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Catégorie : Réseaux étrangers
L’actualité des réseaux ferroviaires étrangers.

Danemark : les DSB modernisent leur matériel roulant
Avec la mise en service des locomotives électriques Vectron, la commande de rames Talgo et de nouvelles automotrices électriques Coradia Stream à Alstom, l’opérateur historique danois va rajeunir son parc de matériel roulant.
Des Vectron en service
Fin août 2016, un appel d’offres avait été lancé par les chemins de fer danois, les DSB (Danske Statsbaner), pour la fourniture de 26 locomotives électriques. Ces nouvelles locomotives, qui doivent pouvoir circuler au Danemark et en Allemagne, sont destinées à remplacer les cinq locomotives électriques EA, qui étaient encore à l’effectif des DSB et quelques locomotives diesels série ME utilisées avec des rames réversibles à deux niveaux dans la grande banlieue de Copenhague. Les constructeurs Škoda, Siemens Mobility et Bombardier Transportation avaient été présélectionnés en janvier 2017. Finalement mi- mars 2018, les DSB ont commandé à Siemens Mobility 26 locomotives électriques Vectron et 18 autres en option. En 2019, les DSB ont commandé huit Vectron supplémentaires puis à nouveau huit autres en mai 2020. Les commandes comprennent également la maintenance de ces Vectron pendant 10 ans, avec une option pour une prolongation de cinq années supplémentaires. Pouvant fonctionner sous 25 kV 50 Hz au Danemark et sous 15 kV 16,7 Hz en Allemagne, ces Vectron numérotées dans la série EB, les EB 3201 à 3226 (numérotation EVN 91 86 0003 2xy-z DK-DSB pour la EG 32xy, z étant le chiffre d’autocontrôle) ont une puissance de 6 400 kW, sont aptes à 200 km/h et peuvent fonctionner en réversibilité et en unité multiple (UM). Elles sont équipées de l’ETCS niveau 2, des systèmes de sécurité STM-DK danois et allemands PZB et LZB. Les trois premières Vectron sont sorties du site Siemens de Munich-Allach le 11 septembre 2020, et ont été acheminées au Danemark, incorporées dans un train spécial assuré par l’opérateur allemand RailAdventure de Munich à Padborg, où il a été repris par l’opérateur suédois Hector Rail de Padborg à Copenhague. Le 15 septembre 2020 les Vectron AC étaient homologuées par l’autorité danoise de sécurité des transports Trafik-, Bygge og Biligstyrelsen. À ce jour les 26 Vectron de la commande initiale ont été livrées. Pour l’instant elles ne sont utilisées qu’avec des rames de voitures à deux niveaux Bombardier Twindexx, que les DSB louent à la société de leasing allemande Railpool sur des trains régionaux RØ de la relation Østerport – Copenhague Central – Roskilde – Ringsted – Slagelse.

Nouveau numéro disponible ! (Septembre 2021)
Le numéro 287 est arrivé !Au sommaire de ce numéro :Ultime coup de chapeau aux BB 25500
L’évolution du parc TGV
Double anniversaire pour Paris – Bruxelles
La résurrection de la 231 K 82
Allemagne : La famille des ICE 4 s’agrandit
Afrique du Sud : un grand réseau ferré à l’activité fret dominante (2e partie).
Vidéo en ligne : Entre Paris-Saint-Lazare et Pontoise. Découvrez la ligne J avec l’œil du conducteur (2e partie)
etc.

Pays-Bas : les Wink d’Arriva en service
Depuis le 12 avril 2021, 18 automotrices hybrides diesel HVO-batteries de type Wink construites par Stadler sont engagées par Arriva Nederland dans le nord des Pays-Bas permettant à l’opérateur de réduire ses émissions de CO2 et d’augmenter ses capacités de transport.
Arriva Personenvervoer Nederland, filiale à 100 % des chemins de fer allemands, la DB, avait été reconduit le 11 juillet 2017 par les provinces de Frise et de Groningue dans le nord-est des Pays- Bas pour l’exploitation, à partir du 13 décembre 2020 pour une durée de 15 ans des relations régionales « Noordelijke Neven- lijnen »: Leeuwarden – Groningue, Groningue – Eemshaven, Groningue – Nieuweschans – Leer (Allemagne), Groningue – Delfzijl, Groningue – Veendam, Leeuwarden – Harlingen Haven, Leeuwarden – Sneek, et Leeuwarden – Stavoren. Le nouveau contrat imposait une réduction des émissions de CO2 contraignant Arriva à acquérir de nouvelles automotrices et à verdir le parc moteur existant, composé de 51 automotrices diesels GTW livrées par Stadler en 2006, dont 22 GTW 2/6 et 29 GTW 2/8 en les faisant équiper de batteries qui récupéreront lors des freinages l’énergie, qui sera réutilisée au démarrage des trains en mode électrique afin de diminuer les émissions et le bruit en zone urbaine.
