Étiquette : Grande vitesse

  • Une nouvelle gare pour les trains à grande vitesse à Rome

    Le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, a inauguré le 28 novembre à Rome une nouvelle gare à l’est de la capitale. La gare de la Tiburtina doit devenir le premier « hub » international pour les trains à grande vitesse. Ses capacités s’ajoutent à celles de la station Termini, la principale gare ferroviaire du centre-ville. La nouvelle gare, reliée par le métro et des bus au centre de la ville et à l’aéroport de Fiumicio, s’inscrit aussi dans un projet urbanistique avec un pont de verre qui relie deux quartiers populaires de la capitale, Nomentano et Pietralata, jusqu’ici séparés par les rails. D’un coût d’environ 170 millions d’euros, elle sera complètement opérationnelle dans un délai d’un an et pourra accueillir chaque jour près de 470 trains et 140 000 passagers.
     

  • La grande vitesse arrive en Galice

    Le 10 décembre prochain, les convois de Renfe relieront à une vitesse maximale de 250 km/h Ourense à Santiago (Saint-Jacques-de-Compostelle) et à La Corogne (A Coruña). Un investissement de 3,3 milliards d’euros. Première en Espagne, entre Ourense et Santiago (88 km), cette ligne à grande vitesse entièrement nouvelle, à double voie et électrifiée en courant alternatif, est à écartement ibérique (1,668 m), contrairement à toutes les autres lignes à grande vitesse du pays. Le deuxième tronçon entre Santiago et A Coruña (62 km) est l’amorce de « l’axe Atlantique » prévu dans le plan d’investissement (Peit) 2004-2020.   Les travaux se poursuivent en direction d’Olmedo (Madrid) qui devrait être atteinte en 2015 à la vitesse de 350 km/h. Enfin, décembre 2012 est toujours la date mise en avant pour la LGV entre Barcelone et Figuerès (et la France).

    M. Garicoïx
     
     

  • Le « TGV » prototype de CAF entame des essais en ligne

    Baptisé « Oaris », le prototype de train à grande vitesse « 100 % espagnol » a été achevé début 2011 par le constructeur CAF et livré à Renfe. Après des tests statiques, il est depuis le 10 octobre soumis à des épreuves de pleine voie et se trouve provisoirement basé au dépôt Renfe AVE de La Sagra (banlieue sud de Madrid). De là, il circule grandeur nature sur le trajet Madrid – Tolède. Inspiré de la série 121 livrée par CAF à Renfe, Oaris peut atteindre 300 km/h et est multicompatible : polycourant, à écartement variable et adapté aux signalisations existantes.
     

