Étiquette : Allemagne

  • La DB préfère le Velaro à l’AGV

    L’AGV, qui effectue en ce moment une série de tests sur le réseau français, a essuyé son premier revers en Allemagne. La Deutsche Bahn a commandé 15 trains à grande vitesse à Siemens pour un montant estimé à 500 millions d’euros. Bien que portant la marque ICE de la DB, ces trains appartiendront à la famille Velaro et non pas à la famille ICE3. Au-delà des arguments techniques, la crise n’aura sans doute pas joué en la faveur d’Alstom, finaliste contre le constructeur allemand. Le patron de la Deutsche Bahn, Hartmut Mehdorn, a en effet déclaré au quotidien Bild Zeitung qu’avec cette commande son entreprise « aide à maintenir des emplois allemands au beau milieu de la crise financière ».

  • Une révision systématique des essieux d’ICE

    Depuis le 24 octobre, la Deutsche Bahn a retiré du service un grand nombre de trains à grande vitesse, en raison de doutes sur la sécurité.?Elle procède à des vérifications techniques portant en particulier sur les essieux des ICE dont elle détient 71 exemplaires. Ces trains, construits par Siemens, Alstom et Bombardier en consortium, circulent sur des axes très fréquentés comme Berlin – Hambourg, Francfort – Vienne en Autriche, lignes qui subissent donc d’importantes perturbations.

  • Les RZD proposent aux chemins de fer chinois une joint-venture avec la DB

    L’agence Interfax a annoncé le 28 octobre que les RZD (chemins de fer russes) ont proposé aux chemins de fer chinois de mettre sur pied une joint-venture avec la Deutsche Bahn pour le transit de conteneurs entre la Chine et l’Europe, ainsi que sur le marché intérieur. Cette joint-venture prendrait la forme d’une entreprise tripartite regroupant les RZD, la DB et une société chinoise représentée par une filiale de chemins de fer chinois.

  • Trains de demain : Le confort du Thalys est dans les détails

    Un marché concurrentiel et exigeant.
    « Thalys a une clientèle très VIP, très exigeante en matière de service et de confort : des parlementaires, des stars, des artistes, des hommes d’affaires…, sur le croissant nord de l’Europe. » Pour Eric Rhinn, directeur associé du cabinet de design lyonnais Avant-Première, le marché de Thalys, à cheval sur quatre pays de culture différente, est « extrêmement concurrentiel ». Pour Thalys, le confort de ses trains à grande vitesse doit être à la hauteur face à la concurrence de la voiture, beaucoup plus directe que sur des distances plus élevées, de l’avion… et d’autres trains, tel l’ICE de la DB à l’est de Bruxelles. Pour rénover les intérieurs de ses rames en service depuis 1996, Thalys a donc lancé un concours de design, remporté en 2005 par l’association Avant-Première et le cabinet belge Enthoven. Ce dernier a eu en charge le bar et les plateformes d’accès, le cabinet lyonnais étant responsable du design des salles voyageurs et des services à bord en 1re comme en 2e classes – pardon, en Comfort 1 et 2 ! Avant-Première s’est donc attaqué à la nouvelle identité visuelle de ces salles voyageurs, c’est-à-dire aux sièges, aux plafonds, au porte-bagages, aux éclairages, à la scénographie et au concept coloriel. « Pour réussir ce challenge, nous avons d’abord défini un “code ADN” du futur Thalys, indique Eric Rhinn, les deux cabinets ont travaillé ensemble avec les services marketing et techniques de Thalys et les agents de maintenance pour définir les objectifs. Puis, une fois ces objectifs acceptés, validés et bien saisis, nous sommes rentrés dans la partie plus créative, qui a duré un an. »

