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Catégorie : Infrastructure
L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

Grand chambardement au triage de Nantes-Blottereau
Une opération d’envergure est en cours dans le nœud ferroviaire nantais qui n’impacte pas le trafic voyageurs TGV ni celui des TER. D’un coût de 110,8 millions d’euros supporté par l’État, Nantes Métropole, la région Pays de la Loire et SNCF Réseau, elle vise la suppression des installations ferroviaires de la gare de Nantes-État implantées dans l’île de la Loire, dont l’utilisation par le fret était en baisse constante depuis des années. Ceci autorisera le réaménagement des terrains libérés pour des projets immobiliers et de voirie par la Ville.
En compensation un remaniement en profondeur du site du triage de Nantes-Blottereau a été engagé en 2019. Ce triage datant du début des années 40 est hors service depuis une vingtaine d’années suite à la suppression des transports par wagon isolé (sauf le plateau de réception pour des relais). Pour cela les 32 voies du faisceau principal de débranchement ont été intégralement déposées cette année et un accès routier créé dit du Moulin des Marais côté Angers près du poste 2. 20 km de voies neuves vont être installées ainsi que 60 aiguillages sur voies de service, neuf sur principales avec construction d’un poste moderne informatisé.
Les travaux devraient s’étaler jusqu’en 2022.
Une nouvelle gare se dessine à Saint-Denis
Amorcés en 2017, les travaux en cours à Saint-Denis visent une mise en accessibilité totale, l’amélioration de la gestion des flux de voyageurs et de l’insertion dans l’espace urbain. Rehaussement des quais et construction d’un vaste passage souterrain sont les points forts du projet qui permettra la gare de faire face à une fréquentation en hausse constante.
Située à seulement quelques kilomètres de la gare de Paris-Nord, la gare de Saint-Denis voit défiler chaque jour près de 100 000 voyageurs qui empruntent l’un des 770 trains quotidiens des lignes du RER D et de la ligne H. Depuis quelques années, la gare est desservie par tous les trains de ces deux lignes quelle que soit leur provenance ou destination.
En 2006, de premières études sont menées dans le cadre du Plan de déplacements urbains. Elles montrent un sous-dimensionnement de la gare dans l’optique du prolongement de la ligne 1 du tramway vers Asnières et la création de la ligne 8. Seule la reprise du parvis de la gare avec mise en zone piétonne sera réalisée en 2011. Elle facilite le cheminement vers la station du T 1 implantée dès l’origine sur le pont franchissant le canal de Saint-Denis. Elle anticipe les accès vers la future station du T 8 qui sera bâtie de l’autre côté de ce même canal, une nouvelle passerelle piétonne permettant son franchissement.
Les études sont reprises en 2017 et débouchent sur le projet en cours de réalisation depuis le début de l’année 2019. Si le cœur des travaux ferroviaires est de réaliser la mise en accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (PMR), l’objectif du projet global est l’insertion de cette gare dans l’espace urbain lui aussi en pleine mutation.
Cinquième gare d’Île-de-France (hors gares parisiennes), la gare de Saint-Denis souffre de l’exiguïté de ses installations qui génère des problèmes de flux, un problème récurrent dans plusieurs gares franciliennes. Les prévisions de 2030 tablent sur 150 000 voyageurs quotidiens qui emprunteront l’un des 900 trains y marquant l’arrêt.
La gare est donc reprise dans le programme du schéma directeur d’accessibilité (SDA) élaboré par Île-de-France Mobilités qui concerne 268 gares dont 209 pour Transilien. Le but des travaux est de permettre aux PMR d’accéder en toute autonomie aux trains depuis la ville. Pour cela, il faut notamment que les quais et les plateformes des trains aient des hauteurs compatibles. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. La ligne H est intégralement dotée du Francilien avec une plateforme à 970 mm. Avec les quais actuels à 550 mm, l’accès en autonomie est impossible.
Des portes palières pour les lignes 14, 16 et 17 du métro
C’est plutôt bon signe pour les nouvelles lignes 16 et 17 du métro de Paris tout comme pour le prolongement de la 14 vers Orly. Si la signature du contrat de fourniture des portes palières par Engie et Portalp semble anecdotique, il indique surtout le bon avancement de ces projets. Le chantier qui doit commencer en 2022 porte sur la fourniture de 672 façades de quai avec pour objectif l’ouverture de la branche sud de la 14 en 2024. Pour cette seule ligne, le marché de 46 millions d’euros concerne l’installation de 384 portes sur les deux quais des huit nouvelles stations de 120 m. Ce contrat, le quatrième pour Engie solutions avec la Société du Grand Paris, confirme la place de l’entreprise sur ce secteur après les succès obtenus en 2019 à Vienne en vue de l’automatisation de la ligne U 5.

