justifie le choix de Lyon-Perrache comme tête de ligne au lieu de Lyon-Part-Dieu comme annoncé en juin dernier par plusieurs raisons : la saturation de la gare de Part-Dieu, l’intermodalité de la gare de Perrache (transports urbains mais également des TER pour Saint-Étienne, Saint-André-le-Gaz, Valence ou Mâcon ne transitant pas par Part- Dieu), sa présence sur l’itinéraire reliant Part-Dieu au dépôt de Lyon-Vaise où aura lieu le plein de gasoil du train de soirée ou de matinée. La dernière raison est la présence dans le plan de transport futur d’un Montluçon – Lyon- Part-Dieu – Lyon-Perrache – Limoges, effectuant une boucle à 180° sans rebroussement dans le noeud lyonnais.
Toutes les circulations seront assurées par neuf X 72500 tricaisses ex-Rhône-Alpes, les négociations pour leur cession à la coopérative sont en cours. Une fois celles-ci abouties, Railcoop pourra procéder à leur rénovation et les sociétaires pourront commencer l’élaboration de leur future livrée.
Conformément à la législation sur l’ouverture à la concurrence, les nouveaux entrants dont fait partie Railcoop ont droit à des espaces dans les gares qu’ils desserviront. La coopérative nous confirme qu’ils seront tous équipés d’un guichet de vente tenu par du personnel.
Conformément au principe d’une coopérative, plusieurs cercles de réflexion existent au sein de celle-ci. On citera les cercles modélisme ferroviaire, services en gare, restauration à bord, les cercles locaux de Lyon et Bordeaux ainsi que le cercle SA 2023. Ce dernier cercle a ainsi planché sur de nouvelles lignes. Plusieurs critères ont été pris en compte par les sociétaires (contraintes d’exploitation, impact environnemental, possibilité de correspondances entre les lignes pour créer un réseau Railcoop, temps de trajet des liaisons…). Ces réflexions ont conduit la coopérative à déposer auprès de l’Autorité de régulation des transports (ART) des notifications pour neuf nouvelles lignes pour le SA 2023 (voir carte).
Tout comme le Lyon – Bordeaux, ces lignes créent des connexions qui n’existent pas ou peu avec l’offre ferroviaire actuelle, comme Annecy – Marseille via la ligne des Alpes ou Le Croisic – Bâle via Dijon. Deux AR par jour ont été demandés sur l’ensemble de ces lignes et des X 72500 en UM2 ou en US pour les missions avec coupe/ accroche sont annoncés. Ce choix nous est justifié par Railcoop car lors de la notification à l’ART il est nécessaire de désigner un matériel de référence et les X 72500 sont pour l’instant la seule piste avancée. Railcoop rappelle néanmoins que les recherches de matériel roulant continuent et que le dépôt de ces demandes ne garantit pas un lancement effectif au SA 2023, qui dépendra d’autres critères comme la possession effective de matériel roulant et l’éventuelle concurrence avec des services TER, la notification courant jusqu’en 2026. On notera d’ailleurs que la région Bourgogne- Franche-Comté et Île-de- France Mobilités ont déposé une saisine pour les liaisons traversant leur périmètre administratif.
Concluons sur un aspect souvent oublié de la coopérative : son premier train de fret circulera le 15 novembre prochain. Rail Passion a pris rendez-vous pour assister à la circulation de ce premier train entre Viviez-Decazeville et le triage de Toulouse-Saint-Jory…
(1) Cette levée de fonds a d’ailleurs été la plus importante réalisée en parts sociales et en nombre de souscripteurs sur Lita.co.
Cet article est tiré du n°288 de RAIL PASSION dont voici la couverture :

Afrique du sud. Le parc de matériel moteur (3e partie)
Dans ce dernier volet de notre dossier nous dressons un inventaire du matériel moteur, électrique et diesel, engagé sur le réseau ferré sud-africain.
Le matériel diesel et électrique (SAR et autres)
Les locomotives électriques
Elles sont numérotées dans des « Class » (série, en anglais) repérées dans l’ordre chronologique de leur parution, le numéro de la Class étant suivi de la lettre E (pour électrique). Leurs caractéristiques techniques sont détaillées dans notre tableau (voir page 66). Pour la première électrification, en 1926, la Class 1 E est construite par une association de plusieurs constructeurs européens (SLM, Metropolitan- Vickers, Werkspoor et Robert Stephenson & Hawthorns). De type BB bicabine avec porte d’intercirculation frontale, les 1 E sont équipées de l’attelage central Janney ainsi que de freins à air, rhéostatique et à récupération (loco) et du frein à air et vide (1) pour le train ainsi que de la marche en unités multiples. Livrées à 172 exemplaires, elles sont réparties en sept sousséries afin de tester différentes solutions techniques proposées par les constructeurs. Bien entendu, elles sont destinées à circuler sous le 3 000 V continu, le seul courant disponible à cette époque.
En 1937, Henschel livre trois locomotives de la Class 2 E plus puissantes. Comme les précédentes, ce sont des BB bicabines montées sur des bogies supportant l’attelage automatique. 10 ans plus tard, Robert Stephenson & Hawthorns (RSH) construisent pour les SAR sous licence Metropolitan-Vickers 10 locomotives de la Class 3 E à bogies à trois essieux moteurs et supportant l’attelage Janney.
North British Locomotive Company construit en 1952 sous licence General Electric 40 Class 4 E « Groen Mamba » montées sur deux bogies 1’ Co, donc avec un bissel destiné à soulager la voie soumise aux 157 t de l’engin. Ses 2 262 kW lui permettant d’affronter les rampes de 15 ‰ avec des trains de 1 000 t à 40 km/h pour atteindre la zone des mines de diamants de la région de Kimberley. Plus tard, elles affronteront les courbes serrées et les fortes pentes des lignes de la province du Kwazulu-Natal mais leurs bogies seront victimes de fissures et devront être renforcés.





