Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Réseaux étrangers
L’actualité des réseaux ferroviaires étrangers.

L’italien InRail perce en Allemagne
En mai 2019, le logisticien suisse Hupac inaugurait le nouveau terminal de transport combiné de Pordenone, situé entre deux importants ports italiens : Trieste et Venezia. Après une liaison vers Zeebrugge via Novarra et la Suisse, le nouveau terminal propose depuis peu de rallier Genk et Zeebrugge via l’Autriche en empruntant la ligne du Tauern.
L’italien InRail S.r.l. assure la traction avec des locomotives Vectron MS entre Pordenone et Aschaffenbourg (nord-est de la Bavière). N’ayant pas d’autorisation de circuler en Autriche et en Allemagne, le service roule sous le giron de LTE dans ces pays. À Aschaffenbourg, après échange avec la navette descendante, le train est repris par l’opérateur historique belge Lineas jusqu’à Zeebrugge.
La livrée tricolore de l’opérateur italien InRail est une nouveauté dans le paysage ferroviaire allemand. La 193.847 est la seule Vectron interopérable aux couleurs de l’opérateur, les autres Vectron d’InRail étant de type DC, cantonnées au 3 000 V continu italien.
Abellio sous-traite à DB Regio l’exploitation d’une relation dans la Ruhr
En juillet 2016, l’autorité régulatrice des transports de la Rhénanie du Nord-Westphalie, le VRR, avait attribué à Abellio, filiale des chemins de fer néerlandais, à compter du 15 décembre 2019, l’exploitation pour une durée de 15 ans des relations du S-Bahn Rhin-Ruhr : S 2 Dortmund – Recklinghausen/Essen/Duisbourg, S 3 Oberhausen – Hattingen Ruhr Mitte et S 9 Wuppertal – Haltern am See. Le manque de conducteurs obérant la possibilité d’exploiter correctement la relation S 3, Abellio a annoncé fin octobre 2019 dans le journal officiel de l’Union européenne que l’exploitation de cette relation serait sous-traitée entre le 15 décembre 2019 et le 1er mars 2020 à DB Regio, l’opérateur sortant. Durant cette période, Abellio continuera à recruter des conducteurs pour pouvoir exploiter selon les termes du contrat la relation S 3. Le transfert de personnel en cas de changement d’opérateur n’étant pas automatique en Allemagne, Abellio n’a pu recruter suffisamment de conducteurs pour le 15 décembre. En septembre, Keolis Deutschland, du groupe SNCF, avait été victime de la pénurie de conducteurs et s’était vu retirer l’exploitation de deux lignes de S-Bahn qu’il devait exploiter également à compter du 15 décembre 2019.

Les « nez cassés » néerlandais sur le déclin
Dérivées des BB 7200 de la SNCF, les BB 1600 à 1800 surnommées « nez cassés » circulent depuis 38 ans aux Pays-Bas. Actuellement, ces locomotives, considérées comme les plus puissantes des NS, ont été en partie revendues à des opérateurs privés et le parc restant commence à être touché par les radiations.
En 1981, les NS commencent à recevoir la première série de locomotives « nez cassés » construites par Alsthom (alors avec un « h ») et MTE (Matériel de Traction Électrique), suite à un long test de la BB 7003 française aux Pays-Bas en 1975-1976. Ces locomotives pour courant continu 1 500 V dérivent des BB 7200 de la SNCF (de type « grandes cabines »), à hacheurs de courant à thyristors. Elles sont destinées à assurer du service mixte : des trains rapides internationaux, des liaisons intérieures accélérées aussi bien que des trains de fret. Elles diffèrent des locomotives françaises par l’adoption de la ventilation forcée, surtout utile pour le régime fret ; en outre, elles sont équipées de l’UM et de la réversibilité, notamment pour la remorque de rames à deux niveaux de première génération dites DDM-1 (Dubbel Dekker Materieel 1-Generatie), avec attelage à vis. Ces rames à étages sont indispensables dans un pays fortement quadrillé par des rames jaune et bleu nombreuses et fréquentes, particulièrement aux heures de pointe. Entre 1981 et 1983, 58 locomotives sont livrées par Alsthom et numérotées 1601 à 1658.