    De l’espace en plus pour les genoux !
    « Dans un premier temps, nous avons travaillé sur l’augmentation du confort à la place », c’est-à-dire sans perdre de place, « parce qu’il était hors de question de retirer quatre sièges par voiture pour répartir la distance gagnée, ce qui aurait été trop facile ! » Avant-Première a alors œuvré sur le dossier des sièges : une première piste a été de réduire l’épaisseur du dossier de manière à gagner de la distance aux genoux. Mais c’est une autre donnée qui s’est finalement avérée beaucoup plus payante : l’intrusion à l’arrière du dossier. « Lorsque les sièges actuels sont en position “relax”, le dossier empiète sur l’espace arrière. Ce n’est pas très grave quand les sièges sont en file, mais quand les sièges sont dos à dos ou contre une face, il faut effectivement les repousser d’une distance importante pour la position “relax”. Et cette distance est perdue. Nous nous sommes rendu compte qu’en dessinant un siège sans intrusion, cette cote-là pouvait être répartie dans la salle, permettant de gagner à peu près 50 mm aux genoux. » Bref, « en jouant sur le design, c’est du tout bénef », considère Eric Rhinn.

    Plus de confort en Comfort 1 et 2.
    Les tablettes sont un élément critique du confort des Thalys : en lieu et place du modèle escamotable actuel, « qui coulisse comme une guillotine », Avant-Première a choisi des tablettes pivotantes, « qui ont un mouvement plus contrôlable » au niveau de la maintenance. Puis le cabinet s’est penché sur les têtières, « qui sont symétriques afin d’avoir du confort à droite comme à gauche… parce qu’on ne dort pas forcément tous du même côté ». Plus généralement, le traitement du confort à la place n’a pas pour priorité de différencier Comfort 1 et 2 : « Les voyageurs en Comfort 1 ne sont pas une “race” à part qui serait tout à coup plus grosse, plus lourde, plus grande… tous les gens sont pareils », proclame Eric Rhinn : « La particularité de Thalys, c’est que chaque place a sa propre prise de courant, en Comfort 1 comme en Comfort 2. » En revanche, les voyageurs en Comfort 1 « ont des besoins spécifiques que l’on n’a peut-être pas quand on voyage en Comfort 2 ». Ainsi, la distinction entre Comfort 1 et 2 repose sur le service ; par exemple, en Comfort 1, le repas est servi à la place, ce qui nécessite une tablette plus grande.

    Clair-obscur et couleurs lumineuses.
    Ensuite, Avant-Première a travaillé l’éclairage. « Il n’était pas question de faire un train très lumineux, très clair, donc salissant. Il fallait trouver une autre approche, et nous avons eu l’idée de travailler en clair-obscur, un peu comme les toiles de Rembrandt, de fournir un train extrêmement résistant à la salissure dans sa partie inférieure. » Le résultat est un écrin de couleurs sombres, de couleurs « moka, un peu figue, très tendance » pour le revêtement du sol, des bas de face et de la partie inférieure des sièges (assise, demi-dossier et accoudoir). L’ensemble forme comme une ligne d’horizon à l’intérieur du train : « C’est très radical – tout est coupé comme une tranche –, mais nous avons choisi la couleur la plus intéressante pour masquer les taches de café, de Coca et les miettes de pain. » Un choix testé sur échantillons en conditions réelles d’exploitation !
    Plus haut, « on est dans un monde différent : une deuxième tranche qui fait la hauteur des masques de baies, où nous avons joué sur des couleurs très fraîches, très lumineuses ». En Comfort 1, deux tons de rouge « donnent un effet de vibration à l’intérieur du train, où deux sièges voisins ne sont jamais de couleur identique ». Et à ces deux tons s’ajoute la nuance fuchsia en Comfort 2. Enfin, au-dessus des baies, la troisième couche est une « strate un peu immatérielle, tout le côté imaginaire », avec un travail sur des sources d’éclairage nouvelles, comme les lampes d’ambiance à moitié inférieure rouge et moitié supérieure blanche, intégrées dans les cache-trumeaux entre les baies. « Nous avons travaillé les matières qui renvoient la lumière, comme le chrome ou l’inox polymiroir, et donnent l’impression que le porte-bagages est transparent ! »