  • 30 ans d’améliorations pour les LGV

    30 ans d’améliorations pour les LGV

    Cela s’est passé il y trente ans, le 26 février 1981. Ce jeudi-là, à 15h41, la rame TGV n° 16 fait une pointe à 380 km/h au pk 156 d’une infrastructure créée de toutes pièces entre Paris et Lyon : la ligne à grande vitesse LGV Sud-Est, dont un premier tronçon allait ouvrir au service commercial sept mois plus tard. Un record du monde de vitesse mené dans le cadre du programme « TGV 100 », ou 100 m/s. Record pour la rame bien sûr, mais aussi pour la voie, la caténaire et l’ensemble des installations fixes. L’ère de la grande vitesse ferroviaire française démarre de façon concrète. Mais l’idée avait germé dès le milieu des années soixante. En décembre 1966, la direction générale lance le projet « possibilités ferroviaires sur infrastructures nouvelles », nom de code C03, confié au tout nouveau service de la recherche. Peu à peu, la SNCF fait de substantiels progrès dans sa politique d’accroissement des vitesses. Au milieu des années soixante-dix, quelque 7 300 km du réseau sont ainsi parcourables à 150 km/h, près de 800 km admettent les 200 km/h que les trains de prestige Le Capitole et L’Aquitaine pratiquent au quotidien. La limite est pourtant presque atteinte. En effet, nombre de ces lignes conçues au XIXe siècle s’inscrivent dans les vallées et présentent de ce fait des courbes à faibles rayons, des profils en long peu marqués, en moyenne de 8 à 10 ‰, hormis exceptions et en montagne, compatibles avec les locomotives d’antan. Pourtant, la société nationale a la certitude que ce seuil du guidage roue/rail peut aller bien au-delà des 200 km/h. Preuve indéniable, les 28 et 29 mars 1955, deux trains avaient atteint les 331 km/h sur la ligne quasi rectiligne des Landes. Un double record mondial qui sera détenu longtemps. Les très nombreuses campagnes d’essais menées à cette occasion sur le matériel roulant et l’étude du comportement de l’infrastructure qui, il est vrai, a quelque peu souffert suite aux énormes sollicitations provoquées par ces deux passages, confirment cette conviction. « L’idée s’est ainsi fait jour que le chemin de fer disposait d’une technique dont il n’épuisait pas les possibilités et qu’il serait à même de mettre pleinement à profit s’il pouvait disposer d’infrastructures adaptées aux grandes vitesses », expliquait en juin 1975 Jean Dupuy, directeur général adjoint de la SNCF. Argument supplémentaire, le fort développement du trafic commence à provoquer de sérieuses saturations, en particulier sur l’axe le plus chargé : Paris – Lyon. Problèmes de capacité de certaines lignes qui ne peuvent que s’accentuer d’un côté, perspectives offertes par la technique ferroviaire de l’autre… Ces constats aboutissent au projet de création d’une infrastructure à grande vitesse entre la capitale et la cité des Gaules. Une ligne affectée au seul trafic voyageurs qui permettrait à des rames bien motorisées d’avaler de fortes rampes – jusqu’à 35‰ – et donc de franchir les reliefs naturels sans avoir à les contourner…
    TGV et LGV sont indissociables et, dès l’origine, le système a été conçu et intégré dans une approche globale. Que seraient en effet les rames sans cette infrastructure dédiée spécifique mais à l’architecture générale au final assez classique, utilisant des constituants modernes ? Elles circuleraient bien sûr comme elles le font d’ailleurs sur le réseau historique, compatibilité qui représente l’atout principal du système TGV. Pourtant, sans ces lignes nouvelles les rames ne pourraient donner la pleine puissance pour laquelle elles ont été conçues. « Un peu comme si l’on conduisait une Ferrari sur un chemin départemental », comparent certains. Mais le processus est long. Dès lors que les financements sont réunis, étape obligée souvent semée d’écueils, créer une ligne nouvelle nécessite des années d’études. Parfois autant, voire plus même que la construction proprement dite. En tenant compte des critères économiques, les projeteurs doivent trouver le corridor idéal. Celui le plus direct possible pour relier entre elles les grandes villes. Il s’agit ensuite d’établir le tracé de plus en plus finement, en prenant en compte de nombreux facteurs : s’intégrer au mieux dans l’environnement, tenter d’éviter les sites naturels sensibles, impacter le moins possible de riverains, tenir compte des reliefs à traverser, synonymes de création de grands ouvrages d’art, donc d’augmentation des coûts. Exemple significatif et extrême avec la LGV Méditerranée. Presque 3 000 km de tracé potentiel ont été imaginés sur les cartes géographiques pour une ligne qui en mesure 250 !
    L’axe de la future ligne définitivement calé, vient le temps de la construction. Ce sont les dizaines de millions de mètres cubes de matériaux brassés pour élever des remblais, creuser des déblais. C’est la naissance des ponts et grands viaducs qui vont en assurer la continuité, en enjambant routes, autoroutes, lignes ferroviaires, cours d’eau, fleuves, et respecter la transparence hydraulique. C’est le creusement de tunnels qui traversent collines et reliefs prononcés. La plateforme arrivée à son niveau définitif, calée au centimètre près, place à la superstructure. La pose des rails, des traverses, le déchargement du ballast, le déroulage des câbles de signalisation et de télécommunications, la mise en place de la caténaire, la création des postes servant à la commande des installations et qui assureront la circulation des rames en toute sécurité. Puis ce sont les longs et minutieux essais signalisation terrain/terrain, postes/terrain, postes/postes.
    Dans le même temps, les premières circulations de véhicules de contrôle sur l’infrastructure flambant neuve, telles les vénérables voitures Mauzin, enregistrent les paramètres à la voie et dictent les éléments de réglages fins aux machines sophistiquées qui vont intervenir dans la foulée. Objectif de toutes ces phases ? Arriver à une ligne parfaite, réglée au millimètre près. Ultimes étapes, les montées en vitesse avec une rame TGV laboratoire dans laquelle tous les éléments de l’ensemble de l’infrastructure sont à nouveau contrôlés, lors de paliers progressifs, jusqu’à atteindre la vitesse commerciale prévue sur la ligne +10 %. Ils sont le gage d’une confortable marge de sécurité et constituent le passage obligé pour obtenir du ministère des Transports l’autorisation de mise en exploitation commerciale.
    Trente ans après l’ouverture du premier tronçon de la LGV Sud-Est, ce réseau nouveau, parcouru au quotidien par quelque 440 rames TGV, atteint environ 1 870 km. Chaque retour d’expérience sur une ligne exploitée a été mis à profit pour élaborer la suivante, faire progresser ce domaine, innover dans les méthodes de construction, développer et mettre en œuvre de nouveaux constituants. Avec la branche Est de la LGV Rhin – Rhône, 140 km supplémentaires s’ouvrent dans moins d’un mois. 106 km sont en construction pour la seconde phase de la LGV Est-européenne qui entrera en service au printemps 2016. Les futures LGV Bretagne – Pays de la Loire et Sud Europe Atlantique démarrent et bien d’autres projets sont dans les cartons. Le savoir-faire de la SNCF, de RFF, des sociétés d’ingénierie, de la multitude d’entreprises qui gravitent autour de la construction de telles infrastructures à grande vitesse n’est plus à prouver.
        

