Blog

  • De Tokyo à Kyoto en Shinkansen

    De Tokyo à Kyoto en Shinkansen

    En 1922, Albert Londres vient suivre la visite officielle du maréchal Joffre à Tokyo et demande à être conduit au bout de la ville, mais comme il le découvre : « Tokyo n’avait pas de bout. Ce ne serait rien qu’elle n’eût pas de bout, mais elle n’a pas de centre. Qu’elle n’eût pas de centre, on s’en passerait ; mais elle n’a ni tête, ni jambes, ni foie, ni rate. Monstre pour Barnum, Tokyo n’est pas une capitale, c’est un rêve de fièvre chaude. Elle désorienterait la boussole elle-même. Dans sa rose des vents, on ne voit pas trente-deux parties, comme on devrait, mais trente-six chandelles. » Quatre-vingt-dix ans après, notre boussole personnelle de gaijin (étranger en japonais) reste désorientée. Rien ne prépare à la découverte de Tokyo. La modernité a définitivement pris ses quartiers dans cette mégalopole sans fin, sans fond. Ville verticale, chaque îlot recèle des secrets à tous les étages. Donc forcément, visiter Tokyo, c’est d’abord faire des choix.
    Nous débuterons notre visite par Tsukiji, le plus grand marché de poissons du monde. Le lieu mérite qu’on se lève à l’aube afin de se confronter à l’imposant ballet des Fenwick, des clients et des vendeurs qui, en quelques heures, vont s’échanger des quantités astronomiques de produits de la mer. Lorsqu’on visite le hall géant, il faut esquiver les projections des poissons qu’on découpe, éviter les chariots qui filent dans les allées et mobiliser ses connaissances pour reconnaître les espèces mises en vente : on trouve ici plus de 450 sortes de poissons, coquillages et crustacés qui proviennent de toutes les mers de la planète. Il faut également essayer d’être discret, ne pas déranger les professionnels souvent exaspérés par les groupes de touristes bloquant les allées pour quelques photos. Le poisson n’est pas là pour prendre la pause, mais pour satisfaire l’appétit insatiable des Japonais pour tout ce qui vient de la mer. Avec un peu de chance, vous pourrez assister à une vente aux enchères. Plus de 56 millions de yens (572 000 euros) : voici la somme record a laquelle a été vendu un thon rouge de 269 kg (thunnus thynnus) en janvier dernier ! Après quelques heures passées dans le marché, c’est le moment de déguster des sushis, malgré l’heure matinale. Dans la rue Uogashi Yokocho qui part de l’entrée principale, vous trouverez de nombreux restaurants spécialisés dans le poisson cru. Installez-vous au comptoir et choisissez en observant le maître sushi à l’œuvre. Avec un peu de chance, il vous fera découvrir des saveurs inaccessibles chez nous. Ainsi, le cuisinier saisit une fine tranche de toro (la ventrèche), la partie la plus prisée du thon rouge, la saupoudre de fleur de sel et, équipé d’un petit chalumeau, il la grille rapidement sur les deux faces, le cœur restant cru, et en fait un sushi qu’il nous offre gracieusement. Un grand moment de bonheur gourmand.
    Rassasié, c’est le moment de s’enfoncer dans le métro et filer vers le nord, vers Akihabara, un quartier surnommé « la ville électrique », à deux pas de la gare de Tokyo. C’est la capitale mondiale du shopping informatique, des nouvelles technologies, des gadgets hi-tech les plus superflus aux figurines de manga les plus essentielles : le quartier est le paradis du geek. Akiba, comme le surnomment les Tokyoïtes, est toujours noir de monde, on peine à se déplacer, heureusement d’immenses enseignes lumineuses agissent sur le visiteur, comme le phare sur le marin, et permettent de se repérer. Devant les magasins, des aboyeurs rivalisent de bagout et surtout de décibels pour attirer le chaland. Attention, au bout de quelques heures, tous les sons, toutes les lumières, toute cette foule donnent le vertige et bientôt on frôle la crise d’épilepsie.