    Des rangements pour voyageurs high-tech.
    C’est le nez du porte-bagages qui intègre toutes les liseuses et marque-places, « ainsi, on est à hauteur d’yeux et on ne cherche plus son numéro entre ou sur les sièges ». Plus généralement, la qualité du rangement à la place a primé sur la quantité : « Sur Thalys, les liaisons sont surtout des allers-retours dans la journée, donc, on n’a pas trop l’usage de grandes bagageries. » En revanche, les sièges sont mis à contribution : « Nous avons étudié un porte-revues en polycarbonate au dos du siège de devant, dans lequel on peut glisser son ordinateur portable quand le repas arrive, ainsi qu’un élastique plat et adaptable qui permet de ranger son téléphone portable ou son Palm sans empiéter sur la surface de travail, mais aussi son journal, son billet… » Avant-Première a ainsi conçu « une zone multifonction de rangement toujours à proximité », dont « les fonctions se découvrent » au gré de leurs besoins.

    Des poubelles faciles à trouver.
    En revanche, l’usage des poubelles est univoque… et celles-ci doivent se voir tout de suite. « Mettre une étiquette pour indiquer où se trouve la poubelle, c’est un échec », pense Eric Rhinn, qui se met à la place « du premier usager, celui qui prend ce train pour la première fois ou qui a déjà tout oublié la deuxième fois parce qu’il ne prend pas le train tous les jours ». Si ce voyageur ne trouve pas sa poubelle, « c’est qu’il y a un problème : il faut que ce soit naturel, et nous avons mis les poubelles systématiquement en face des usagers, soit dans le pied du siège de devant quand on est en file, soit intégrée dans les pieds de table pour les places en vis-à-vis ». Le directeur associé d’Avant-Première considère d’ailleurs ces poubelles, « que nous voulions toutes identiques pour la maintenance », comme un bon exemple du dialogue avec les différents acteurs de la rénovation des rames Thalys. « Nous avons vraiment pu nous écouter, prendre en compte les attentes de la maintenance, les aspects économiques ou la faisabilité technique. »
     

    Patrick LAVAL

  • La Bahn doit jongler avec la disponibilité des ses ICE

    Trains annulés, retards, rames bondées : fin octobre, des centaines de milliers de voyageurs allemands ont dû s’armer de patience. Pendant plusieurs semaines, le trafic à grande vitesse de la DB a connu des perturbations à répétition. Et pour cause : la compagnie a été contrainte de jongler avec un parc d’ICE réduit quasiment de moitié.
    Les mésaventures de la Bahn ont commencé le 9 juillet. Un ICE 3 sort des rails. Pour une raison encore inconnue, un essieu se brise alors que le train roule au pas en gare de Cologne. L’incident est sans gravité mais inquiète l’autorité fédérale ferroviaire (EBA). Si l’essieu avait lâché à 250 km/h, « cela aurait pu conduire à une catastrophe comme celle d’Eschede, en 1998, qui avait fait 101 morts », estime-t-elle. Résultat, l’EBA impose à la compagnie des contrôles plus fréquents de son matériel : les roues des ICE 3 devront être inspectées tous les 30 000 km, quand le constructeur conseille une vérification après 300 000 km.
    A l’époque, la Bahn parle d’« alarmisme » et dépose plusieurs recours pour tenter d’assouplir cette mesure. Sans succès. Début octobre, les 67 ICE 3 sont donc immobilisés pour une inspection minutieuse. L’opération dure 16 heures par train. Un coup dur pour la compagnie qui ne dispose pas d’une réserve suffisante et doit alors faire circuler des convois deux fois plus courts ou encore affréter des bus.
    La pagaille s’installe, mais ça n’est que le début : au cours d’une banale opération de maintenance, les techniciens de la DB découvrent une fissure de 2 mm sur l’essieu d’un ICE de type T, la version pendulaire du train rapide conçu par Siemens. Sans surprise, l’EBA exige immédiatement que ces derniers subissent à leur tour des inspections plus fréquentes. L’addition est lourde : sur les 250 ICE de la Bahn, 133 devront désormais être passés à la loupe toutes les trois semaines en moyenne.
    Mais cette fois, la compagnie ne cherche pas à contester le dispositif. Au contraire. Devançant les exigences de l’autorité ferroviaire, elle prend l’initiative de mettre à l’arrêt d’un coup la quasi-totalité de ses ICE T. Quitte à aggraver les perturbations du trafic. « La sécurité est notre priorité absolue », affirme Hartmut Mehdorn. Cette mesure radicale permet au patron de la DB de rejeter la faute sur les constructeurs : Siemens mais aussi Alstom et Bombardier, qui ont fourni des pièces, n’auraient pas été en mesure d’apporter des « garanties fiables » sur la sécurité des essieux. « Contraignant » ainsi la Deutsche Bahn à envoyer ses trains à l’atelier.
    « Nous envisageons de réclamer des dommages et intérêts », menace Hartmut Mehdorn dans le Bild am Sonntag. Les sommes en jeu sont importantes : la DB s’est engagée à rembourser l’ensemble des usagers dont le trajet a subi des perturbations. La compagnie va également devoir embaucher du personnel supplémentaire et investir dans de nouvelles machines afin d’effectuer les contrôles.
     