Dix ans plus tard, plus précisément de 1991 à 1994, une seconde série est livrée aux NS, par GEC-Alsthom cette fois, très semblable à celle de 1981 et numérotée 1701 à 1781. Les différences entre les 1600 et les 1700 concernent le type d’équipement de réversibilité, le freinage, ainsi que l’électronique, plus sophistiquée que celle des 1600. De plus, 28 d’entre elles (1701 à 1728) ont un attelage automatique à une extrémité (placé au-dessous de l’attelage à vis), ce qui les destine à la remorque des rames réversibles à deux niveaux de deuxième génération, les DD-AR (Dubbel Dekkers Agglo Regio Materieel). Ce matériel à deux niveaux pour des services suburbains aussi bien que régionaux possède l’attelage automatique ainsi qu’un équipement de réversibilité (mais incompatible avec celui des rames DDM-1 et des 1600). L’attelage à vis permet également une utilisation plus classique des engins. Les nouvelles « nez cassés » s’avèrent d’emblée comme les locomotives les plus puissantes et les plus économiques du parc des NS.
Suisse : plus de fiabilité pour les Twindexx de Bombardier
Après des débuts émaillés par des problèmes techniques récurrents, le fonctionnement du Twindexx alias Duplex TGL des CFF (voir Rail Passion n° 261) semble s’être amélioré très sensiblement. Lors de la conférence de presse du 6 novembre 2019, Bombardier a produit les résultats suivants :
– la fiabilité des rames a été multipliée par sept ces derniers mois ;
– les instabilités dynamiques (surtout perceptibles au deuxième étage et aux vitesses inférieures à 120-140 km/h) ont pu être réduites jusqu’à 75 %, grâce à un nouveau logiciel de pilotage des amortissements.
Bombardier a également profité de cette rencontre avec la presse suisse pour souligner que la motorisation répartie du Duplex TGL autorise de fortes accélérations et qu’elle contribue déjà concrètement à la ponctualité (meilleure…) des dessertes dans le nord-est de la Suisse. Les CFF disposent désormais de 25 rames, la flotte des Duplex TGL ayant déjà parcouru 2,27 millions de kilomètres. Bombardier prévoit de livrer la totalité des trains commandés par les CFF (62 compositions dans trois configurations : IC, IR longue, IR courte) d’ici à l’été 2021.
L’évolution du parc InterCity de la DB d’ici 2025
Courant juin 2019, l’activité grandes lignes des Chemins de fer allemands, DB Fernverkehr, a présenté sa stratégie de développement pour les trains InterCity sur la période 2019-2025. Durant celle-ci, la composition du parc de locomotives et de voitures utilisées sur les trains IC va être profondément modifiée.
Le matériel InterCity de première génération est désigné InterCity 1. Au service annuel 2019, DB Fernverkehr utilise 150 rames de voitures InterCity 1, majoritairement engagées en rame réversible. À fin 2024, plus aucune rame ne devrait être à l’effectif. Le nombre de voitures InterCity 1 devrait s’établir à 1040 en 2021, 836 en 2022, 734 en 2023 et 411 en 2024. Les objectifs du plan stratégique de 2018 n’ont pu être tenus à cause des retards de livraisons des ICE 4 et des rames IC 2, avec une différence de 377 voitures supplémentaires nécessaires en 2021, 316 en 2022 et 323 en 2023 par rapport aux prévisions. Ces rames sont actuellement remorquées par des locomotives électriques série 101 ou série 120 ainsi que par des locomotives diesels série 218. Toutes les locomotives électriques série 120 devraient être retirées du service InterCity au 31 décembre 2020. Leurs attributions se réduiront aux trains de matériel vide, désignés en Allemagne PbZ, et à la réserve en cas d’indisponibilité de locomotives série 101 ou de défaillance d’une voiture-pilote. Le nombre de locomotives électriques série 101 utilisées devrait passer de 145 actuellement à 130 en 2021, 99 en 2022 et 90 en 2023. Pour l’instant, le sort de cette série n’est pas encore fixé au-delà de 2023. Le nombre de locomotives diesels série 218 devrait passer de 29 actuellement à 25 en 2021, où elles seront remplacées progressivement par des locomotives diesels Traxx série 245 jusqu’en 2025. Par ailleurs la locomotive électrique 103.245, qui a été utilisée jusqu’en 2018 sur des trains IC en Bavière, a été transférée au musée de la DB. De plus, les deux dernières locomotives série 115, utilisées comme locomotives de manœuvres au dépôt de Berlin Rummelsburg, seront radiées le 31 décembre 2019.
