Catégorie : Transports urbains

L’actualité des transports urbains : métros, tramways, bus etc.

  • Communications radio Thales pour le métro de Montréal

    Le 30 novembre, Thales a annoncé avoir signé avec la Société de transport de Montréal (STM) un contrat portant sur un système de communications par réseau radio à large bande. La solution proposée par Thales comprend, outre un système de gestion et de supervision des équipements, plus de 250 radios (sur les voies et embarquées), des antennes installées le long des tunnels et sur les rames, des équipements de sécurité, ainsi que des caméras de vidéosurveillance pour contrôler les mouvements de voyageurs sur les quais de toutes les stations. Le système, qui assurera une couverture radio haut débit sur les 69 km des quatre lignes du métro, sera opérationnel en 2013. Une capacité de bande passante supplémentaire est incluse et disponible pour des usages à venir.
     

  • Feve a mis au point un tramway à hydrogène

    Dans le cadre de la recherche-développement de nouveaux produits engagée par l’industrie ferroviaire espagnole, le réseau Feve veut mettre en service régulier un véhicule à hydrogène dès 2012 sur ses lignes des Asturies (nord-ouest du pays). Investissant un million d’euros, le réseau de lignes à voie métrique Feve et plusieurs centres de recherche ont transformé un ancien tramway belge un temps en service à Valence. L’énergie lui est fournie par deux piles à hydrogène alimentant quatre moteurs asynchrones qui lui donnent une autonomie de 100 km. D’une capacité de 30 voyageurs, le véhicule est destiné à des trajets périurbains.
     

  • La Chine, invitée surprise du tram de Tours

    La Chine, invitée surprise du tram de Tours

    Pour ses bordures de lignes en granit et le pavage des stations et de l’esplanade de la gare, le Sitcat (Syndicat des transports de l’agglomération de Tours) a retenu des pierres chinoises. Des appels d’offres de fourniture et de pose ont en effet été remportés, pour un montant de plus de 5,5 millions d’euros, par une société orléanaise qui se fournit en Chine. Un choix qui a entraîné un débat local et une polémique alimentée par certaines entreprises. Le Sitcat a répondu par un communiqué pour rappeler que ces marchés « ont été votés à l’unanimité par l’ensemble des élus du Sitcat, maître d’ouvrage de la ligne du tramway. Les offres retenues sont, comme la loi nous y oblige, celles qui répondent au mieux, d’une part, aux critères énoncés dans le cahier des charges (qualité, capacité à extraire, à façonner et à livrer des quantités importantes, homogènes et dans les délais impartis) et, d’autre part, aux conditions financières les meilleures ». Et d’ajouter que ces matériaux chinois sont utilisés dans tous les grands chantiers urbains français. Le Sitcat précise en outre qu’il « a retenu les matériaux de 3 carrières françaises pour les 40 000 m2 de pierres calcaires qui seront posées dans le centre-ville » et appelle donc à cesser cette « polémique stérile ».
     

  • Wuppertal commande à Vossloh Kiepe sa prochaine génération de métro suspendu

    Mondialement connue pour son métro monorail suspendu, qui compte depuis 1901 une seule ligne de 13 km, la ville allemande de Wuppertal a commandé à Vossloh Kiepe 31 nouvelles rames articulées pour un total de 122 millions d’euros. Destinées à remplacer le matériel actuel, des années 1970, et à améliorer les performances de la ligne (vitesse, capacité…), les nouvelles rames seront assemblées à Valence (Espagne) par Vossloh Rail Vehicles, et leur équipement de traction sera fourni par Vossloh Kiepe. Les deux premières rames sont attendues à la mi-2014 pour essais, suivies des autres entre fin 2014 et fin 2015.
     

  • Une appli pour voir progresser les travaux du tram de Besançon

    Désormais disponible sur iPhone et Android, l’application gratuite « Tramway du Grand Besançon » va permettre aux Bisontins de s’informer en temps réel sur l’évolution des travaux de leur futur tram. Six onglets sont consultables, proposant entre autres : des cartes avec la localisation des travaux dans la ville, les stations Vélocité et les parkings-relais ; des infos sur les travaux en cours et à venir ; des photos et des vidéos du projet et des travaux ; ou encore une partie pratique avec le numéro Vert Info’Tram et les coordonnées des médiateurs. L’application est appelée à évoluer dans les semaines à venir afin de la perfectionner.
     

