Catégorie : Matériel

L’actualité du matériel ferroviaire en France et dans le monde : innovation, acquisition, exploitation etc.

  • De nouvelles navettes autonomes à Vincennes

    De nouvelles navettes autonomes à Vincennes

    Au bois de Vincennes, la desserte en navettes autonomes électriques s’étoffe progressivement. La ligne exploitée par la RATP pour le compte d’IdFM permet la liaison entre le terminus métro et bus de Château-de-Vincennes et le parc Floral. Au printemps dernier, elle a été prolongée au cœur du bois jusqu’à l’avenue du Tremblay. On compte désormais quatre points de croisement selon la position en ligne des véhicules. Cette extension n’est sans doute qu’une étape avant de poursuivre vers La Cartoucherie et l’Insep.
    Cette ligne, qui pourrait être pérennisée, rencontre un certain succès auprès du public, refusant parfois des voyageurs. En attendant, les expérimentations se poursuivent avec l’arrivée cet automne de deux nouvelles navettes, une Easy Mile de deuxième génération et une Navya. Ce sont donc trois véhicules autonomes qui circulent simultanément durant les fins de semaines.

  • 17 trains Azur supplémentaires sur le métro de Montréal

    17 trains Azur supplémentaires sur le métro de Montréal

    Le consortium Bombardier-Alstom vient d’annoncer la commande de 17 trains Azur (MPM 10) supplémentaires pour le métro de Montréal. Promesse électorale des dernières élections provinciales tenues en septembre, cette commande sera payée à hauteur de 25 % par la STM (Société des transports de Montréal). Elle est avant tout destinée à fournir du travail aux ouvriers de l’usine Bombardier de La Pocatière après la décision d’Alstom (vainqueur de l’appel d’offres du REM, Réseau électrique métropolitain) de faire construire les futures voitures en Inde plutôt qu’au Canada. Alors que la ligne Orange est totalement équipée de trains Azur, les 153 voitures viendront dès le printemps 2020 renforcer le parc de la ligne Verte, où circulent encore essentiellement des rames MR 73 Bombardier.

  • Le T 11 en panne sur ses prolongements

    Le T 11 en panne sur ses prolongements

    Cette nouvelle tangentielle d’Île-de-France doit relier Sartrouville à Noisy-le-Sec sous forme d’une ligne nouvelle desservie par le tram-train. Le projet dans son ensemble a donné lieu à une concertation dès 1999. La déclaration d’utilité publique date du 29 mai 2008. Pour des raisons budgétaires, le projet a été phasé. Seule la liaison entre Épinay-sur-Seine et Le Bourget a été cons­­truite entre 2009 et 2017, date de la mise en service de ce premier tronçon.
    L’inquiétude est grande pour les prolongements vers l’est (Noisy) et l’ouest (Sartrouville) car la DUP est arrivée à expiration en mai dernier. Son article 2 précise que les expropriations nécessaires doivent être réalisées dans les 10 ans. Les ordonnances d’expropriation dans les trois départements ont été délivrées quelques jours avant la date fatidique. Les financements pour les acquisitions foncières ont permis de relancer les procédures d’expropriation. Par contre, pour les travaux, aucune date n’est programmée. La faute à l’absence de convention de financement : il faut trouver 400 millions d’euros pour l’est et 800 pour l’ouest. La région Île-de-France pointe du doigt le non-respect des engagements financiers de l’État dans le cadre du CPER. Cependant, avec la présence de l’atelier de maintenance à Noisy-le-Sec, le tronçon reliant Le Bourget à Noisy semble assez incontournable.

