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  • Comment la French Touch l’a emporté à Brasília

    Le 28 septembre, la TaM (Transports de l’agglomération de Montpellier) a été choisie par l’Agence française de développement (AFD) pour conseiller la capitale brésilienne dans la réalisation de sa future ligne de tramway. Une délégation brésilienne s’était rendue dans plusieurs villes françaises en 2008. Les techniciens de Brasília viendront se former à Montpellier, tandis que ceux du Languedoc-Roussillon iront passer une centaine de jours sur place. Ils assisteront les Brésiliens dans des domaines comme les parkings de rabattement, le plan de circulation avec priorité au feu, l’intégration urbaine. « Nous les assisterons également dans l’accompagnement des travaux afin de minimiser au maximum la gêne dans la vie urbaine, ajoute dans un communiqué Marc Le Tourneur, directeur de TaM. Ou encore pour des points clés comme le fonctionnement du poste central de commande, la définition des règles d’exploitation ou la formation du personnel. » C’est une nouvelle étape dans une relation déjà bien nouée. Les liens entre Montpellier et Brasília vont d’ailleurs donner lieu à deux accords. A côté de l’assistance technique désormais conclue, va s’ajouter un second volet, concernant la requalification urbaine. A l’origine de l’intervention de Montpellier, l’Agence française de développement (AFD). Comme le souligne Xavier Hoang, responsable de projet énergie, transport, environnement de l’AFD, « on s’était dit que l’échéance de la Coupe du monde allait intéresser un certain nombre d’hommes politiques. A Brasília, Gaspar de Souza, le directeur général de Metrô-DF, l’exploitant du métro, connaissait bien cette technologie. On a examiné les possibilités de financement d’un VLT. Mais on a senti qu’il fallait faire la preuve que c’était le bon système. C’est le premier projet de ce genre au Brésil, qui avait eu des vieux tramways, type cable-car. Ce sera en fait un mode de transport innovant, autant que le BRT à Curitiba ». C’est pourquoi l’AFD a financé l’expertise de Montpellier, et une première mission confiée à Marc Le Tourneur. Le plan directeur initial, financé par la Banque interaméricaine de développement, prévoyait un BRT. Le VLT représentera en fait la première ligne de ce réseau, dont l’essentiel reste promis au BRT. D’abord opposée au tramway, puis réticente, la Banque interaméricaine était ensuite prête à le cofinancer, ce qui finalement ne s’est pas fait. L’AFD est restée seule en piste, à côté du district fédéral. Or même si le financement de l’AFD est « délié », ne contraignant pas le pays qui en bénéficie à faire appel à des entreprises françaises, c’est bien Alstom qui l’a emporté, contre Siemens. Plus précisément, Metrô-DF, l’exploitant, a lancé un appel d’offres pour un marché unique, comprenant l’étude détaillée, la construction et allant jusqu’à la mise en service. L’appel d’offres a porté sur l’ensemble de la ligne (22 km) alors que la première partie représente 8,7 km. Metrô-DF a reçu de plus, de la part du district fédéral, délégation de construire les lignes de BRT mais ne les exploitera pas. La construction de ces lignes a aujourd’hui commencé. Comme nous le disait de son côté Marc Le Tourneur à Brasília, début septembre : « Ce qu’on fait à Montpellier a de la cohérence, a séduit Brasília et l’AFD : politique très forte d’équipement, politique globale de déplacements. Nous avons un péage urbain qui fonctionne à partir du stationnement : aucune place de stationnement n’est gratuite dans la “ville de 1900” et dans Antigone. Nous pouvons amener des recommandations sur l’intégration des modes ». Plus encore, ce qui séduit les Brésiliens, selon Marc Le Tourneur, « c’est la French Touch. Qu’il n’y ait pas de dominante technicienne. S’il y avait eu une telle dominante, il n’y aurait pas de gazon pour les voies du tram, ni d’arbres le long. C’est tout cela qui fait la French Touch ». « Pour les Brésiliens, assure Marc Le Tourneur, le tram est l’occasion de redonner de la place au vélo et au piéton sur la W3. » De redonner du lustre à cette très large artère, traversant les ailes sud et nord, conçue comme une grande avenue commerciale mais qui a périclité du fait des désagréments d’une gigantesque circulation. L’idée est bel et bien de renouveler la W3 grâce au tram.
     

