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Allemagne : la LNVG commande 14 voitures Twindexx Vario
L’autorité organisatrice de transport de Basse-Saxe, la LNVG (Landesnahverkehrsgesellschaft Niedersachsen) a commandé le 22 septembre 2020 au constructeur Bombardier Transportation 14 voitures à deux niveaux de type Twindexx Vario, dont 12 voitures intermédiaires et deux voitures-pilotes. Ces voitures, qui doivent être livrées à l’automne 2022, seront équipées entre autres de la vidéosurveillance, du wifi et d’écrans d’information en temps réel. Cette commande portera à 246 le nombre de voitures à deux niveaux que possède la LNVG. Elles sont utilisées en rames réversibles par les opérateurs Start Unterelbe mbH avec des locomotives diesels Traxx série 1246 sur la relation Hambourg Hbf – Cuxhaven (voir Rail Passion n° 263 p. 47), et Metronom (voir Rail Passion n° 246 p. 47) avec des locomotives électriques Traxx série 146.5 et en plus à partir de décembre 2020 avec deux locomotives électriques Traxx 3 série 147.5. Bombardier Transportation assure la maintenance du parc de locomotives et de voitures de la LNVG, qui lui avait également confié dans le cadre du projet « HU XL Dosto » en 2018 les opérations de révision de mi-vie de 37 locomotives Traxx et de 51 voitures à deux niveaux, dont 37 voitures-pilotes et 14 voitures intermédiaires, qui devraient être achevées en 2024. La LNVG fera également rénover 169 autres voitures d’ici à 2026. À cette occasion une nouvelle livrée est appliquée aux voitures et aux locomotives et les aménagements intérieurs des voitures sont rénovés.

La 3e ligne du métro de Toulouse retenue dans le plan de relance
Faut-il faire une troisième ligne de métro à Toulouse ? Oui, répond le gouvernement qui a choisi d’inscrire le projet dans le plan de relance. Après les polémiques soulevées par la Cour des comptes qui ne trouvait pas cette 3e ligne appropriée lui préférant un tramway, le ministre des Transports tranche en faveur du métro, qui pourrait être le CityVal de Siemens, déployé ici pour la seconde fois après Rennes. Sans que l’on connaisse le montant alloué à Toulouse, le plan de relance prévoit un volet de 11,5 milliards d’euros consacrés aux transports. De son côté, le maire de la ville souhaiterait obtenir 200 millions d’euros. Le métro est désormais attendu pour 2025.

Les chemins de fer en Biélorussie (1re partie)
Ex-république soviétique, la Biélorussie, qui est indépendante depuis 1991, dispose d’un réseau moderne et a renouvelé ces dernières années une partie de son matériel ancien hérité des SZD. De par sa situation géographique elle a une position stratégique dans les échanges entre la Fédération de Russie et au-delà l’Asie, en particulier la Chine, et l’Union européenne. Dans cette première partie seront abordés l’historique de ses chemins de fer ainsi que son parc des locomotives électriques et automotrices, les diesels faisant l’objet de la seconde partie.
La Biélorussie ou Bélarus est bordée au nord par la Lettonie, au nord-ouest par la Lituanie, à l’ouest par la Pologne, au sud par l’Ukraine, et à l’est et au nord-est par la Russie. D’une superficie de 207 600 km2, sa population est en 2020 de 9,48 millions d’habitants. Les langues officielles sont le biélorusse et le russe. Bon nombre de villes ont un nom russe et un nom biélorusse, comme Bobrouïsk (Babrouïsk), Baranovitchi (Baranavitchy) Gomel (Homiel), Grodno (Hrodna), Kritchev (Krytchaw), Moghilev (Mahylyow), Orša (Orcha), Polotsk (Polatsk) ou Vitebsk (Viciebsk).
