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  • Bras de fer entre Île-de-France Mobilités et le gouvernement

    Bras de fer entre Île-de-France Mobilités et le gouvernement

    C’est pour dénoncer l’immobilisme du gouvernement que le conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités au complet a voté la cessation des paiements le 8 juillet. Face à une dette accumulée (suite à la crise sanitaire) de 2,6 milliards d’euros pour la seule année 2020, l’autorité en charge des transports n’a pas trouvé d’autre moyen pour obliger l’État à venir à la table des négociations. Sa présidente Valérie Pécresse a refusé de se faire financer par les voyageurs avec une augmentation du passe Navigo de 20 euros par mois ou encore une réduction de l’offre. Cette cessation des paiements de la RATP et de la SNCF ne devait pas avoir de conséquences à court terme puisque les opérateurs disposaient encore de trésorerie. Mais IdFM a bien insisté sur la nécessité de réaliser dès l’été (et non à l’automne) des investissements importants afin de maintenir les calendriers des nouvelles lignes et les renouvellements de matériels. La fin de non-recevoir présentée par l’État a été jugée d’autant plus choquante que la plupart des autres pays confrontés à la crise sanitaire ont compensé les pertes générées, à l’image de l’Allemagne avec 7 milliards d’euros.

  • Allemagne : modernisation de la ligne Angermünde – Szczecin

    Allemagne : modernisation de la ligne Angermünde – Szczecin

    Début juillet 2020, le gouvernement fédéral allemand a annoncé qu’il allait financer à hauteur de 380 millions d’euros la modernisation et l’électrification du tronçon Angermünde – Frontière germano-polonaise (48,9 km) de la ligne Berlin – Szczecin. Les États de Berlin et du Brandebourg contribueront également au projet à hauteur de 100 millions d’euros. Les travaux, qui doivent se dérouler de 2021 à 2026, comportent entre autres la mise à double voie et l’électrification en 15 kV 16,7 Hz du tronçon Passow – Frontière (30,3 km), la modernisation de la voie existante pour porter la vitesse maximale de la ligne, actuellement de 120 km/h à 160 km/h, et la rénovation de cinq gares. Durant cette période le tronçon Frontière – Szczecin Gumience (10,1 km) sera également modernisé, mis à double voie et électrifié en 3 000 V courant continu sous l’égide de PKP Polskie Linie Kolejowe, le gestionnaire polonais de l’infrastructure. À l’issue des travaux en 2026, le trajet Berlin – Szczecin s’effectuera en 90 min, soit 20 min de moins qu’actuellement. Après la modernisation du nœud ferroviaire de Francfort-sur-l’Oder et de la ligne Horka – Wegliniec, il s’agit de la troisième relation transfrontalière entre l’Allemagne et la Pologne qui est modernisée, complétant en 2026 le réseau transeuropéen de transport ferroviaire entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud.

  • Régiolis : déjà 300 rames livrées

    Régiolis : déjà 300 rames livrées

    1 000 exemplaires de Régiolis ont été commandés par la SNCF pour le compte des régions à Alstom en 2009. Cette nouvelle génération de TER à un niveau qui a fait une entrée remarquée sur le territoire en 2014 affirme sa présence. Les automotrices d’Alstom se déclinent en plusieurs versions pour répondre aux demandes spécifiques des régions. En juin dernier, le constructeur a livré la 300e rame de la série.