Les Wink
Les automotrices diesels de type GTW ne répondant pas aux nouvelles spécifications techniques d’interopérabilité, en particulier concernant la résistance au choc des cabines de conduite, Stadler a dû développer une nouvelle famille d’automotrices initialement dénommées Flirtino et finalement Wink, qui est l’acronyme en allemand de « Wandelbarer Innovativer Nahverkehrs-Kurzzug », ce qui veut dire en français « train

Europe : 26 pays en 36 jours
Dans le cadre de l’Année européenne du rail, le train Connecting Europe Express traversera le continent européen. Il partira le 2 septembre de Lisbonne pour arriver à Paris le 7 octobre 2021, s’arrêtant dans plus de 70 villes de 26 pays dont Hendaye, Bordeaux, Chambéry et Strasbourg.
À l’occasion de la Journée de l’Europe, le 9 mai 2021, la Commission Européenne a dévoilé dans le cadre de l’Année européenne du rail le parcours des trains expo Connecting Europe Express, dont le premier partira de Lisbonne le 2 septembre 2021. Ce projet implique la Commission européenne, la Communauté européenne du rail (CER), qui regroupe des entreprises ferroviaires et des gestionnaires d’infrastructure issus des pays de l’Union européenne (UE), de pays candidats à l’adhésion à l’UE, de la Suisse et de la Norvège, ainsi que de nombreux autres partenaires dans les différents pays traversés. Le Connecting Europe Express comprendra trois trains différents pour tenir compte des trois écartements présents en Europe, 1435 mm, 1524 mm pour les Pays baltes, 1 668 mm pour la péninsule ibérique. Le train Lisbonne – Madrid ira jusqu’à Hendaye et le train Tallin – Riga – Vilnius ira jusqu’à Kaunas, Hendaye et Kaunas étant des gares de jonction voies larges/voies UIC. Le train à écartement UIC sera composé de six voitures, dont une voiture expo, une voiture conférence, une voiture-restaurant et deux voitures-lits. Le train à écartement ibérique partira de Lisbonne le 2 septembre, s’arrêtera à Madrid le 3, et arrivera à Hendaye le 4. Le train principal à écartement standard partira d’Hendaye le 4 septembre, et s’arrêtera à Bordeaux le 4, à Chambéry et à Turin le 5, à Milan le 6, à Gênes et à Rome le 7, à Vérone et à Bolzano le 8,à Brenner, à Innsbruck, à Salzbourg, à Linz et à Sankt Pölten le 9, à Vienne (Wien) et à Bratis- lava Petržalka le 10, à Sopron, à Szombathely, à Gyékényés et à Zagreb le 11, à Belgrade le 12, à Niš et à Skopje le 13, à Gevgelija, à Idoméni, à Thessalonique et à Athènes le 14 pour en repartir le 15 pour Sofia. Il s’arrêtera à Thessalonique,

Des BR 151 réactivées pour DB Cargo
En raison de la crise sanitaire, en Allemagne le nombre de locomotives électriques BR 151 utilisées par DB Cargo était tombé au plus bas en juin 2020. Le manque de locomotives et l’augmentation du trafic fret enregistré depuis le début de l’année ont contraint DB Cargo à en louer à nouveau 31 à Railpool, à qui la DB en avait revendu une centaine en 2017.