    François DUMONT

  • Un consortium sud-coréen construira la ligne 5 du métro de Hanoi

    Un consortium de 7 entreprises coréennes emmené par Samsung et Daewoo vient de signer un MOU (Memorandum of Understanding) avec les Chemins de fer vietnamiens pour la construction, en deux tronçons successifs, de la ligne 5 du métro de Hanoi, reliant le lac de l’Ouest à l’arrondissement de Hoa Lac, dans la banlieue ouest de la capitale vietnamienne. Longue de 33,5 km et forte de 22 stations, le coût global de cette ligne a été chiffré à 1,2 milliard de dollars (816 millions d’euros). Le consortium la construira et l’exploitera sous forme de BOT (Build, Operate and Transfer).

  • Brasília se convertit au tram

    Le Brésil sera le premier pays d’Amérique à voir circuler un train à grande vitesse. C’est au moins probable. Et Brasília sera, à coup sûr, la première ville d’Amérique latine à mettre en service un VLT (Veículo Leve sobre Trilhos), en d’autres termes un tramway. Il n’y a pas si longtemps, on eût parlé de révolution culturelle. Selon les métaphores aujourd’hui de rigueur, on dira qu’en adoptant le tramway Brasília change de logiciel. Ou que le VLT est contraire à son ADN. A cinquante ans, Brasília va muter. Le cinquantenaire de Brasília sera célébré en avril 2010. La ville a été créée pour l’automobile. Dans l’ensemble du pays, le président Juscelino Kubitschek avait parallèlement mis en place une industrie automobile, devenue la cinquième au monde, et supprimé une grande partie des relations ferroviaires. La capitale s’est inspirée de la charte d’Athènes de 1933, qui prévoit la séparation fonctionnelle au sein des villes : ici le travail, là les loisirs, là encore le commerce, les universités ou les hôpitaux. Elle transpose, mais dans le milieu peu dense de la ville américaine (type Los Angeles, pas New York) le plan Voisin programmé pour Paris. Le Corbusier l’avait rêvé, Lucio Costa l’a fait. Par définition, une telle ville crée du transport. Pas de problème, la solution est là : l’automobile, à la portée de tout un chacun. Cinquante ans plus tard, le piéton y est toujours aussi désemparé, et s’avance dans le plan d’un urbaniste qui l’a exclu. Ce n’est qu’à grand-peine qu’on ose traverser les immenses avenues où les feux pour interrompre la circulation sont rares et la plupart du temps destinés aux seules automobiles. Pour aller du ministère de l’Agriculture à celui de l’Education, dans ce qu’on appellerait ailleurs le centre-ville et qui porte le nom de plan pilote, le fonctionnaire non motorisé devrait traverser à pied une avenue à six voies, un terre-plein gazonné d’environ 200 mètres de large, une seconde avenue à six voies. Autant prendre sa voiture. Comme dit un habitant : « Si tu n’as pas de voiture, c’est ton problème et c’est tant pis pour toi. » On ne peut pourtant pas dire que le transport public soit inconnu. Il y a un réseau de métro, en Y, d’une quarantaine de kilomètres qui, partant de l’axe monumental, dessert l’aile sud du plan pilote, et devient assez vite un RER, joignant la ville programmée, prévue pour 500 000 habitants, à certaines de ses satellites, dont Aguas Claras, résidence-dortoir en construction. De plus, de nombreux, de trop nombreux bus, desservent la ville du plan pilote et les alentours. Le tramway prendra place sur une énorme avenue croisant l’axe historique, la W3, où passent aujourd’hui plus de 150 lignes de bus. Ce sont des bus comme ceux de Bogotá avant le Transmilenio, de Santiago avant le Transantiago ou, pour rester au Brésil, d’avant Curitiba : polluants, appartenant à des microsociétés familiales dont les chauffeurs, payés à la recette, desservent les stations populeuses, ignorent les autres, n’ont pas toujours de permis de conduire. C’est en fait un réseau de BRT (Bus Rapid Transit), et pas de VLT, que la ville avait adopté, sous l’impulsion de la Banque interaméricaine de développement, afin de rendre aux habitants, qui connaissent eux aussi la congestion automobile, un service digne de ce nom. Après un savant travail de lobbying français, un tramway, fourni par Alstom, desservira l’une des lignes de ce réseau. La mutation n’affectera pas tout le corps de la ville, loin de là. Mais pour les partisans du tramway, l’essentiel est acquis : la modernité d’il y a cinquante ans avoue ses limites. La capitale de l’utopie automobile sera la vitrine du tramway.
     