  • Migennes en cartes postales anciennes ou la Belle Époque d’une ville cheminote

    Migennes en cartes postales anciennes ou la Belle Époque d’une ville cheminote

    Né en 1949, pupille pris en charge par la Dass de l’Yonne, Christian Pora débute sa vie active chez Giblin et Lavaud à Migennes qu’il quitte pour la Poste. Affecté au centre de tri de Migennes, il sera nommé ensuite facteur, affecté à Paris (VIIIe) et enfin à Joigny. C’est lors de ses tournées à Laroche-Saint-Cydroine puis à Migennes qu’il s’intéresse aux cartes postales anciennes. Le département de l’Yonne possède un atout : il se distingue par l’ancienneté et l’importance de ses vide- greniers du dimanche. Christian se prend au jeu : il décide de collectionner toutes les cartes en se fixant deux cibles exclusives : Migennes, mais aussi Laroche où il habite à la frontière invisible qui sépare les deux communes. Il adhère au club postal de France-Télécom, lieu d’acquisitions ou d’échanges fructueux.
    Aujourd’hui, Christian Pora ne cache pas sa fierté d’avoir rassemblé plusieurs centaines de cartes postales et cartes-photos soigneusement classées par sites, sa collection se limitant pourtant aux deux seules périodes de l’avant-guerre et de l’entre-deux-guerres. Migennes a accueilli avant 1914 un talentueux photographe Karl Guillot, commercialisant ses cartes souvent animées. Christian demeure toujours à l’affût pourtant, sûr de ne pas posséder toutes les cartes ayant existé au vu des reproductions de quelques photos très rares sans doute qui lui ont encore échappé ; alors que les greniers sont bien « vidés » depuis longtemps, il doit chasser par Internet sur des sites spécialisés. J’avais entendu parler de Christian comme d’un collectionneur heureux de mettre ses cartes à disposition des chercheurs désireux d’illustrer leurs publications. C’est ainsi que j’ai pu illustrer abondamment deux de mes ouvrages sur Migennes, mes Chroniques migennoises, parues en deux volumes.
    Grâce à une collection aussi riche, il est intéressant de reconstituer par un choix de cartes le « film » qui retrace les étapes de cette ville née du rail, Migennes, voyage dans le temps suggestif de « l’esprit des lieux » qui hante encore ce site promis à une grande notoriété…

  • Des ETR 563 italiens en Slovénie

    Des ETR 563 italiens en Slovénie

    Depuis le 9 septembre 2018, des automotrices électriques Civity ETR 563 de Trenitalia sont engagées quotidiennement sur la relation transfrontalière Trieste – Ljubljana, qui était suspendue depuis décembre 2011.

