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Catégorie : Réseaux français
L’actualité des réseaux ferroviaires français.

Nouveau numéro disponible ! (Janvier 2022)
Le numéro 291 est arrivé !Au sommaire de ce numéro :Besançon. Histoire d’un carrefour ferroviaire franc-comtois
Railcoop lance sa navette fret et reporte son service voyageurs
L’actualité ferroviaire en Île-de-France (2021-2022)
TGV Atlantique, la dernière rénovation
Tramway du Mont-Blanc : pour faire durer le rêve…
Norvège : Fin de l’ouverture à la concurrence pour le trafic voyageurs
Vidéo en ligne : De Paris à Nevers. En ligne sur le Bourbonnais (3e partie)
etc.

RP291 : De Paris à Nevers. En ligne sur le Bourbonnais (3e partie)
Longtemps l’axe de Paris-Lyon à Clermont-Ferrand – plus connu, chez les cheminots et les ferroviphiles, sous le nom de « ligne du Bourbonnais » – est demeuré un bastion incontesté de la traction autonome. À l’époque de la vapeur, les célèbres Mountain 241 P y laissèrent un inoubliable souvenir. Avec l’arrivée des automoteurs diesels, ce sont les non moins célèbres Bugatti doubles, puis les RGP (Rames à grand parcours), qui s’y illustrèrent. Puis ce furent les locomotives diesels BB 67000, 67400 et CC 72000 qui s’emparèrent de cet itinéraire, avant qu’il ne soit électrifié vers la fin des années 80. Le Bourbonnais est alors devenu le domaine des BB 26000 Sybic (Synchrone bicourant) qui ont initié, en France, la transmission triphasée-synchrone. Cette ligne a donc connu des engins aussi différents que prestigieux en leur temps. C’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui de la découvrir dans son intégralité, de Paris à Nevers, comme si vous étiez assis à la place du conducteur…
Ph. H.
Durée : 44 min
Réalisation et montage : Nello Giambi et Philippe Hérissé