    Michel BARBERON

     

    Les évolutions lignes par lignes

    LGV Paris-Sud-Est : L’infrastructure « précurseur »
    Un linéaire de 409 km, dix grands viaducs dont neuf réalisés en béton précontraint, technique jusqu’alors employée dans le domaine autoroutier, deux bifurcations, à Pasilly et à Mâcon… Ce sont les principales caractéristiques de la LGV Sud-Est (LN1). La voie, qui commercialement devait maintenir une bonne qualité de roulement dans le temps avec un entretien minimum, a fait appel à un armement lourd mais classique : rails UIC 60 (60 kg au mètre), traverses bibloc en béton au nombre de 1 666 par kilomètre, dont la durée de vie est alors estimée à une quarantaine d’années, soit le double de celles en bois. De plus, sa masse unitaire de 235 kg offre une plus grande résistance transversale. Pour les bifurcations, les communications voie 1-voie 2, les raccordements aux lignes classiques, les appareils de voie à pointe de cœur mobile mesurent 193 m et pèsent 110 t ! La commande des installations de sécurité et de l’alimentation en énergie de traction électrique (2 x 25 kV 50 Hz) s’effectue depuis un poste d’aiguillage et de régulation (PAR) situé à Paris-Lyon, semblable à une véritable tour de contrôle qui surveille l’intégralité de la ligne. Côté signalisation, les panneaux implantés le long de la voie disparaissent au profit de la transmission voie/machine (TVM 300). A grande vitesse, le conducteur TGV risquerait en effet de ne pas pouvoir lire correctement les indications. Les informations de vitesse lui sont données directement en cabine via le rail, qui sert de moyen de communication sol-train. Mise en service en 1981 à 260 km/h, cette LGV est rapidement passée à 270 km/h. Puis, face à la forte augmentation du trafic, il est apparu nécessaire à la fin des années 90 d’augmenter son débit pour faire circuler plus de TGV et rouler plus vite. Sur plusieurs secteurs, le 300 km/h a été rendu possible grâce à des relevages de courbes, à l’adaptation des installations caténaire, à la création d’une sous-station supplémentaire, au renouvellement de la signalisation… Mais une ligne nouvelle s’use aussi. En mars 1996, un immense chantier nocturne programmé sur plusieurs années démarre : le remplacement des appareils de voie et le renouvellement du ballast d’origine qui présentait des phénomènes d’usure prématurée… Aujourd’hui, ces opérations se poursuivent, et c’est aussi au tour des rails d’être peu à peu substitués. Depuis leur entrée en fonction, ils ont supporté des passages équivalant à plus de 600 millions de tonnes !