Au XIXe siècle à la construction des premières lignes de chemin de fer, l’actuelle Biélorussie faisait partie de l’Empire russe, qui comprenait une partie de l’est de la Pologne jusqu’à Varsovie. En 1840 était construite une première ligne de chemins de fer, de 6,4 km, à traction hippomobile à vocation industrielle à Starinka, qui fut utilisée jusqu’en 1860. En 1852, l’Administration des chemins de fer de Russie lança avec l’aval du ministère de la Guerre le projet de construction de la ligne Saint-Pétersbourg – Pskov – Vilnius – Grodno – Białystok – (Varsovie) (1 288 km). Cette dernière fut construite par étapes de 1852 à 1862 atteignant l’actuelle ville biélorusse de Grodno (Hrodna) en 1861. Le tronçon (Varsovie) – Białystok – Grodno – Uzberezh’ye (Uzberazh) – Lentvaris fut mis en service en 1862. À partir de 1866 de nombreuses lignes furent construites : en 1866 Vitebsk – Polotsk – Bihosava – Dwinsk (Daugavpils depuis 1920), en 1867 Vitebsk – Zavol’sha – Smolensk – Roslav, et Varsovie – Terespol, en 1868 Vitebsk – Orel, en 1870 Terespol – Brest, en 1871 la radiale est – ouest Smolensk – Orša – Borisov – Minsk – Brest d’une longueur de 674 km, en 1873 les tronçons du chemin de fer Romny – Liepaja : Naujoji Vilnia – Minsk (en janvier), Minsk – Bobrouïsk (en septembre) et Bobrouïsk (Babrujsk) – Gomel (en novembre), et Brest – Malorita (Malaryta) – Berditchev – Kiev et Brest – Czeremcha – Białystok – Grajewo, en 1882 Pinsk – Zhabinka, en 1884 Vilnius – Benyakoni – Lida – Baranovitchi – Luninets et Luninets – Pinsk, en 1885 Luninets – Haryn Rovno, en 1886 Baranovitchi – Berastavitsa – Białystok et Luninets – Gomel, en 1887 Gomel – Dobrush – Briansk et Brest – Uladava – Kholm (Chelm), en 1889 une ligne de 7 km reliant Dobrush aux chemins de fer de Polessye, en 1895 Postavy (Pastavy) – Sventsiany, en 1896 Osipovichy – Starye Dorogi (Staryva Dahory), en 1897 Sventsiany – Glubokoe (Hlybokaje), en 1899 Grodno – Suwalki et Grodno – Uzberazh – Olita, en 1902 Vitebsk – Orša – Moghilev – Zhlobin, en 1904 Vitebsk – Yezyaryshcha – Saint-Pétersbourg, en 1906 Starye Dorogi – Verbutino, en 1907 Verbutino – Urechye et Polotsk – Maladzechna – Lida – Svislach – Czeremcha – Sedlets (Siedlce), en 1910 Khlustino – Vydrisa, en 1911 Vasilevichi – Hoiniki (Khoyniki) et Verejtsy – Grodzyanka, en 1915 Zhlobin – Shepetovka, en 1916 Narva – Pskov, Narva – Polotsk, Slutsk – Urechyé (Urechda) et Glubokoe – Krulevschizna (Krulewshch’yna) et en 1918 Kommunary (Kamunary) – Zhurbin – Unecha. Concomitamment à la signature du traité de Brest-Litovsk, la République populaire de Biélorussie proclama son indépendance le 25 mars 1918. En janvier 1919, elle disparut au profit de la République socialiste soviétique lituano-biélorusse (RSSLB). En février 1919, la Russie soviétique et la Pologne entrèrent en guerre. À l’issue de ce conflit en 1920, la RSSLB fut divisée en deux parties, l’une à l’ouest rattachée à la Pologne, l’autre à l’est proclamée République socialiste soviétique de Biélorussie. Le 30 décembre 1922, l’Union des républiques socialistes soviétiques était créée, la RSS de Biélorussie étant une des républiques soviétiques fondatrices. Dans la partie ouest rattachée à la Pologne, toutes les lignes à écartement russe furent mises à l’écartement de 1 435 mm.