Un jeune passionné immortalise trois locomotives du passé
Nous vous livrons ici le récit de Nolan Masson qui, depuis peu, s’est laissé emporter par la passion des trains. Une passion qui le conduit sur le terrain le 29 août dernier pour immortaliser un convoi spécial avec la A1A-A1A 68540 du Creusot à Ambérieu et, après un relais traction, la CC 6549 en livrée Arzens et la BB 25188 en gris béton d’Ambérieu à Chambéry.
Je m’appelle Nolan, j’ai 12 ans, j’ai une passion : les trains !
Vendredi 27 août 2021, je regarde le graphique des circulations sur le secteur d’Ambérieu-en- Bugey sur l’ordinateur de mon père qui travaille chez SNCF Réseau, et je remarque un numéro de sillon inhabituel : le n° 28003 devant circuler le dimanche 29 août. C’est un train touristique au départ du Creusot et à destination de Chambéry. Je vais donc sur le site de l’association des Chemins de fer du Creusot (CFC) pour me renseigner sur l’engin moteur qui doit circuler. À ma grande surprise ce n’est pas une locomotive mais trois. Il est prévu la A1A-A1A 68540 du Creusot à Ambérieu et, après un relais traction, la CC 6549 en livrée Arzens et la BB 25188 en gris béton avec grandes persiennes d’Ambérieu à Chambéry. Je dis à mon père « Il faut absolument aller voir ce train pour le prendre en photo et le filmer. » Après l’obtention de son accord (facile, c’est aussi un passionné !), je fais du repérage sur Google Maps pour chercher un bon coin photo entre Pont-d’Ain et Ambérieu ; je trouve Ambronay.
Dimanche 29 août, jour J, 9 h 50, je pars en voiture avec mon père, direction Ambronay, pour aller voir le fameux train.
10 h 30 : nous arrivons à Ambronay avec une bonne demi-heure de marge pour nous installer et préparer le matériel. Mon repérage est concluant étant donné que nous sommes une quinzaine de passionnés sur le site. Ce qui est drôle c’est que quelqu’un a amené un petit taille-haie avec batterie pour nettoyer le bas du talus ; en 10 min il est tout propre.
10 h 55 : passage d’une UM de Régiolis Franche- Comté en provenance de Besançon pour Lyon- Perrache. Tout le monde en profite pour tester son matériel. 11 h 03 : passage du train tant attendu aux aiguilles d’IPCS de Saint-Martin-du-Mont. Les applis SNCF sont pratiques pour savoir où se trouvent les trains en temps réel.
11 h 08 : le fameux convoi arrive dans un concert de klaxon avec la 68540 en tête. Des voyageurs nous saluent par la fenêtre. Après son passage, tout le monde est pressé de partir pour le voir une deuxième fois au-delà d’Ambérieu. C’est possible grâce à un arrêt de 20 min à Ambérieu pour le changement de locomotives et le rebroussement.
11 h 10 : direction Torcieu pour voir le convoi avec la CC 6549 en tête suivie de la BB 25188 en double traction.
11 h 25 : nous arrivons à Torcieu, et préparons le matériel.
11 h 40 : le convoi arrive avec quelques minutes de retard, deuxième avalanche de klaxon de la matinée.
11 h 42 : nous repartons de Torcieu direction le dépôt d’Ambérieu, avec l’espoir de voir la fameuse 68540. Sur la route, en passant devant le dépôt, je dis à mon père « la 68540 est au dépôt ». Direction la plaque tournante. À notre arrivée nous faisons quelques clichés du matériel moteur présent (BB 36300, BB 26000, X 73500 et Regio 2N) et allons voir plus précisément la grosse diesel bleue. Nous faisons le tour de la machine et je demande au conducteur si je peux monter faire un tour dans la cabine et il me répond « oui ». Je monte donc dans la cabine et prends quelques photos et il me propose d’aller voir le moteur. Impressionnant ! Trop bien !
Ensuite, je remonte dans la voiture et je rentre chez moi. L’après-midi même, j’écris ces lignes.
Maintenant, je vais vous raconter comment j’en suis arrivé là.
J’ai commencé à me passionner pour les trains pendant le premier confinement, car mon père travaille chez SNCF Infrarail et je l’écoutais pendant ses réunions lorsqu’il était en télétravail. Je me suis mis à lui poser des questions sur les trains : numéros de série des locomotives, types de courant, livrées, services affectés… J’ai aussi fait des recherches sur Wikipedia.
Ce qui a aussi déclenché ma passion c’est la visite du TGV PSE n° 01 « Patrick » à Lyon-Perrache en mars 2020 juste avant le confinement ; il était en « en tri-livrée » Atlantique, carmillon et orange. J’ai pu visiter la cabine et discuter avec les conducteurs, c’était très intéressant.
C’est comme ça que je suis tombé dans la passion des trains. En plus nous avons un réseau de train miniature en HO (1/87). Parfois mon père me dit que je devrais aller en désintoxication de la passion des trains puisque je n’arrête pas de lui poser des questions…
Depuis le déconfinement de mai 2020, j’essaie d’aller voir tous les trains intéressants (trains de machines, acheminements spéciaux, trains de mesure, CMR, trains de travaux…) passant en gare de Saint-Maurice-de- Beynost à côté de chez moi, et je les prends en photo et en vidéo. Il y a des conducteurs qui donnent de gros coups de klaxon et qui me saluent, c’est top pour mes vidéos. Merci à eux !
Cet article est tiré du n°290 de RAIL PASSION dont voici la couverture :