  • Alger  : un métro pour la ville blanche

    Alger : un métro pour la ville blanche

    Aéroport Boumedienne, 29 octobre, au passage de la douane


    – « Vous êtes journaliste ? Pourquoi venez-vous ici ? Pour quel média ? Il faut le marquer sur la fiche, en toutes lettres. La Vie du Rail ? La Vie du Rail… Pour quoi faire ? »
    – « Regardez, nous sommes un groupe de journalistes. On vient pour la mise en service du métro, avec la RATP. » Instantanément, l’homme se lève dans sa guérite, retrouvant le sourire :
    – « Le métro d’Alger ? Vraiment ? Vous êtes les bienvenus. Cela fait trente ans qu’on vous attend. »


    Station des Fusillés, sur la ligne, à l’est d’Alger, le 31 octobre


    Une nuée de ballons verts, blancs et rouges, des coups de feu tirés par des cavaliers en costume de parade, des tambours et des trompettes, des musiciens de troupes folkloriques, les youyous des femmes, les enfants brandissant des portraits… Le rassemblement se veut d’exception pour accueillir Abdelaziz Bouteflika. Le Président malade, avare en sorties publiques, est venu marquer l’événement, couper le ruban avant de s’engouffrer par l’escalator avec ses ministres du Transport et de l’Intérieur, en compagnie de son jeune frère, dans une bouche de métro devenue, en quelques instants, une ruche sous haute tension. Tout au long du trajet que devait suivre le cortège présidentiel pour parvenir ce jour-là à la station des Fusillés, comme aux alentours de la station Tafourah, devant la Grande Poste, où devait ressortir la « troupe » médiatique à l’autre bout de la ligne qui suit la baie d’Alger, toute la semaine précédente, on s’était affairé et les échafaudages avaient poussé comme des champignons. Avec une mobilisation exceptionnelle d’ouvriers venus passer un coup de blanc sur les façades des bâtiments ou poser des drapeaux gigantesques sur les plus décrépis. Sans parler de la fontaine rutilante qui avait jailli face au siège de RATP El Djazaïr, là où le président devait visiter le PCC de la ligne. Et pourtant ce métro, malgré tous ces signes apparents d’arrivée imminente, peu d’Algérois osaient croire, même la veille, à son inauguration. Un scepticisme compréhensible, car le projet a presque trente ans. Les premières études techniques remontent à 1982. Pendant près de trente années, marquées par la crise économique et la chute du prix du baril, puis la « décennie noire » du terrorisme, les crises politiques, les controverses diverses, ce fut l’attente dans cette ville asphyxiée par des bouchons sans cesse accrus. En une décennie, le nombre d’habitants dans la capitale et sa périphérie a plus que doublé. De quoi globalement atteindre, même s’il est difficile d’avoir un chiffre exact, les cinq millions d’habitants. Parallèlement, avec l’ouverture ces dernières années des crédits à la consommation, on estime que le nombre de voitures a été multiplié par cinq. Une montée en puissance encouragée aussi par le coût relativement faible de l’essence dans ce pays producteur, autour de 20 centimes d’euro le litre. À part les jours fériés, ici, prendre son véhicule, c’est se garantir des heures au ralenti dans tout le centre de la « Ville blanche ». Quant aux bus privés, brinquebalants, souvent à bout de souffle et mal aimés, ils se retrouvent prisonniers de ce trafic. Ce qui n’en fait pas une véritable alternative à l’automobile.
    De quoi expliquer, sans doute, le véritable engouement pour ce métro dont certains Algérois attendent aujourd’hui peut-être trop, tant la solution miracle ne parait pas à l’ordre du jour pour désengorger la ville. Mais ce doit être un début, un premier signe fort après l’arrivée du tramway, dont une première section a été inaugurée en mai dernier. La véritable amorce de ce qui, affirme le ministre des Transports Amar Tou, deviendra en 2020 un réseau rassemblant, connectés, 40 kilomètres de métro et tout autant de tram.
    Les habitants ne demandent qu’à y croire, espérant que la conjoncture économique favorable aux pays producteurs, après avoir « boosté » les ventes d’automobiles, permettra de financer les coûteuses infrastructures de transports en commun oubliées pendant les années de crise économique et les « années noires ».