Le remplacement du pont-rail de Frontignan repoussé d’un an
C’est à la sortie de la gare de Frontignan vers Sète que le pont ferroviaire de 1910 au-dessus du canal devait être remplacé. Le chantier de 6,7 millions d’euros programmé par SNCF Réseau, avec interruption temporaire de trafic de 85 heures, devait intervenir en mai 2020 alors que les travaux préparatoires avaient déjà commencé. Mais la crise sanitaire est venue bousculer ce calendrier prévisionnel. Devant l’urgence du remplacement d’un ouvrage plus que centenaire, il ne fallait pas trop tarder et c’est au printemps 2021 que l’opération sera réalisée. Sur cet axe entre Montpellier et Sète, le trafic reste important avec TGV, Intercités, TER et bien sûr convois de marchandises, autant de circulations qui fragilisent les ouvrages. À Sète, le pont mobile ferroviaire qui date des années 30 limite lui aussi ses manœuvres au strict minimum, en attendant une rénovation en prélude à un futur remplacement.

Agrandissement notable de la gare de Luxembourg
Desservant la capitale du grand-duché au sud de son territoire, l’actuelle gare de Luxembourg en pleine ville est le point d’aboutissement d’un faisceau de lignes toutes électrifiées en 25 kV issues de Metz, Thionville et Esch-sur-Alzette via Bettembourg ; Athus via Pétange ; Bruxelles via Namur, Arlon, Kleinbettingen ; Liège via Troisvierges et Trèves via Wasserbillig. Ses installations comportant deux voies à quai en impasse côté sud (1, 2) réservées au trafic de et vers Namur et sept voies à quai accessibles de toutes les directions (3, 4, 5, 7, 8, 9, 10) sont devenues au fil des ans totalement saturées avec la progression faramineuse des dessertes régionales observant un cadencement intégral. Le trafic voyageurs a effectivement connu un bond de 85 % entre 2003 et 2019. Pour cela les CFL ont engagé en 2018 un vaste programme de modernisation des installations et d’agrandissement profitant du déménagement du vieil atelier des locomotives comportant deux rotondes classées sur son flanc droit, transféré à Pétange. Les surfaces récupérées permettent de créer deux quais supplémentaires V et VI raccordés au passage souterrain et accessibles depuis une nouvelle passerelle reliant le quartier de Bonnevoie au parvis de la gare. Chacun des quais d’une largeur de 10 m à la norme mi-haut est desservi : le premier récemment par la voie 11 qui était auparavant hors quai, puis en décembre 2021 par la nouvelle voie 12, le second par les futures 13 et 14. Parallèlement le plan de voies aux deux extrémités a été totalement remanié et des abris de quais neufs montés sur les quais existants.

METZ : un complexe ferroviaire majeur de la région Grand Est
Avec Lille, Strasbourg et Lyon, Metz est en France un des rares carrefours ferroviaires de la SNCF à disposer d’un contournement intégral. Implanté au cœur d’une région industrielle et disposant de solides installations, Metz a su s’adapter aux mutations économiques et aux évolutions de trafic. Le complexe mosellan, raccordé à la LGV Est-européenne en 2007, conserve un trafic fret actif et développe sa trame TER.
Hérité de la Compagnie de l’Est, le carrefour ferroviaire de Metz a été rapidement placé sous le joug de l’administration prussienne suite à la défaite de 1870. Il a gardé au-delà de l’armistice du premier conflit mondial en 1919 de nombreux témoins de cette époque dont certains sont encore visibles aujourd’hui, le bâtiment voyageurs monumental de Metz-Ville en est le symbole le plus marquant. C’est actuellement le plus bel édifice en l’espèce en France, ayant récemment détrôné celui de Limoges-Bénédictins. Au sud du riche territoire industriel du bassin mosellan avec ses mines de fer et la sidérurgie, sa prestance économique a justifié l’électrification des lignes convergentes au milieu des années 50.
Disposant de deux dépôts de locomotives, d’un triage et d’un grand atelier de réparations des wagons, son dispositif a connu de nombreuses restructurations pour faire face aux évolutions des trafics et à la modernisation des matériels.
Depuis 2007 avec la première phase de la LGV Est- européenne, Metz préfecture de la Moselle forte de 118 000 habitants n’est plus qu’à 1 heure 24 de la capitale. Avec la seconde phase touchant Strasbourg, les pôles majeurs de l’Alsace-Lorraine sont reliés en TGV en 55 min.
Aujourd’hui si les TGV ont balayé les derniers trains classiques Corail, la trame TER largement abondée permet des communications faciles avec Nancy, Strasbourg, Luxembourg et Sarrebruck. Bien qu‘en nette régression en raison de la désindustrialisation du quadrilatère lorrain, le trafic fret demeure actif en particulier avec le Benelux, l’Allemagne et la Suisse.L’électrification profite à tous les acheminements
La caténaire en provenance du Nord via Charleville, Longuyon et de Luxembourg atteint Metz-Ville en 1956 avec prolongation vers Réding et Forbach. Elle s’accompagne de l’introduction du BAL et d’un PRS remplaçant les quatre postes ex-AL et de l’allongement des quais côté sud, les quais 5 et 6 étant, eux, supprimés tout comme la troisième marquise, avec mise en place d’un plateau de remisage des rames désigné F 3. Les BB 12000, 13000, 16000, 16500, CC 14100 chassent alors les 241 A, 231 B, G, K, 230 B, 150 X et 141 P, R, le dépôt de Frescaty étant abandonné.
De 1957 à 1960 la caténaire s’étend à la fois vers Strasbourg, Nancy, Bar-le-Duc au compte des projets Réding – Bâle et Est – Paris. En mai 1962 Metz n’est plus qu’à 2 heures 58 de la capitale. Outre l’Edelweiss, un nouveau TEE dénommé Goethe relie Paris à Francfort en 1970, suivi d’un troisième en 1974 sous le nom d’Iris de Bruxelles à Zurich. Le trafic fret de la zone est alors à son zénith mais va décroître progressivement avec la fermeture des mines de fer et charbon et la déliquescence de la sidérurgie. Un supertriage destiné aux wagons du RO voit le jour en 1966 au nord de Metz, sur le site de Woippy. Il entraîne la fermeture de ceux vétustes de Florange, Conflans-Jarny, Sarreguemines et une réduction de l’activité de celui de Blainville.
Le 1er août 1973, le service voyageurs est supprimé sur la ligne Metz – Conflans-Jarny. Peu à peu les liaisons voyageurs entre Paris, Metz, Luxembourg et Francfort sont renforcées, celles de la transversale Nord-Est réduites à deux trains nocturnes (Calais – Bâle et Italia-Express) et deux trains de jour.
Lignes 16 et 17 : la RATP, Alstom et ComfortDelGro se regroupent
C’est une joint-venture, un regroupement d’entreprises, qui part à la conquête des marchés des lignes 16 et 17. RATP-Dev, Alstom et la société de transports ComfortDelGro Transit basée à Singapour se sont rapprochés pour répondre aux futurs appels d’offres concernant le métro du Grand Paris. L’importance du projet francilien conduit logiquement à des alliances offrant des convergences de compétences pour de nouveaux débouchés tant en Île-de-France que sur d’autres contrats. C’est donc un nouvel acteur de poids qui fait son apparition sur un marché très convoité.