Les dernières rames tractées sur la ligne du Bourbonnais en photos
En quête de photos représentatives de la diversité du matériel roulant, l’auteur nous propose ses clichés récents de rames tractées Corail Paris – Clermont-Ferrand circulant encore sur la ligne du Bourbonnais.
Pour tout amateur de trains, l’idéal est si possible de photographier une grande variété de matériels roulants… Un exercice autrefois assez facile à réaliser car avec l’apparition des rames modernes une certaine uniformité s’est mise en place. Grâce aux différentes régions administratives on peut bénéficier malgré tout d’un semblant de diversité avec du matériel certes identique d’une région à l’autre mais à la livrée propre à chacune d’entre elles.
Quant aux trains de fret, de moins en moins nombreux, ils ne vont pas jouer en faveur de la diversité photographique.
Et si nous parlions des rames tractées voyageurs, les fameux trains Corail, puisque sur le Réseau ferré national il n’y a plus guère qu’eux qui roulent avec ce mode de traction. Pardon, nous devrions sans doute dire les Intercités ou TET, trains d’équilibre du territoire… ou même TER. Peu importe la désignation, elle ne va pas changer la vie du photographe en recherche de variété ferroviaire.
Ce qui va changer par contre au grand dam des chasseurs d’images, c’est la fin programmée de ces trains assurés en rames tractées traditionnelles. Les passionnés n’ont sans doute plus que quelques mois pour immortaliser sur la carte mémoire de leur appareil photo ces compositions appelées à disparaître sans doute remplacées par les futures rames CAF notamment sur les axes Paris – Clermont et Paris – Toulouse dans un premier temps…
Mais que l’on ne s’y trompe pas, tous les trains assurés sur l’ensemble de l’Hexagone en rames Corail, et bien sûr y compris les rames Corail réversibles assurant des liaisons TER ou autres… sont eux aussi petit à petit remplacés par de nouvelles rames automotrices prenant inéluctablement le relais.
Le visage contemporain de ces rames tractées tel que nous le connaissons depuis très longtemps va quitter la scène ferroviaire au niveau national.
C’est pourquoi nous vous proposons quelques vues récentes de ces derniers trains Corail prises avant qu’il ne soit trop tard. Nous avons sélectionné des clichés réalisés sur la ligne du Bourbonnais, elle n’a pas la même notoriété que d’autres lignes où circulent un plus grand nombre de trains… alors mettons-la à l’honneur. Nous avons de plus choisi le secteur Auvergnat de la ligne (Allier/Puy-de-Dôme), où courbes, contre-courbes et rampes sévères sont propices à de belles photos.
De Paris à l’Auvergne via les vallées de la Seine, du Loing, de la Loire et de l’Allier, la ligne du Bourbonnais a pour origine Moret-Veneux-les- Sablons en Seine-et-Marne où elle laisse l’artère impériale pour se diriger sur le Bourbonnais et l’Auvergne.
Le train inaugural de l’électrification de la ligne a été tracté par la BB 26008 le 22 mars 1990, pavoisée aux couleurs de la République française. À son bord, le président de la république, François Mitterrand.
30 ans plus tard et même un peu plus ce sont ces mêmes Sybic qui terminent leur carrière en tractant leurs fidèles voitures Corail pour n’être bientôt plus qu’un souvenir.
Photographiées dans les livrées actuelles, à savoir livrée classique, « en voyage… », fantôme, carmillon, elles accusent visuellement le poids des années et leur aspect laisse parfois à désirer ne facilitant pas la prise de vue.
Même si ce sont majoritairement des Sybic qui assurent le Parisien, (le Paris – Clermont pour mémoire), le photographe chanceux aura parfois l’agréable surprise de voir une 22000 en tête de la rame, en livrée classique ou mieux en livrée Infra, voire une 67500 venue au secours d’une 26000 défaillante. Avec le rugissement du moteur diesel et une photo originale à la clé, ce sera un pur bonheur pour le photographe, mais pour lui seul car on imagine bien les soucis et tracas pour les équipes de conduite ayant eu à gérer une panne de dernière minute.
La livrée des voitures Corail évoluera elle aussi au fil des années. Se souvient-on encore des Téoz par exemple à la décoration extérieure si particulière pour l’époque ? Elles firent leur apparition dès 1977 sur le Bourbonnais avec un confort apprécié des voyageurs.
Les rames actuelles du Paris – Clermont se composent en général de sept ou 14 voitures. Le photographe préférant il va de soi la composition à 14 voitures.
Jean-Pierre FOREST doit sa passion des chemins de fer aux pittoresques trajets en autorail de Pont-de-Dore à Ambert en Auvergne dans les années 60 effectués au moment des vacances, en y associant la lecture de nombreux numéros de La Vie du Rail traînant « négligemment » sur la vieille table en bois dans un coin de la petite salle d’attente de la gare. À ce jour, il se demande toujours pourquoi il s’est retrouvé plus tard dessinateur industriel dans la métallurgie loin du monde des cheminots ! Peu importe, la passion étant intacte, il la vit par le biais de la photo ferroviaire et du modélisme après une période « d’apprentissage sur le terrain » et de nombreux clichés « loupés ». Mais, pratiquant également régulièrement la randonnée pédestre et le cyclotourisme dans une association au coeur de son Auvergne natale, les belles journées ensoleillées sont un cruel dilemme pour ce passionné où même son temps libre de jeune retraité n’est pas « suffisant » pour concilier « sport » et photo. Simple question « d’organisation » dit-il !