    Le 18 juin, lors de la présentation en gare de Toulouse-Matabiau de la première rame Régiolis aux couleurs de LIO (B 83587/88), Alstom a livré la 300e rame de cette nouvelle série de TER.
    Cette commande des nouveaux TER est signée entre la SNCF et Alstom le 27 octobre 2009. Elle porte sur la fourniture de 1 000 rames. Dénommée « porteur polyvalent » pendant la phase de l’appel d’offres, cette nouvelle génération de matériel TER à un niveau est le fruit d’une étroite collaboration avec les régions. Ce nouveau train s’appellera Régiolis.
    La présentation officielle de la première rame a lieu le 15 juin 2011 au sein de l’usine de Reich­shoffen. Les essais débutent ensuite avec 10 rames. L’autorisation de mise en circulation (Amec) est délivrée le 21 mars 2014 avec un an de retard sur le planning (problèmes de gabarit et de shuntage) pour l’US et UM 2. Celle des UM 3 et 4 arrive au printemps 2015.
    L’Aquitaine et la Lorraine lancent les premières circulations commerciales en avril 2014. La 100e rame est livrée à Midi-Pyrénées en octobre 2015.
    Le catalogue Alstom prévoit trois longueurs : 56,4 m en version trois caisses, 71,8 m en quatre caisses (M) et 110 m en six caisses (G). La version courte n’a jamais été commandée. Il s’agit d’une rame articulée mais en version six caisses, pour des questions de maintenance, la rame est en fait constituée de deux demi-rames à trois caisses.
    Le Régiolis est a minima une rame bicourant 1,5 kV continu et 25 kV monophasé avec un pantographe spécialisé type Stemmann par courant. Pour les rames Aquitaine et Midi-Pyrénées, le pantographe 1,5 kV a un archet de 1 950 mm compatible avec la caténaire type Midi. En version tricourant des rames transfrontalières, le captage du 15 kV suisse ou allemand se réalise avec le pantographe 25 kV muni d’un archet de 1 450 mm. Le Régiolis peut être bimode diesel-électrique toujours bicourant. La vitesse maximale est de 160 km/h.
    La chaîne de traction est asynchrone triphasée avec des moteurs synchrones avec rotor à aimants permanents. Il y a deux moteurs bimoteurs, un à chaque extrémité, en version à quatre caisses et trois en version à six caisses, un à chaque extrémité et un au niveau de la sécabilité. La puissance est donc de 1 728 kW ou de 2 592 kW en mode électrique. La rame bimode dispose de quatre ou six moteurs diesels MAN de 338 kW chacun, un par essieu moteur. Le freinage est classique : disques, semelles, rhéostatique ou à récupération, renforcé par des patins électromagnétiques aux extrémités pour le freinage d’urgence. La majorité des équipements sont en toiture y compris les moteurs diesels et leurs alternateurs synchrones. La largeur de caisse est de 2,845 m.
    Début juillet, les commandes portent sur 387 rames, un chiffre encore assez éloigné du potentiel de 1 000 rames du marché. La répartition est de 164 rames Z (42 %) et de 223 rames bimodes bicourant (58 %). Environ 70 % sont des rames à quatre caisses type M (271 rames) contre 116 rames à six caisses. À noter que la quasi-totalité des rames Z est à quatre caisses. Seule la région Bourgogne-Franche-Comté a com­mandé très récemment, en mai 2019, des automotrices à six caisses pour remplacer les voitures Corail de la relation Paris - Dijon - Lyon.

  • Des espoirs de restauration pour la gare de Luçay-le-Mâle

    Des espoirs de restauration pour la gare de Luçay-le-Mâle

    La gare de Luçay-le-Mâle attend d’être restaurée à l’instar des autres gares de la ligne du train touristique du Bas-Berry, qui est inscrite aux Monuments historiques.
    Construite au début du XXe siècle, en 1902, la gare est désertée par les trains de voyageurs et de fret de la SNCF depuis 1980 pour les premiers et 1988 pour les seconds (actuellement, seul le tronçon de Salbris à Valençay est utilisé par la SNCF qui y fait circuler des TER Centre-Val de Loire). En revanche, depuis 2003, elle accueille le Train du Bas-Berry, exploité par la Société d’animation du Blanc Argent (Saba) en partenariat avec le syndicat mixte. Ce train touristique propose deux parcours (Écueillé - Valençay et Écueillé - Argy) sur une section de l’ancienne ligne allant du Blanc à Argent. De plus, depuis l’été 2019, l’extension du parcours du train touristique de Luçay à Valençay permet des correspondances avec les TER du Centre-Val de Loire, ce qui constitue un vecteur important du développement du tourisme dans le pays de Valençay qui regroupe une cinquantaine de communes.
    Compte tenu de l’intérêt patrimonial de la ligne touristique, les gares ont bénéficié de travaux de restauration les unes après les autres. Pour contribuer à financer le projet, la municipalité de Luçay-le-Mâle a donc décidé de lancer une souscription avec la Fondation du patrimoine avec un objectif de collecte fixé à 10 000 euros. Le montant des travaux est estimé à 97 240 euros. À partir de 6 572 euros de dons recueillis, une subvention liée au succès de la collecte pourra être accordée. Le projet a reçu l’aval de l’architecte des Bâtiments de France. La restauration du bâtiment voyageurs devra redonner strictement son état d’origine à la petite gare, potentiel « musée vivant ». Une première tranche de travaux concerne l’extérieur du bâtiment : les façades, la couverture et la mise en peinture. La deuxième tranche, projetée ultérieurement, consiste à créer un gîte d’étape au premier étage de la gare, nécessaire au sentier pédestre Benjamin-Rabier, ainsi qu’une salle d’exposition dans l’ancienne halle à marchandises. Selon le principe de réduction fiscale de 66 % accordée aux particuliers et de 60 % accordée aux sociétés, un don d’un montant de 50 euros ne coûte respectivement que 17 euros et 20 euros. La commune et la Saba espèrent vivement que le public et les entreprises répondront à l’appel.