    Les réseaux ferrés italiens et slovènes sont connectés par trois lignes :
    Villa OpicinaKreplje, longue de 6,3 km, à voie unique et non électrifiée, qui est fermée à tout trafic. La frontière est située à 3,8 km de Villa Opicina ;
    Gorizia CentraleNova Gorica, longue de 7,5 km, à voie unique non électrifiée, qui n’est ouverte qu’au trafic fret. Toutefois deux AR voyageurs facultatifs sont programmés par Trenitalia avec des locomotives diesels D 343/
    345. La frontière est située à 2,6 km de Gorizia Centrale ;
    Villa OpicinaSezana, longue de 8,2 km, à double voie, électrifiée en 3 000 V courant continu. La frontière, où se situe une section de séparation nécessitant un abaissement des pantographes, est située à 4 km de Villa Opicina. La ligne Trieste Centrale – Villa Opicina – Sezana – Ljubljana (150,6 km) est un tronçon de la ligne Vienne – Trieste, dénommée en allemand Südbahn et en italien Ferrovia Meridionale. Le tronçon Ljubljana – Postojna a été mis en service le 20 novembre 1856 et le tronçon Postojna – Trieste le 27 juillet 1857.
    Quittant Trieste Centrale, gare inaugurée en juillet 1857 située à 3 m au-dessus du niveau de la mer, la ligne Trieste – Ljubljana laisse à droite aux Km 1,4 et 2,3 la ligne de la ceinture de Trieste, qui rejoint la gare de Trieste Campo Marzio, et à gauche à la bifurcation d’Aurisina (Km 13,7) la ligne à destination de Venise. Peu avant Villa Opicina (Km 28,5), gare frontière italienne située à 310 m au niveau de la mer, s’embranche la ligne en provenance Trieste Campo Marzio. Laissant à gauche à la sortie de la gare de Villa Opicina l’embranchement en direction de Kreplje, la ligne atteint la gare slovène de Sezana (Km 679,3), d’où s’embranche la ligne Sezana – Kreplje – Nova Gorica – Jesenice. Peu après la gare de Divaca (Km 669,9) se détache la ligne à destination du port de Koper. À Pivka (Km 645.6) s’embranchent la ligne à destination d’Ilirska Bistrica et le port de Rijeka situé en Croatie. Serpentant dans un paysage karstique, la ligne dessert Postojna (Km 632,5), gare la plus haute de la ligne culminant à 556 m au-dessus du niveau de la mer. De 1919 à 1941 se trouvait au Km 622,6 la frontière entre l’Italie et le royaume de Yougoslavie. La ligne dessert ensuite Rakek (Km 620,9), ville située à proximité des monts Javornik (1 268 m) et Slivnica (1 114 m), Planina (Km 614,7), Logatec (Km 607,1), gare située à 477 m d’altitude, et descend ensuite sur Borovnica (Km 586,7), gare terminus de trains de banlieue en provenance de Ljubljana située à 299 m d’altitude. La ligne continue ensuite en plaine vers Ljubljana (Km 565,4) desservant au passage entre autres les gares de Brezovica (Km 573,9) et Ljubljana Tivoli (Km 567,7). Compte tenu de son tracé les vitesses autorisées ne dépassent pas côté italien 100 km/h, et côté slovène 85 km/h de Villa Opicina à Borovnica avec de nombreuses zones à 70 ou 75, et 100 km/h de Borovnica à Ljubljana. Les vitesses limites applicables aux Pendolino sont égales ou supérieures de 5 à 15 km/h à celles des trains non pendulaires.

  • Mont-de-Marsan – Tarbes  en quête d’avenir

    Mont-de-Marsan – Tarbes en quête d’avenir

    La ligne fret Mont-de-Marsan – Tarbes (98,6 km) à cheval sur deux régions (Nouvelle-Aquitaine et Occitanie) n’est plus exploitée depuis des années. La Nouvelle-Aquitaine mène une action volontariste pour la sauver et est prête à participer à 53 % (2,65 millions d’euros) du montant de sa rénovation (5 millions) sur 40,7 km entre Mont-de-Marsan (Km 147) et Barcelone-du-Gers (limite des régions SNCF au Km 187,7). Sur cette section se situent quatre ITE (Maïsadour à Cazères-sur-l’Adour, Agralia à Aire-sur-l’Adour, Euralis et Vivadour à Barcelone-du-Gers). Le trafic potentiel est estimé à 20 000 t vers le nord de l’Europe et 100 000 à 125 000 t vers l’export via le port de Bayonne. La ligne comporte 29 PN dont 25 en SAL et était limitée à 40 km/h sauf pour les Euro 4000 à 30 km/h entre Grenade-sur-l’Adour et l’ITE Vivadour.
    Pour la réhabilitation, une convention doit être signée prochainement entre la région, l’État et SNCF Réseau. Les travaux pourraient commencer au cours du 1er se­­mestre 2020 pour une ouverture envisagée à l’été 2020. Quant à la partie occitane (57,9 km), bien qu’elle soit inscrite dans un projet de rénovation, pas de calendrier pour les travaux. Cette section sud, qui était limitée à 20 km/h, comporte 40 PN dont neuf non gardés et cinq ITE. Pour les lignes capillaires fret de son territoire, la Nouvelle-Aquitaine a engagé 14,6 millions d’euros sur ce mandat.