Jean-Pierre Forest. © DR Cet article est tiré du n°290 de RAIL PASSION dont voici la couverture :

Mecameetings 2021. Le rendez-vous des pros
Les professionnels de l’infra et de la maintenance se sont retrouvés fin septembre au Mecateameetings pour sa cinquième édition. Un succès qui va grandissant, porté par un contexte post-Covid.
L’histoire commence au lavoir de Chavannes, une importante friche industrielle entre les gares de Monceau-les-Mines et Galuzot sur l’axe Montchanin – Paray-le- Monial. Les anciennes houillères ont disparu laissant quelques hectares à l’abandon malgré la proximité avec la voie ferrée. Heureusement, un projet de reconversion est mis rapidement sur pied visant à transformer le site en outil industriel de première importance. Pour comprendre les enjeux de ce dossier, il faut se rappeler l’importance des besoins dans la filière de la maintenance des infrastructures ferroviaires. Les chantiers se multiplient à mesure que la régénération du réseau est passée à la vitesse supérieure après la catastrophe de Brétigny. Pour y faire face, certaines entreprises du secteur de la maintenance ont engagé une démarche innovante avec la création d’un « cluster » visant à se regrouper et mutualiser leurs moyens pour plus d’efficacité, tout en réduisant leurs coûts. C’est à cela que va servir le site de Chavannes. Le premier volet, peut-être le plus simple à mettre en oeuvre, a porté sur la formation. Pour intervenir sur les différents chantiers, il fallait du personnel compétent que les entreprises avaient souvent du mal à trouver. C’est donc sur ce site qu’a commencé l’instruction dans une structure unique en son genre. C’est une « voie école » qui est installée avec différentes caractéristiques susceptibles d’être rencontrées sur le terrain. La première chose qui saute aux yeux, ce sont les différents types de caténaires côte à côte, placées au-dessus des voies. Mais ce n’est qu’un élément parmi d’autres.
La formation d’ailleurs ne constitue évidemment qu’une partie des activités même si le centre est en passe de devenir un véritable CFA.

L’Euro Dual : un bon démarrage…
Avec le prototype Euro Dual 6001 de Stadler, VFLI (aujourd’hui Captrain France) acquiert une « vraie » nouvelle locomotive, un engin bimode capable de fournir une grande puissance en mode électrique (7 000 kW) mais également en mode thermique (2 800 kW). Captrain France n’est plus le seul intéressé, Captrain Allemagne, par exemple, a déjà quatre de ces super-locomotives en service.
En 2015, lors du rachat de Vossloh-España par Stadler Rail, un groupe de travail est en train de concevoir une locomotive bimode destinée au marché britannique, la Class 88. Ce groupe de travail est composé de Vossloh, d’un client (la RosCo Beacon Rail) et d’un exploitant (Direct Rail Service, DRS) qui a une idée précise de l’engin auquel il souhaite aboutir.
La Class 88 sera bimode et légère, de puissance moyenne du côté électrique mais aussi, et surtout, du côté thermique. En effet, dès 2011, la Traxx 3 LM, équipée d’un petit groupe diesel « Last Mile » (dernier kilomètre) pour des manoeuvres hors caténaires, suscite de l’intérêt et les autres constructeurs suivent de près la réaction des clients (1). Pour la Class 88, DRS veut autre chose qu’un groupe de 250 ou 300 kW qui, de plus, augmente sérieusement la masse de l’engin final ; il faut donc partir de quelque chose de bien plus léger qu’une Traxx. Voyons maintenant comment le petit groupe va partir de la Class 68 pour arriver à la 88. Pour cela, il faut remonter en 2010, lorsque Vossloh part de l’Euro 3000 (série 334 de la Renfe) pour créer son Euro Light, une locomotive BB de 2 800 kW pour 79 t, réalisée en deux exemplaires (284.001 à 002). À partir de celle-ci, le constructeur d’Albuixech en dérive une version au gabarit britannique, l’UK Light qui est commercialisée au Royaume-Uni comme Class 68. Elle a les mêmes caractéristiques mais peut courir à 160 km/h sur des voies qui ne sont pas nécessairement lourdement armées.

