Étiquette : Grande vitesse

  • Le projet Lyon – Turin continue à se hâter lentement

    A ceux qui se posent la question de savoir où en est le projet de liaison Lyon – Turin, Mario Virano, le commissaire extraordinaire du gouvernement italien pour la ligne ferroviaire Lyon – Turin, a fait souffler un vent d’optimisme à l’occasion d’une réunion à Lyon du Conseil d’orientation et de concertation de la Transalpine. « On travaille très bien et le projet du Lyon – Turin, ça marche », a ainsi affirmé le représentant du gouvernement italien a l’issue de la rencontre.
    On sait que, côté italien, l’opposition au « TAV » (acronyme italien de TGV) est vive dans la vallée de Suse, aussi bien de la part des maires que des habitants, dont plus d’un millier ont acheté des terrains pour bloquer le projet. « Les comités contre le Lyon – Turin sont intelligents et savent médiatiser leur cause, mais leur action n’est pas efficace : les surfaces achetées ne sont pas dans le barreau du tracé tel que nous l’avons imaginé », indique Mario Virano, très confiant. Surtout, il estime que le projet est aujourd’hui soutenu par « tous les maires de la métropole turinoise et de la haute vallée, et deux tiers des maires de la basse vallée de Suse ». Mieux, un accord de gouvernance a été signé qui permet d’accompagner la réalisation de la ligne, « qui devient une partie du territoire ». Au passage, Mario Virano rend hommage à la démarche des « grands chantiers » en France : « Elle nous a beaucoup appris sur la coopération avec les territoires. »
    Après l’accord intervenu, le ministre des Transports d’Italie s’est engagé à rencontrer une fois par mois tous les maires à Turin. Les prochaines élections municipales italiennes, qui auront lieu en même temps que les Européennes, ne devraient pas, selon Mario Virano, perturber le calendrier du Lyon – Turin qui prévoit l’approbation du projet ferroviaire début 2010 à Turin, pour un lancement des travaux en 2013. De son côté, Bernard Soulage, vice-président aux transports de la région Rhône-Alpes et élu incontournable du dossier, n’est pas le dernier à pester contre les lenteurs du Lyon – Turin. Mais il préfère retenir les éléments positifs les plus récents comme autant de signes de l’avancée du dossier.
    C’est ainsi le cas sur la reconnaissance des accès français au Lyon – Turin dans le Grenelle de l’environnement (article 11), un texte qui fait actuellement la navette entre le Sénat et l’Assemblée nationale : « Dominique Bussereau nous a confirmé mardi [24 février] que l’amendement sur les accès français figurait bien dans le texte, c’est décisif pour nous », souligne Bernard Soulage. Il s’est aussi félicité de l’accord sur l’autoroute ferroviaire alpine entre Jean-Louis Borloo, ministre du Meeddat, et Altero Matteoli, ministre des Transports italien. L’accord concerne un nouvel appel d’offres, prévu en juin 2009, pour un service définitif d’autoroute ferroviaire entre Aiton (ou ailleurs) et Ambassano. « Ce service est donc pérennisé », se réjouit-il, d’autant plus qu’il bénéficiera de meilleures conditions d’exploitation avec la fin prochaine du chantier de mise au gabarit du tunnel du Mont-Cenis. De même, la démarche de report modal adoptée en février à Chambéry par la Conférence des régions Alpines (25 régions de huit pays) sera présentée à Evian les 10 et 11 mars aux ministres des huit pays membres de la Convention alpine. Autre motif de satisfaction : la nomination de Claude Gressier comme délégué interministériel au Lyon – Turin. « Claude Gressier connaît parfaitement le dossier, il est déjà au travail et a rencontré le préfet de Rhône-Alpes », indique Bernard Soulage.
    Bref, pour l’élu rhônalpin, « un ensemble de choses poussent le projet en France et en Italie ». Le gros problème selon lui reste les études sur les accès français. « C’est la seule vraie question, avant même le financement. Est-ce que les études de RFF avancent ? on n’en sait rien », déplore Bernard Soulage, très remonté contre RFF, en rappelant que, depuis le protocole de mars 2002, les collectivités ont versé plus d’un milliard d’euros.
     

    Claude Ferrero

  • Nouvelle étape pour le réseau à grande vitesse en Suisse

    Une étape de plus va être franchie en vue du raccordement de la Suisse orientale au réseau européen de trains à grande vitesse. Le Conseil fédéral a donné le 25 mars son feu vert à la construction d’une liaison à une voie pour les Südostbahn dans le canton de Saint-Gall. Les travaux devraient démarrer cet été et se terminer fin 2011, pour un coût de 15,4 millions de francs suisses, soit 9,5 millions d’euros. Ce projet fait partie des aménagements entre Saint-Gall et Constance et est étroitement lié au doublement de la voie entre Saint-Fiden et Engwil. Les travaux sur ce corridor doivent permettre de mieux relier la Suisse à Munich.
     