    Au PCC, 1er novembre au matin


    Pour cette inauguration de la ligne 1, jour férié anniversaire du début de la guerre d’indépendance en 1954, il était bien difficile de faire des prévisions. Alors, tout ce que RATP El Djazaïr compte de personnel opérationnel est sur le pont. À son siège, Pascal Garret, devenu directeur de la filiale locale après avoir été celui de la ligne 11 du métro parisien, tire les premiers enseignements. Plutôt rassurants. « Le premier à avoir pris le train, c’est un gamin de douze ans. C’est un bon signe. Les gens ne rechignent pas à payer. Une bonne surprise. Une mise en service réussie, c’est essentiel pour l’image de la RATP. » Aux portillons, dans les stations, des agents en gilet jaune siglé RATP El Djazaïr guident les tout nouveaux voyageurs aux tripodes, leur expliquent où mettre les tickets. Et les sourires illuminent les visages lorsque le tourniquet leur laisse le passage… Quant aux autres employés, leurs tenues vertes ornées du logo RATP ne dépayseront pas les habitués… du réseau parisien. Sur les quais, beaucoup d’enfants, très jeunes, et beaucoup de personnes âgées. « Vous savez, je suis un ancien du métro de Paris, j’ai travaillé à Montparnasse. Mais ici, c’est tellement incroyable. Regardez cette station, elle ne vous rappelle pas celle du Colonel-Fabien ? » Beaucoup multiplient les allers-retours, enchaînent les visites de stations, déambulant sur le réseau comme dans un parc d’attractions. Certains s’étonnent aussi de ne pas pouvoir en griller une dans ce métro, qui est l’un des rares espaces publics en Algérie où la cigarette est interdite. Pour le faire savoir, des panneaux sont installés un peu partout, dans les stations, dans les rames.

    Vers 10h, à la station Grande-Poste


    C’est l’affluence aux tourniquets, autour des guichets et des vendeurs à la sacoche. Une rame supplémentaire est mise en service pour faire face, en plus des huit prévues. Au fil de la journée, ce sont quatre rames de plus que prévu qu’il faudra injecter. Sans difficulté. Au soir de ce premier jour d’exploitation commerciale, marqué par une vraie ferveur populaire, le métro a déjà trouvé son public puisqu’on a comptabilisé 61 000 voyageurs payants. Mais bien davantage de visiteurs puisque, pour les plus de 60 ans et les moins de 12 ans, venus en nombre, ce jour-là le transport était gratuit. Alors que les estimations de trafic quotidien visent les 60 000 voyageurs en semaine, ces premiers chiffres reflètent l’attrait de la découverte. Et aucun incident n’a terni cette journée de fête nationale, avec son métro nommé désir en vedette incontestable. Un signe de bon augure pour les responsables de la RATP qui l’affirment : il s’agit, avec ce métro, dès la première année, de gagner de l’argent. Le ministre des Transports, Amar Tou, se veut tout aussi confiant : « Les Algérois connaissent bien le métro parisien. Avoir un partenaire connu, c’est important et cela limite les risques. Confier leur nouveau métro à la RATP, cela ne peut que les rassurer. » Avec cette mise en service, Alger est devenue la première ville du Maghreb équipée d’un métro. Et la seconde du continent africain, après Le Caire.


    Pascal GRASSART

     