Europe : vers la création d’un nouveau réseau TEE
Lors de la conférence européenne des ministres des Transports du 21 septembre 2020, le ministre allemand a proposé la création d’un réseau européen de relations à grande vitesse, afin entre autres de répondre au défi climatique. Dénommé TEE2.0, en référence aux trains Trans-Europ-Express (TEE) lancés en 1957, ce réseau devrait voir le jour en 2025. Chaque relation TEE2.0 doit desservir au moins trois pays et circuler pendant la journée. Huit relations seraient lancées en deux étapes en fonction de l’achèvement de grands projets européens, comme le tunnel de base du Brenner, le lien fixe du Fehmarn Belt, Stuttgart 21 et la LGV Stuttgart – Ulm. Les relations proposées sont les suivantes : TEE 1/2 Paris – Bruxelles – Cologne – Berlin – Varsovie, TEE 3/4 Amsterdam – Cologne – Bâle – Milan – Rome, TEE 5/6 Berlin – Francfort-sur- le-Main – Lyon – Montpellier – Barcelone, TEE 7/8 Amsterdam – Bruxelles – Paris – Lyon – Barcelone, TEE 9/10 Berlin – Munich – Innsbruck – Bologne – Rome, TEE 11/12 Paris – Strasbourg – Stuttgart – Munich – Vienne – Budapest, TEE 13/14 Paris – Bruxelles – Hambourg – Copenhague – Stockholm et TEE 15/16 Stockholm – Copenhague – Berlin – Munich. Ces relations seraient exploitées par un nouvel opérateur détenu par un certain nombre d’opérateurs nationaux, tout en restant indépendant de ces derniers, auxquels il sous-traiterait des prestations et louerait dans un premier temps du matériel.

Le dernier train frigorifique du MIN de Rungis
Fin juillet 2019, c’est à la conduite de la BB 26063 en livrée fret que l’auteur de ces lignes emmène les derniers wagons du « frigo » de Rungis à Angoulême. Dans l’attente d’une décision sur son sort, le matériel vieillissant du train des primeurs doit être remisé à Nîmes.
Mercredi 31 juillet 2019, dépôt de Villeneuve-Saint-Georges. Il est 8 h 52, je prends mon service, et c’est un jour particulier. En effet je suis commandé pour acheminer les derniers wagons frigorifiques du MIN (Marché d’intérêt national) de Rungis.
En pleine période de discorde autour de la suppression de ce train, Fret SNCF a décidé d’envoyer ses wagons sur le triage de Nîmes, dans l’attente de leur rénovation ou plus vraisemblablement de leur destruction. Un mois auparavant, ce train était la dernière relation nationale acheminant par wagons entiers des fruits et légumes frais. Ces derniers arrivant au bout de leur potentiel, il est alors décidé de trouver une solution alternative pour acheminer ces denrées périssables. Pendant que certains veulent le maintien de ce train, d’autres souhaitent une relation de type combiné ou pourquoi pas une autoroute ferroviaire…
Le tourbillon médiatique que provoque l’arrêt de cette relation amène les politiques à prendre part au débat, à coups de réunions, de déclarations, de promesses, etc. Le suspens perdure mais la décision de rapatriement du train à Nîmes pourrait être un signe de mauvais augure.
Aujourd’hui on met de côté les polémiques et l’on profite du moment présent. Consultation de la journée, le sillon n° 50013 demandé est un ME140 ! On a vu plus économique pour acheminer des wagons à la ferraille. Appel téléphonique au gestionnaire Engin du dépôt et seconde surprise, c’est la BB 26063 livrée fret qui est titulaire du train ! Une livrée fret sur le dernier train « frigo » – vide certes – et pourtant tracé ME140… Soit le hasard fait bien les choses, soit il y a encore quelques nostalgiques, bien placés, qui aiment ce train !
