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Lisbonne pratique
Formalités d’entrée au Portugal
Carte d’identité en cours de validité.Y aller
Train :
http://www.raildude.com/fr/Compagnies aériennes
– Tap
http://www.flytap.com/France/fr/PageDAccueil
Tél. : 0820 319 320– Air France
http://www.airfrance.com/indexCOM.html
Tél. : 36 54 (0,34 €/minute)– EasyJet
http://www.easyjet.com/fr
Se déplacerLa carte Viva Viagem est une bonne solution pour se déplacer dans Lisbonne à moindre coût. Pratique, cette carte de transport est rechargeable. Si vous devez beaucoup utiliser les transports en commun, préférez le forfait à la journée (4,60 euros). La nuit ou pour certains trajets, le taxi est une bonne option (entre 3 et 6 euros la course dans le centre de la ville).
Se logerSi vous êtes plusieurs, la location d’un appartement permet d’amortir les coûts. Sinon, il existe tous types d’hébergements, du plus simple au plus luxueux.
Parmi ceux-ci, nous pouvons citer le Bairro Alto Hotel (www.bairroaltohotel.com/fr/ – Tél. : (351) 21 340 82 88). À défaut de pouvoir vous y offrir une chambre, n’hésitez pas à aller boire un verre sur la terrasse et profiter de la magnifique vue sur la ville et sur le Tage. L’office du tourisme peut vous fournir de nombreuses adresses dans tous les quartiers de la ville.Se restaurer
Les plaisirs de la table sont partout à Lisbonne. Tout d’abord, les Portugais sont les plus gros consommateurs d’Europe de produits de la mer, notamment avec deux poissons « stars » : la sardine et la bacalhau (morue) dont la légende veut qu’il existe 365 façons de la cuisiner.
Attention, les portions ici sont imposantes. Souvent une demi-portion vous suffira. En plus des économies réalisées, vous éviterez de laisser la moitié de votre assiette. Parmi les spécialités locales à essayer, l’étonnant porco à alentejana (porc aux palourdes) est un vrai délice. Au rayon sucreries, ne partez surtout pas de la ville sans avoir goûté les fameux pasteis de nata, leg d’un des nombreux monastères de Belém. Ils sont excellents dans cette institution : Pasteis de Belém (Rua de Belém, 84). Passez la queue pour la vente à emporter et trouver une place dans une des grandes salles du restaurant.Se renseigner
Office du tourisme du Portugal
http://www.visitportugal.com/Cultures/fr-FR/default.htmlTurismo de Portugal, I.P.
Rua Ivone Silva, Lote 6, 1050-124 Lisbonne
Tél. : +351 211 140 200 – Fax : +351 217 810 009Office du tourisme de Lisbonne
http://www.visitlisboa.com/Home_FR.aspx?lang=fr-FRTurismo de Lisboa
Visitors & Convention Bureau
Rua do Arsenal, 23
1100-038 Lisboa
Tél. : (351) 210 312 700
http://www.portugalmania.com/
Guides touristiques• Cheap & Chic – Lisbonne à petits prix. En Voyage Éditions (2012).
• Lonely Planet – Lisbonne en quelques jours (2009).
• Guide du Routard – Lisbonne (édition 2013).Le fado, la bande originale de Lisbonne
Le fado est à Lisbonne ce que le tango est à Buenos Aires ou le flamenco à Séville : une musique reflet de l’âme de la ville. Le mot fado est d’étymologie latine (fatum, le destin). À croire que le destin était bien sombre dans les quartiers populaires de Lisbonne où cette musique est née dans la première moitié du XIXe siècle. Le fado est indissociable du concept de saudade, difficilement traduisible, mais qui regroupe la nostalgie, la mélancolie, le manque, mais également une rêverie joyeuse. La complainte du fadista (le chanteur de fado) est accompagnée par deux musiciens à la guitare portugaise à douze cordes. Si vous désirez écouter du fado, rendez-vous dans une casa de fado. Vous pouvez notamment essayer le week-end cette adresse du quartier de Graça : Tasca do Jaime (Rua da Graça, 91). L’écrivain José Saramago affirmait : « Lisbonne n’est qu’un grand silence qui murmure ». Alors ce murmure est un chant de fado.