Occitanie, la stratégie de la réouverture
La région Occitanie s’engage sur la relance du TER et la réouverture de six lignes fermées. Une politique ambitieuse concrétisée par un partenariat au sein d’une agence avec SNCF Réseau.
On savait depuis la signature de la convention entre la SNCF et l’Occitanie que la région avait beaucoup d’ambition pour le rail. Près de trois ans plus tard, ça commence sérieusement à se voir. Pourtant l’Occitanie revient de loin. À cheval sur les deux anciennes compagnies du PLM et du PO-Midi, le réseau ferré a connu des vagues de réductions et de fermetures importantes qui l’ont profondément modifié. En Languedoc-Roussillon, l’essentiel du trafic est désormais concentré sur le bord de mer, saturé, tandis que dans l’arrière-pays, les lignes (souvent à voie unique) sont délaissées. L’infrastructure est parfois en très mauvais état avec des rails usés et des traverses vermoulues. Sur Alès – Bessèges, fermé en 2012, les limitations de vitesse imposées par la sécurité (jusqu’à 40 km/h), ont rendu l’exploitation impossible. Même des lignes à fort succès comme Nîmes – Le Grau-du-Roi ne sont pas à l’abri. Dans ces conditions, la fermeture est souvent la seule issue en l’absence d’investissements. Le réseau a ainsi disparu par pans entiers dans des secteurs mal desservis. Avec 2 925 km de voies aujourd’hui, dont seulement 1 427 km électrifiés, la région a perdu près d’un tiers de ses lignes depuis la création de la SNCF en 1938. Des étoiles entières se sont évanouies à l’image de celle de Sommières. Et quand la voie est encore là, il n’y a souvent plus de voyageurs depuis longtemps. Le constat est amer alors que les possibilités du rail sont réelles.
C’est d’ailleurs pour le démontrer qu’avaient été lancés les TER à 1 euro en Languedoc-Roussillon, confirmant le potentiel de certaines lignes. Et à chaque fois, le public a été au rendez-vous, faisant gonfler d’un coup la fréquentation, en particulier sur des axes secondaires comme Carcassonne – Quillan ou Marvejols – La Bastide. Néanmoins, cette politique volontaire a un coût qui n’est pas compensé par les recettes.

Une suite rapide pour les caténaires
Pour accélérer la rénovation de ses équipements caténaires, qui pour beaucoup ont plus de 70 ans, SNCF réseau a maintenant recours à une nouvelle suite rapide conçue par Colas Rail et TSO Caténaires. Les performances et la rapidité de ce train usine unique au monde laissent espérer de futurs chantiers au-delà de nos frontières.
C’est une première en France et sans doute dans le monde : une suite rapide vient d’être élaborée pour la rénovation des équipements caténaires. Le réseau ferré français comprend environ 16 800 km de lignes électrifiées dont 6 000 en courant continu 1,5 kV et 10 800 en courant monophasé 25 kV (dont 2 800 km de LGV). Les premières électrifications en 1,5 kV datent de 1922 et se situent dans le Sud-Ouest (caténaire Midi). Alors que la relation Paris – Le Mans est traitée en 1937, les grandes lignes comme Paris – Lyon, Bordeaux ou Toulouse sont traitées dans les années 50. Les premières caténaires 25 kV apparaissent en 1953 après des essais en 16 kV ou 20 kV. Le 1,5 kV se retrouve essentiellement dans le Sud-Est, le Sud- Ouest et l’Ouest. Le 25 kV dans le Nord, l’Est et des prolongements vers Nice ou Bretagne/Pays de la Loire.
Un grand nombre d’installations a dans les 70 ans. Comme pour les autres éléments de l’infrastructure (voies, aiguillages, signalisation, postes d’aiguillages), SNCF Réseau se retrouve confronté au vieillissement de son patrimoine. Jusqu’à présent, la modernisation des installations de traction électrique faisait appel à des moyens assez rudimentaires même si ces dernières années ont vu apparaître des engins rail-route. Les inter-