    François?DUMONT

  • Saint-Sébastien prépare son métro

    Dans quelques jours, le gouvernement basque va choisir l’entreprise et la proposition qui, parmi douze autres, permettront de transformer le Topo en métro de Saint-Sébastien, autrement nommé en basque MetroDonosti. S’étendant sur 24 km, cette ligne devrait transporter 24 millions de voyageurs par an en 2017, contre 7 aujourd’hui. Le coût du chantier a été évalué à 700 millions d’euros, que devraient payer à parts égales (comme pour le métro de Bilbao) le gouvernement basque et la diputación (exécutif) de la province de Gipuzkoa dont Saint-Sébastien est le chef-lieu. Capitale administrative, cité balnéaire et ville touristique, Saint-Sébastien compte actuellement quelque 180 000 habitants et son agglomération plus de 350 000. Elle s’étend à travers des villes industrielles comme Hernani, Errenteria ou le port de Pasaia et jusqu’à Irún voire Hendaye côté français. A présent, le transport collectif est assuré par la Compagnie des tramways de Saint-Sébastien (CTSS) avec une vingtaine de lignes intra-muros desservies par une flotte de bus Mercedes dont beaucoup d’unités articulées. A côté de cette régie municipale, les lignes suburbaines (souvent privées) ont été fédérées sous le label « Lurraldebus » (bus local). Regardant avec envie Bilbao, dotée d’un métro en 1995 puis d’un tramway, ou l’autre ville basque Vitoria-Gasteiz également avec un tram, Saint-Sébastien et ses différentes autorités hésitaient entre les deux solutions pour des raisons tant géographique (la ville est très allongée) que financière ou d’efficacité, pour ne rien dire ici des bisbilles politiques. Finalement, tous viennent de se mettre d’accord en s’apercevant qu’en transformant quelque peu l’actuel Topo, l’agglomération aura un outil de transport très efficace. Depuis le 5 décembre 1912, une ligne à voie métrique relie en effet Donostia à Irún. Elle arrive le 13 juillet 1913 dans la cour de la gare de Hendaye après un parcours composé à plus de 20 % de tunnels. D’où le surnom familier de Topo, mais cette taupe rapidement électrifiée n’est pas myope et irrigue plus finement que la ligne Renfe voisine les banlieues est de Saint-Sébastien. Après une période tramway, elle devient une ligne secondaire, un moment au bord de la fermeture, avant de passer dans le giron d’EuskoTren, le réseau basque à voie métrique né en 1982. Et, moyennant un rebroussement en gare de Donostia-Amara, ses trains sont prolongés en octobre 1998 vers l’ouest à Lasarte. MetroDonosti est un projet à trois volets : sera créée une boucle souterraine dans Saint-Sébastien. Longue de 4,35 km, elle desservira l’hypercentre dont la Concha (la baie) avant de retrouver le tracé vers Lasarte. Ce tronçon correspond à un investissement de 200 millions d’euros. Par ailleurs, la plus grande partie du Topo sera mise à double voie afin que la fréquence passe à toutes les sept minutes et demie au lieu du quart d’heure actuel, ce qui implique de gros chantiers notamment souterrains. Enfin l’intermodalité se traduira par une gare commune Renfe, Topo et bus à Riberas Loiola, mais également par un prolongement du Topo vers Fontaribie et son aéroport, tandis qu’une autre branche continuera de toucher Hendaye. Après bouclage et phasage financiers puis adjudication des travaux, les chantiers doivent commencer en 2013 pour une mise en service en 2017.
     

    Michel GARICOIX

  • Période d’essais pour la ligne 4 du métro de Beijing

    La ligne 4 du métro de Beijing (Pékin) a été mise en service le 28 septembre pour une période d’essais. Cette ligne relie le nord et le sud de Beijing sur un trajet de 28,2 km, du pont Gongyixi, sur la section méridionale du 4e périphérique, au palais d’Eté et à l’ancien palais d’Eté. Le projet a nécessité un investissement total de 15,38 milliards de yuans (2,25 milliards de dollars), dont 70 % ont été financés par le gouvernement de Beijing, et 30 % par la société MTR Corporation de Hong Kong. C’est la première fois que des capitaux privés sont investis dans la construction d’une ligne de métro dans la partie continentale de la Chine. La nouvelle ligne devrait accueillir 400 000 passagers par jour.