Montée sur la machine et début de la PC (préparation courante). 20 min plus tard c’est la sortie du dépôt sous la marche HLP (haut-le-pied) n° 381752 direction Rungis avec tête-à-queue à Valenton.
Je repasse au-dessus du dépôt quitté quelques instants auparavant, et de suite première direction en sortant du pont métallique de Villeneuve. TIDD (tableau indicateur de direction à distance), branche de droite allumée, direction Orly.
Nous traversons la Seine, nous arrivons maintenant à la bifurcation du poste R, nous laissons sur notre gauche les voies EV (évite Villeneuve) qui rejoignent Juvisy. La gare des Saules est traversée et nous passons au-dessus de la voie MG dite « cor de chasse ». Après Orly le ralentissement 30 est présenté en gare de Pont-de- Rungis, je suis bien dirigé vers le MIN. Rappel 30 en bout de quai, avertissement + tableau G sur le signal d’entrée du poste 1 de Rungis, nous rentrons donc sur voies de service, limitées à 30 km/h, accostage directement sur la rame. Après l’accroche c’est le début de l’essai de frein, obligatoire avant chaque mise en mouvement.
On profite de ces derniers instants pour discuter avec les agents au sol, des années passées ici à voir péricliter le site, de leur futur reclassement, mais aussi – et surtout – pour faire les ultimes photos du dernier « frigo ». Renseignements pris, ce sont les derniers frigorifiques à sortir du MIN, et en prime, j’ai même droit à un rescapé du MV160, l’ex-« Baygon vert » (surnom des trains de fret rapides), enterré sur le site depuis plusieurs années.
Remise du bulletin de freinage. Ouf, le poids frein me permet tout juste de circuler à 140 km/h malgré le fait que le « Baygon vert » soit non freiné. Son isolement est dû à un serrage qui a occasionné un changement d’essieu pour son acheminement mais une non remise en état de ses équipements de frein. En tout cas, cela passe à une tonne près !
Composition du jour : 12 véhicules, 317 m, 350 t, une 26000, du soleil…
L’essai de frein complet est terminé, le train est annoncé « bon au départ » par l’agent au sol au poste 1. Le carré 38 s’ouvre à « voie libre », un feu à l’indicateur de direction, c’est tracé vers Orly. Une ultime photo à côté du Y 8000 fret de manœuvre, qui lui aussi se retrouve sans emploi.
Portugal : feu vert pour Stadler
L’opérateur historique CP (Comboios de Portugal) a commandé le 21 octobre 2020 à Stadler Rail, pour un montant de 158 millions d’euros, 10 automotrices électriques et 12 automotrices bimodes destinées au trafic régional. Le constructeur suisse avait été sélectionné en décembre 2019 après appel d’offres. Les constructeurs, espagnols Talgo et CAF, français Alstom, et allemand Siemens Mobility avaient également répondu à l’appel d’offres. Le constructeur CAF, qui avait décidé d’ester en justice contre la décision des CP, a été débouté par la Cour administrative de Lisbonne en octobre 2020. Les Flirt sont destinés à remplacer les 26 automotrices diesels série 592 à trois caisses actuellement utilisées, initialement louées à la Renfe (chemins de fer espagnols) pour la période 2018 à 2022. Le contrat de location devra être prolongé jusqu’en 2024 pour tenir compte du retard de livraison induit par la procédure de CAF. Ces Flirt à écartement de 1 668 mm, d’une capacité d’environ 200 places assises, seront aptes à 140 km/h en mode diesel et à 160 km/h électrique, et devraient être engagés sur les lignes de l’Alantejo, du Douro, d’Évora et d’Oeste. Pouvant transporter au moins quatre vélos, ils seront équipés du wifi. Stadler assurera pendant au moins trois ans la formation du personnel. Le contrat est financé en partie par des prêts du Fonds européen de développement régional (ERDF) et du Fonds européen de cohésion 2021-2027.