Le matériel InterCity de deuxième génération est désigné InterCity 2 et comprend les IC 2 Dosto et les automotrices électriques Kiss. Le parc de matériel InterCity 2 va croître entre 2019 et 2025. En 2019, DB Fernverkehr dispose de 40 rames réversibles de voitures IC 2 Dosto, dont certaines sont homologuées pour circuler en Suisse. Ces rames sont composées de quatre voitures et d’une voiture pilote. En juin 2021, le parc de rames IC 2 devrait atteindre 69 rames. À l’horizon 2030, la DB devrait posséder 120 rames IC 2.
Keolis éliminé par manque de conducteurs dans la Ruhr
Keolis Deutschland (groupe SNCF) avait été sélectionné en juillet 2016 par l’autorité organisatrice de transport de la région Rhin-Ruhr, le VRR (Verkehrsverbund Rhein-Ruhr), pour l’exploitation à compter du 15 décembre 2019 des relations S-1 Dortmund Hbf – Solingen Hbf et S-4 Lütgendortmund – Unna et ce pour une durée de 12 ans. Constatant début septembre 2019 un manque de 60 à 80 conducteurs nécessaires pour remplir les clauses du contrat et considérant irréaliste que Keolis les trouve d’ici décembre 2019, le VRR a annoncé le 18 septembre 2019 qu’il rompait unilatéralement ce contrat d’un volume annuel de 4,8 millions de km-trains qui le liait avec Keolis. Pour assurer la continuité du service, le VRR a attribué directement l’exploitation de ces deux lignes de S-Bahn à l’exploitant actuel DB Regio en attendant le lancement d’un nouvel appel d’offres. Toutefois, Keolis étudie tous les recours possibles pour remettre en cause la décision du VRR. Le manque de conducteurs disponibles est en Allemagne un problème récurrent rencontré lors des changements d’opérateur. Parfois s’ajoute également le manque de matériel disponible, dû aux retards de livraison de certains constructeurs.

Brenner : un nouveau concept porté par le Land de Bavière
Alors que le tunnel de base du Brenner se creuse, le gouvernement bavarois, soucieux de favoriser le report modal de transport de marchandises sur le rail, a élaboré le concept de Breco, ou Brenner Corridor, prenant appui sur des matériels ferroviaires innovants. Explications.
La réalisation du tunnel de base du Brenner progresse : 109 km de galeries ont déjà été percés sur un total de 230 km. Mais aujourd’hui la part du transport routier pour les marchandises est de 71 %, celle du rail étant de 29 % sur cet axe qui concerne directement l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Particularité : la mise en œuvre de la route roulante de Brenner à Wörgl (sur sol tyrolien) fait que la part du rail en Bavière voisine est encore plus faible (22 %), ce qui expose les populations de la vallée allemande de l’Inn à de fortes nuisances et ce qui contrevient aux objectifs de la COP 21. Alors que plusieurs domaines d’activité ont commencé à réduire sensiblement leurs émissions en CO2, le secteur des transports reste pour sa part à des niveaux élevés, quand bien même un recours accru au rail permettrait d’abaisser sensiblement ces émissions. En effet, le ferroviaire est moins émetteur de 80 % en dioxyde de carbone.