Les projets SNCF pour développer Ouigo
Depuis 2013, l’offre de trains à petits prix de la SNCF ne cesse de s’étoffer. L’entreprise multiplie les destinations et les gares desservies, les offres saisonnières et les options de confort. En ce qui concerne ses projets à court terme, elle annonce le lancement au printemps 2022 de trains low cost sur lignes classiques.
Le 23 septembre, la SNCF a dévoilé les projets à court et moyen termes concernant sa gamme Ouigo des voyages à petits prix. Forte d’un réel succès commercial et technique, cette offre n’a cessé de se développer depuis son lancement en avril 2013.
Dans le numéro 273 de Rail Passion, nous avions rappelé ce développement. Les grandes lignes sont les suivantes. Le lancement se fait avec quatre rames dédiées entre Marne-la-Vallée-Chessy et Marseille-Saint-Charles ou Montpellier- Saint-Roch. En huit ans, la desserte passe de huit villes à 42 destinations dans le Sud-Est, l’Ouest, le Nord, le Sud-Ouest et l’Est. Les huit à 10 rotations quotidiennes deviennent 63. Un coup de fouet est donné en décembre 2017 avec l’utilisation des grandes gares parisiennes : Vaugirard puis Paris-Est, Montparnasse et gare de Lyon. Les trains Ouigo transportent 1,5 million de voyageurs en 2013 pour atteindre 17,4 en 2019. L’objectif des 20 millions aurait pu être atteint en 2020 mais la pandémie en a voulu autrement avec six semaines de suspension du service au printemps et une lente reprise. Côté matériel, le parc dédié atteint 38 rames fin 2020.
La réussite du produit tient en plusieurs points : une rotation importante du matériel et une maintenance optimisée réalisée de nuit, une capacité plus importante de 624 places en monoclasse au lieu de 512 par rame, la plupart des trains étant en rame double, une vente intégralement digitale et un personnel dédié pluridisciplinaire.
Ouigo fait partie intégrante de la stratégie de la SNCF pour améliorer la mobilité. Plus de 70 millions de voyageurs sont transportés en 8 ans. L’objectif est d’atteindre les 200 millions d’ici 2035. Un voyageur sur deux n’aurait pas pris le

Une rame Paris Musées pour le RER C
Depuis le 27 septembre, les musées de la Ville de Paris ont leur rame dédiée. Quatre sites servent de modèle à la décoration des voitures d’une rame du RER C.
Vous ne fréquentez pas les musées ? Allez-y en train ! C’est un peu le message, tout en paradoxe, qu’ont voulu faire passer la SNCF et Paris Musées. Une nouvelle fois, les voyageurs ont la chance de pouvoir embarquer à bord d’un train à la décoration hors du commun. Après les rames Versailles, Impressionnistes, Nature et patrimoine, et Cinéma, voici le RER Paris Musées. Pour célébrer les temples de la culture de la Ville de Paris, chacune des quatre voitures de cette rame a été décorée selon un thème précis. L’idée est bien de mettre en valeur la richesse des musées parisiens, aussi nombreux que variés.
Malheureusement, si leurs noms sont souvent connus du grand public, trop peu de personnes s’y sont rendues et connaissent les oeuvres qu’ils abritent. De là est née l’idée de faire découvrir directement aux voyageurs les salles et les collections présentées par ces lieux prestigieux. Évidemment, il n’a pas été simple de faire un choix parmi les nombreux musées de la ville. Aussi, le tracé dans Paris du RER C a servi de repère, pour retenir quatre musées (autant que de voitures dans une rame), accessibles par les trains de la ligne. Même si en réalité le RER ne dessert pas si bien que ça les musées en question, on retrouve donc une voiture du palais de Tokyo dédié à l’art moderne, du Petit Palais pour les beaux-arts, du palais Galliera pour la mode, et du musée Carnavalet pour l’histoire de Paris. C’est donc un pelliculage soigné qui est venu métamorphoser l’intérieur des voitures du sol au plafond sur chacun des deux niveaux. Le résultat, qui a demandé 600 heures de travail, a été obtenu après la pose de pas moins de 700 m2 de vinyle. Au-delà de l’aspect esthétique, il y a un indéniable effet trompe-l’oeil qui laisse le voyageur un peu désorienté. Et c’était précisément le but recherché, faire croire le temps d’un instant que l’on est transporté au coeur du musée évoqué. Découvrir que c’est dans ces murs que l’on peut voir les magnifiques boiseries dessinées par Hector Guimard, ou encore La Fée électricité, cette oeuvre peinte par Raoul Dufy pour l’Exposition universelle de 1937. Et il y en a tant d’autres encore, pas seulement des oeuvres d’art mais un décor qui « rappelle » et qui « évoque », qui plonge le voyageur dans une ambiance de luxe et de beauté pure. Une réelle incitation à aller plus loin et à pousser la porte du musée. D’autant que ceux de la ville sont tous gratuits afin d’être accessibles au plus grand nombre. La mise en circulation de ce train musée aurait dû intervenir il y a plusieurs mois déjà, reportée en raison de la crise sanitaire. Un regret peut-être, le choix d’une rame en livrée carmillon (la 20874) et non Île-de-France Mobilités, mais il n’y en a pas encore sur la ligne C.
Preuve du succès indéniable de ces opérations, de nouveaux trains à thèmes sont déjà demandés, notamment pour les RER B et E.
Cet article est tiré du n°290 de RAIL PASSION dont voici la couverture :