Les locomotives électriques série (BR) 151 ont été livrées à la Deutsche Bundesbahn de 1972 à 1978 par un consortium constitué des constructeurs AEG, BBC et Siemens pour la partie électrique et Henschel, Krauss-Maffei et Krupp pour la caisse et la partie mécanique. La série 151, destinée à la remorque de trains lourds de fret, a été développée pour répondre aux nouvelles exigences de performance, que ne pouvaient atteindre les locomotives électriques BR 150 construites jusqu’en 1973. Pour rester concurrentielle en particulier face au transport routier, la Deutsche Bundesbahn devait disposer de locomotives électriques capables de remorquer en rampe de 5 ‰ à 120 km/h des trains de 1000 t, à 100 km/h des trains de 1200 t et à 80 km/h des trains de 2000 t. Le premier prototype, la 151.001, a été livré à la Deutsche Bundesbahn le 21 novembre 1972 par AEG et Krupp, suivi par la suite par 11 autres locomotives de présérie, qui ont été testées avant la livraison des locomotives de série. Au total 170 locomotives ont été livrées à la Deutsche Bundesbahn. Les BR 151 étaient initialement basées aux dépôts d’Hagen et de Nuremberg. De type Co’Co’, les BR 151 fonctionnant sous 15 kV 16,7 Hz ont une puissance maximale de 6288 kW et continue de 5 982 kW, et une vitesse maximale de 120 km/h. D’une longueur de 19,49 m les BR 151 ont une masse de 118 t. En 1994, les BR 151 ont été transférées à la Deutsche Bahn AG puis affectées à l’activité fret DB Cargo. Au cours de leur carrière, outre la remorque de trains de fret atteignant parfois 6 000 t, prestation alors assurée avec une UM de deux 151 équipées de l’attelage automatique Unicupler (AK69e), les BR 151 ont été utilisées sur des trains de voyageurs comme le Talgo Berlin – Probstzella – Munich. Les BR 151 ont également circulé régulièrement sur le réseau autrichien.
Avec la livraison à la DB de nouvelles locomotives destinées à la remorque de trains de fret, leur charge de travail était d’année en année en baisse constante. Des opérateurs fret privés, comme entre autres EGP, Hector Rail, HSL, Lokomotion, RBH, Saar-Rail et SRI, ont racheté des BR 151. En janvier 2017, la DB a revendu pour un montant d’environ 70 millions d’euros 196 BR 151 et BR 155 à un consortium composé de la société de location de locomotives Railpool et du japonais Toshiba, pour ensuite en louer 50 de chaque à Railpool, dont la DB continue à assurer la maintenance. En raison de la crise sanitaire liée au Covid-19 impactant les comptes de la DB et la baisse du trafic fret, seules six des 35 BR 151 encore louées en janvier 2020 par DB Cargo à Railpool étaient utilisées courant juin 2020, et les autres garées sans utilisation tout comme les BR 155. Pour remplacer d’autres séries très sollicitées au premier semestre 2021, comme les BR 185 et 187, DB Cargo a été contraint de louer à nouveau une trentaine de BR 151, qui sont utilisées dans la Ruhr et dans le nord de l’Allemagne vers Hambourg et de Bremerhaven. Les 151.002, 028, 031, 032, 034, 043, 045, 048, 049, 053, 058, 062, 086, 094, 095, 099, 103, 106, 109, 110, 112, 113, 116, 126, 129, 130, 141, 164 et 168, basées aux dépôts de Seelze et Oberhausen-Osterfeld, ont été mises progressivement à la disposition de DB Cargo au premier trimestre 2021. Début mai 2021, la 151.046 du dépôt de Maschen et la 151.155 du dépôt de Seelze ont également été remises en service. Les locomotives 151.129 et 141 ont subi mi-avril 2021 un rafraîchissement de leur peinture et arborent à chaque extrémité le logo de Railpool. Toutefois les locomotives appartenant à Railpool 151.012, 055, 064, 132 et 142 et les 155.015, 039, 055, 096, 108, 147, 178, 229, 232, 251, 253 et 261 ont été acheminées le 30 avril 2021 sur le site d’Opladen de Bender Recycling pour y être détruites. Ces locomotives étaient garées à Rostock Seehafen et à Leipzig-Engelsdorf.
Cet article est tiré du numéro 286 de RAIL PASSION.

Suisse : des Traverso sur la ligne du Saint-Gothard
Depuis le 13 décembre 2020, deux Treno Gottardo assurés avec des Traverso de la SOB empruntent chaque heure la ligne panoramique du Gothard ouverte en 1882, permettant aux voyageurs de découvrir des paysages merveilleux.