Préserver le patrimoine de Raoul Mesnier du Ponsard
L’ingénieur Raoul Mesnier du Ponsard est né à Porto de parents français et fut un élève de Gustave Eiffel. Il a rejoint le panthéon des bâtisseurs de Lisbonne grâce à l’imposant Elevador Santa Justa. Il a également conçu les funiculaires de Lavra, Gloria et Bica toujours en activité ainsi que deux ascenseurs, Biblioteca et Chiado, et trois funiculaires Estrela, Graça et São Sebastião, aujourd’hui disparus. En 2002, afin d’éviter de perdre ce qu’il restait de ce patrimoine, les trois derniers funiculaires qui fonctionnent encore, ainsi que l’ascenseur de Santa Justa, ont été classés par le gouvernement portugais Monuments nationaux. Il appartient ainsi à la société Carris qui gère également les tramways et les bus de la ville de préserver le caractère historique de ces modes de transport atypiques.

Le tramway, icône de la ville
En 2013, le tramway de Lisbonne va fêter ses 140 ans d’existence. D’abord tracté par des chevaux, le réseau est électrifié depuis 1901, donnant naissance à l’eléctrico. Véritable icône de la capitale portugaise, vous le retrouverez dans les boutiques de souvenirs pour touristes, décliné sur les tee-shirts, les mugs et sur toutes sortes de supports. Le tramway participe ici à l’identité visuelle de la ville. Il participe également à sa musique, avec ses crissements et ses craquements caractéristiques.
Emprunter l’eléctrico 28, c’est emprunter un pan d’histoire de Lisbonne. Un musée, géré par Carris, la compagnie de transports en commun de la municipalité, a même été créé pour retracer l’histoire de ce mode de transport. Dans un hangar de 2 000 m2, vous pourrez découvrir de nombreux matériels roulants, ces trams et ces bus, qui ont écrit l’histoire des transports publics de Lisbonne.
Rua 1º de Maio, 101-103 1300-472 Lisbonne.
Paris – Lisbonne en train
Certes vous avez besoin d’un peu de temps pour accomplir le trajet, mais il est assez simple de rejoindre la capitale portugaise par le rail. Par exemple de Paris, vous avez deux possibilités. La première consiste à prendre un TGV jusqu’à Irun, à la frontière espagnole, puis de monter à bord du Sud Express qui vous conduira en une nuit à Lisbonne. La seconde consiste à rejoindre Madrid grâce au Trainhotel et de la capitale espagnole prendre le Lusitania Trainhotel.
Le Portugal, actuellement sous assistance financière, a décidé de suspendre le projet de construction de la LGV qui devait relier Lisbonne à Madrid en moins de trois heures. Cette LGV, initialement prévue pour 2013, devait permettre de relier les deux capitales ibériques et raccorder le Portugal au réseau européen à grande vitesse. Le projet est reporté sine die.
Ascenseur pour Lisbonne
Paris a son funiculaire, Valparaiso ses ascenseurs, Rio son tramway, Lisbonne, elle, a tout ça. Et bien plus encore. Très pratiques pour découvrir la capitale la plus à l’ouest du continent européen, ces modes de transport en commun atypiques permettent de s’affranchir du relief de la cité installée sur sept collines. Et d’en découvrir tous les trésors…
Romains, Suèves, Wisigoths, Maures et chrétiens de la Reconquista, depuis toujours les « visiteurs » investissent le sommet de cette colline où trône aujourd’hui le château de Saint-Georges afin d’embrasser du regard Lisbonne et le Tage. Point culminant de la capitale portugaise, cette place forte permet d’apprécier le relief de la cité. Tour à tour forteresse militaire, demeure royale et prison, le lieu est aujourd’hui une attraction majeure de la ville.
