Étiquette : France

  • Deuxième phase de la LGV Est : le gouvernement pousse à la roue

    Est-ce le bout du tunnel pour la deuxième partie de la LGV Est ? Même s’il n’y a pas eu d’accord lors de la réunion qui s’est tenue au ministère de l’Ecologie le 25 juin, les collectivités locales étaient plutôt optimistes sur les chances (évaluées à 90?%?par Adrien Zeller, le président UMP?de la région Alsace) de boucler le tour de table financier de cette ligne à grande vitesse de 106 km qui doit relier Baudrecourt (Moselle) à Vendenheim (Bas-Rhin), aux portes de Strasbourg. Comme pour la première phase de la ligne à grande vitesse, les collectivités sont invitées à mettre la main à la poche. L’investissement est évalué à 2,1 milliards d’euros (conditions 2008) et devrait être pris en charge par l’Etat, RFF, l’Union européenne et les collectivités locales traversées. En Alsace, les collectivités ont trouvé les clés de répartition pour aboutir à une participation de 236 millions d’euros.?En revanche, la Lorraine et la Champagne-Ardenne n’avaient pas encore finalisé leurs contributions à l’heure où nous mettions sous presse.?En particulier, les collectivités de Champagne-Ardenne conditionnent leurs participations à la signature d’une convention sur le financement de l’électrification de la ligne Paris-Troyes. L’Etat serait prêt à faire des efforts. Car – c’est la chance de ce projet – il fait partie du plan de relance gouvernemental et doit voir son chantier lancé en 2010.?Les 100 derniers kilomètres du TGV Est pourraient alors être inaugurés en 2014 et mettre Strasbourg à 1 heure 50 de Paris, au lieu de 2 heures 20 actuellement. Le temps presse, car il deviendra très difficile de tenir ce calendrier si un accord n’est pas trouvé dans les prochains jours. C’est Claude Liebermann, ingénieur général des Ponts et Chaussées, qui est chargé de coordonner les discussions pour  arriver à des compromis.?Une réunion est programmée le 9 juillet dans le but de parapher un accord.?Au début de l’année, l’Etat, RFF et 15 collectivités se sont déjà entendus sur 94 millions d’euros pour engager une première étape de travaux préparatoires, comprenant notamment des acquisitions foncières, des études pour les équipements ferroviaires, l’alimentation électrique et les sous-stations, et la préparation du génie civil. Une deuxième enveloppe de 35 millions d’euros a été accordée par l’Etat pour financer, dès cette année, les travaux préliminaires.

    Le TGV poursuit sur sa lancée.
    Tout juste deux ans de fonctionnement et déjà 23,2 millions de voyageurs à son actif : le TGV Est, qui a acheminé pas loin de 12 millions de personnes sur la seule année 2008, poursuit sur sa lancée, même si celle-ci est ralentie par la crise. Sur les cinq premiers mois de l’année, la hausse est de 4 %. « Les résultats sont inférieurs aux objectifs car la crise est passée par là », reconnaît toutefois Jacques Mazars, le directeur de l’axe Est pour SNCF Voyages. La crise est surtout perceptible sur le marché professionnel, avec une part de la première classe qui décline tandis que les ventes loisirs sont moins affectées. Les résultats sont aussi très différents en fonction des marchés. Les TGV « intersecteurs », au départ de Strasbourg vers Mantes, Rennes, Lille et Bordeaux, tirent l’ensemble en affichant une belle croissance à deux chiffres. « Ces TGV intersecteurs ont été mis en place progressivement, d’abord en juin 2007, puis ils ont été renforcés en mars 2008. Le marché a bien répondu. En revanche, les TGV Paris – province sont arrivés plus rapidement dans une phase de maturité, car nous avons mis toute l’offre tout de suite. Ils représentent 9 millions de voyageurs. Les TGV province – province représentent quant à eux 14 % du total », précise Jacques Mazars. Le trafic est aussi tiré par une politique de prix promotionnels et de renforcement des dessertes : 200 000 Prem’s vont être proposés pour des voyages à effectuer entre le 15 juillet et le 24 août. En juillet, un aller-retour quotidien va être lancé entre Strasbourg, Rouen et Le Havre, qui permettra de desservir l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. A partir de décembre 2009, la filiale franco-suisse Lyria proposera cinq allers-retours sur Zurich (contre trois auparavant). Ce qui permettra de passer de six à sept allers-retours quotidiens sur Mulhouse. Une sixième fréquence sera mise en service sur le Luxembourg du lundi au vendredi, en prolongement d’un train au départ de Metz avec un arrêt à Thionville. Enfin, la desserte entre Paris et Metz sera renforcée le week-end.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Tours révolutionne son réseau avant l’arrivée du tram