La compagnie Schweizerische Südostbahn (SOB) a été créée le 1er janvier 2001 par la fusion la Bodensee-Toggenburg-Bahn et de l’ancienne compagnie Schweizerischen Südostbahn pour lui permettre entre autres de répondre en Suisse à des appels d’offres dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du trafic grandes lignes. En 2014, la SOB a candidaté pour l’exploitation des trains InterRegio transitant par la ligne de faîte du Saint-Gothard. Avec les règles de l’époque, la SOB a dû y renoncer. À l’occasion de la mise en service en 2016 du tunnel de base du Saint- Gothard, par lequel tous les Euro- cités, Intercités et InterRegio des CFF étaient tracés, la ligne historique du Saint-Gothard ne voyait plus passer de trains grandes lignes. La SOB présenta alors son projet Treno Gottardo, qui proposait une desserte cadencée à l’heure entre Arth-Goldau et Lugano face à la proposition de desserte des CFF basée sur des InterRegio Bâle CFF/Zurich HB – Erstfeld cadencés à l’heure pour la partie nord de ligne et la prolongation de Biasca à Erstfeld des RER du Tessin pour la partie sud de la ligne. L’office fédéral des transports attribua toutefois la concession complète du réseau suisse grandes lignes aux CFF, ce que les compagnies BLS et SOB contestèrent. Finalement un accord fut trouvé en 2017 entre les CFF et la SOB pour l’exploitation dès décembre 2020 de relations directes entre Bâle CFF et Zurich HB vers

France-Allemagne : vers une nouvelle offre ferroviaire transfrontalière
À la suite d’un accord signé en janvier 2020 par la région Grand Est et les États de Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et de Sarre, tous les trains régionaux transfrontaliers entre la France et ces régions allemandes seront exploités dès 2024 par opérateur unique, et assurés avec des Régiolis bimodes et bicourant, dont le premier exemplaire livré par Alstom est en cours d’homologation.
Sept lignes transfrontalières ouvertes au trafic voyageurs connectent les réseaux français et allemands. Actuellement, sur certaines relations circulent des trains régionaux transfrontaliers assurés avec des automoteurs diesels parfois sous caténaire, sur d’autres les voyageurs doivent changer de train à la gare-frontière française.
L’offre transfrontalière 2021
L’offre ferroviaire pour le service annuel 2021 entre la France et l’Allemagne est le suivant:
• Mulhouse – Neuenburg – Müllheim (Allemagne) – Fribourg-en-Brisgau, du lundi au vendredi sur huit AR TER, cadencés aux deux heures, dont un assuré par autocar Grand Est, et sept AR TER cadencés aux deux heures les samedis, dimanches et fêtes, dont un assuré par autocar. Des automoteurs diesels X 73900, série équipée avec le KVB, le PZB, l’Indusi et à l’origine avec la TBL2, sont utilisés. La ligne est électrifiée en 25 kV 50 Hz de Mulhouse à la frontière en amont de Neuenburg et en 15 kV 16,7 Hz au-delà. Les TER sont en correspondance à Müllheim avec des trains régionaux allemands pour Fribourg-en-Brisgau ;
• Strasbourg – Kehl – Offenburg, du lundi au vendredi sur 24 AR et les samedis, dimanches et fêtes sur 15 AR assurés soit avec des X 73900 soit avec des Regio-Shuttle RS1 de l’opérateur SWEG (Südwest- deutsche Landesverkehrs-AG). À Offenburg, ces trains sont en correspondance avec des ICE et des IC de la DB à destination de Bâle CFF et au-delà et à destination de Karlsruhe et au-delà.

République tchèque : les ČD modernisent leur parc
Pour renouveler une partie de leur parc de matériel roulant, les ČD vont commander de nouvelles locomotives, et ont déjà commandé entre autres des automotrices diesels, des voitures grandes lignes et des rames réversibles pour la région d’Ostrava.
Les chemins de fer tchèques, les České dráhy disposent d’un parc de locomotives, d’automoteurs diesels et de voitures voyageurs relativement ancien hérité des chemins de fer tchécoslovaques, les ČSD lors de la partition de la Tchécoslovaquie. Avec les nombreuses commandes récentes de RegioPanter, le parc d’automotrices électriques est par contre, lui, très moderne. Depuis quelques années, les ČD multiplient les commandes de matériel roulant.