    LGV Atlantique, branche Sud-Ouest  : Une piste pour les très hautes vitesses
    En septembre 1989, le TGV met le cap vers l’Ouest. Puis, un an plus tard, vers le Sud-Ouest. La ligne Atlantique (LN2), c’est 280 km d’infrastructure en forme de Y inversé parcourus à 300 km/h jusqu’à proximité de la ville du Mans et un peu après la traversée du val de Loire, où elle se raccorde à la ligne classique. En attendant mieux avec les prolongements dont la construction va débuter. Commandée depuis un poste d’aiguillage et de régulation implanté à Paris-Montparnasse, cette LGV, qui compte plusieurs tunnels et des tranchées couvertes, reprend les standards de la LN1 : voies faisant appel aux mêmes constituants mais avec un ballast de meilleure qualité, installations de traction électrique identiques, signalisation TVM 300. Pour la branche Sud-Ouest, tout en cherchant le tracé le plus rectiligne possible, en définissant des rayons de courbure à valeur maximale et en évitant les zones sensibles, dès 1982, les projeteurs des bureaux d’études avaient une idée en tête : établir une zone d’essais pour la très haute vitesse, avec l’objectif d’atteindre les 500 km/h. Cette zone réunissant les caractéristiques géométriques idéales, ils la trouvent dans le Loir-et-Cher, pas très loin de Vendôme. Là, le 18 mai 1990, au pk 166, la rame 325 établit le record à 515,3 km/h. Mais, lors de ses longues campagnes d’essais baptisées opération « TGV 117 », elle avait effectué neuf marches à 500 km/h ou plus, parcouru 2 000 km à plus de 400 km/h et 1 000 km en dépassant les 440 km/h ! Pourtant, cette zone comporte d’autres singularités en profil et en plan : une déclivité de 25 ‰, un raccordement circulaire suivi d’un parabolique juste avant une courbe de 15 000 m de rayon, un autre raccordement circulaire et une rampe de 14,5 ‰. Et, au milieu, les 175 m du viaduc du Loir imposant l’implantation d’appareils de dilatation dans la voie courante ! Les centaines de paramètres relevés et analysés lors des passages répétés de la rame n’ont révélé aucune anomalie : la voie était royale… La caténaire classique, fil de contact en cuivre dur de section 150 mm² à profil en méplat juste surtendu mécaniquement pour la circonstance et suralimenté, porteur en bronze de 65 mm², s’était relativement bien comportée aussi, mais elle apparaissait malgré tout comme le point délicat du système.

    LGV Nord : L’infrastructure européenne
    Avec l’ouverture de la LGV Nord en mai 1993, les TGV atteindront bientôt les pays européens tels que l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas. La Grande-Bretagne aussi grâce au tunnel sous la Manche que les rames Eurostar emprunteront dès le printemps 1994. L’Europe ferroviaire à grande vitesse, qui se confirmera bien des années plus tard avec la LGV Perpignan – Figueras, est née. Longue de 333 kilomètres, la LN3 a nécessité de creuser 27 millions de m3 de déblais, d’ériger 24,5 millions de m3 de remblais, de construire 181 ponts-routes, 128 ponts-rails et 10 viaducs cumulant 5 600 mètres de tablier… Les rames circulent à 300 km/h, mais comme la possibilité d’augmenter leur vitesse commerciale n’était alors pas exclue, d’emblée, l’entraxe entre les voies a été porté à 4,50 mètres, soit 30 cm de plus que sur l’Atlantique. La TVM 300 cède la place à la TVM 430, qui fait largement appel, pour la première fois, à l’informatique. Elle délivre plus d’informations, réduit la longueur des cantons et permet d’envisager une vitesse plus élevée. Surtout, les rames peuvent se succéder à la fréquence de 3 minutes contre 5 avant sur la LGV Sud-Est et 4 sur l’Atlantique. Contrairement à ces dernières dont les postes de commande et de contrôle sont implantés dans la capitale, la LGV Nord est gérée depuis Lille. Grâce à une nouvelle ligne aux mêmes caractéristiques dite de « jonction des TGV en Ile-de-France » de 80 km construite simultanément, les infrastructures Nord et Sud-Est seront bientôt reliées en direct. Ce contournement par l’est de l’agglomération parisienne comporte aussi une branche Ouest de 25 km facilitant les liaisons avec la LGV Atlantique.