    Nouvelles lignes, cadencement, dessertes renforcées, vitesse améliorée : le réseau de Tours va vivre une véritable révolution le 31 août prochain. « Il fallait anticiper l’arrivée du tram en 2013, explique Jean Germain président de l’agglomération et du Sitcat (Syndicat intercommunal des transports en commun de l’agglomération tourangelle), mais aussi faciliter les futurs travaux de ce tram et construire un réseau plus équilibré. » Le nouveau réseau veut d’abord renforcer la desserte des zones denses et des pôles générateurs de déplacements avec des horaires de passage renforcés aux heures pleines. Fil Bleu, l’exploitant, va notamment proposer un cadencement avec des bus toutes les 7 minutes dans l’hypercentre. Les liaisons entre quartiers et les villes de la première couronne seront également améliorées avec le centre de Tours. Des travaux chiffrés à 7,5 millions d’euros viennent d’être engagés pour aménager des axes, des points d’arrêts, des voies en site propre avec en particulier la création d’une voie BHNS (bus à haut niveau de service) qui reliera les lycées Grandmont et Laloux à l’hôpital Trousseau. Cette nouvelle ligne préfigurera en particulier la seconde ligne de tram. Grâce à des contresens, des sites propres et des priorités aux feux la vitesse commerciale devrait être améliorée. Fil Bleu va aussi investir dans de nouveaux bus et des systèmes d’information embarquée : tous ces investissements devraient engendrer une augmentation de la fréquentation de 10 %.

  • Dix propositions de l’Assemblée nationale pour redresser la filière

    La Commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, présidée par Patrick Ollier (UMP), a présenté le 17 juin un rapport pour « remettre le fret sur les rails ». Il propose dix pistes pour redresser l’activité fret de la SNCF, qui pourrait afficher 600 millions d’euros de pertes cette année. La plus polémique, la filialisation, fait grincer les dents les syndicats. « Nous suggérons de filialiser la branche fret de la SNCF, en s’inspirant de ce qu’ont fait les Allemands après la réunification en 1994 de leurs deux entreprises ferroviaires, la Deutsche Bundesbahn de l’ancienne RFA et la Deutsche Reichsbahn de l’ancienne RDA. Une structure de cantonnement serait créée, aidée par l’Etat, qui permettrait de maintenir la rémunération et le statut des agents et de les mettre à disposition de la nouvelle filiale. Par la suite, les nouveaux embauchés de la filiale n’auraient pas le même statut, ce qui permettrait à l’activité de redevenir compétitive en baissant ses prix de 30 %, voire plus, pour arriver à un report modal », explique le rapporteur, Yanick Paternotte, député (UMP) du Val-d’Oise.
    Sur l’autre sujet sensible, les wagons isolés, qui représentent quelque 40 % de l’activité de Fret SNCF mais 70 % de ses pertes, il recommande de ne surtout pas abandonner ce secteur, faute de quoi c’est l’ensemble du fret ferré qui disparaîtrait. Plutôt que de subventionner l’activité, il préconise la création d’opérateurs ferroviaires de proximité qui devraient assurer des prestations de moindre coût, grâce à l’implication des régions ou des chambres de commerce. D’où la nécessité d’interdire les camions de très grandes capacités, « les gigaliners » de 25 mètres et 60 tonnes, qui risqueraient de leur faire concurrence.
    Pour faciliter le fret de proximité, il propose encore de confier à un établissement public (il pense à Réseau ferré de France) la gestion des gares de fret et des embranchements fret. Parmi les autres pistes, il se prononce pour la mixité d’usage des rames, trains, RER ou tramways, qui assurerait à la fois le transport de voyageurs et de fret. Et, en tant que tête de file de l’association Carex, qui vise à promouvoir le transport ferroviaire de fret à grande vitesse entre les aéroports européens, il réclame aussi l’ouverture de la grande vitesse au fret ferroviaire et l’encouragement des pouvoirs publics.
     