    Antoine HEULARD

  • Siemens livrera dix locomotives fret de plus en Lituanie

    Siemens annonce que les LG (chemins de fer lituaniens) ont commandé 10 locomotives fret diesel Eurorunner ER20 CF supplémentaires, pour un montant de 35 millions d’euros. Ces CoCo à voie large doivent être livrées par l’usine Siemens de Munich entre mai et septembre 2010, en vue d’une mise en service en tête de trains lourds (6 000 t en UM) sur les corridors reliant la Russie aux ports de Klaipeda (Lituanie) et de Kaliningrad (enclave russe). En 2005, un marché de 123 millions d’euros portant sur 34 de ces engins de 138 t avait déjà été signé par les LG et Siemens. 20 ER20 CF ont déjà été livrées, un an après la présentation de la première.

  • TGV Rhin-Rhône : ce que prévoyait le dossier ministériel

    Pour l’agglomération de Dijon
    Concernant la desserte est – ouest, peu de changement avec 16 relations quotidiennes par sens vers la capitale et la mise en place d’un deuxième aller-retour vers l’aéroport de Roissy et Lille. En revanche, de nouvelles relations à grande vitesse vers Besançon, Belfort/Montbéliard et Mulhouse, le développement des liaisons avec la Suisse alémanique (Bâle et Zurich). Concernant la desserte nord – sud : l’Allemagne et l’Alsace seront reliées à la Bourgogne et au sud de la France.

    Pour l’agglomération de Besançon
    3 allers-retours (AR) Paris – Besançon-Viotte via la nouvelle gare TGV, ainsi que 1 AR via la gare de Dole ; 8 AR Paris – Besançon TGV plus 2 AR contournant Paris par l’est (Lille – Marne-la-Vallée – Roissy – Besançon) ; 7 AR vers Lyon, la majorité de ces liaisons étant prolongées vers le sud de la France. Par ailleurs, le TGV Strasbourg – Marseille continuera de s’arrêter à Viotte et l’agglomération bisontine bénéficiera de quelques liaisons internationales (Allemagne et Suisse).

    Pour la gare de Dole
    Les relations avec Paris (170 000 voyageurs par an) seront d’une qualité équivalente à la desserte actuelle. Mais les voyageurs bénéficieront d’améliorations pour leurs déplacements vers le sud et l’est.
    l Pour l’aire urbaine de Belfort-Montbéliard-Héricourt
    Les meilleurs temps de trajet mettront la gare TGV à 2 heures 25 de la capitale par 8 AR quotidiens, auxquels s’ajouteraient 2 AR contournant Paris par l’est. Par ailleurs, étaient prévus 7 AR vers Lyon, majoritairement prolongés vers le sud de la France, et 2 AR vers Francfort.

    Pour la gare de Mulhouse
    10 AR par jour vers Paris, 2 AR vers Lille, 8 AR Zurich, et 8 AR vers Lyon généralement prolongés vers le sud, ce qui permet des grains de temps importants en évitant la correspondance à Lyon.