    Impossible de visiter tous les quartiers de la mégalopole, mais ils ont tous une identité propre et mériteraient tous que l’on s’y attarde. Pour éviter la cohue des Ginza, et ses enseignes de luxe, Shibuya, et son célèbre passage piéton, et autre Harajuku, le quartier où les adolescents se déguisent comme leur héros de manga préféré, il existe des quartiers plus secrets où il est bon de flâner. Notamment à Lidabashi, un de ces quartiers où Tokyo change d’échelle. Les immeubles dépassent rarement les quatre étages, les ruelles en pente et les petits bars en font une sorte de Montmartre d’Extrême-Orient. N’hésitez pas à passer les portes de ces établissements minuscules où le patron s’affaire pour servir les clients installés au comptoir. C’est l’occasion de s’immiscer dans la vie du quartier quand, après le travail, les habitués viennent discuter autour d’un verre. Ces petits restaurants, qui ne comptent souvent pas plus d’une demi-douzaine de couverts, sont les héritiers de ces restaurateurs ambulants qui tenaient le pavé avant que cette modernité radicale s’empare de la ville. Ici, vous vous perdrez probablement, et c’est tant mieux : c’est le meilleur moyen de découvrir cet endroit.
    Asakusa, est un autre quartier où subsiste un Tokyo à « taille humaine ». Derrière Sensoji, l’imposant temple bouddhiste très visité le week-end, vous trouverez une rue commerçante, Nakamise, dont l’histoire remonte à plusieurs siècles, où vendeurs d’habits traditionnels, de souvenirs cohabitent avec de petites échoppes proposant toutes sortes de délices aux acheteurs affamés. L’heure pour nous de rejoindre la gare afin de partir vers la capitale du Kansai : Kyoto.
    La gare de Tokyo est le cœur névralgique du maillage ferroviaire. Récemment rénovée, elle a été construite en 1914 sur le modèle de la gare centrale d’Amsterdam. Vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin avant le départ. Notamment cette spécialité des gares nippones, les ekiben, ces paniers-repas de cuisine régionale, constitués de produits frais et bon marché (voir encadré page précédente).
    Aux heures de pointe, les Shinkansen entre Tokyo et Kyoto s’offrent des fréquences de RER. Pendant cette période, un train quitte en effet les quais toutes les quinze minutes. C’est à bord du Shinkansen N 700, le tout dernier modèle circulant sur le réseau de JR West, que nous montons. L’immensité de la capitale se comprend bien mieux quand on essaye de lui échapper en prenant le train. On attend impatient les premiers faubourgs, le moindre espace dans le tissu urbain. On attend longtemps. Puis les premiers champs apparaissent, les premières collines couvertes de forêt adoucissent le paysage, mais dès que le relief le permet chaque parcelle de terrain est cultivée ou construite. Grande vitesse oblige, le trajet est court : 2 heures 40. Juste le temps d’interpeller la vendeuse ambulante qui passe à travers les voitures en poussant un chariot chargé de plateaux-repas, de sandwichs, de thé vert et de bières Asahi ou Kirin. Pour les fumeurs, les trains les plus récents mettent à disposition des espaces où deux personnes peuvent tenir, avec des aérations qui, bien que silencieuses, se révèlent très efficaces. Les trains les plus anciens proposent toujours des voitures où le tabac reste toléré.