    Marie-Hélène POINGT

  • Etudes tous azimuts pour la phase 3 du tram de Bordeaux

    La troisième phase de construction du réseau de tramway bordelais a été actée en 2007. Elle concerne, pour un peu plus de 400 millions d’euros, la construction de 24 km de voies nouvelles d’ici 2014, dont le tram périurbain du Médoc, qui sera une branche à voie unique de la ligne C conduisant vers Blanquefort. Elle comprend aussi une très modeste amorce de la ligne D, sur 1,8 km, entre Les Quinconces et la Barrière du Médoc, sur la ligne des Boulevards – un terminus provisoire qui ne satisfait personne. Si l’option tram est confirmée sur la branche nord, il en coûterait, selon une étude présentée lors de la concertation, quelque 180 millions d’euros jusqu’à Eysines (et la moitié pour un BHNS). Une variante a été récemment évoquée, qui passerait par la ligne de ceinture pour relier Eysines en évitant les « points durs » de la sortie de Bordeaux et du Bouscat. Mais elle semble écartée, car c’est là qu’est le gros du trafic à capter. Et la capacité de la voie ferrée serait trop entamée. Pour le corridor sud, un BHNS est estimé à une centaine de millions du centre de Bordeaux à Saint-Médard-en-Jalles. Enfin, la troisième phase pourrait être complétée au sud par un prolongement de la ligne C à Bègles, pour une trentaine de millions.
    Pour la suite, la CUB s’intéresse à de nouvelles liaisons. La construction d’une branche de la ligne A du tramway à l’aéroport (4,5 km) coûterait une centaine de millions d’euros pour… 3 000 passagers par jours. Un bus serait bien moins cher ! Au sud, une nouvelle liaison longue d’une douzaine de kilomètres entre l’hôpital Pellegrin et Gradignan via le campus concernerait environ 20 000 personnes par jour, et coûterait selon les variantes de 210 à 330 millions pour un tram (mais de 80 à 180 millions pour un BHNS). Au nord, une étude préconise une desserte de la presqu’île d’Ambès à partir des Aubiers (ligne C) par un BHNS qui emprunterait le pont d’Aquitaine et ferait correspondance à La Gardette avec la ligne A (soit 13,5 km pour un peu plus de 100 millions d’euros et 16 500 passagers par jour attendus). Enfin, vers la rive droite, la ligne de tram appelée de ses vœux par le maire de Bordeaux Alain Juppé coûterait de 150 à 200 millions d’euros pour une version longue de 7,5 km qui accueillerait 16 500 voyageurs par jour, et une petite centaine de millions dans sa version courte jusqu’à la gare de Cenon (4 km, moins de 9 000 passagers par jour). Sachant que les quartiers traversés sont en pleine transformation.
     

    François ENVER

  • Mulhouse prolonge son tram

    Le 4 juillet prochain, Mulhouse inaugurera 3 nouvelles stations, qui compléteront le nord de la ligne 1 du tramway. Bourtzwiller, quartier le plus peuplé de Mulhouse, sera ainsi raccordé au réseau de tram avec ce 1,8 km de ligne supplémentaire qui a coûté 25 millions d’euros.

  • L’agglomération de Bordeaux prépare ses nouveaux TCSP

    Une vaste phase de concertation s’achève à Bordeaux. On a beaucoup discuté ces derniers mois des prolongements, d’ici à 2014, du tramway – la « phase 3 » du programme de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) –, mais aussi des évolutions futures du réseau. Si les extensions prévues des lignes A, B et C ne posent pas de problème particulier, il n’en est pas de même de la future ligne D qui doit mener vers le Nord-Ouest de l’agglomération. Avec des difficultés d’insertion dans Bordeaux pour sa branche sud et des oppositions de commerçants pour sa branche nord. Le projet a cependant ses partisans, et ils sont nombreux ! Une étude légitime le tram au Nord et préconise un BHNS au Sud. Il sera d’ailleurs sans doute beaucoup question de BHNS ces prochaines années au bord de la Garonne, au vu des différentes études qu’a commandées la CUB, dont les premiers résultats viennent d’être publiés. Car construire des tramways partout coûterait bien cher au regard des fréquentations attendues…