De son chemin de ronde, on mesure la beauté du paysage à travers les meurtrières et les créneaux du parapet surplombant les remparts. Idéal pour repérer les différents quartiers avant de partir à leur découverte. On songe à l’enfant du pays, Fernando Pessoa, qui écrivait « Et les dômes, les monuments, les vieux châteaux surplombent la masse des maisons, tels les lointains hérauts de ce délicieux séjour, de cette région bénie des dieux. » Lisbonne s’est installée sur sept collines, certains quartiers sont si pentus que les mollets s’en souviennent. Cette ville en étages s’est heureusement équipée de trois funiculaires et d’un ascenseur dès la fin du XIXe siècle et son système de transport public s’est développé au début du XXe siècle en parallèle de l’agglomération. Aujourd’hui, son tramway est d’ailleurs devenu une icône de la ville auprès des voyageurs du monde entier.
En descendant du château de Saint-Georges, la Mouraria offre ses ruelles en pente, ses petites places pavées, un dédale d’immeubles blancs décatis où le linge des habitants sèche aux fenêtres. Très animé, ce labyrinthe, longtemps oublié des circuits touristiques, doit son nom aux Maures qui y avaient élu domicile, il y a près de neuf siècles. Lors de la Reconquista, les musulmans sont expulsés et les mosquées sont transformées en églises dans toute la cité. Seule la Mouraria conserve une population musulmane jusqu’au XVIe siècle. Quartier multiethnique et très populaire, c’est dans ses venelles qu’est né le fado au XIXe siècle avant de devenir la complainte de toute la ville. Par contre, ne traînez pas trop une fois la nuit tombée. Le quartier reste un lieu où prostitution et trafic de stupéfiants empoisonnent la vie des habitants et où perdurent des problèmes de sécurité récurrents. Si vous désirez découvrir les charmes de la ville lorsqu’elle se décide à faire la fête, vous passerez probablement par le Bairro Alto. Rua São Paulo, en bas d’un immeuble, une petite entrée permet d’accéder au funiculaire du Bica. Inauguré en 1892, il fait entendre les grincements de sa cabine dans les immeubles qui le surplombent et doucement vous transporte jusqu’au Bairro Alto. Ce quartier emblématique des nuits lisboètes présente deux visages. Sa face diurne est un quartier populaire. Sa face nocturne est le paradis du fêtard. Partout, une foule se presse autour du comptoir des bars, parfois minuscules, et souvent le prolonge jusqu’au trottoir. Musique à plein volume, on progresse difficilement tant la foule est compacte jusqu’à une heure avancée de la nuit. Et à Lisbonne la nuit est longue. Le matin, on soigne les conséquences des excès de la veille dans le quartier chic de l’Avenida da Liberdade, l’avenue du shopping chic, où se mêlent enseignes de luxe et boutiques de jeunes créateurs, bordée de larges promenades protégées par de grands arbres. On sirote un duplo (un double café) installé dans l’un des kiosques de l’avenue en hésitant. D’un côté, le funiculaire de Lavra est le plus ancien de la ville. Il relie l’Avenida da Liberdade à la charmante colline de Sant’Ana par une pente abrupte (23 %), la plus importante des trois funiculaires. Le jour de son inauguration en 1884, il est resté en service près de 16 heures, transportant près de 3 000 personnes.
De l’autre côté, le funiculaire de Gloria. Ouvert au public l’année suivante, il permet de gravir les 276 m de pente qui séparent l’Avenida da Liberdade du quartier de Rossio et il est aujourd’hui le plus utilisé des trois funiculaires. De la place Restauradores, vous pouvez ainsi vous rendre en quelques minutes au Miradouro de São Pedro de Alcântara au-dessus du Bairro Alto, où vous pouvez savourer un point de vue sur le Tage, le château de Saint-Georges, le fameux quartier médiéval de l’Alfama, le plus ancien et le plus visité de la ville. Si vous avez le temps, empruntez les deux funiculaires. Ensuite revenez sur la Praça dos Restauradores pour vous diriger vers le sud et la gare de Rossio. Au nord de la place Dom Pedro IV, ce bâtiment de la fin du XIXe siècle constitue un bel exemple du style néomanuélin. Autrefois connu comme l’Estaçao central, il était la gare la plus importante de la ville. Aujourd’hui, elle permet toujours de se rendre à Sintra, une ville inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, au nord-ouest de Lisbonne.