    En gare de Kyoto, on est accueilli dès la sortie par une sculpture d’Astro Boy, célèbre personnage d’un manga des années 50. Le bâtiment, inauguré en 1997, est immense et abrite non seulement une gare, mais également un centre commercial, un hôtel et de nombreux restaurants. Cette modernité détonne avec la ville elle-même, un sanctuaire de la culture japonaise traditionnelle. Une ville où, aujourd’hui encore, il est possible d’entendre, dans le quartier de Gion, le cliquetis des socques d’une geisha (appelée geiko à Kyoto) pressée, c’est la petite musique d’un Japon immuable, d’une culture millénaire indifférente à la mondialisation.
    Kyoto fut la capitale de l’empire japonais de 794 à 1868, année où l’empereur Mutsuhito a déclaré l’ouverture de l’ère Meiji (l’ère des Lumières) et qui marque la fin de l’isolement géographique, politique et culturel du pays. De ce passé glorieux, Kyoto a gardé un héritage dense et les milliers de temples bouddhistes, zen et ésotériques, et de sanctuaires shintoïstes (religion polythéiste qui n’existe que sur l’archipel) le déclinent en autant de styles architecturaux spécifiques.
    Les jardins sont une expression essentielle de la culture japonaise. À Kyoto, vous en verrez parmi les plus célèbres de tout le Japon. Autour des temples, des tombeaux shintoïstes, bref, autour d’un grand nombre de monuments historiques, ces jardins ont la plupart du temps une symbolique forte. Parmi, les plus étonnants pour le visiteur étranger, les karensansui, sont des « jardins secs » de graviers, de mousses, de sable et de rochers que l’on trouve souvent à proximité des temples zen. Celui de Ryoan-ji, un monastère zen du nord-ouest de la ville, est probablement le plus connu.
    Afin de pénétrer, un peu l’âme de cette ville, une visite au marché couvert de Nishiki s’impose. Vous y trouverez les produits gastronomiques et l’artisanat qui font la réputation de la ville dans tout le pays. Des spécialistes du thé sauront vous expliquer toute la finesse et la complexité d’un breuvage toujours très populaire (essayez le genmaisha, un thé vert parfumé aux grains de riz grillés). Plusieurs échoppes vendent des sélections impressionnantes de tsukemono, ces légumes marinés salés qui sont de presque tous les repas japonais. Il est possible de tous les goûter avant d’acheter et les clients se serrent autour des bols, avancent doucement comme dans une procession, saisissant ici un morceau de concombre, là un morceau d’osinko, échangeant avec leurs condisciples en gourmandise des soupirs de bonheur.
    Aujourd’hui, de nombreux sites de la ville sont entrés au Patrimoine mondial de l’Unesco, c’est notamment le cas du château Nijo-jo et de seize temples comme le Kiyomizu-dera ou le fameux Kinkaku-ji, le « pavillon d’or ». Ce temple est d’ailleurs l’un des plus visités (et photographiés) du Japon. Il s’élève d’un étang, cerné d’un magnifique jardin, et lorsqu’au coucher du soleil il se dédouble dans le plan d’eau, l’émotion est immédiate.
    Visiter tous les temples, tous les jardins, tous les châteaux nécessiterait probablement plusieurs mois, mais déjà, nous devons rejoindre la gare et remonter à bord du Shikansen. Alors que la nuit prend possession de Kyoto, le train démarre et le regard se perd dans les ombres de la ville qui s’effacent au fur et à mesure que le Shinkansen accélère. Le voyage touche maintenant à sa fin. Le trajet de retour offre l’occasion de faire le point. Le charme du Japon réside aussi dans la complexité de sa culture et l’impossibilité pour le gaijin d’en comprendre tous les codes, toutes les subtilités. Et c’est tant mieux, ça vous oblige à y revenir. Pris par le sentiment de n’avoir effleuré que la surface de l’âme japonaise, ce haïku du grand poète Bashô, rassure :