    Pour faire un don en ligne :
    www.fondation-patrimoine.org/63582

    Renseignements :
    Train du Bas-Berry : 02 54 40 23 22 [email protected]
    Commune de Luçay-le-Mâle, 22, rue du Docteur-Réau, 36360 Luçay-le-Mâle.
    www.lucaylemale.fr

  • Le chemin de fer à Majorque

    Le chemin de fer à Majorque

    Majorque, la plus grande des îles Baléares, est la seule à être dotée d’un réseau ferré, et ce depuis l’arrivée du train dans l’archipel en 1875. Aujourd’hui Majorque offre deux visions du chemin de fer avec un réseau public moderne et performant mais toujours en attente de développement de nouvelles lignes et un réseau privé axé sur le tourisme.

    Des quatre îles des Baléares en Méditerranée au large des côtes de Valence, une seule, la plus grande, Majorque, est dotée d’un réseau ferroviaire. L’île de Majorque d’une superficie de 3 625 km² mesure dans sa plus grande longueur 96 km et 78 km dans sa plus grande largeur. La partie nord est occupée par la chaîne de montagnes Tramuntana culminant au Puig Major à 1 445 m d’altitude. La population de l’île est de 880 113 habitants et celle de Palma, la capitale, de 409 661 habitants (2). Durant la longue saison touristique Majorque attire 10 millions de touristes.
    Il y a actuellement, comme dans le passé, deux réseaux sur l’île, l’un public exploité par les Serveis Ferroviarios de Mallorca (SFM) et l’autre privé, plus orienté vers le tourisme, exploité par les Ferrocarriles de Soller (FS).

    Le réseau public SFM

    Le chemin de fer fait son apparition sur l’île le 24 février 1875 sur la ligne Palma – Inca (29 km). C’est l’écartement anglais de trois pieds qui est adopté (0,914 m). Inca est la deuxième ville la plus importante. La ligne est exploitée par la Compania de los Ferrocarriles de Mallorca. Le réseau s’étend progressivement avec l’ouverture de nouvelles lignes :
    – Inca - Sineu (14 km) le 17 février 1878 ;
    – Empalme - La Puebla (13 km) le 24 octo­bre 1878 ;
    – Sineu - Manacor (21 km) le 19 avril 1879 ;
    – Consell - Alaro (3 km) le 13 avril 1881 ;
    – Santa Maria - Felanitx (43 km) le 7 oc­to­bre 1897 ;
    – Palma – Lluchmayor (30 km) le 5 octobre 1916 ;
    – Lluchmayor – Campos (13 km) le 28 février 1917 ;
    – Campos – Santanyi (18 km) le 21 juillet 1917 ;
    – Manacor - Son Servera (20 km) le 30 mars 1921 ;
    – Son Servera - Arta (10 km) le 16 juin 1921 ;
    – Palma - Port-de-Palma (2 km) le 5 février 1931.
    Le réseau atteint en 56 ans son apogée avec 216 km et malgré des projets pertinents il n’évolue plus (un prolongement de La Puebla au port de Pollensa/port d’Alcudia et une antenne de San Miguel, actuellement Son Carrio, à Porto Cristo). La section Palma – Inca est doublée avec une mise en service le 5 février 1931. Une timide modernisation est mise en place avec un autorail Berliet en 1926 et trois autorails De Dion-Bouton en 1930. La courte antenne Consell – Alaro est fermée le 24 février 1935. Le réseau se dégrade à partir de la guerre civile (1936-1939). Il est racheté et confié à partir du 1er août 1951 à l’organisme d’État Explotación de Ferrocarriles por el Estado (EFE) devenu en 1965 les Feve (Ferrocarriles Españoles de Vía Estrecha) et devient ainsi un service public géré par l’État. Premier signe d’une modernisation, l’achat de quatre autorails et six remorques neuves Ferrostaal d’origine allemande mis en service en 1956. En 1958 quatre locomotives diesels « Creusot » neuves type BB font disparaître totalement la traction vapeur vers 1965.
    Trois lignes ferment dans les années 60 :
    – Palma – Santanyi (61,5 km) le 5 mars 1964 ;
    – celle du port de Palma le 31 décembre 1964 (2 km) ;
    – Santa Maria – Felanitx (43 km) le 31 dé­­cembre 1967.
    La première au motif de l’extension de l’aéroport de Palma. Cette ligne dessert El Arenal, faubourg en pleine expansion touristique au sud de Palma. La liaison Empalme – Arta (61 km) est supprimée le 20 juin 1977 à cause du mauvais état de la voie et d’un déraillement. La ligne Inca - La Puebla (18 km) ferme le 28 février 1981. Le réseau se réduit à une seule section de ligne, Palma – Inca. Les Feve décident de mettre cette ligne à voie métrique afin d’uniformiser le réseau. La voie 1 (sens Palma – Inca) est déposée en 1981. Les derniers trains sur voie 2 en écartement anglais cessent en 1984, date à laquelle la voie métrique sur l’ex-voie 1 entre en service. La double voie est mise en service peu après. La nouvelle identité visuelle Feve de l’époque est perceptible par le public avec les autorails Ferrostaal mis à voie métrique dont certains sont repeints en blanc avec toit, portes et bandeau bas en jaune. Des autorails MAN provenant du continent viennent les épauler.