     

    LGV Méditerranée : La ligne des ouvrages exceptionnels
    Depuis Paris, grâce aux 115 km de la ligne Rhône-Alpes (LN4) ouverte en 1994, qui représentent la continuité naturelle du Paris-Sud-Est et contournent Lyon par l’est, la LGV Méditerranée (LN5) permet aux TGV d’atteindre la cité phocéenne en trois heures, Montpellier avec quinze minutes de plus. L’une des principales caractéristiques de cette infrastructure de 250 km en service depuis juin 2001 ? Ses grands viaducs. Sept d’entre eux, dessinés par des architectes de renom, « calculés » par le département SNCF des ouvrages d’art, ont été jugés « exceptionnels ». Les entreprises de BTP travaillant le béton ou le métal ont rivalisé d’audace et de technicité pour créer d’élégants ouvrages qui franchissent les grands cours d’eau, les vallées ou les liaisons routières. Elles en ont même fait une vitrine technologique du savoir-faire français dans ce domaine. Ce sont les viaducs en béton précontraint de la Grenette (950 m), de Vernègues (1 210 m), le double ouvrage d’Avignon (1 500 m) dont les tabliers sont constitués de 838 voussoirs en béton de ciment blanc préfabriqués sur place. Ou encore Ventabren (1 730 m) dont deux fléaux de 100 m, pesant chacun 3 760 t, construits parallèlement à l’autoroute A8, seront pivotées au-dessus d’elle en quelques heures ! Avec les ouvrages mixtes franchissant notamment la Durance, l’Arc et les trois bow-strings de Donzère, Mornas, Mondragon, le métal n’est pas en reste. Quelques tronçons de voie testent de nouveaux constituants : des traverses monobloc, des attaches de rails Fastclip… Une télésurveillance des appareils de voie à pointe mobile permet de contrôler les moteurs lors de la translation des lames d’aiguille : toute augmentation anormale de l’effort sera aussitôt signalée au poste de commandement et déclenchera une intervention avant la panne.

    LGV Est-européenne : Un laboratoire d’innovations
    Tant attendue par les collectivités et élus de l’Est qui ont participé à son financement, la ligne Est-européenne (LN6) est la première construite sous maîtrise d’ouvrage complète de RFF. Sous son impulsion, elle se veut « un laboratoire qui ne craint pas d’innover », déclarait Jacques-André Schneck, alors directeur des opérations d’investissement à RFF. C’est d’abord l’arrivée de maîtrises d’œuvre privées sur quatre des huit tronçons de génie civil constituant les 406 km à créer. Ce sont certaines méthodes de construction qui changent. Exemple, la pose des poteaux caténaires et le déroulage des câbles non tendus (feeder et câble équipotentiel) effectués par des engins routiers roulant sur la plateforme ferroviaire alors que ces tâches étaient auparavant menées par des trains-travaux. Un processus nouveau pour une LGV française, mais qui avait déjà fait ses preuves en Belgique et sur la CTRL anglaise. Grande première, à la désormais classique TVM 430, se superpose l’ERTMS (European Rail Traffic Management System), une signalisation relayée par le nouveau système radio sol-train GSM-R, qui donne l’interopérabilité à la ligne et permet à des trains étrangers, tels les ICE 3 allemands de circuler dessus. Côté voie, sur 40 km, elle met en œuvre des traverses béton monobloc, plus chères que les bibloc, mais susceptibles de mieux vieillir. Surtout, deux grandes innovations sont testées au niveau de la plateforme. Sur 1,8 km en Seine-et-Marne, des voies coulées dans une dalle béton remplaçant le ballast et une structure de 3 km près de Reims en grave-bitume. Quatre années d’exploitation commerciale ont convaincu que cette dernière technique calquée sur le routier pouvait parfaitement être appliquée au ferroviaire. La preuve ? 30 km vont être réalisés ainsi sur la phase 2. Enfin, la LGV Est-européenne, sur laquelle les 574,8 km/h ont été atteints le 3 avril 2007, a aussi été la première ligne exploitée à 320 km/h dès son ouverture.     