Le ministère bavarois des Transports s’est donc emparé du dossier. Il souhaite diminuer de 2 % la part de la route (240 000 passages routiers) sur ces cinq prochaines années, ce qui implique de parvenir à charger et à faire circuler de manière efficace et économiquement viable quelque 20 trains supplémentaires par jour et par sens. À cet effet, il faut convoquer des tours de table mais aussi élaborer un concept innovant, alias Breco ou Brenner Corridor, qui parvienne à se substituer de manière transparente à la route.
Euskotren : Bilbao Atxuri fermée et gare provisoire à Hendaye
Depuis le 9 septembre dernier la section Bilbao Atxuri – Kukullaga Etxebarri (4 km) de la ligne à voie métrique d’Euskotren de Bilbao Atxuri à Saint-Sébastien Amara via Amorebieta est fermée. Les trains qui y parvenaient ou en partaient encore étaient origine-destination Bermeo via Amorebieta. Désormais, ils sont reportés à Bilbao Matiko sur la ligne 3 du métro Kukullaga Etxebarri – Matiko (8 km, ouverte le 8 avril 2017) tout comme ceux venant ou partant de Saint-Sébastien, qui avaient déjà déserté la gare d’Atxuri depuis le 19 juin 2017.
Du 2 ou 4 octobre dernier, la gare Euskotren d’Hendaye, dotée d’une seule voie en impasse, située dans la cour de la gare SNCF, a été fermée avec les trains limités à Irun Ficoba. Depuis le 5 octobre, une gare provisoire a été ouverte avec un quai de 80 m en structure métallique à 150 m de l’ancienne, en cours de démolition pour faire place à un nouveau BV et à deux nouvelles voies en impasse. Cette gare, qui permet de relier Lasarte via Saint-Sébastien toutes les 30 min actuellement passera à une cadence de toutes les 15 min avec les nouvelles installations.
Le système Atlas d’Alstom va équiper 17 ICE 3 en ETCS niveau 2
Afin de les faire circuler sur la nouvelle ligne à grande vitesse Stuttgart – Ulm, la Deutsche Bahn vient de décider de doter 17 rames ICE 3 de l’ETCS niveau 2. Elle a choisi Alstom pour les équiper de son système de contrôle embarqué Atlas, pour environ 1,8 million d’euros par rame. Cet équipement permettra aussi aux ICE 3 d’emprunter la LGV Paris – Strasbourg sous signalisation ETCS. En fonction des besoins et des homologations, les rames ainsi dotées pourront aussi circuler en Suisse et en Belgique, justifiant l’appellation « signalisation européenne » de l’ETCS. D’ailleurs, six sites de production Alstom répartis dans trois pays d’Europe (Allemagne, France et Belgique) seront mis à contribution. Le système de contrôle ETCS sera interfacé avec le système de contrôle initial des rames en collaboration avec Siemens, le constructeur des rames. Le contrat inclut la maintenance du système durant six ans par Alstom.

Des X TER toulousains pour la Roumanie
Le 4 octobre dernier, trois automoteurs bicaisses X 72500 ex-Midi-Pyrénées (72575/ 76, 653/54, 657/58) sont partis de l’ERM (technicentre) de Toulouse-Raynal pour Brasov, en Roumanie, où ils seront incorporés au parc de Regio Calatori qui dispose déjà de deux X TER tricaisses (72725/26, 733/34) ex-Picardie remis en service commercial le 9 décembre 2018. Le convoi, tracté par la BB 26189 (train 47516), a été expédié entre deux wagons Siikmms autrichiens de Rail Cargo Wagon (RCW) équipés d’un côté d’un attelage Scharfenberg et de l’autre d’un classique. L’itinéraire suivi était via Narbonne – Sibelin, Perrigny, Mulhouse et Bale. Deux autres X TER (72583/84, 587/88) devaient quitter Toulouse en novembre 2019 pour Brasov. À Toulouse, il reste encore trois X TER (72517/18, 537/38, 539/40). Les engins sont envoyés détagués et avec logo région Midi-Pyrénées occulté.