Ensuite, pénétrez dans le quartier Baixa. Rapidement vous verrez se profiler la silhouette imposante de l’Elevador Santa Justa. Conçu par l’ingénieur Raoul Mesnier du Ponsard (voir encadré), ses travaux débutent en 1900 et, en 1902, l’ascenseur est inauguré. D’abord à vapeur, il est électrifié en 1922. Il est devenu le principal monument de ce quartier commerçant, dont il permet de surplomber le quadrillage géométrique dessiné par le marquis de Pombal à la suite du tremblement de terre de 1755 qui a quasiment détruit l’ancienne Lisbonne. La « ville basse » était alors un exemple de modernité, notamment grâce à ses constructions « antisismiques » pour l’époque. L’ascenseur permet de s’affranchir des trente mètres qui séparent Baixa du Chiado et de l’ancienne église gothique de la capitale, l’Igreja do Convento do Carmo qui s’écroula lors du séisme, et ne fut jamais reconstruite. Ses arches sont toujours debout formant une ossature de pierre qui se détache en dentelle sur le ciel mouvant. Vous jouissez d’une vue imprenable sur l’ancien couvent quand vous empruntez la passerelle qui mène à la sortie de l’ascenseur.
Autre quartier, autre époque, autre Lisbonne : à Belém, on s’attendrait presque à voir la caravelle de Vasco de Gama appareiller pour s’élancer vers l’océan et découvrir la voie maritime vers l’Inde, les voiles gonflées par le vent et le désir de conquête. Le visiteur s’offre une bulle temporelle dans ce Portugal qui domina les mers, donc le monde, pendant plusieurs siècles et dont la culture a essaimé un peu partout sur la planète, du Brésil à Goa, en passant par le Mozambique et Macao. L’âge d’or de Lisbonne s’est construit sur les richesses des mines brésiliennes et des épices indiennes. Le monastère des Jerónimos, dont la construction débutera en 1501 et ne s’achèvera qu’un siècle plus tard, doit sa prospérité et son opulence à cette gloire passée.
Mais Lisbonne n’est pas une ville prisonnière de son héritage historique. Sur la route de Belém, la LX Factory est une réhabilitation réussie de friches industrielles qui permet de découvrir de jeunes créateurs, des lieux alternatifs. Tous les dimanches s’y tient une brocante très fréquentée par les familles. L’endroit idéal pour se confronter à l’avenir de la ville. Avec l’Exposition universelle de 1998, Lisbonne a définitivement quitté la torpeur du
siècle qui s’achevait. La partie orientale de la ville, sur les bords du Tage, a été complètement réhabilitée. Le Parc des Nations est né de cette réhabilitation, ainsi que la gare de l’Orient, une gare intermodale dessinée par l’architecte espagnol Santiago Calatrava, à qui l’on doit également la gare de Lyon-Satolas. C’est la gare du retour, celle des trains internationaux. C’est donc avec l’image d’une capitale résolument moderne que nous quittons Lisbonne en récitant cette sentence de Fernando Pessoa, dont le chapeau et la paire de lunettes vous suivent ici partout : « Nous vivons tous, ici-bas, à bord d’un navire parti d’un port que nous ne connaissons pas, et voguant vers un autre port que nous ignorons ; nous devons avoir les uns envers les autres l’amabilité de passagers embarqués pour un même voyage… » Une certitude s’impose : heureux le voyageur qui choisit Lisbonne comme escale et le Lisboète comme compagnon de voyage.Samuel Delziani
Espagne : Renfe fait s’envoler la demande de billets AVE
Le vendredi 8 février, Renfe a mis en route pour commercialiser ses offres grande vitesse une stratégie de volume : tarif de base en baisse de 11 %, promotions chocs, prix cassés selon les catégories de voyageurs. Ainsi, entre les 8 et 10 février, 378 000 billets ont été vendus (+87% par rapport au même week-end de 2012). La progression est de 41 % sur Madrid – Saragosse – Barcelone et de 23 % sur Séville – Madrid. « Nous réalisons des ventes plus fortes que jamais », se réjouit Julio Gomez Pomar, président de la compagnie. Par contre, le low-cost aérien Vueling dénonce une concurrence déloyale et ne s’interdit pas une action en justice.