Un trafic en progression durant l’été en Occitanie
Avec la crise sanitaire, la fréquentation des trains accuse un sérieux recul. Toutes les régions ont vu ainsi leurs trains boudés par de nombreux voyageurs qui craignaient notamment d’être exposés au Covid. Toutes ? Non car l’Occitanie a vu, à l’inverse, la fréquentation de ses trains augmenter de 13 % par rapport à l’été dernier. C’est l’indéniable effet des billets à 1 euro sur lesquels la région a fortement misé. 1,169 million de ces billets ont ainsi été vendus durant l’été, dont 63 % ont profité aux jeunes de moins de 26 ans, de quoi fidéliser une nouvelle clientèle.
De même, le Train jaune cher au Premier ministre était proposé à 5 euros. Face à ces bons résultats, la région a poursuivi ses offres à
la rentrée avec notamment des réductions sur les abonnements et une adaptation de l’offre LibertiO portée à 30 % de réduction en semaine pour tenir compte des salariés en télétravail.
Autriche : l’Achenseebahn en difficulté
Dans le Tyrol autrichien avait été inaugurée le 8 juin 1889 la ligne à voie étroite Jenbach – Seespitz (6,36 km), qui a été prolongée de 400 m en 1926 vers Seespitz am Achensee. Longue de 6,76 km, la ligne Jenbach – Seespitz am Achensee dessert les gares de Jenbach, Burgeck, Eben Maurach, depuis 2012 Maurach-Mitte, jusqu’en 1929 Seespitz et Seespitz am Achensee située à 931 m d’altitude. À écartement de 1 000 mm, elle comporte des rampes de 160 ‰, et est équipée entre Jenbach (altitude : 530 m) et Eben (altitude : 970 m) d’une crémaillère de type Riggenbach. Cette ligne était exploitée par la compagnie Achenseebahn AG, appartenant à des actionnaires privés et également pour 11,68 % à la commune d’Eben, à 10,65 % à celle de Jenbach et à 3,77 % à celle Achenkirch, jusqu’à sa mise en faillite le 25 mars 2020 par le tribunal régional d’Innsbruck, malgré les aides importantes octroyées par l’État du Tyrol. Achenseebahn utilisait quatre locomotives à vapeur à crémaillère de type Bzt-n2 et six voitures voyageurs. Projetant d’électrifier la ligne et de la prolonger vers Pertisau, Achenseebahn AG avait racheté en 2018 pour un montant symbolique à la compagnie suisse Appenzeller Bahnen cinq automotrices électriques, les BDeh 4/4 11 à 15 et cinq voitures-pilotes, les ABt 111 à 115. Ce matériel, ainsi qu’un locotracteur de travaux et un funiculaire de troisième génération de la Hungerburgbahn (funiculaire d’Innsbruck) qui est exposé depuis 2005 dans la gare de Jenbach, a été revendu le 5 octobre 2020 aux enchères à Innsbruck. L’État du Tyrol se dit prêt à sauver l’Achenseebahn, qui pourrait peut-être voir à nouveau circuler des trains en 2021 après la création d’une nouvelle société.

Paris - Milan en inOui
Au cours du deuxième semestre 2020, les six rames TGV Réseau tricourant 4501 à 4506 dédiées aux trains Paris - Milan passent dans l’atelier de Rennes-La Janais pour être estampillées inOui. Au programme : livrée Carmillon, installation du wifi, passage de toilettes chimiques à des toilettes à eau claire. Un marquage extérieur « Paris - Lyon - Turin - Milan » est ajouté en français et en italien sur certaines caisses. L’aménagement intérieur de type Lacroix est conservé.