    Pour la gare de Strasbourg
    Ce sont principalement les conditions de desserte avec le sud de la France qui se trouveront modifiées. Le meilleur temps vers Lyon devrait être de 3 heures 15 (avec 8 AR), et les TGV iront ensuite en Paca, Languedoc-Roussillon ou Midi-Pyrénées, certains de ces trains ayant pour origine ou destination l’Allemagne (3 AR vers Francfort en 1 heure 45).

    En gare de Colmar
    Aucun changement pour les relations avec Paris, assurées par la LGV Est, mais du nouveau vers le sud : 3 AR vers Lyon, certaines prolongées vers l’arc méditerranéen.

    De Bâle et Zurich
    Côté liaisons vers Paris, hormis des gains de temps, rien de neuf. Mais la LGV Rhin-Rhône permettra de raccorder ces villes de Suisse alémanique aux réseaux Sud-Est et Méditerranée. Des dessertes directes seront en effet proposées jusqu’à Lyon, certaines continuant ensuite soit vers Marseille et la Côte d’Azur, soit vers le Languedoc-Roussillon et ultérieurement l’Espagne.

    Au départ de l’Allemagne
    Alors que les relations vers le sud de la France ne sont possibles qu’au prix d’une correspondance à Strasbourg ou à Metz, avec le TGV Rhin-Rhône, de Stuttgart, et surtout Francfort, des relations directes pourront être proposées vers Lyon. Un certain nombre de ces trains poursuivront leur chemin vers le sud de la France. Mais, pour ces prolongements internationaux, il faudra conclure un accord avec la Deutsche Bahn.

  • Rhin-Rhône : qui ne veut pas du TGV ?

    Rhin-Rhône : qui ne veut pas du TGV ?

    Ça recommence. Tout le monde le veut à sa porte, et qu’il file ensuite sous le nez des autres. Un vrai casse-tête. Compte tenu de la réussite de la mission qui avait été confiée à Claude Liebermann pour élaborer le schéma de dessertes du TGV Est, les partenaires ont souhaité la même procédure pour le Rhin-Rhône. La mission est lancée. « C’est une garantie d’écoute de chacun et d’équité entre les collectivités et la SNCF. On évite de tomber dans des guerres de tranchées stériles, estime Pierre Messulam, directeur du TGV Rhin-Rhône à la SNCF. Pour le TGV Est, tout le monde a été satisfait, les élus, RFF et la SNCF. » L’association Trans Europe TGV Rhin-Rhône Méditerranée, qui regroupe plus de 100 élus, ne partage pas tout à fait cet avis. Les collectivités ayant largement financé cette LGV, il est tout à fait « normal qu’elles soient consultées, les dessertes étant l’aboutissement de l’investissement, estime son secrétaire général Thierry Zettel. Mais si l’on propose une mission, c’est que l’on s’attend à des difficultés… Les distances sont longues, les liaisons nombreuses, plusieurs pays sont concernés, c’est le schéma de dessertes le plus compliqué qu’on ait jamais fait. Il faudra s’en sortir par le haut. »


    Après une première réunion du comité de la mission le 7 octobre, les collectivités locales vont pouvoir préciser leurs demandes jusqu’à mi-novembre. Et les premières demandes reçues sont « assez classiques », juge Claude Liebermann. Base de travail : le dossier d’approbation ministérielle de 2004, qui prévoyait quelque 60 trains (30 allers-retours) par jour. De leur côté, RFF et la SNCF se chargent de mettre en cohérence ces souhaits avec toutes les contraintes techniques et économiques et de présenter leurs premières conclusions au prochain comité de janvier. « Il faut compter environ un an de travail itératif et quatre ou cinq réunions pour pouvoir converger », évalue Pierre Messulam.