    RATP Dev a déjà d’autres ambitions en Algérie

    Avec sa ligne 1 du métro parisien automatisée (voir VR&T n° 530), la RATP a sa vitrine sur le marché international des réseaux à moderniser profondément sans y interrompre le trafic. Avec la première ligne du métro d’Alger, elle se place sur le marché des nouveaux « Brics » (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud), pays émergents à fort potentiel qui, selon les termes de Pierre Mongin, patron de la RATP, « réalisent qu’ils vont devoir effectuer leur révolution urbaine ». L’Algérie devrait en faire partie, qui enregistre une croissance annuelle proche des 4 % et connaît une urbanisation à grande vitesse. Pour Pierre Mongin, « Alger est très emblématique de notre stratégie. Le métro coche toutes les cases. » C’est en 2007 que RATP Dev est retenue par l’Entreprise du métro d’Alger (EMA) pour assurer l’exploitation et la maintenance de la première ligne du métro algérois. Montant du contrat, signé par Pierre Mongin en présence des présidents Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika : 130 millions d’euros. Il faisait suite à l’appel d’offres lancé par l’EMA auprès de cinq groupes de dimension internationale, Keolis, Veolia Transport, Métro de Madrid, Métro de Rome et RATP Dev. Ses principaux atouts : son expérience d’opérateur multimodal et sa capacité à former le personnel exploitant.
    En 2009, une filiale locale est créée, RATP El Djazaïr. Après la phase de préexploitation, elle assure pour huit ans – et un contrat renouvelable de 130 millions d’euros – l’exploitation et la maintenance de la ligne. Elle bénéficie du concours de deux sous-traitants, Siemens France pour le système d’aide à l’exploitation CBTC, et CAF pour l’entretien du matériel roulant. Les perspectives sont attractives : déjà, après les 8,5 premiers kilomètres de ligne, trois extensions sont annoncées, deux à partir de Grande-Poste et une vers l’est, après Haï El Badr. Selon le ministre algérien des Transports, Amar Tou, deux prolongements devraient être mis en service en 2015. Au-delà du métro, RATP Dev espère s’impliquer dans un marché des transports algériens en plein développement, pour « apporter son savoir-faire d’opérateur multimodal ». En ligne de mire, le tram Alstom, mis en service par la Régie des transports d’Alger sur une portion de ligne en mai dernier et qui doit être interconnecté avec le métro au printemps prochain. Après deux appels d’offres infructueux, auxquels avaient répondu Veolia, Keolis et la RATP, le contrat d’exploitation pourrait prochainement être conclu dans le cadre d’un marché de gré à gré. Et la RATP, la seule à avoir répondu, serait bien placée pour l’emporter. De quoi lui permettre de devenir le premier opérateur multimodal à Alger. Enfin, au-delà d’Alger, comme nous l’a confirmé Amar Tou, ce sont plus de 17 projets de tramway et un projet de métro, à Oran, qui sont en cours.     

    Pascal GRASSART

     

    Le métro en quelques chiffres

    Longue de 8,5 km, la ligne dessert dix stations entre la Grande Poste et le quartier Haï El Badr, au sud-est, et six communes. L’équipement de cette ligne souterraine a été confié à un groupement compsé des sociétés Siemens France (leader), Vinci Construction Grands Projets. et CAF. Siemens France a fourni la signalisation, les automatismes d’aide à la conduite, les télécommunications, la voie, l’électrification, la billettique et le PCC. Vinci Constructions a réalisé notamment le génie civil, les aménagements architecturaux des stations, les escalators, la ventilation et le système de désenfumage du tunnel et des stations. Les 14 rames, conçues par le constructeur espagnol CAF, comptent six voitures climatisées. La disposition longitudinale des sièges permet d’optimiser l’espace avec une densité maximale moyenne de six passagers par mètre carré contre quatre à Paris. Chaque rame peut donc transporter 1 300 voyageurs. Selon le contrat, le métro doit pouvoir transporter 250 000 voyageurs par heure en période de pointe. RATP El Djazaïr compte 400 salariés. 86 % du personnel d’exploitation a moins de 35 ans et, à court terme, la quasi-totalité du personnel sera algérien. 400 agents de police doivent assurer la sécurité, dont 8 présents en permanence dans chaque station. Une centaine de salariés de sociétés prestataires assurent le nettoyage des trains et des stations, ainsi que le gardiennage des installations. Le service est assuré de 5h à 23h, avec des intervalles de 3 mn 20 aux heures de pointe et de 5 mn aux heures creuses, sept jours sur sept. La gestion des circulations est assurée grâce au PCC, poste de commande centralisée, qui gère le mouvement des trains, la régulation du trafic, la surveillance des stations et des équipements, le contrôle de l’énergie. Le coût total du projet est estimé 1,2 milliard de dollars, soit près de 900 millions d’euros.