    M. B.

  • Des « TGV » chinois retirés pour vérification remis en service

    Des « TGV » chinois retirés pour vérification remis en service

    La Chine a annoncé le 14 novembre la remise en service de 54 trains à grande vitesse de la ligne Pékin – Shanghaï rappelés après la collision, le 23 juillet, de deux trains à grande vitesse chinois qui avait provoqué la mort de 40 personnes et suscité de graves inquiétudes sur la sécurité du réseau chinois en plein essor. Ces 54 « TGV » chinois vont être remis en service après avoir bénéficié de « modifications », selon l’agence Chine nouvelle. Si tout se déroule bien, tous les trains devraient reprendre du service d’ici au 6 décembre.  Début novembre, la presse chinoise a rapporté que le gouvernement prévoyait d’injecter 23 milliards d’euros dans des projets ferroviaires paralysés à la suite de ce grave accident.  Le réseau de LGV chinois, inauguré il y a seulement quatre ans, a connu un essor fulgurant pour devenir le plus vaste du monde. Il doit passer de 8 358 km fin 2010 à plus de 13 000 km en 2012 et à 16 000 km en 2020.

  • Deux appels d’offres pour la ligne à grande vitesse Moscou – Saint-Pétersbourg

    Avant la fin de l’année, le gouvernement russe devrait lancer un appel d’offres pour la construction de la LGV Moscou – Saint-Pétersourg. C’est Denis Mouratov, directeur général de la société Lignes à grande vitesse, une filiale de Russian Railways, RZD, qui l’a annoncé le 8 novembre. Début 2012 se tiendra le concours de sélection du ou des maîtres d’œuvre des travaux de préparation du territoire. Ensuite, avant fin août 2012, le gouvernement devrait examiner et approuver l’organisation d’un second appel d’offres, en vue de la construction de la ligne de 660 km. Les gares de Moscou et de Saint-Pétersbourg devront de plus être agrandies. On connaît déjà 5 prétendants, il s’agit des leaders mondiaux de la construction de LGV de France, d’Allemagne, de Chine, d’Espagne et de Corée du sud. Le montant du projet est de 23,2 milliards de dollars (valeur 2010), soit 17 milliards d’euros. La nouvelle ligne reliera Moscou à Saint-Pétersbourg en 2 h 30, les trains pouvant rouler jusqu’à 400 km/h. Elle passera par les régions de Novgorod, Tver, Moscou et Leningrad.
     

  • LGV Bretagne – Pays de la Loire : Ansaldo STS fournira l’ERTMS niveau 2

    Le 2 novembre, Ansaldo STS a annoncé que sa filiale française avait signé un contrat avec Eiffage pour l’étude, l’installation et la mise en service de l’ERTMS niveau 2 sur la LGV Bretagne – Pays de la Loire. La valeur du contrat est de 62 millions d’euros et les travaux devront être terminés pour l’automne 2016. Au total, 182 km de ligne à grande vitesse (320 km/h maximum) doivent être équipées ERTMS niveau 2 et TVM 300, alors que 32 km de ligne classique recevront un ERTMS niveau 1. La fourniture comprend les enclenchements, les détecteurs de boîtes chaudes, les circuits de voie, le RBC (Radio block centre) et les Eurobalises. Ce contrat renforce la position d’Ansaldo STS comme « fournisseur unique de systèmes de signalisation pour les LGV françaises depuis 30 ans », auparavant sous le nom CSEE.
     