    Devant l’éclair
     – sublime est celui
    qui ne sait rien !

    Samuel Delziani

  • Languedoc-Roussillon. Nîmes – Perpignan : la « ligne malade » va beaucoup mieux

    Languedoc-Roussillon. Nîmes – Perpignan : la « ligne malade » va beaucoup mieux

    Janvier 2011 : Guillaume Pepy place l’axe Nîmes – Perpignan parmi les douze « lignes sensibles » du réseau, suite à une calamiteuse série de retards. L’année précédente, cet axe majeur du Languedoc-Roussillon affichait 82,3 % de trains à l’heure, soit près d’un sur cinq en retard. Pire, en août 2010, seuls 73,5 % des circulations respectaient l’horaire, soit plus d’un train sur quatre en retard. En février 2011, la direction régionale SNCF de Montpellier nommait un chef de projet « ligne sensible » réunissant dix-sept dirigeants. Une multitude d’actions internes étaient lancées, accompagnées d’initiatives avec des acteurs extérieurs. Depuis, la régularité a déjà gagné six points, « la meilleure augmentation de toutes les lignes sensibles. Elle permet d’afficher 9 trains sur 10 à l’heure », explique Philippe Le Bras, le chef de projet. Le taux de satisfaction des voyageurs a gagné 14 points en un an, à 91,4 %. Le chiffre de suppression de trains-kilomètres a chuté de 50 %. Le malus imposé par le conseil régional à l’activité TER s’est éteint. Tout cela malgré un graphique saturé, un trafic en hausse de 20 % en deux ans, des installations anciennes (sept postes sur 9 km pour la gare de Nîmes) et une urbanisation galopante qui favorise les incidents de personnes. Cette réussite a représenté l’activité Proximité de la région de Montpellier aux Trophées du groupe SNCF. Les outils du redressement ont d’abord consisté à fiabiliser les circulations en amont, pour prévenir défaillances techniques ou absences de personnels. La remise des engins moteurs est renseignée 60 min avant le départ. Les TER chargés sont désignés « trains drapeaux », avec « bouclage des ressources » (personnels, matériel) 24 heures avant le service, priorité absolue sur le graphique, scénarios de repli en cas d’incident, « des mesures de maintenance destinées à empêcher absolument qu’un même incident de matériel impacte la circulation deux jours consécutifs », dit Jesus Sanchez, directeur de l’activité TER à Montpellier. Pour optimiser la maintenance : à Perpignan, une antenne du Technicentre régional de Nîmes a été ouverte et on a rapatrié la maintenance des engins thermiques de Toulouse à Nîmes. Les causes de retard liées à l’infrastructure ont été cartographiées pour améliorer la réactivité. L’ultime voie hors gabarit fret dans la peu capacitaire gare de Nîmes a été mise à niveau pour recevoir les convois. RFF agit contre les intrusions, les suicides, les accidents rail-route, les vols de câbles et batteries, et ces feux qui, en août 2010, ont sinistré la ligne. Le propriétaire des voies a posé 15 km de clôtures et systématisé la télésurveillance des passages à niveau. La gendarmerie opère une surveillance héliportée de l’axe. Des brûlages dirigés ont été entrepris avec les pompiers. Et ce n’est pas fini. Outre une concertation mensuelle avec les associations d’usagers et des petits-déjeuners avec un panel de « pendulaires », SNCF et RFF voient plus loin. Un comité de pilotage mensuel pour l’infrastructure est créé, avec une priorité : le diagnostic du vieux pont levant de la Bordigue à Sète. Qu’il se bloque en position haute et 200 circulations quotidiennes sont paralysées.

    Michel Gabriel LEON
  • Un site de maintenance pour le T3 en ÎIe-de-France

    Un site de maintenance pour le T3 en ÎIe-de-France

    Sous le stade Jules-Ladoumègue et ses équipements sportifs, implantés sur 38 000 m2 à deux pas de la Porte de Pantin, les nouvelles rames sont prêtes à quitter le site de maintenance et de remisage destiné à accompagner le prolongement du T 3 de Porte d’Ivry à Porte de la Chapelle. Ce prolongement de 14,5 km, avec 26 stations, devait être inauguré et mis en service le 15 décembre. Dans ce nouveau « poumon industriel » de la ligne, 25 rames seront accueillies. Le centre est dimensionné pour 50, si d’autres extensions sont réalisées, notamment vers la Porte d’Asnières. 70 conducteurs y prennent leur service et 25 agents de maintenance y travailleront à terme, à la mise en service.