De nouvelles locomotives électriques
Le parc de locomotives électriques des ČD était au 1er février 2021 composé de 307 locomotives électriques réparties dans 17 séries, dont 12 série 150.2, 13 série 151, 20 série 162, 40 série 163, quatre série 163.2, 65 série 242, deux série 263, 79 série 362, quatre série 363, sept série 371, 20 série 380, deux Taurus 1216, 16 Vectron série 193 louées à la société de location de matériel ferroviaire European Leasing Locomotive (ELL) et 27 locomotives électriques de manœuvre, dont une série 110, 13 série 111, trois série 113 et 10 série 210. Le gestionnaire de l’infrastructure Správa Železnic est en train d’équiper certaines lignes avec l’ETCS (European Train Control System), en superposition avec le système tchèque de sécurité Mirel pendant la phase de déploiement, nécessitant à court terme l’équipement de tous les engins moteurs de ce système.

Afrique du sud. Un grand réseau ferré à l’activité fret dominante (1re partie)
L’Afrique du Sud dispose aujourd’hui du plus grand réseau ferroviaire du continent, se plaçant ainsi au onzième rang mondial. Le trafic voyageurs y est peu développé, une nette prépondérance étant accordée aux circulations fret présentes sur tout le territoire.
De nombreux articles sont parus sur l’Afrique du Sud dont la particularité était de montrer de belles photos de trains remorqués par de superbes locomotives à vapeur, tels les monstres qu’étaient les locomotives articulées de type Garratt, d’origine britannique. Mais comment faire un tour d’horizon relativement complet du matériel moderne qui a remplacé la vapeur ? Dans ce vaste pays, il y a très peu de trains de voyageurs… et le fret, très important, est disséminé sur tout le territoire. L’auteur a longtemps cherché à résoudre la quadrature du cercle jusqu’à… la trouver ! La solution s’appelle « Shongololo Express », un tour du pays de près de 4 000 km dans un train privé de grand standing appartenant à un passionné qui passe sa vie à acheter, rénover et faire rouler ses propres trains, simplement par plaisir.
Et son idée séduit de nombreux voyageurs qui apprécient de traverser confortablement le pays, en voyageant la nuit et en visitant le jour pour comprendre son histoire, sa géographie, sa culture, ses ressources naturelles et, bien entendu, parcourir ses parcs animaliers. Et quand on est soi-même passionné de trains et de photo, c’est sans doute la meilleure façon d’alterner photographie ferroviaire et photographie animalière.
L’Afrique du Sud aujourd’hui
Le pays en chiffres, c’est 58 millions d’habitants, 1,2 million de km2 (plus de deux fois la France) avec trois grandes métropoles : Johannesburg, communément appelé Jo’burg (5,7 millions d’habitants), Pretoria, la capitale (1,65 million) et Le Cap (3,7 millions). Le pays est bordé par l’océan Atlantique à l’ouest et par l’océan Indien à l’Est qui se rejoignent à la pointe de l’Afrique, non loin du cap d

Prima et ERTMS : la 27028E en essais
La 27028E (E pour ERTMS) devait débuter ce printemps ses essais en France où le système de sécurité européen doit progressivement se développer sur le RFN conventionnel. Les premières zones concernées sont sises aux abords des frontières, ce qui n’est pas sans générer des complications, à commencer pour Fret SNCF et ses 27000.
En marge des Br 186 Akiem utilisées entre la France et la Belgique, Fret SNCF ne dispose pas d’engins interopérables modernes, c’est-à-dire dotés du sésame ferroviaire européen. Cette réalité serait appelée à changer avec l’adaptation à venir de Prima bicourant. La dotation en 27000 de Fret SNCF (001 à 110 moins les 34, 37, 42, 46, 48, 51 vendues à VFLI) comporte déjà la sous-série des 27000M (001 à 020) dotées de pantographes 1,5 kV à archet large, en plus de la 27085 (dédiée aux essais de train autonome). L’apparition d’un volant de 27000 ERTMS (prédisposées niveau 2) serait à prévoir, du fait de deux projets en cours:
• Longuyon – Bâle en niveau 1 version 2.3.0d qui, avec les deux sites pilotes Mont-Saint-Martin – Longuyon et Zoufftgen – Uckange (mis en service en 2016 et 2017), permet de finaliser la branche Anvers – Bâle du corridor Mer du Nord – Méditerranée. Des mises en service étagées sont prévues jusqu’en 2025, en commençant par Longuyon – Thionville – Metz;
• Marseille – Vintimille qui sera en version 3.6.0, avec élimination de la signalisation latérale et du KVB. En lieu et place du niveau 2, il est maintenant probable que le niveau 3 hybride(1) soit mis en œuvre. Trois phases sont programmées (en commençant par l’Est et la frontière avec RFI) et devraient s’étager de 2026 à 2032.