Charleville-Mézières – Pivot ferroviaire des Ardennes
Solidement équipée à l’origine, l’étoile de Charleville-Mézières a subi les destructions de trois guerres. Le bouleversement du tissu économique de la région avec le déclin de l’industrie lourde et de la métallurgie a entraîné la chute du trafic du fret. Est venu alors le temps de la modernisation et de la simplification des installations. Le trafic voyageurs connaît de nos jours une embellie avec une desserte TER renforcée.
À la jonction de la transversale industrielle du Nord-Est Valenciennes - Thionville et de la ligne issue de Paris via Reims, la gare de Charleville-Mézières est aussi l’origine de la belle ligne de la vallée de la Meuse vers Dinant se prolongeant vers Namur en Belgique. Situé en région Champagne-Ardenne devenue Grand Est en 2016, ce nœud complexe desservant la préfecture des Ardennes forte de 48 000 habitants, baignée par la sinueuse Meuse, a été créé par la Compagnie de l’Est. Il a payé un lourd tribut lors des trois grandes guerres en raison de sa proximité avec la frontière avec la Belgique, voie d’invasion naturelle par les Ardennes des troupes allemandes. Il se compose de plusieurs raccordements avec les lignes adjacentes et à sa périphérie orientale de deux chantiers satellites tels Mohon et Lumes dont l’activité a fortement décliné du fait de la baisse des transports fret.
Alors que le courant voyageurs transversal du nord de la France vers l’Alsace et la Suisse s’est dilué dans le temps, tout comme les relations Paris - Luxembourg via Longwy reportées via Metz, de nos jours les TGV relient Paris en petit nombre mais les liaisons régionales du type TER les plus importantes concernent celles en direction de Reims, Sedan, Givet. Par contre elles restent très clairsemées en direction du nord de la France et de la Lorraine.
Dans le domaine du fret le transit des produits industriels entre les bassins lorrains et du Nord-Pas-de-Calais (charbon, coke, minerai de fer) s’est évanoui. Ils ont été en partie remplacés par les échanges de conteneurs et de route roulante entre les ports de la Manche (Calais, Dunkerque), la Suisse, l’Italie et l’Espagne.Un complexe puissamment équipé mais meurtri par les guerres
La constitution de l’étoile de Charleville-Mézières a été réalisée au XIXe siècle dans l’ordre suivant :
– 1858 de Charleville à Sedan prolongée en 1862 sur Longuyon ;
– 1859 de Charleville à Nouzonville puis jusqu’à Givet en 1863 par la vallée de la Meuse ;
– 1869 de Charleville à Hirson vers le nord via Tournes et Auvillers ;
– seulement en 1906 de Tournes à Liart, condamnant l’itinéraire précédent à mauvais profil.
En 1870 le chemin de fer naissant a dû affronter les méfaits de la guerre franco-prussienne dont la bataille de Sedan a été un acte fort.
Deux raccordements directs ont été construits l’un à Charleville pour l’accès à la gare voyageurs depuis Hirson, l’autre à Mohon pour faciliter les échanges de Reims vers Sedan et la Lorraine. Des dépôts de locomotives ont été édifiés, l’un à Mohon pour les locomotives voyageurs, l’autre à Lumes pour celles à marchandises. En outre un atelier de réparations de wagons a été implanté à Mohon.
La Première Guerre mondiale plonge les Ardennes à nouveau dans une spirale d’années noires. Son territoire est envahi dès le 24 août 1914 par l’armée prussienne qui a investi auparavant la Belgique. Elle sera occupée par elle pendant plus de quatre ans jusqu’à l’armistice signé le 11 novembre 1918. Les voies ferrées de la Compagnie de l’Est sont abondamment utilisées par les forces allemandes qui mènent un combat acharné lors des batailles de la Marne, de la Somme puis de Verdun. L’étau se desserre quelque peu en juillet 1918, mais l’envahisseur résiste jusqu’au dernier moment, laissant derrière lui villes, villages, usines et voies ferrées pillés et dévastés.