    © Noam CILIRIE/RATP

  • Rénovation du réseau. Le nouveau plan d’action de RFF

    Rénovation du réseau. Le nouveau plan d’action de RFF

    Sept ans de réfections. Et après ? Engagé dans une ambitieuse rénovation du réseau depuis que le rapport de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) de 2005 a mis en évidence son état d’obsolescence, RFF s’apprête à s’appuyer sur le nouveau rapport de l’EPFL qu’il a commandé à Yves Putallaz et Panos Tzieropoulos pour analyser ce qu’il faudrait encore faire. Un rapport bien moins sévère que celui de la Cour des comptes, qui soulignait récemment la tendance à réaliser les travaux là où c’est le moins compliqué, c’est-à-dire sur les lignes les moins chargées. « La Cour des comptes a une vision sur la gouvernance tandis que l’EPFL a une vision plus technique », explique Alain Quinet, directeur général délégué de RFF.
    Pour Yves Putallaz, le doublement de l’effort d’investissement mis en œuvre par RFF est « remarquable ». Il est passé à 1,7 milliard d’euros annuels entre 2006 et 2011. Il propose toutefois un bilan socio-économique sur les différentes parties du réseau, qui sont toutes maintenues sans distinction, même les moins fréquentées, « ce qui consomme des ressources d’entretien ». Cela permettrait à l’État de faire des arbitrages.
    La référence, c’est toujours la Suisse, où les 2/3 des investissements vont au renouvellement du réseau et 1/3 à l’entretien. En 2003, c’était l’inverse en France. Aujourd’hui, la répartition des sommes se fait à égalité. « Faut-il faire plus ? La réponse que nous avons envie de donner est : non. Car nous n’avons pas plus d’argent et nous sommes arrivés à la limite de l’acceptabilité des travaux avec 1 000 grands chantiers par an. Donc, il s’agit de prolonger l’effort dans le temps. Nous allons vers une logique d’optimisation du réseau existant », explique Alain Quinet.
    D’abord, en augmentant sa capacité. « Nous allons consulter les autorités organisatrices des transports sur leurs attentes puis mettre en cohérence les programmes lancés », précise-t-il. RFF souhaite aussi réaliser « de petits investissements stratégiques peu visibles avec de grands résultats », par exemple les IPCS (installations permanentes de contresens), des voies d’évitement pour les trains de fret longs ou des sauts-de-mouton. Il compte aussi sur des gains de productivité grâce à la commande centralisée. Au lieu de 1 500 postes d’aiguillage, il ne devrait plus y avoir que 16 grands centres de régulation du trafic, permettant de gagner en efficacité, notamment en zone dense où les exigences de robustesse et de régularité sont élevées.
    « Avec l’ERTMS, on pourra aussi augmenter le nombre de sillons sur certaines lignes TGV saturées. Par exemple sur Paris – Lyon, limitée à 13 sillons par heure, on pourrait en gagner deux, voire trois », précise-t-il. « Nous avons 5 à 10 ans de visibilité. Le ministre nous a donné 2 milliards par an jusqu’à 2020-2022. Nous allons réévaluer les projets en cours. Dans cinq ou six mois, nous connaîtrons le tableau des entrées et des sorties de ces 2 milliards. » C’est à ce moment que RFF doit présenter son nouveau plan au ministre des Transports.
    Auparavant, RFF devrait signer un nouveau contrat de performance avec l’État. Peut-être sous forme d’avenant au contrat actuel qui s’achève fin 2012, en attendant d’en savoir plus sur la réforme ferroviaire.

    Marie-Hélène Poingt


    La caténaire : un sujet de préoccupation

    Selon le nouveau rapport de l’EPFL, les caténaires pourraient « constituer le prochain point critique : les travaux prévisibles sont importants, consommateurs de plages de travaux sur des axes structurants chargés ». Ses auteurs estiment que 5 000 km de caténaires atteignent leur durée limite. « Soit la technologie ne correspond plus aux exigences d’interopérabilité et nécessite de l’entretien coûteux, soit l’âge des supports laisse présager un état moyen peu rassurant », écrivent-ils. Surtout sur les lignes en 1,5 kV continu, dont les supports ont pour l’essentiel 60 à 90 ans. On devrait connaître dans quelques mois la stratégie retenue par RFF et SNCF Infra. Mais leur rénovation nécessitera des moyens accrus à moyen terme. Les rapporteurs suggèrent d’associer les industriels qui travaillent sur des « innovations susceptibles de réduire les coûts de renouvellement ainsi que les impacts capacitaires (plages travaux) ».