  • Innotrans 2019 : un Salon dense et très fréquenté

    Innotrans 2019 : un Salon dense et très fréquenté

    Succès d’affluence cette année pour ce grand rendez-vous professionnel mondial. On ne pouvait manquer d’y apercevoir les productions de Siemens et Stadler, très présents, du chinois CRRC, très voyant, tandis que, une fois de plus, Alstom et Bombardier s’étaient faits très discrets…

    Quatre jours, du 17 au 21 septembre cette année, ne suffisaient pas pour effectuer une visite exhaustive des stands de 3 062 exposants présents dans les 41 halls et voir les quelque 145 matériels roulants garés le long de 3,5 km de voies ferrées, sans oublier 10 bus électriques exposés au Jardin d’été du Parc des expositions de Berlin. Pour sa 12e édition, le Salon ferroviaire mondial était plus riche et fréquenté que jamais, avec 161 157 visiteurs professionnels, contre 144 470 il y a deux ans. S’y sont ajoutés, le week-end suivant, quelque 12 000 visiteurs « grand public » venus voir le matériel roulant exposé, ce qui est moins qu’à l’accoutumée. La faute au mauvais temps, peut-être, alors que les professionnels ont bénéficié d’un temps estival, sauf le dernier après-midi.
    Certaines tendances observées lors de la précédente édition ont été confirmées, en particulier la faible visibilité d’Alstom et Bombardier sur les voies d’exposition, contrebalancée par la présence massive de Siemens et de Stadler, avec des matériels innovants et d’une grande variété.
    Nouveauté de l’édition 2016, l’exposition de bus électriques a pris de l’ampleur en 2018, offrant même aux visiteurs la possibilité de parcourir quelques centaines de mètres à leur bord. D’autres absents des voies avaient des excuses valables, comme le polonais Pesa, qui étalait les multiples facettes de son savoir-faire jusqu’à l’édition 2016, avant de frôler la faillite. Autre habitué polonais, Solaris n’avait pas de tramway à montrer, tout en étant bien présent côté bus électriques. Nouvelle maison mère de Solaris, CAF avait, comme de coutume, concentré ses efforts sur son stand pour présenter ses récents succès (tram de Luxembourg, automotrice pour le nord de l’Angleterre) sous forme de maquettes.

    CRRC particulièrement visible

    Pour autant, l’édition 2018 d’Innotrans s’est distinguée des précédentes. Avant même de franchir l’entrée principale sud, les visiteurs pouvaient voir sur la rotonde de cette dernière la grande publicité achetée par le constructeur chinois CRRC. Et découvrir quelques minutes plus tard, à l’emplacement de choix où l’axe principal entre les halls croise les voies d’exposition, deux matériels roulants innovants siglés CRRC. En apparence, « cette fois ça y est, les Chinois sont là ». En fait, ces matériels avaient chacun un lien avec l’Allemagne. Le premier, une voiture de métro à caisse et châssis de bogie en PRFC (polymère renforcé de fibres de carbone), dont les vitres étaient aussi des écrans tactiles, a été coproduit avec la joint-venture sino-allemande CG Rail. Quant au second, il s’agissait d’une locomotive hybride de 750 kW (batteries au lithium et diesel) commandée par la DB pour le réseau S-Bahn de Hambourg, dite Kleinstlok HH (« toute petite locomotive, Hambourg »).
    D’une certaine façon, les deux matériels exposés par CRRC traduisaient deux tendances nettement observables cette année : la multiplication des locomotives hy­­brides et le retour en grâce du métro.
    Autre différence cette année : l’absence de trains à grande vitesse sur les voies, mais pas dans les stands, en ces temps de transition qui ont vu l’annonce du TGV du futur et du Velaro Novo de Siemens. Ce dernier présentait une reproduction grandeur nature du nez de son futur train à grande vitesse, tandis que JR East étalait ses Shinkansen sous forme de modèles réduits et qu’une maquette de « train à grande vitesse à 350 km/h » trônait au centre du stand géant CRRC, non loin de « rames Intercités universalisables ».