  • Décès de Roger Tallon, designer du TGV

    Décès de Roger Tallon, designer du TGV

    Le designer Roger Tallon, concepteur notamment des trains Corail et de la plupart des TGV, est décédé jeudi 20 octobre à Paris à l’âge de 82 ans. Roger Tallon avait notamment acquis la notoriété par ses réalisations pour les transports ferroviaires, en concevant le design des trains Corail dans les années 70 puis des TGV, ainsi que des rames de la ligne 14 du métro parisien. Selon Guillaume Pepy : « Roger Tallon est celui qui a mis le design industriel à la portée du grand public. L’année où nous fêtons les 30 ans de TGV, je veux rendre hommage, au nom de SNCF, à celui qui a été un designer de génie pour les transports ainsi qu’une inspiration pour l’entreprise SNCF. » De fait, il a contribué à changer radicalement l’image de la SNCF – en développant aussi la signalétique, la cartographie, l’adaptation des pictogrammes internationaux à l’image de l’entreprise – mais il entretenait avec elle une relation ambiguë, reprochant notamment à ses dirigeants de manquer de vision.
    Le designer est également le créateur de montres Lip – venant au secours de la société en proposant une gamme innovante qui relance l’activité –-, d’un célèbre escalier en colimaçon, de frigos, de téléviseurs (Teleavia), du mot minitel. Il avait également créé la maquette du magazine art press et « relooké » le logo de La Vie du Rail. A 81 ans, il préparait avec l’artiste Daniel Buren, la construction du tramway de Tours.
    Après des études d’ingénierie, il a travaillé chez Caterpillar-France avant de devenir consultant pour les filiales européennes de DuPont de Nemours puis d’intégrer en 1953 le bureau d’études techniques et d’esthétique, fondé en 1949 par Jacques Viénot, père de l’esthétique industrielle, et Jean Parthenay. Enseignant dès 1957 à l’Ecole des Arts Appliqués de Paris, il met en place le premier cours de design en France. En 1963, il crée le département design de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs à Paris.
     

  • Maroc : lancement des travaux du TGV

    Maroc : lancement des travaux du TGV

    Le roi du Maroc, Mohammed VI, et le président français, Nicolas Sarkozy, ont donné jeudi 29 septembre à Tanger le coup d’envoi des travaux du train à grande vitesse qui reliera Tanger à Casablanca en 2015. Nicolas Sarkozy était notamment accompagné d’Eric Besson, ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, Thierry Mariani, ministre chargé des Transports, Pierre Lelouche, ministre chargé du Commerce extérieur et Guillaume Pepy, président de la SNCF.
    Le TGV marocain, qui circulera à 320 km/h, doit faire passer la durée du trajet entre Tanger et Casablanca de 5 heures 45 à 2 heures 10. Le coût d’ensemble du projet atteint 3,3 milliards d’euros. La France finance pour moitié ce projet, l’autre moitié est financée par le Maroc et certains pays du Golfe, notamment l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Les Allemands ont mis leur veto à un prêt de la Banque européenne d’investissements, en raison de l’absence d’un appel d’offres non lié qui aurait permis aux entreprises allemandes de concourir. Dans le cadre de ce contrat, Alstom a vendu 14 rames de non nouveau TGV Duplex, pour un montant de 400 millions d’euros.
    Selon le président de l’Office national des chemins de fer marocain (ONCF), Mohamed Rabie Khlie, cité par l’AFP, le nombre de passagers du train au Maroc passera « de 32 millions en 2010 à 50 millions en 2015 ». Cependant, indique Rue 89, « beaucoup se posent la question de l’utilité d’une telle ligne […] dans un pays où le pouvoir d’achat de l’immense majorité de la population l’exclura des prix des billets du TGV, même fortement subventionnés comme ça sera le cas ».
    La SNCF et l’Office national des chemins de fer marocain (ONCF) ont signé le 29 septembre un protocole d’accord pour la création d’un institut de formation aux métiers ferroviaires. « Cet institut sera basé au Maroc et accompagnera le développement d’un savoir-faire commun pour les exploitations nationales et au plan international », soulignent les deux parties dans un communiqué. Cet institut, dont les contours doivent être finalisés au premier semestre 2012, proposera des formations sur la maintenance, les services aux clients et l’exploitation, en particulier la conduite des trains. Il devra être opérationnel lors de la mise en service du train à grande vitesse marocain.
     

  • Hayange passe au rail de 108 m

    Hayange passe au rail de 108 m

    Le 29 septembre, Tata Steel a inauguré les installations modernisées de son site de production de rails à Hayange (Moselle). Après un investissement de 35 millions d’euros et 18 mois de travaux, le site lorrain peut désormais produire des rails de 108 m destinés aux lignes à grande vitesse de France et d’autres pays européens. En particulier la future LGV SEA Tours  – Bordeaux.