  • Le métro automatique parisien de la ligne 1 affiche la couleur

    Le MP 05 était sur son 31 le 12 juin pour sa présentation à la presse avant de poursuivre ses essais. Tous les objectifs étaient braqués sur le design intérieur frais et flashy et les systèmes d’information voyageurs multimédias qu’affiche le futur matériel qui circulera sur la ligne 1 du métro parisien lorsqu’elle sera automatisée. En attendant, le chantier bat son plein et les conducteurs sont en voie de reconversion.

  • Le dépôt du tram d’Angers sera alimenté par des éoliennes

    Dans la famille écolo, Angers Loire Métropole veut se placer tout en haut. Pour alimenter les besoins en électricité du centre de maintenance commun aux bus et aux deux futures lignes de tramway (inauguration de la ligne 1 prévue en 2011), la communauté d’agglomération prévoit un large recours aux énergies renouvelables. Pour ce centre de 7 ha situé sur l’ancien site d’un aérodrome au nord-est d’Angers, dans une zone très peu urbanisée, seront plantées deux éoliennes de 4 kW. L’hiver, le centre de maintenance sera chauffé grâce à une chaudière au bois, et le PCC par une pompe à chaleur de 200 kW. Ce bâtiment sera isolé par 300 m2 de toiture végétalisée. 500 m2 de panneaux photovoltaïques (350 sur le PCC et au niveau de la sous-station électrique) viendront compléter le dispositif. Par ailleurs, la couverture du parking des bus par 6 000 m2 de panneaux photovoltaïques est à l’étude. Cette opération serait déléguée à un partenaire qui apporterait les fonds et prendrait ensuite en charge l’exploitation.

  • LGV Bretagne : RFF examinera bien les trois offres

    Après examen détaillé et avec l’avis de la commission consultative d’évaluation des offres, le 29 juin, Hubert du Mesnil, président de RFF, a autorisé les trois groupements ayant remis un dossier de candidature en mai, à participer à la suite de la compétition en vue de la réalisation de la LGV Bretagne-Pays de la Loire (BPL). Pour mémoire, il s’agit du groupement mené par Bouygues TP, de celui ayant pour mandataire Vinci Concessions, et de l’entreprise Eiffage. En anticipation du dossier de consultation complet en préparation, un dossier technique leur a été transmis. Déclarée d’intérêt public en octobre 2007, la LGV BPL est l’un des quatre grands projets ferroviaires retenus par le plan de relance de l’économie. La LGV de 214 km entre Connerré, à l’est du Mans, Sablé-sur-Sarthe et Rennes, dont le coût est estimé à 3,4 milliards d’euros, devra améliorer significativement l’accessibilité du Grand Ouest en ramenant le meilleur temps de parcours entre Paris et Rennes à 1h26, et entre Paris et Nantes à 1h52.

  • Michel Vauzelle appelle le gouvernement à respecter les délais pour la LGV Paca

    Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Michel Vauzelle (PS), a appelé le 18 juin le gouvernement à « respecter son engagement pour qu’une décision soit prise avant le 30 juin » pour le tracé du projet de LGV entre Nice et Paris. Le médiateur Yves Cousquer, qui avait été nommé en févier, a en effet remis son rapport, et « il serait inadmissible que cette décision majeure pour l’avenir de notre région soit à nouveau différée comme le laissent à penser certaines rumeurs », estime Michel Vauzelle, qui rappelle que ce dossier « a déjà pris deux ans de retard par rapport au calendrier établi à l’issue du débat public ». Deux tracés étaient principalement en lice, l’un au nord à travers le haut Var, le long de l’A8, l’autre au sud, dit des métropoles, passant par Marseille et Toulon. « Il est possible qu’il y ait d’autres choses à trouver », avait toutefois indiqué Yves Cousquer début mai à Marseille.