  • Le projet de TGV Montréal – New York de nouveau d’actualité

    Le Premier ministre du Québec Jean Charest aurait l’intention de relancer le projet d’un train à grande vitesse entre Montréal et New York. Il s’est montré optimiste après une rencontre avec le gouverneur David Patterson, de l’Etat de New York, lors d’une conférence sur le changement climatique, début octobre. Il s’agit d’un ancien et coûteux projet – son développement coûterait près de 4 milliards de dollars, soit 2,7 milliards d’euros. Selon le Québec, le plan de relance économique du président Barack Obama est favorable pour entreprendre ce genre de projet : le gouvernement américain souhaite mettre près de 800 milliards de dollars (547 milliards d’euros) d’investissements anticipés dans les infrastructures. Un service de train rapide à 240 km/h entre les deux villes ferait passer la durée du trajet de 10 heures 15 à 4 heures 5. Selon les estimations, ce type de service pourrait capter de 500 000 à 700 000 nouveaux voyageurs sur le marché New York – Montréal.

  • Un million de personnes en quinze jours pour le métro de Dubaï

    Succès pour le métro automatique, pionnier dans la région du Golfe. Seize jours après sa mise en service partielle, le métro de Dubaï a déjà transporté plus d’un million de voyageurs. Selon RTA, l’autorité des transports et des routes de l’émirat, le décompte est très exactement de 1 018 030 passagers sur les 52 km de la ligne rouge, dont 10 des 29 stations ont été ouvertes le 9 septembre. Le Mall of the Emirates a été la station la plus fréquenté avec 192 585 usagers, la seconde est Rashidiya, à l’autre extrémité de la ligne, qui possède un parking de 3 000 places.

  • La France propose de rénover le métro de Caracas

    Le gouvernement français a présenté à l’exécutif vénézuélien une proposition de rénovation du métro de Caracas qui intéresserait le groupe industriel Alstom et aurait un coût initial de 500 millions d’euros. De sources diplomatiques, ce projet a été présenté le 30 septembre à la demande des autorités vénézuéliennes. La France propose une modernisation complète de la voie ferrée de la ligne 1 du métro ainsi que l’ajout de 10 trains de nouvelle génération qui permettrait une augmentation du service de 30 %. L’offre inclut aussi un plan de financement, des améliorations du service et des transferts de technologie (en ouvrant un Institut ferroviaire d’Amérique latine pour former localement des techniciens et des ingénieurs). La rénovation de la ligne 1 a suscité l’intérêt de plusieurs entreprises, dont Alstom qui a déjà participé à sa construction. Le métro de Caracas est utilisé chaque jour par 1,5 million de personnes.

  • le Topo va devenir le métro de Saint-Sébastien

    En 2013, devraient s’engager les travaux de transformation de la ligne métrique dite Topo, en un axe de métro de l’agglomération de Saint-Sébastien. L’ingénierie et le projet définitif seront connus dans quelques jours. Il s’agit de construire une boucle souterraine de 4,35 km pour desservir l’hypercentre, de mettre à double voie le plus possible de ce qui fut une ligne secondaire, de stimuler l’intermodalité par une gare d’échanges avec la Renfe à Riberas Loiola et par une desserte de l’aéroport de Fontarabie. Ainsi, à l’horizon 2017, le Topo devenu « MetroDonosti » transportera 24 millions de voyageurs, contre 7 aujourd’hui et s’étendra sur 24 km. Coût des travaux : 700 millions d’euros, dont 200 pour la partie centrale, à financer par le gouvernement basque et l’exécutif de la province de Saint-Sébastien.

  • Alstom électrifie le réseau de Grenade

    Alstom Transport et son partenaire espagnol Inabensa ont signé un contrat de 16,4 millions d’euros avec le gouvernement de la communauté autonome d’Andalousie pour l’électrification du réseau de tramway de Grenade (15,9 km de lignes pour 26 stations). D’ici juillet 2011, Alstom installera 35 km de caténaires ainsi que 7 sous-stations de traction, pour 9,8 millions d’euros. Ces travaux qui, pour Alstom, font suite en Espagne à ceux du tramway de Barcelone, de Parla et de Murcie (à titre expérimental) seront menés par le centre d’innovation et de technologie de Linares. Spécialisé dans les domaines des infrastructures et de la signalisation pour les transports urbains ou suburbains et les lignes à grandes vitesses, ce centre Alstom sera également chargé des autres projets ferroviaires prévus par le plan d’infrastructures pour l’Andalousie pour la période 2007-2013.