     

    50 dinars, le prix contesté du ticket

    Cher ou pas, le prix du ticket à 50 dinars, soit environ 0,50 euro, alors que le salaire minimum est aux alentours de 150 euros ? Dans la presse algéroise, le sujet a fait polémique à la veille de l’inauguration de la ligne. De quoi inciter le ministre à monter au créneau pour préciser qu’avec l’abonnement mensuel, 18 euros, le prix du trajet représente plutôt 35 dinars. Et de souligner que le prix coûtant du trajet représente 84 dinars. Parallèlement, un titre métro-tram, voire bus, devrait être proposé… prochainement.

  • Alstom et Colas poseront la voie du tram de Besançon

    Le 28 octobre, la communauté d’agglomération du Grand Besançon a attribué la construction du lot infra 1 de sa première ligne de tramway (7,1 km pour 13 arrêts) au groupement formé par Sacer PNE, Screg Est et Roger Martin pour le génie civil, avec Colas Rail et Alstom Transport pour la pose de la voie (contrat chiffré à « plus de 40 millions d’euros » pour les deux sociétés du groupe Bouygues, dont 7 millions pour Alstom Transport). Les travaux de génie civil démarreront en janvier 2012, Alstom Transport et Colas Rail entameront les travaux de pose de voie au printemps 2012 et la livraison de la ligne est prévue pour fin 2013.

  • Un tram à moitié électrifié à Seattle

    D’ici fin 2013, Seattle compte ajouter à son réseau de tramway une petite ligne de 2 miles (3,2 km), pour laquelle le constructeur tchèque Inekon va fournir six trams en partenariat avec l’assembleur américain Pacifica Marine. Ce groupement, qui l’a emporté sur deux autres candidats, sera également responsable de la maintenance des trams pendant cinq ans. Particularité : l’alimentation électrique par ligne aérienne de contact ne sera installée que sur une des deux voies de cette nouvelle ligne. Au retour, les trams seront alimentés par des batteries ! Une façon de réduire la consommation d’énergie, les coûts de maintenance et les croisements avec les lignes aériennes de trolleybus.
     

  • Salon RNTP : high-tech sur toute la ligne

    Salon RNTP : high-tech sur toute la ligne

    La révolution Businova

    Multi-hybridation et châssis bimodulaire, caractéristiques du nouveau Businova, étaient jusqu’ici parfaitement inconnus dans le monde des autobus. Portrait du véhicule le plus révolutionnaire de la dernière décennie…