  • Voyage expérimental pour le premier train à grande vitesse russe

    Le Sapsan, littéralement « faucon pèlerin », le train à grande vitesse russe qui devrait relier Moscou à Saint-Pétersbourg en 3 heures 45 (contre 4 heures 30 aujourd’hui pour les plus rapides) en décembre, a effectué son premier voyage le 15 mars. Le test s’est déroulé à 180 km/h, en deçà de la vitesse commerciale prévue de 250 km/h pour ce Velaro RUS de Siemens. De multiples tests, notamment de freinage, sont encore prévus sur le circuit expérimental de Shcherbinka, dans la région de Moscou. Les RZD prévoient aussi de tester prochainement le comportement du train et des systèmes électriques à 275 km/h. La compagnie ferroviaire promet des tarifs moins cher que l’avion. Mais à 4 000 roubles, soit 88 euros, en classe économique, cela reste élevé au regard du salaire moyen officiel des Moscovites (30 000 roubles en 2008, soit 810 euros).

  • Contrat de signalisation pour la LGV turque

    Thales et Alcatel-Lucent-Teletas viennent de remporter un contrat de signalisation et de communication pour la compagnie nationale des chemins de fer turcs (TCDD) d’un montant de 13 millions d’euros. Ce contrat porte sur l’extension de 58 km sur deux sections de la ligne à grande vitesse Ankara – Istanbul prévue pour 2010. Alcatel-Lucent est chargé de la fourniture du système de communication intégré et de la gestion du projet. Thales fournit la signalisation (8 millions d’euros), regroupant des systèmes de contrôle des trains AITrac/ETCS et d’enclenchement électronique LockTrac. Ces industriels sont déjà intervenus dans la phase 1 du projet qui a été inaugurée le 13 mars dernier.

  • Le TGV pas cher va doubler son offre

    Alors que les derniers mois montrent un ralentissement de la fréquentation des TGV « classiques », iDTGV change de braquet. Dans les 18 prochains mois, 10 nouveaux allers-retours quotidiens vont être lancés pour porter l’offre à 22 A/R par jour. De quoi doubler le nombre de places offertes : 3 millions en 2008, 4,3 millions en 2009, près de 8 millions en 2010. Ce déploiement concernera de nouveaux marchés : de Paris vers Grenoble, La Rochelle, Annecy, Brest. Ou encore, début juillet 2009, Lille – Montpellier. Il y aura aussi des renforcements sur les marchés déjà exploités par iDTGV. Notamment les plus porteurs comme Paris – Marseille, quatre dessertes au lieu de deux, Paris – Montpellier, deux au lieu d’une, Paris – Bordeaux/Toulouse et Paris – Côte d’Azur, trois contre deux.

  • Les fuseaux d’études de la LGV Grand Sud-Ouest bientôt dévoilés

    Alors que RFF s’apprête à présenter les périmètres d’études des futures LGV Bordeaux – Toulouse et Bordeaux – Hendaye (sur www.gpso.fr), la contestation s’organise. Depuis le débat public de 2005, les études préliminaires ont eu lieu pour ces projets dans la foulée de Sud Europe Atlantique et évoqués pour « avant 2020 ». Les associations s’étonnent de ce que le report modal (on parlait de + 45 % d’utilisateurs du train) ait disparu, du fait que la ligne soit désormais envisagée comme mixte. Par ailleurs, le coût serait plus élevé que prévu. Dans le même temps, 8 villes françaises et espagnoles ont réaffirmé le 5 mars leur attachement à la grande vitesse entre les deux pays et demandé l’accélération des études de Toulouse – Narbonne.

  • La région Centre assiste à la réunion du TGV Grand Centre-Auvergne

    Le président du conseil régional du Centre, Jean-Michel Bodin, s’est rendu à la réunion du comité de pilotage du projet de TGV Grand Centre Auvergne du 5 mars, qui devait établir le financement des études préliminaires. Elles devraient débuter en 2009 et durer 18 mois. Lors de la réunion du comité, Jean-Michel Bodin a réitéré la demande de la Région pour que ces études préliminaires prennent bien en compte les besoins d’aménagement et de développement durable du territoire régional et ne se traduisent pas par un projet de doublement de la LGV Paris – Lyon qui ne bénéficierait qu’aux grandes métropoles. En effet, le tracé déterminera la possibilité ou pas, pour les agglomérations du Centre concernées (Orléans, Bourges, Vierzon, Issoudun, Châteauroux), de bénéficier de l’effet réseau TGV. Ces études doivent établir une véritable synergie entre le réseau classique existant et la future ligne à grande vitesse afin que les relations intervilles, les relations vers Paris et vers la Méditerranée soient plus rapides, et que l’accès au réseau européen de la grande vitesse soit effectif. Elles doivent donc intégrer dans leur périmètre les axes POLT, Nantes – Lyon, Bourges – Montluçon.