    M.-H. P. et P. L.
  • SNCF-RATP/RER B. Le commandement unifié : une solution miracle très contestée

    SNCF-RATP/RER B. Le commandement unifié : une solution miracle très contestée

    De très fortes perturbations, des centaines de personnes descendues, en pleine nuit, sur les voies… et 50 000 voyageurs, principalement des usagers des RER de la région parisienne, qui ont subi de très importants retards : c’était le 7 novembre dernier, la soirée catastrophe sur le RER B. Catastrophe qui pourrait se reproduire dénoncent l’ensemble des syndicats tant de la SNCF que de la RATP qui y voient un révélateur, « élément déclencheur du ras-le-bol quotidien. On ne veut pas que les 7 novembre se renouvellent… » Cette ligne B a une particularité : sa coexploitation de façon presque équivalente par la SNCF et la RATP. Aujourd’hui, tant du côté des directions que des syndicats, après des décennies de bisbilles, on veut faire cause commune. Et c’est tous ensemble, le 23 novembre, que les syndicats – CGT, UNSA, SUD, CFDT, FO – de la RATP et de la SNCF ont déposé une alarme sociale. Avec la volonté de dire que « trop c’est trop », arguant qu’on a atteint « un point de rupture » alors que cette ligne a été en pleine actualité ces derniers mois et va l’être tout au long de l’année à venir.
    La régularité se situe, mi-2012, à 83,5 %, soit très en deçà des objectifs fixés par le Stif à 94 %, alors que le taux de satisfaction ne dépasse pas 50 % sur la partie nord. Ils ne croient pas que le projet d’organisation commune RATP-SNCF dédiée à l’exploitation de la ligne puisse être le remède miracle. Or, les deux entreprises se sont engagées en faveur d’un commandement unifié du RER B. Afin de répondre, comme elles l’ont précisé dans un communiqué commun, aux attentes convergentes des voyageurs, du Stif, des pouvoirs publics et du Parlement,
    « telles qu’elles ressortent notamment des travaux de la commission d’enquête sur le RER, présidée par Daniel Goldberg ». Pour les présidents de la SNCF et de la RATP, cette démarche doit conduire « à une nette amélioration de la ponctualité et de l’information des voyageurs sur l’ensemble de la ligne, avec de premiers résultats concrets attendus dès 2013. » La mise en place de ce centre de commandement unique avait fait l’objet d’un premier bras de fer. Les syndicats ont obtenu, en septembre, l’abandon du projet de structure juridique commune de style GIE (groupement d’intérêt économique) ou GIP (groupement d’intérêt public) pour la gestion de la ligne. Reste donc une organisation de type direction de ligne unifiée, avec un directeur venant à tour de rôle de l’une des deux entreprises. La création de cette direction de ligne unifiée est attendue en avril.
    Si les syndicats voient là « un simple élément d’affichage », c’est qu’ils se réfèrent à un précédent : la mise en place de l’interopérabilité, avec suppression en 2009 du changement de conducteur RATP/SNCF gare du Nord. Présentée comme une solution de bon sens avec une efficacité sur l’ensemble du système, elle n’a, déplorent-ils en se référant à l’évolution négative de la régularité, pas amélioré la situation. Des réductions d’effectifs à la conduite ont permis de gagner en productivité mais pas en régularité. Et puis, ils notent que cette interopérabilité n’a pas d’efficacité en cas de situation très perturbée. Certains estiment que la fin de la relève des conducteurs a ôté une sorte de « soupape » gare du Nord et « aggraverait » même la situation dans ces cas-là. Et de souligner que, « si les retards dépassent 5 mn, le centre unique devra repasser aux mains des “pilotes traditionnels”, RFF et SNCF d’un côté, RATP de l’autre ». Pour ces syndicalistes, le message est clair : « on ne peut, une nouvelle fois, décevoir les usagers, les élus, en les faisant rêver. Il ne suffit pas de travailler l’organisation pour que tout aille mieux. On prend le problème à l’envers, il est nécessaire d’abord de mettre les moyens. Or ils n’y sont pas. » À l’appui, ils rappellent les 35 % de hausse du trafic en dix ans alors que, dans le même temps, les effectifs ont été réduits, d’où « un sous- effectif permanent. » Afin d’y « voir clair », ils évoquent « l’urgence » du schéma directeur de la ligne B. Et présentent, dans cette perspective, de « réelles revendications » de nature à améliorer la régularité, en voici l’essentiel :
    • des effectifs d’agents de conduite « en adéquation » avec la charge de travail et des réserves aux terminus pour permettre de récupérer le temps perdu en ligne lors des retournements ; • la mise en place de rames de réserve avec du personnel de conduite dans des « endroits stratégiques » ; • la création d’un atelier d’entretien du matériel au nord de la ligne à Mitry ; • la « réhumanisation » des gares et des trains ; • l’augmentation des moyens humains et matériels pour l’entretien des infrastructures ; • sans attendre, des travaux sur les infrastructures au sud afin de pouvoir faire rouler des rames à deux étages ; • à une échéance plus lointaine, car c’est « très lourd », l’engagement d’investissements financiers pour le doublement du tunnel Châtelet/gare du Nord. Là où passent, au quotidien, 1,5 million de voyageurs, dont 600 000 pour la D.
    Le 5 décembre, lors d’une audition de Guillaume Pepy par le Stif, les élus sont eux aussi revenus sur l’ampleur de l’incident du 7 novembre et l’ont interpellé sur les mesures à prendre « pour que les conséquences en cascade d’un incident technique ne puissent plus générer un tel désordre pour les voyageurs ». Le conseil du Stif devait organiser, dans les prochains jours, un retour d’expérience avec les voyageurs.
    Tout en rappelant « l’urgence » de la mise en place du centre de commandement unifié, les élus ont aussi insisté pour que les schémas directeurs des RER et le plan de mobilisation soient réalisés « dans les temps, conformément aux engagements initiaux des entreprises », et que la SNCF reste « mobilisée sur la réalisation du vaste programme de rénovation et renouvellement des trains et RER engagé depuis 2006 ». Le schéma directeur de la ligne B fait figure de prochaine échéance majeure. Au moment où devrait être mis en place le centre de commandement unifié.