    Comme si c’était trop simple, le contexte a évolué depuis 2004. Il va falloir tenir compte de l’ouverture à la concurrence sur les liaisons internationales à partir du 1er janvier 2010. « Nos engagements sont susceptibles d’évoluer en fonction des positions de la Deutsche Bahn », rappelle le responsable de la SNCF. De plus, l’Espagne a pris du retard sur la construction de la LGV Barcelone – Figueras : il n’y aura pas de desserte de l’Espagne à l’ouverture du TGV Rhin-Rhône le 11 décembre 2011. Autre élément, le cadencement TER se généralise, rendant la construction des sillons plus complexe.


    Parmi les contraintes techniques, citons principalement le goulet d’étranglement de Lyon-Part-Dieu, la saturation de la gare de Lyon à Paris (heureusement, les remplacements de postes d’aiguillage sont programmés, mais pas tous avant 2011), ainsi que celle de l’axe Paris – Lyon – Marseille, le nœud de Strasbourg…


    « Pour les relations domestiques, il faudra trouver un modus vivendi acceptable avec TER et les opérateurs du fret. Une fois stabilisées les hypothèses de passage à Lyon, on construira les dessertes nord – sud », précise Pierre Messulam, qui refuse de parler de saturation. « On commence à nous lister une foule de contraintes, certes incontestables, mais qu’il fallait anticiper… Il ne faudra pas faire porter au Rhin-Rhône tous les malheurs du réseau, s’inquiète Thierry Zettel. Ce serait dommage qu’un grand projet comme celui-ci soit bridé par un manque de capacité sur les réseaux neuf et classique si aux points de passages obligés le nécessaire n’a pas été fait… »


    Trame de départ : une vingtaine de liaisons est – ouest (Paris – Dijon – Besançon – Belfort/Montbéliard – Mulhouse, puis Bâle – Zurich pour certains trains) et une quinzaine nord – sud (Strasbourg – Mulhouse – Belfort/Montbéliard – Besançon – Dijon – Lyon/Val de Saône et au-delà vers Marseille et Nice en Paca ou Montpellier et peut-être Perpignan). S’y ajoutent un Dijon – Bordeaux et un Metz – Toulouse. La desserte Lyria vers Lausanne est bien sûr reconduite et participe à la desserte de Dijon. Par ailleurs, la desserte de Berne, initialement envisagée via Bâle, continuera à se faire par la traversée du Jura, en accord avec la Suisse, car cela permet de garder un train à Pontarlier. La Bourgogne et la Franche-Comté devraient bénéficier d’un accès de qualité au hub Railteam de Bâle, qui permet de poursuivre son chemin vers l’Allemagne et l’Italie.


    Rappelant une évidence, Thierry Zettel prévient : « L’effet TGV repose sur l’effet fréquence. On ne se contentera pas d’un plan de dessertes au rabais. » On espère bien ficeler un schéma pour les TGV à l’été 2009, afin de se consacrer ensuite aux horaires TER. En Rhône-Alpes, une refonte étant programmée pour décembre 2010, les grilles doivent être prêtes en avril 2010 pour la demande des sillons, afin d’éviter d’avoir à travailler deux fois sur la même question, en décembre 2010 et décembre 2011.


    Côté trafic, la SNCF prévoit 12 millions de voyageurs dès la première année – soit 6,8 millions sur l’axe est – ouest et 5,2 sur l’axe nord – sud –, dont 20 % sur les relations internationales. Sur la transversale nord – sud, aujourd’hui desservie par des Corail, avec désormais un Strasbourg – Lyon en 3 heures 15 ou 3 heures 40 selon le nombre d’arrêts, le gain de fréquentation est estimé à 40 %, pris sur la voiture et l’avion. On attend + 21 % de voyageurs sur l’axe est – ouest, avec un fort potentiel sur la Suisse alémanique. « C’est un projet très ambitieux pour la SNCF, davantage que le TGV Est, qui a eu 11 millions de passagers la première année », rappelle Pierre Messulam. Mais avant de remplir des trains, il faut caler les grilles horaires, discuter avec la DB et les CFF, des opérateurs ferroviaires privilégiant également le cadencement des trains… « On travaille méthodiquement et on est dans les temps, conclut le directeur. Mais le diable est souvent dans les détails ! »