  • Lancement de la grande vitesse en Turquie

    En Turc, TGV se dit « YHT ». Depuis le 13 mars, un premier tronçon de ligne à grande vitesse est opérationnel. Il a été inauguré par le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ainsi que plusieurs ministres, dont celui des Transports, Binali Yildirim. Un peu plus de 200 km de LGV entre Ankara, la capitale, et Eskisehir au centre du pays, sur le trajet vers Istanbul. Une vraie révolution pour se déplacer dans le pays puisqu’un trajet entre ces deux villes prend désormais 1 h 20 au lieu de 3 heures. À terme, une fois la ligne achevée jusqu’à Istanbul (533 km), il suffira de 3 heures pour relier Ankara contre 6 h 30 actuellement. Les douze rames CAF, proposant un confort dernier cri, avec climatisation, écrans vidéo (individuels en business class), système audio à la place et système d’information voyageur, pourront transporter 419 voyageurs à 250 km/h. Les billets seront vendus au prix de 5 livres turques (2,30 euros) jusqu’à la fin mars, puis 20 livres ensuite, soit 9,10 euros en seconde et 30 livres (13,70 euros) en première. Quatre allers-retours sont prévus par jour.
    C’est récemment que la Turquie a débuté le chantier de la grande vitesse, en 2003, sous l’impulsion de son gouvernement actuel, avec l’attribution du contrat pour la première tranche au consortium turco-espagnol OHL – Alsim-Alarko. Les travaux avaient débuté en décembre 2003. La deuxième phase d’Ankara – Istanbul a été attribuée à un consortium turco-chinois (CRCC – Cengiz – Ictas). Trois autres lignes sont prévues : Ankara – Konya (les travaux sont avancés à 60 %), une liaison sur laquelle il n’y a pas de chemin de fer aujourd’hui ; Ankara – Sivas et Istanbul – frontière bulgare. À plus long terme, le pays envisage aussi de relier Ankara et Izmir, ville côtière au sud-ouest d’une part, Bursa et Adapazari au bord de la Mer Noire au nord, d’autre part. La première phase a coûté 628 millions d’euros. Une goutte d’eau au regard des investissements prévus en Turquie pour les quinze prochaines années dans le ferroviaire : 20 milliards de dollars !
     

    Cécile NANGERONI

  • Une base travaux LGV à Clérac

    RFF a acheté un terrain de 25 hectares à Clérac (Charente-Maritime), commune desservie, depuis Saint-Mariens, par une ligne seulement exploitée pour le fret de l’entreprise AGS implantée à Clérac et qui extrait de l’argile très fin. Le terrain acheté par RFF, au sud-ouest de la commune, doit accueillir, de 2010 à 2014, la seule base travaux qui servira à approvisionner le chantier de la LGV Tours – Bordeaux. 250 personnes devraient y travailler. À l’issue de la construction, RFF rétrocédera le terrain à la collectivité et ne gardera que 3 hectares pour la maintenance de la ligne. En compensation des inconvénients liés à la présence de la base travaux, Dominique Bussereau espère obtenir une desserte TER de la commune, qui s’ajouterait à la remise à neuf de la ligne fret Saint-Mariens – Clérac.

  • LGV Bretagne Pays-de-la-Loire : 38 communes veulent des indemnisations

    Trente-huit communes ont créé une association pour obtenir des indemnisations liées au passage de la future LGV Bretagne Pays-de-la-Loire. But : « faire reconnaître les préjudices qui résultent de la LGV et solliciter une compensation juste et équitable », explique Michel Desrues, président de l’Association des communes traversées par la LGV Bretagne Pays-de-la-Loire, qui a vocation à rassembler les 57 collectivités concernées par la ligne de 182 km entre Rennes et Connerré, à l’Est du Mans. Selon lui, cette forme de redevance devrait être payée par la future entreprise qui réalisera les travaux et la maintenance de la LGV. « Ce n’est pas une demande farfelue, il existe des systèmes de redevance par exemple pour les pylônes de la TNT ou pour les autoroutes », ajoute-t-il, en évoquant un chiffre de 10 000 euros par km et par an.