    Pascal Grassart

    RER D. Une mise en œuvre progressive
    Le schéma directeur du RER D prévoit la mise en service conjointe, fin 2013, de plusieurs aménagements d’infrastructure améliorant la fiabilité de la ligne et une nouvelle gare Pompadour, remplaçant l’actuelle gare Villeneuve-Prairie. Ils s’accompagnent d’une nouvelle grille de dessertes qui participe à l’amélioration de la régularité mais se traduit aussi par des allongements de temps de parcours sur les trajets depuis la Grande couronne. Lors d’une réunion fin novembre, en présence des élus concernés, il a été demandé à RFF et à la SNCF d’étudier une mise en œuvre progressive de cette nouvelle desserte pour mesurer concrètement les gains de régularité.

  • Paris : la ligne 12 traverse le périphérique

    Paris : la ligne 12 traverse le périphérique

    Avec la mise en service de son prolongement de 1,1 km jusqu’à la nouvelle station de métro Front populaire, à Aubervilliers, la ligne 12 représente un beau symbole : il dépasse le périphérique et fait tomber la frontière Paris-banlieue. Front Populaire n’est d’ailleurs qu’une étape d’un prolongement qui va mener, fin  2017, à deux autres nouvelles stations : Aimé Césaire, située au Pont de Stains, et Mairie d’Aubervilliers. La nouvelle station va accueillir chaque jour, selon les prévisions de la RATP, près de 15 000 voyageurs et permettra de joindre Saint-Lazare en 16 minutes, Montparnasse en 28 minutes. D’un montant de 198,5 millions d’euros, ce prolongement jusqu’à Front Populaire a été financé conjointement par la région Ile-de-France (95 millions), l’État (54,5), la RATP (32,3) et le conseil général de Seine-Saint-Denis (16,7).

  • Belgique : travaux sur une ligne de RER reportés pour une question linguistique

    La dixième chambre (flamande) du Conseil d’Etat vient d’annuler pour la deuxième fois le permis de construire délivré par la Région bruxelloise pour la mise à quatre voies de la ligne 124 entre Bruxelles et Nivelles. Selon les juristes de la chambre, la Région flamande est concernée par ce projet parce qu’une partie de la gare de Linkebeek, pourtant non directement concernée par le chantier, est située dans sa juridiction. L’enquête publique devait donc être rédigée exclusivement en néerlandais. Un particulier flamand est à l’origine du recours mettant en doute la régularité de la procédure. La question de la langue est au centre de la crise politique que traverse la Belgique depuis avril 2010, sur fond de tensions entre Wallons et Flamands.   