    Dévoilé à Strasbourg sur le stand de l’industriel Safra, le Businova était de très loin, sur le plan de l’innovation, l’attraction majeure de l’exposition. D’emblée, ce véritable « concept bus » de 10 m (10,50 m en version future, voire 12 m), avec un gabarit de 2,50 m, se démarque des autres midibus du marché, tant par sa silhouette extérieure que par ses aménagements intérieurs. Mais surtout, il apparaît en rupture totale au niveau technique, avec une conception de la structure de caisse et une gestion de la propulsion qui, dans l’urbain, n’existent nulle part ailleurs. Le Businova fait appel, pour la toute première fois, à la multi-hybridation et introduit le principe révolutionnaire d’un châssis bimodulaire…
    Son inventeur, Dominique Delamour, n’est autre que le père du Microbus, qu’il développa avec la RATP avant que le constructeur Gruau ne l’industrialise. Au sein de la société R&D Industries dont il est le « créatif », et en partenariat avec l’industriel Safra, il avait conçu, à l’intention de l’opérateur Veolia, le programme Vivabus, basé sur un réaménagement total des intérieurs d’autobus à mi-vie (voire d’Agora ou d’Agora Line Irisbus sortant d’usine), qui intéressa près de 300 véhicules de 1996 à 2005. Au long de ces années, les équipes respectives de R&D Industries et de Safra semblent s’être mutuellement appréciées, et tous les ingrédients étaient réunis pour voir naître ce nouveau produit…
    Ce sont les Jeux olympiques de Pékin qui inspirèrent, dès 2001, la structure étonnante du Businova. « Les Chinois voulaient des autobus entièrement électriques, mais il aurait fallu traîner cinq à six tonnes de plomb pour assurer les 200 km d’autonomie qu’ils nous demandaient ! On s’est alors dit que le mieux serait d’avoir une remorque à batteries qu’on changerait deux à trois fois par jour… », se souvient Dominique Delamour. Et c’est justement à partir de cette réflexion qu’est né le concept du châssis bimodulaire. Le Businova se présente ainsi comme un autobus accouplé à une remorque technique, qu’il tracte toutefois non pas derrière lui, mais à l’arrière en dessous de lui, et toujours à l’intérieur même de son gabarit. Pour ce faire, les longerons reprenant les efforts de la structure de caisse ne sont plus situés au niveau du châssis, comme classiquement, mais en partie haute, sous le pavillon. Du coup, il devient possible de dégager dans le porte-à-faux arrière l’espace nécessaire pour une remorque sous caisse. Côté aménagement intérieur, cette remorque se traduit par la possibilité d’aménager à l’arrière un « belvédère », espace convivial surélevé d’où les voyageurs jouiront d’une excellente visibilité.
    La remorque repose sur un essieu porteur à roues simples de diamètre 750 mm, allégeant d’autant le véhicule. Elle dispose d’un système d’attelage rapide permettant de la dételer ou de l’atteler en un quart d’heure. Les batteries du projet chinois ont laissé place à un véritable « power-pack » (ou module « énergie ») autoporté dont on peut faire l’échange standard en atelier en lui substituant, par exemple, une remorque-relais : opération réglementairement d’autant plus aisée que ces remorques, en tant que partie intégrante du véhicule, ne sont pas assujetties à la délivrance d’une carte grise. On voit immédiatement l’avantage considérable que les opérateurs retireront de ces dispositions constructives aujourd’hui brevetées, puisque la maintenance lourde pourra ainsi s’effectuer en « temps masqué », sans immobilisation du véhicule… Bien différent de celui d’une remorque traditionnelle, l’attelage n’offre que les deux degrés de liberté en rotation, permettant tangage et roulis, le troisième, selon l’axe perpendiculaire au plan de roulement, étant interdit. La remorque, dont l’essieu est de surcroît directeur avec un angle de braquage d’environ 12°, ne peut ainsi jamais sortir du gabarit. A l’arrière, il y a donc deux essieux : l’essieu moteur du véhicule avec roues à pneus larges de diamètre 980 mm attaquées par un pont ZF, et l’essieu suiveur de la remorque.
    L’autre principe fondateur du Businova est l’optimisation exceptionnelle de la récupération d’énergie. Une dizaine de tonnes freinées avec une décélération de 1 m/s2 dégage, certes, une énergie considérable, mais Dominique Delamour n’était pas convaincu par les supercapacités, pourtant très tendance mais qu’il juge chères et pas totalement au point. « J’ai décidé d’utiliser l’hydraulique aux basses vitesses, pour lesquelles elle est particulièrement bien adaptée », explique-t-il. De fait, le rendement hydrostatique frise les 80 à 90 %. Côté propulsion, le Businova est donc basiquement un véhicule à traction électrique, mais avec assistance hydraulique et renfort thermique. Il démarre électriquement tout en étant très vite assisté par l’hydraulique, qui devient prépondérante. S’il accélère encore, c’est un groupe thermique tout petit (2,5 l !) qui peut alors venir en aide à la traction électrique, dont le moteur synchrone à aimants permanents, fourni par Leroy Somer, tourne en permanence. Au freinage, la première phase de la récupération est électrique, avec recharge prioritaire des batteries auxiliaires puis de celles de traction, tandis que la seconde phase, aux basses vitesses, est hydraulique, avec remplissage des bidons d’huile. Ainsi utilise-t-on, à chaque instant, le mode de récupération dont le rendement est le plus performant, tandis que le moteur thermique sert également à conserver les bidons sous pression. Les batteries Dow Kokam sont maintenues à température nominale par circuit d’eau pour fiabiliser leur fonctionnement sous toutes les ambiantes et permettre d’en accroître la longévité. Pareille « tri-hybridation » devrait permettre de substantielles économies d’énergie. Dominique Delamour vise 15 l aux 100 km (avec le seul gain provenant de la motorisation), contre 35 l pour un véhicule diesel équivalent ! Pour compliquée que la tri-hybridation puisse sembler, elle n’a pourtant rien d’une « usine à gaz », puisque les trois modes (électrique, hydraulique et thermique) fonctionnent isolément en intelligente synergie, le jeu consistant à faire tourner le moteur thermique le moins longtemps possible. Le secret réside dans la mystérieuse boîte de couplage, montée sur le véhicule et qui reçoit notamment de la remorque le couple via un cardan. Ce véritable répartiteur de puissance, géré par un calculateur, optimise à chaque instant le dosage des trois modes. Entre boîte de couplage et pont, on retrouve, en revanche, une transmission classique. Cette hybridation pourrait être ainsi qualifiée de « série-parallèle ». Deux portiques sous-tendent la structure de caisse avec accès à 220 mm. Dans le montant gauche du portique arrière, se trouve stockée l’huile (pour raccourcir le circuit et diminuer les pertes de charge) et dans le montant droit l’électronique de puissance. Le portique avant, lui, abrite la basse tension et la gestion de la partie pneumatique (freinage et suspension). Les premières réflexions sur le Businova remontent à 2004, la décision de lancer le projet date de février 2010, et le prototype, élaboré à partir de mars 2011, a tout juste été terminé pour les RNTP. D’une capacité d’environ 75 voyageurs, le véhicule de série pourrait être vendu environ 350 000 euros avec batteries, soit au prix d’un hybride…
        