  • Bientôt la fin des trains diesels

    Bientôt la fin des trains diesels

    L’annonce a été faite le 16 novembre par le patron de la SNCF au détour d’une interview en plein débat sur le coût de l’essence et de la fin programmée des véhicules automobiles à moteur diesel.
    L’échéance initiale était attendue vers 2040. Elle est avancée à 2030-2035. Bien évidemment, il n’est pas prévu d’électrifier toutes les lignes ferroviaires ni d’abandonner tout trafic sur des lignes non électrifiées. Une partie du parc évoluera en matériel hybride où les moteurs diesels seront combinés avec des batteries, notamment pour les circulations en gares et zones urbaines. Mais la vraie solution est l’évolution vers le train à hydrogène. Alstom a lancé mi-septembre le premier train de cette génération type TER en Allemagne. La SNCF envisage de commander des prototypes à l’été 2019 pour une mise en service commerciale espérée en 2022.
    Pour les locomotives, l’évolution pourra se faire en deux phases. Côté voyageurs, l’essentiel du parc disparaîtra avec l’arrivée des nouveaux matériels bimodes… qu’il faudra traiter selon le processus ci-dessus ! Pour le fret, ce sera sans doute plus compliqué, plus long et plus onéreux. Cependant, le problème est réel car de nombreux trains de fret sont acheminés de bout en bout par des locomotives diesels même sous la caténaire des lignes électrifiées. Pionnier en France, l’opérateur VFLI va recevoir fin 2018 une locomotive hybride Eurodual de Stadler.

  • 1978-2018, les 40 ans de service des rames TGV PSE 01 et 02

    1978-2018, les 40 ans de service des rames TGV PSE 01 et 02

    Aujourd’hui quadragénaires, les rames 01 et 02, qui affichent quelque 14 millions de km au compteur, font partie d’un lot de 34 survivantes, sur un total d’origine de 101 unités, qui, grâce à un passage en Rénov 3, ont encore de belles années de service devant elles.

    Le 4 mars écoulé, la rame PSE 02 affectée aujourd’hui à la STF STG (Paris-Sud-Est) atteignait le cap des 40 ans d’existence sans commémoration particulière. Elle était suivie le 7 août par la rame 01 basée elle à la STF SGN (Le Landy). Toutes deux rescapées avec 32 autres revêtues de la livrée carmillon de la flotte des 101 rames du parc initial bicourant, construites jusqu’en 1986 pour la desserte de la LGV Sud-Est et ses prolongements, elles auront assuré un service impressionnant, extraordinairement varié couvrant tout l’Hexagone, dont l’ampleur s’est réduite au fil des ans avec la sortie d’usine des matériels à grande vitesse plus modernes et plus capacitaires, cas des rames Réseau, puis Duplex toutes catégories. Parmi leurs fonctions, certaines tournées auront eu un caractère éphémère ou particulier comme celles entrant dans le lot des TGV-TER de la région Nord-Pas-de-Calais. Alors que la radiation de ce lot est programmée entre 2023 et 2028, il lui reste donc encore quelques belles années à sillonner les lignes du nord de la France et du Sud-Est. Un challenge que nul n’aurait pu soupçonner à l’origine de cette brillante aventure technique qui porte actuellement sur un palmarès époustouflant de quelque 14 millions de km parcourus pour les deux rames têtes de série.