  • RP275 : Entre Paris et Dreux – En cabine d’une BB 27300 et d’une VB 2N (7e partie)

    RP275 : Entre Paris et Dreux – En cabine d’une BB 27300 et d’une VB 2N (7e partie)

    La conduite d’un train ne nécessite pas seulement des compétences techniques, une parfaite connaissance de la réglementation, des procédures, et de la manière de les appliquer. Elle requiert aussi un « savoir être », ou plus précisément la capacité de savoir développer, en toutes circonstances, le comportement de sécurité adapté à la situation rencontrée.
    Cette dimension fondamentale du métier, que maîtrisent nos conducteurs d’aujourd’hui, Antoine et Pierre, nous allons plus particulièrement l’observer en compagnie de Florent, cadre Transport Traction, aux trains 165815 et 165842, entre Paris et Dreux. Les deux trains sont assurés par une rame réversible VB 2N attelée à une locomotive BB 27300. Voilà en tout cas un film qui met en lumière, s’il était encore nécessaire, le professionnalisme extrêmement pointu des métiers de la conduite.

    Réalisation et montage : Nello Giambi et Philippe Hérissé.
    Conception : Pascal Riffaud.
    Durée : 18 min.

  • Fin des voitures à deux niveaux d’origine française en Italie

    Fin des voitures à deux niveaux d’origine française en Italie

    Le 23 mai 2020 a circulé en Italie le dernier train régulier composé de voitures à deux niveaux de conception française autour de Gênes (train n° 11280 reliant Gênes Brignole à Savone). Ces voitures entraient dans la composition de rames tractées réversibles, d’une vitesse limitée à 140 km/h. Dérivées des VB 2N françaises pour la SNCF, elles ont été construites sous licence en deux sous-séries différentes au début des années 80 en Italie par les ateliers de Casaralta, situés à Bologne. Elles diffèrent de la version française au niveau de la forme de la toiture et des cabines de conduite qui n’ont de portes d’accès extérieures propres que d’un seul côté. Ces voitures ont été mises en service fin mars 1981 par les FS (Ferroviare del Stato) et par les FMN (Ferrovie Nord de Milano) en 1980. Elles ont été utilisées dès l’origine sur les lignes urbaines électrifiées ayant un fort trafic, situées dans les provinces de Ligurie autour de Gênes, de Lombardie autour de Milan ainsi que dans les Pouilles autour de Bari. Les FS disposaient de 382 voitures intermédiaires et de 42 voitures pilotes tandis que les FMN détenaient 78 voitures et 18 voitures pilotes. Ces rames réversibles ont été remplacées par les rames remorquées Vivalto depuis le milieu des années 2000 ou par des automotrices Ale 711 depuis la fin des années 90. Les voitures ont arboré plusieurs livrées différentes au fil de leur carrière que ce soit chez les FS ou les FMN.