Fret SNCF a fait procéder à la modification (par Matériel SNCF) de la 27028 qui est dotée d’un bistandard ETCS Baseline 3/KVB Alstom et qui a perdu du lest afin de compenser les nouveaux équipements. Il serait prévu d’homologuer les 27000E en France, au Luxembourg, en Suisse (Vallorbe, Genève) et en Italie (Vintimille) où la situation, sous réserve d’une issue négociée globale de type gagnant-gagnant(2) et/ou de la présentation d’un schéma alternatif, pourrait devenir inextricable. La mise en place d’une nouvelle desserte Voyageurs par la région Ligurie incite RFI à planifier à court terme le remodelage des installations de cette gare-frontière. Électrifié en 1,5 kV en 1969 et amputé de son faisceau relais dédié au fret (Parco Roja) en 2017, ce complexe ferroviaire pourrait évoluer vers une configuration selon laquelle une frontière électrique 3 kV/1,5 kV serait instaurée au droit du BV. Cette disposition aurait plusieurs implications contraignantes pour les services voyageurs et marchandises à moins, dans le cas des convois remorqués, de recourir à des locomotives multi-systèmes aptes Italie. La manœuvre par un diesel devrait autrement s’appliquer aux flux produits par des engins non interopérables et rejoignant ou quittant le faisceau relais, alias Parco Esterno, sis en aval du BV. Cette perspective mécontente fortement les opérateurs qui sont déjà tenus de se conformer aux exigences de RFI en matière de sécurité active. À moins d’engins dotés du SCMT, des consignes particulières sont dorénavant à appliquer du BV au Parco Esterno. La mise en œuvre depuis Miramas de 36300 par Fret SNCF constitue une réponse à cette contrainte. Mais cette option ne pourra être que provisoire. Il n’est pas prévu de porter les 36300 au standard ERTMS alors que les 27000 sont, pour leur part, inaptes au 3 kV !
Enfin, relevons que les 27000 de Fret SNCF pourraient être concernées par une cession d’actifs par l’EF, qui doit s’adapter à la concurrence moins chère, et qu’une unité Akiem (27111 à 180 moins la 115) a reçu son homologation en Hongrie fin 2020. La 491.001 (ex- 27155) roule dans ce pays depuis le 1er mai 2021 et devrait être rejointe par d’autres engins à transformer et à homologuer.
(1) Combinaison permettant à des trains de niveaux 2 et 3 de circuler sur une même voie. Les cantons avec détection au sol sont conservés pour la gestion des trains niveau 2, ces mêmes cantons sont virtuellement découpés en plusieurs cantons «virtuels», utilisés par le Radio Block Centre avec les rapports de positionnement des trains niveau 3 pour une libération plus rapide qu’avec la détection au sol.
(2) La réunion, le 5 mai dernier, de la com-mission intergouvernementale pour l’amélioration des liaisons franco-italiennes dans le sud des Alpes, fait apparaître la potentielle imbrication de plusieurs enjeux… De fait, il était déjà question d’un schéma alternatif pour Vintimille, fin juin 2021.
ERTMS ou EuRopean Train Management System, qui englobe ETCS (European Train Control System, la partie pure- ment contrôle-commande) et GSM-R (un support de transmission amené à évoluer vers le FRMCS).
Le niveau 1 repose sur une transmission ponctuelle des informations par balises, avec détection de la présence du train au sol (circuits de voie ou compteurs d’essieux), le niveau 2 sur une transmission continue bidirectionnelle entre sol et bord, par l’intermédiaire du GSM-R, la détection de la présence du train étant toujours faite par le sol, le niveau 3 correspondant au niveau 2 sans détection au sol, le train étant capable de se localiser en sécurité. Niveaux 2 et 3 utilisent des balises pour le recalage odométrique. Baseline : ensemble cohérent de spécification édité par l’ERA. Un changement fonctionnel majeur impose la définition d’une nouvelle Baseline. Au sein d’une même
Baseline il peut y avoir plusieurs versions compatibles. La Baseline 2 est la première à avoir été officialisée et ne comporte que la version 2.3.0d. Plus tardivement est arrivée la Baseline 3, qui comporte aujourd’hui deux versions, la 3.4.0 et la 3.6.0.
Cet article est tiré du numéro 286 de RAIL PASSION.