    Des essais à la mise en service commercial

    Les deux spécimens de cette série innovante ont servi à un programme d’essais très fourni sur les lignes classiques en attendant la livraison des premiers tronçons de la LGV Paris – Sud-Est reliant Paris à Lyon. Baptisées respectivement « Patrick » et « Sophie », les deux rames 01 et 02 en livrée orangée ont multiplié les courses d’endurance en plaine d’Alsace à 260 km/h entre Strasbourg et Mulhouse sous caténaire 25 kV, avec cantonnement provisoire aux ateliers de Bischheim, chargés de leur mise au point en liaison avec Alsthom Belfort. Outre le comportement technique des divers organes à haute vitesse, le freinage, le confort et la stabilité sont vérifiés. Le 29 janvier 1979, toutes deux attelées en UM sont testées sous cette forme entre Strasbourg et Colmar. Par la suite, des courses sous caténaire continu 1,5 kV sont entreprises à la fois en Sologne des Aubrais à Vierzon et dans les Landes sur la grande ligne droite de Facture à Morcenx. Elles ont d’autre part fréquenté le plan incliné pyrénéen de Capvern, où réside une rampe de 33 ‰, équivalant aux futures rampes de 35 ‰ de la LN 1.
    Profitant de la livraison des rames 3 et suivantes en février 1980, la SNCF engage une UM les mois suivants sur le TEE 5/6 Lyonnais entre Paris et Lyon ainsi que sur le dédoublement du rapide 29 de soirée sur ce trajet les fins de semaine, cela pour recueillir les impressions de la clientèle. Le 26 février 1981, la rame 16 enlève le record mondial de vitesse sur rails en roulant à 381 km/h dans le Tonnerrois sur le parcours nord de la future LGV PSE. Des marches de rodage du matériel et du personnel de conduite vont parallèlement être organisées entre Paris, Dijon et Lyon.

    L’éventail des destinations depuis Paris s’étend rapidement

    Au 27 septembre 1981, le tronçon Saint-Florentin-Vergigny – Sathonay-Rillieux de la LGV PSE (LN 1), associé aux raccordements Bourgogne et Savoie, est mis en service avec limite à 260 km/h. Les rames touchent alors Lyon-Perrache, Saint-Étienne, Besançon et Genève avec des gains de temps élevés, puis l’été suivant, où le taux est relevé à 270 km/h, Marseille et Montpellier par les voies du sillon rhodanien, ainsi que Chambéry et Annecy. Le 25 septembre 1983, grâce à l’ouverture du tronçon nord de Combs-la-Ville à Saint-Florentin la LN 1 permet de gagner Lyon en 2 heures et de renforcer les dessertes existantes, Chalon-sur-Saône étant rajouté à la liste des terminus bourguignons. Au cours de l’hiver des « TGV des neiges » sont mis en marche les week-ends vers Évian-les-Bains, Aix-les-Bains et Chambéry, puis vers Saint-Gervais via Annecy. Courant 1984, Toulon est à son tour desservi tandis qu’un TGV Intersecteurs, premier du genre, Lille – Lyon est proposé par la Grande Ceinture de Paris. En 1985, l’électrification tardive de Lyon – Grenoble autorise l’accès direct des TGV à la capitale des Alpes.

  • La 231 K 8 célèbre l’Armistice

    La 231 K 8 célèbre l’Armistice

    Dans le cadre du centenaire du premier conflit mondial, un train dit de l’Armistice a circulé les après-midi des dimanches 4 et 11 novembre entre Mulhouse et Wesser­­ling. Le convoi était composé de la 231 K 8 ex-PLM, construite par Henschel en 1912 et entretenue par le MFPN (Matériel ferroviaire et patrimoine national), accompagnée d’une voiture mixte faisant également office de générateur et de quatre DEV inox dont une bar-discothèque. L’arrêt officiel était prévu à Saint-Amarin, dans le Haut-Rhin, afin de permettre aux voyageurs de visiter le musée Serret, consacré principalement aux évènements de la Grande Guerre. Un symbole aussi, dans la « Petite Alsace française », reconquise dès 1914. Le convoi continuait ensuite sa route jusqu’à la gare de Wesserling afin d’effectuer les manœuvres du retour, prévu en soirée à 18 h.