    Philippe Hérissé

     

    Solaris : à la conquête du marché occidental

    Solaris avait apporté son nouveau BHNS pour le Tzen d’Ile-de-France. Développé sur la base de l’Urbino 18, il se caractérise d’emblée par une face avant étroitement dérivée de celle du Tramino. Equipé d’un poste de conduite également inspiré par le tramway, avec tableau de bord à écran tactile, il dispose d’une articulation translucide, d’une monte « super-single » sur l’essieu n° 2 pour élargir le passage intérieur, d’un éclairage du plancher et de spots, de portes coulissantes, et du guidage optique fourni par Siemens. La grande nouveauté, qui a fait l’effet d’une bombe chez les observateurs éclairés, n’était bien sûr pas présente à Strasbourg, mais le constructeur polonais a accepté de nous en fournir les premières vues d’artiste. Il s’agit de la première commande à l’exportation et, qui plus est, en Allemagne, au pays de Siemens et Bombardier, du Tramino, son nouveau tramway dont les toutes premières unités viennent d’être livrées à Poznan. Encore plus incroyable, Solaris a remporté ce marché de seulement cinq rames pour le réseau de Jena sur la base de spécifications imposant des dispositions constructives radicalement différentes de celles du Tramino d’origine ! Entièrement équipé de GT 6M-ZR (version métrique bidirectionnelle du GT 6N qui fut, en 1990, le premier tramway du monde à plancher bas intégral), Jena voulait retrouver (pour des similitudes de comportement dynamique des rames et de disposition de ses installations de maintenance) un matériel articulé similaire, à trois caisses reposant chacune sur un bogie, alors que la fabrication des GT 6 est abandonnée aujourd’hui. Solaris livrera, dans le courant du premier semestre 2013, cette toute petite commande très particulière, qui augure bien de sa capacité, eu Europe occidentale aussi, à décrocher de nouveau marchés…    

    Ph. H.

     

    Scania : le Citywide est arrivé

    Il n’était pas présent à Strasbourg, car son constructeur avait préféré attendre une semaine de plus pour le dévoiler à Courtrai, au sein de Busworld. Lui, c’est le Citywide, le nouvel autobus de Scania. Ce n’est pas tous les jours qu’un constructeur lance sur le marché une nouvelle génération de véhicules pour le transport urbain. L’actuel Omnicity avait été présenté pour la première fois lors du 49e congrès de l’UITP (Union internationale des transports publics), à Stockholm, en 1991. L’ « autobus qui sourit », comme le qualifiaient alors ses designers, avait intronisé l’idée de conférer à la face avant une expression sympathique, idée qui sera ensuite reprise, sous une forme ou une autre, par nombre de constructeurs. Même si l’Omnicity, autobus d’avant-garde à son époque, avait bien subi un léger relooking, il est clair que, vingt ans plus tard, le temps était venu de lui trouver un digne successeur. Le tout nouveau Citywide, dont le visage affiche cette fois sa forte appartenance à l’actuelle gamme Scania, se déclinera en bus urbain et suburbain, à plancher surbaissé ou bien de type « low entry », et dans les versions solo à deux ou trois essieux, ainsi qu’articulé. Les options de chaînes cinématiques comprendront des moteurs à gazole/biogazole, gaz/biogaz et bioéthanol, le constructeur proposant, comme à l’accoutumée, le plus large choix du marché en matière de moteurs à carburants renouvelables.    