Un technicentre pour les rames du Roissy-Express à la Villette
Construit par la Compagnie de l’Est dans le XVIIIe arrondissement de Paris, le dépôt des locomotives de la Villette était enserré par les voies principales vers Strasbourg et les voies M de liaison avec le faisceau de remisage voyageurs de Pantin-Ourcq. Son domaine recoupé par le pont de la rue Riquet avait perdu ses locomotives vapeur des types 241 A, 231 G, K, 141 TB, 141 TC à l’électrification en 1962, remplacées par des BB 16500 puis 17000 et complétées par la gérance d’engins diesels C 61000, BB 63000 et 63500. Son activité avait définitivement cessé en décembre 2011 et ses installations (bâtiments, voies de stationnement et d’accès) démantelées au cours des exercices suivants.
Le no man’s land laissé libre dépourvu d’accès routier va être réutilisé par SNCF-Réseau pour y édifier un technicentre pour la maintenance des 13 rames de la gamme Coradia Polyvalent du futur service CDG Express devant fonctionner entre Paris-Est et l’aéroport de Roissy II à compter de 2025. Des travaux préparatoires relatifs aux terrassements et déplacements de réseaux ont commencé au printemps 2020 sur le site.
La station Villejuif-IGR de la ligne 14 remontée par vérins
Le 22 juillet, une spectaculaire opération de vérinage a été réalisée à la station Villejuif- Gustave-Roussy du métro parisien. Depuis le passage du tunnelier de la ligne 14 sur un viaduc à une dizaine de mètres au-dessus de la station de la ligne 15 en contrebas, une caisse de béton a été construite pour la future station. Soutenue par des pilotis, elle était un peu trop basse, son radier abaissé pour permettre le passage du tunnelier. Pour les futurs trains en revanche, il était nécessaire de remonter la caisse de béton de 1,73 m. C’est donc en une journée à l’aide de vérins hydrauliques que l’opération a été réalisée. Pour l’occasion, le tunnelier de la ligne 14 a été arrêté exceptionnellement avant de reprendre sa course vers Maison-Blanche.

Une enquête publique pour la gare de Paris-Austerlitz
Commencée depuis près de 30 ans, la mutation de la gare d’Austerlitz se poursuit. Du 29 juin au 31 juillet, une enquête publique a été organisée pour l’aménagement des halls et des abords de la gare. Le projet prévoit de nouvelles installations attenantes à la cour arrivée avec l’adaptation des infrastructures existantes. Le bâtiment appelé pour l’heure poétiquement A 7 A 8 s’inscrit dans le cadre d’un projet global de modernisation. Il sera ouvert en son centre pour préserver un passage au viaduc de la ligne 5 du métro. De nouveaux espaces de circulation sous la halle voyageurs et des commerces et des services viendront compléter ces équipements.