     

  • Combiné : un nouveau système de transbordement révolutionnaire

    Combiné : un nouveau système de transbordement révolutionnaire

    La société allemande de transport combiné rail-route CargoBeamer a présenté le 26 octobre à Calais (Pas-de-Calais) un système permettant de transborder des semi-remorques sur des trains en 15 minutes et destiné à « révolutionner » le ferroutage en Europe. Le terminal « CargoBeamer Gate » devrait voir le jour en 2014 à Calais, avec une capacité de transfert de plus de 800 semi-remorques par jour, de la route au rail. La technologie consiste en un transbordement latéral et automatisé pour tous les semi-remorques existant sur le marché, alors qu’aujourd’hui « seulement 15 % du transport de marchandises sur route peuvent être transférés vers le rail, en raison de contraintes techniques », affirme la société.
    « Le trafic de marchandises sur les routes européennes devrait croître de 75 % d’ici à 2025, menaçant les infrastructures routières du continent d’une congestion du trafic », estime Hans-Juergen Weidemann, PDG de CargoBeamer. « CargoBeamer anticipe cette évolution et va permettre de remédier à cette situation en transférant le trafic de marchandises de la route vers le rail de manière efficace et écologique », ajoute-t-il.
    Le système sera installé au cœur d’un futur parc logistique de plus de 200 000 mètres carrés, « Calais Premier », qui est présenté comme le plus grand au nord de Paris, entre le port et le Tunnel sous la Manche, et qui veut devenir l’une des toutes premières portes d’entrée du trafic de marchandises entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale. La naissance de ce terminal à Calais est la première étape de la construction d’un réseau sur les principales voies de marchandises en Europe. D’autres sont prévus à Hagen (Allemagne), Legnica (Pologne) et Mockava (Lituanie), a indiqué la société.    

     

    M.-H. P.

  • Un calculateur d’itinéraire pour toute la Lorraine

    Un calculateur d’itinéraire pour toute la Lorraine

    Un calculateur d’itinéraire vraiment mulitmodal, puisqu’il agrège les données de 22 autorités organisatrices de transport, fonctionne depuis octobre dans toute la région Lorraine. SimpliCim, c’est son nom est accessible sur Internet (www.simplicim-lorraine.eu) et décliné en applications pour smartphone. Il permet de calculer son itinéraire via les transports en commun (bus, trains, trams) et les modes de transport écoresponsables (vélo, marche, covoiturage), en indiquant les lieux de départ et d’arrivée, ainsi que les horaires de départ et/ou d’arrivée souhaités. Fruit d’un projet débuté mi-2011 par la définition des besoins, la synthèse des systèmes existants puis l’élaboration des contours techniques, administratifs, juridiques et financiers du service souhaité, et enfin la signature, en février, d’une convention de partenariat entre la quasi-totalité des AO de la région, SimpliCim représente un investissement de 430 000 euros pour la région Lorraine, qui prend aussi à sa charge 50 % des frais de fonctionnement annuels.
    La région étant transfrontalière, il est déjà prévu d’étendre, sous quelques mois, le service à la Grande Région, cet espace européen présidé par la Lorraine jusqu’à la fin de l’année, c’est-à-dire avec le Luxembourg, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat, la Wallonie et Lorraine. Une interconnexion entre tous les systèmes d’information multimodaux existant sera réalisée via la plateforme EU-Spirit. SimpliCim s’inscrit dans la politique globale de développement durable et de préservation de l’environnement de la Lorraine. Ne serait-ce que parce qu’il offre la possibilité de calculer son trajet à vélo, ou encore en privilégiant la marche, et qu’il permet d’identifier les possibilités de covoiturage lorsque ce mode de transport est structuré. Enfin, il propose un calculateur d’émissions de CO2 de l’itinéraire choisi permettant à chacun de prendre conscience de l’impact environnemental de son trajet.    

    C. N.
     

  • Brésil : Vossloh va livrer 22 tramways à São Paulo

    L’allemand Vossloh a annoncé, le 13 décembre, que le consortium qu’il a formé avec le brésilien T’Trans avait remporté un contrat de 90 millions d’euros pour la fourniture de 22 Tramlinks V4 au réseau de la compagnie de transports urbains de São Paulo. Les véhicules affichent une capacité de 400 passagers et une vitesse maximale de 70 km/h. Les livraisons sont prévues entre 2013 et 2014.