Strasbourg s’étend vers l’Allemagne
La Compagnie des transports strasbourgeois va lancer, fin 2013, le chantier du pont du tramway qui franchira le Rhin et permettra de relier, début 2017, les parties française et allemande de l’agglomération. Le projet élaboré par Bouygues propose d’aménager, pour 24 millions d’euros, un double bow-string entièrement métallique d’une portée de 260 m au-dessus du fleuve. Sur 16 m de largeur, le pont présentera deux voies engazonnées pour le tramway, une piste cyclable et un trottoir en enrobé coloré, réservé aux piétons. Le nouvel ouvrage se situera à 130 m en amont du pont TGV, en service depuis 2011, et à une centaine de mètres en aval du pont routier existant. Ce dernier n’aurait pas pu, selon Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, supporter un tablier élargi pour le tramway.
Roland Ries présente cette extension transfrontalière de la ligne D (2,6 km pour 87 millions d’euros) comme la « colonne vertébrale » de l’urbanisation des friches industrielles proches du Rhin, sur 250 ha, « sur les dix ou quinze prochaines années ». La ville de Kehl (35 000 habitants) souhaite s’engager à financer, pour 35 millions d’euros, une extension complémentaire sur 1 km jusqu’à son hôtel de ville. Pour obtenir les cofinancements fédéraux de la construction du pont, à parts égales entre la France et l’Allemagne, les collectivités ont mobilisé les ressources juridiques d’Ernst&Young, qui ont notamment conseillé aux Allemands de qualifier la partie piétonne de « voie d’évacuation ».
Olivier Mirguet

Ile-de-France : le tram T7 pousse son 3e tablier
Dans le cadre de la construction du 3e ouvrage d’art de la ligne de tramway T7 Villejuif – Athis-Mons, le poussage du tablier du pont de franchissement de la RN7 et de l’A106 a eu lieu les nuits des mercredi 1er février, jeudi 2 et vendredi 3 février 2012. Le tablier (96 m de long, 2 500 t) permettra de relier deux stations situées sur la plateforme aéroportuaire d’Orly. Cette nouvelle ligne de tramway francilienne desservira le pôle d’activités d’Orly-Rungis, le 2e bassin d’emplois d’Ile-de-France.
La demande de transports à Barcelone a chuté de 4 % en 2012
L’ensemble des moyens de transport public sur la métropole de Barcelone ont cumulé 626,58 millions de voyageurs en 2012, soit 3,9 % de moins qu’en 2011. Les 26 millions d’usagers manquants ont surtout délaissé le métro et les autobus urbains, mais la voiture particulière régresse de 4,7 %. En conséquence, l’ATM, l’autorité organisatrice, incite à la prudence pour les investissements (dont la ligne de métro automatique 9, partiellement paralysée) et elle voit dans le recul du trafic trois causes : la situation économique et le chômage, les augmentations de tarifs et une chute de 200 000 du nombre de résidents réguliers en deux ans dans la métropole.