    Ph. H.

     

    Irisbus : « Sobrissime » hybride

    Leader du marché français, Irisbus présentait sur son stand trois véhicules de 12 m représentatifs de ses trois axes forts du moment : le Citelis hybride, le BHNS Crealis Neo aux couleurs Tzen, et le Crossway LE. Les premiers essais de consommation réalisés à Lyon, fin 2010, en conditions d’exploitation commerciale avec stationnement aux arrêts et ouverture-fermeture des portes sur le Citelis hybride de 12 m lesté pour simuler une cinquantaine de voyageurs, ont mis en évidence des réductions de consommation jusqu’à 39 %. Quant au Crossway LE (Low Entry) en version « autobus » (une porte double à l’avant et au milieu), il connaît un vrai succès avec déjà 70 véhicules vendus en France cette année.
     

    Evobus : l’interurbain prend de la hauteur

    Outre le nouveau Mercedes-Benz Citaro C2, déjà largement présenté dans nos colonnes et qui faisait à Strasbourg sa première apparition sur un salon, Evobus présentait un véhicule inédit pour le transport interurbain, le Setra S 431 DT. Il s’agit d’un autocar à étage décliné en version « transports en commun » et plus spécialement destiné aux lignes routières régionales qui, dans la mouvance actuelle, pourrait avoir tendance à se développer. D’une capacité record de 83 voyageurs assis, le Setra S 431 DT n’en offre pas moins un excellent confort. Quant au Citaro C1, il devrait continuer à être produit jusqu’en 2013, mais ne passera pas, bien entendu, le stade de l’Euro VI pour lequel le C2 est déjà tout préparé.

     

    Gruau : tout électrique

    Pour ses dix ans, qui coïncidaient avec les RNTP, le célèbre Microbus devient « Bluebus ». Avec son plancher intégralement plat, qui se trouve être aussi le plus bas du monde puisque sa cote n’excède pas les 180 mm, ce minibus non dérivé d’un utilitaire du marché, et au gabarit de 2,19 m pour une longueur de 5,46 m, reprend, en réalité, toutes les bonnes idées de son prédécesseur. Etant « tout électrique », le Bluebus met en œuvre trois packs de batteries BatScap LMP à électrolyte 100 % solide, autrement dit sans liquide ni gaz, qui stockent cinq fois plus d’énergie et se rechargent en quelques heures, octroyant une autonomie d’une journée d’exploitation.

  • Tours : les travaux du tram bien engagés

    Le chantier de la première ligne de tram qui devrait être mis en service en septembre 2013 est désormais ouvert tout au long de la ligne nord-sud à Tours et Joué-lès-Tours. Le centre de maintenance de Tours-nord de 9 400 m2 de surface et qui sera équipé de 1 500 m2 de toiture photovoltaïque est désormais en travaux tandis que les premières soudures de rails ont été réalisées à Tours-nord et au sud à Joué-lès-Tours. Les deux ouvrages majeurs du projet, les franchissements du périphérique et du Cher sont également en construction. Le tablier du principal ouvrage, le pont sur le Cher (qui sera réservé au tram, au bus et aux cyclistes) sera achevé mi-novembre. L’horizon s’est éclairci sur ce projet puisque le tribunal administratif d’Orléans a rejeté fin octobre un recours contre ce pont. L’autre chantier symbolique, la démolition de « l’îlot Vinci » près de la gare de Tours, vient aussi d’être engagé. Cet ensemble de commerces et de logements sera rasé pour laisser passer le tram qui entrera ainsi en gare pour compléter le pôle multimodal.    

    J.-J. T.