  • Pour soutenir l’action du MTVS

    Pour soutenir l’action du MTVS

    Le musée des Tramways à vapeur et des Chemins de fer secondaires français (MTVS) lance un appel aux dons pour la remise en service de sa mascotte « Lulu ». Son projet est la remise en service de la 030 T 36 ex-CdN (Chemins de fer des Côtes-du-Nord) en 2025 pour ses 100 ans. Le Club des amis de la 36 a été fondé pour cet objectif. Pour adhérer à ce club, il suffit de s’engager à verser un minimum de 36 euros par an, par versements mensuels ou autres de 12, 24, 36 euros (ou plus !). Le but est de réunir une somme couvrant le tiers d’au moins 100 000 euros (coût estimé de remise en état de la chaudière, les tôles extérieures de la boîte à feu étant fortement affinées dans les parties basses).
    Pour que la 36 puisse découvrir par elle-même le trajet jusqu’à Rotangy (Oise), voire plus…
    Pour soutenir l’action du MTVS : www.musee-mtvs.com

  • L’Eurodual de VFLI en tête d’un train d’eau

    L’Eurodual de VFLI en tête d’un train d’eau

    L’opérateur fret VFLI possède l’unique exemplaire français de la locomotive hybride Eurodual fabriqué par Stadler Espagne (site racheté à Vossloh en 2016). D’une puissance de 6 175 kW sous caténaire 25 kV 50 Hz, 4 110 kW sous caténaire 1,5 kV continu et 2 525 kW en mode thermique, l’Eurodual est apte à 120 km/h. Depuis son arrivée dans les effectifs de l’entreprise, l’imposante CC 6001, à la livrée qui ne passe pas inaperçue, est affectée à la traction des trains Nestlé Waters plus précisément ceux reliant les Vosges à la Méditerranée entre Vittel et Arles.

  • Une ligne Bleue à l’est pour le métro de Montréal

    Une ligne Bleue à l’est pour le métro de Montréal

    Les transports publics de Montréal sont en plein bouleversement. Le métro s’engage vers le prolongement de la ligne Bleue à l’est, un projet vieux de 35 ans.

    Mis en service en 1966, le métro de Montréal sort d’une longue léthargie. Dans une métropole où la place de l’automobile reste prépondérante, le transport public a du mal à se développer. Sur les 30 dernières années, on compte peu de nouveautés, si ce n’est un prolongement de la ligne Orange vers Laval en 2007. Le matériel roulant mis en service en deux phases en 1966 et 1974 est arrivé en bout de course sans que les autorités ne parviennent à décider son renouvellement. Heureusement, tout cela appartient désormais au passé, du moins on l’espère.
    Après un long feuilleton opposant les deux constructeurs Alstom et Bombardier, un marché de 52 rames (porté à 54) d’un nouveau métro MPM 10 Azur est finalement passé auprès d’un consortium réunissant les deux rivaux. La livraison de ce matériel engagé sur la très chargée ligne Orange a permis de réformer progressivement les rames MR 63 de 1966. En plus de faire gagner de la capacité à l’exploitant la Société des transports de Montréal (STM), les nouveaux trains très appréciés des voyageurs offrent une plus grande fiabilité. Le métro Azur a permis d’enclencher un mouvement de retour en grâce du métro qui s’affirme de plus en plus comme l’élément clef des déplacements de la métropole. L’entrée en service commercial du premier train a été saluée par tous, perçue comme un renouveau des transports urbains. Dès lors de nouveaux projets sont devenus légitimes. En premier lieu, la construction d’un nouveau réseau suburbain, le Réseau électrique métropolitain (REM), bouleverse la géographie des transports. Le démarrage rapide des travaux de ses lignes qui viennent compléter le métro est un indicateur important. Ce retour en grâce des transports urbains permet à nouveau d’envisager des extensions en projet depuis de nombreuses années. Avec ses quatre lignes, le métro de Montréal garde un goût d’inachevé. Le réseau irrigue assez bien l’hypercentre, comme les relations nord-sud mais reste insuffisant vers l’est de la métropole. La mise en service d’une nouvelle ligne de banlieue vers Mascouche n’a que très partiellement répondu à cette demande avec seulement quelques milliers de voyageurs quotidiens pour une facture de 436 millions d’euros.
    De nouveaux prolongements sont nécessaires pour accompagner la croissance de la métropole, et limiter la circulation automobile et ses engorgements. Malheureusement, les infrastructures lourdes de transport sont désormais financées au niveau provincial, et non plus local comme lors de la construction du réseau historique. Au nom d’une certaine réciprocité, les crédits alloués aux transports de Montréal doivent entraîner des investissements équivalents pour la capitale Québec bien que les enjeux soient très différents. Dans ce contexte un certain statu quo a prévalu, justifiant avant tout de ne rien faire, même quand les besoins sont clairement identifiés.
    Mais les transports sont devenus un enjeu environnemental politique qui pèse désormais lourd dans les consultations locales. Dans ce contexte, des propositions sont avancées, sans être toujours chiffrées, pour augmenter la place du transport public. C’est ainsi qu’est né un projet de ligne Rose imaginé non pas dans un bureau d’études de la STM mais au siège de campagne de la maire de la ville.