Comment le tram de Brest a redessiné la ville
Depuis son inauguration le 23 juin dernier, pas un Brestois pour critiquer le tram, bien au contraire ! Il faut dire qu’avec sa livrée vert anis, il donne du punch à la ville grise. Le ruban de béton, de granit et de verdure de la plateforme, ainsi que de ses aménagements urbains traversant l’agglomération d’ouest en est a, paradoxalement, mis en valeur le béton de la ville reconstruite dans les années 50 et 60, suite à sa destruction durant la Seconde Guerre mondiale. Une prouesse qui a été réalisée grâce au travail du cabinet d’architecture et d’urbanisme Richez & Associés (R&A). Vincent Cottet, paysagiste DPLG associé et directeur du projet pour R&A en a encore des sueurs froides quand il évoque l’enveloppe hyperserrée que Brest Métropole Océane avait allouée à l’insertion de la ligne, y compris la plateforme : 156 millions d’euros pour plus de 14 km. « Nous avions calculé que par rapport au tram du Mans, nous avions 30 % de surface en plus, soit 400 000 m2 à Brest hors plateforme, à aménager pour la même somme. Nous avons dû tirer sur tout, explique-t-il. Nous avons par exemple fait le tour des carrières locales pour trouver des granulats et ainsi réaliser le tour de force de fabriquer du béton pour 37 euros le mètre carré, alors qu’il coûte habituellement 43-44 euros… Sur toute la surface, l’économie est énorme ! »
Et pourtant le résultat n’est pas bas de gamme, loin s’en faut. Le parti pris architectural est même une réussite : le choix du béton associé au granit dans la zone dense du centre ; de quais de stations en granit ocre, permettant de bien les inscrire visuellement, a fortiori dans les nombreux endroits en pente marquée ; thème de la ville-jardin hors du centre avec un « ruban végétal » de gazon fleuri d’aspect rustique, 1 500 arbres et des milliers d’arbustes. L’agglo souhaitait éviter la grande plateforme engazonnée, gourmande en eau. Le cabinet R&A a donc mené un protocole d’essai d’une quarantaine de mélanges pour trouver le tapis idoine des 4 km (10 000 m2) d’enherbement à l’est, à savoir « des couvertures végétales sobres, frugales et naturelles », ne nécessitant pas, non plus, de tonte trop fréquente au regard du climat brestois. L’agglo qui n’utilise pas non plus de produits phytosanitaires espère tenir avec un entretien 4 fois l’an.
Parmi les réaménagements emblématiques, notons les rues commerçantes Jean-Jaurès et ses 5 % de pente, et de Siam, totalement piétonnes, en pente douce jusqu’à la rade ; la place des Français libres où le parking de 70 places a laissé place aux terrasses des restos ; en entrée de ville, la place de Strasbourg surmontée d’une œuvre d’art belvédère, qui n’a plus rien à voir avec l’énorme carrefour routier préexistant. Au passage, le quartier de Pontanézen a bénéficié d’une importante opération Anru et les Brestois redécouvrent cet ex-quartier « chaud ».
Ce résultat est le fruit d’une procédure lancée en 2007. La maîtrise d’œuvre, le groupement entre Systra et Richez & Associés, assisté de l’Atelier de l’Ile, est désignée en décembre de cette année-là. Les études d’avant-projet débutent immédiatement. « L’aménagement du tramway est la colonne vertébrale d’un projet urbain ambitieux. Trois grands sujets nous ont mobilisés à ce moment-là, se rappelle Vincent Cottet. La question du centre-ville, le plus transformé puisque son grand axe est-ouest deviendra réservé au tram et aux piétons, la rénovation du pont de Recouvrance, enfin, la remise en cause des carrefours giratoires et leur transformation en carrefours à feux. » En 2009, les études de projet apportent leur lot de difficultés : des rues souvent étroites et très pentues. Dans sa partie centrale, débarrassée des remparts Vauban, la ville a été en effet reconstruite sur un grand remblai d’une dizaine de mètres au-dessus de l’ancien plateau, à la clé, « pas un endroit de plat, mais un plateau qui ondule en permanence et des pentes de 6-7 % et jusqu’à 8 % », poursuit le paysagiste.
Pour les abris de stations, encore une solution économique : Clear Channel, qui venait de perdre le marché de Montpellier et donc de démonter tous son mobilier l’a recyclé et adapté à Brest. « C’est un coût zéro pour la métropole, mieux, nous percevons une redevance de 800 000 euros par an grâce à la pub », souligne Victor Antonio, responsable de la mission tramway au pôle Développement économique et urbain de Brest Métropole Océane. Le résultat est sobre, dans les tons gris, et très « esprit portuaire » avec les barrières et les accastillages en inox poli et microbillé. Mais revers de la médaille : le mobilier est ouvert à tous vents, et du vent, il y en a souvent à Brest, les abris portent donc assez mal leur nom… Rien de tape à l’œil ni d’ostentatoire dans cette mise en scène du tram, mais une mise en valeur et en lumière de la ville. D’autant que la requalification urbaine a poussé commerces et immeubles à s’attaquer à la rénovation de façade. Enfin, dans la tradition de Brest Métropole Océane, une dizaine d’œuvres d’art ponctuent le tracé. L’une des plus originales est la succession d’anagrammes poétiques, réalisés à partir du nom Recouvrance. Pierre di Sciullo, graphiste et typographe, en a trouvé plus d’une centaine, comme celui-ci : « car revu à la noce », avec sa légende « bus équipé pour les mariages ». Si le nom du quartier l’avait permis, nul doute qu’il aurait pu écrire « un tram, et la ville est plus belle »…
Cécile NANGERONI
Chiffres clés
– 214 000 habitants dans l’agglo (sur 128 km2) et 141 000 (près de 50 km2) dans la ville de Brest
– 14,3 km de ligne et 28 stations, terminus en Y à l’est
– Vitesse commerciale de 19 km/h
– 40 minutes d’un terminus à l’autre
– Traversée d’un pont (Recouvrance), réaménagé pour les piétons
– 20 rames de Citadis (32 m)
– 4 parcs-relais (à terme)
– 1,8 km de voies piétonnes
– Coût total : 383 millions d’euros, dont 156 millions de voie ferrée et voiries, 63 millions de matériel roulant et 19 millions pour le centre de maintenance
Déjà un succès commercialAujourd’hui, la fréquentation du réseau Bibus (Keolis, reconduit en 2009 pour 8 ans) a augmenté de 30 %. « Nos prévisions de trafic sont entre 45 000 et 50 000 voyageurs par jour dans deux ans, rappelle Victor Antonio. Après cinq mois d’exploitation, nous sommes déjà à 33 000, donc sur une très bonne voie. » Au-delà de 50 000, il faudrait allonger les rames, ce que l’AOTU a de toute façon anticipé en construisant des quais de 40 mètres. Par ailleurs, l’agglo a déjà dans ses cartons un projet de ligne 2 : un Y vers Bellevue et Lambézellec.
Et bientôt un téléphérique !
La métropole bretonne prend goût au site propre. Elle pourra bientôt se flatter d’être la première de France à mettre en service un transport par câble, 100 % urbain. Plutôt que de construire un coûteux pont, une télécabine permettra en effet, en 2015, de franchir la Penfeld au niveau du nouveau quartier des Capucins en quelque 3 minutes (le trajet est également faisable en tram, mais prend alors 8 minutes, et il reste encore 450 mètres de marche). « Nous avons étudié toutes les options de franchissement de la rivière, explique Victor Antonio, responsable de la mission tramway au pôle Développement économique et urbain de Brest Océane Métropole. Construire un troisième pont levant ou tournant reviendrait de 30 à 50 millions d’euros, alors qu’un téléphérique nous coûtera 16,5 millions d’euros tout compris et seulement 400 000 euros par an de fonctionnement. L’étude propose deux fois trois cabines de 20 places, pour des questions d’accessibilité, nous préférons une cabine de grande capacité en va-et-vient. »
Intégré au réseau Bibus, le transport par câble sera accessible avec un ticket de transport valable une heure. Il démarrera, dans les Ateliers des Capucins transformés en habitat collectif, activités économiques et tertiaires, équipements publics et culturels avec notamment la grande médiathèque, à l’extrémité de la rue couverte, pour arriver 460 mètres plus loin, rive gauche, près de la rue de Siam (à 70 mètres de la station Château du tramway). Fréquences envisagées pour la télécabine qui devra présenter une capacité de 1 200 passagers par heure et sens : toutes les 5 minutes. Le projet a bénéficié du soutien de l’Etat lors du 2e appel à projets TCSP.C. N.