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Étiquette : Réseaux

La LGV Est met le cap sur Strasbourg
Ce n’est pas un premier coup de pioche, mais plutôt un coup de pelleteuse qu’a donné, le 18 novembre, Hubert du Mesnil, prenant pour l’occasion les commandes d’un énorme engin de terrassement. Le geste du président de RFF a marqué le lancement officiel des travaux de la phase 2 de la LGV Est-européenne. « Ce démarrage des travaux est un symbole car cette deuxième phase est une promesse tenue : dire aux Alsaciens oui nous irons jusqu’à Strasbourg et nous le faisons. » L’opération a eu lieu jeudi 18 novembre dans la campagne de Steinbourg (Bas-Rhin), l’une des 63 communes concernées par ce futur tracé de 106 km à créer d’ici le printemps 2016 entre Baudrecourt, fin de la ligne actuelle, et Vendenheim, près de Strasbourg.
Les premiers trains Paris – Figueras le 19 décembre
Il n’y aura finalement qu’une semaine de retard sur la date annoncée en septembre pour la circulation des premiers trains France-Espagne sous le tunnel du Perthus. C’est le 19 décembre que rouleront les premiers trains, avec deux allers-retours quotidiens : au départ de Paris gare de Lyon, départs à 7h20 et à 15h20 pour des arrivées à Figueras-Vilafant à 12h47 et à 20h48. Au départ de Figueras-Vilafant à 11h06 et 15h02 avec des arrivées sur Paris à 16h41 et 20h41. Les TGV marquent l’arrêt à Nîmes, Montpellier, Narbonne, Perpignan et Gérone, et pour la poursuite jusqu’à Barcelone, la correspondance est assurée à Figueras, mais pas en TGV. Le gain de temps est cependant conséquent : 1h20 sur le trajet Paris – Barcelone. Une étape soulignée comme « historique » par la SNCF. Mais qui survient tout de même deux ans après la fin des travaux côté français…
Arc Express & Grand Paris : la synthèse selon Huchon
Jean-Paul Huchon a présenté le 15 novembre un projet de synthèse entre un Arc Express, complété à l’est et à l’ouest, et certaines des fonctions du métro du Grand Paris. Sous le nom d’Arc Grand Est (passant par la cité Descartes, Clichy-Montfermeil et rejoignant Le Bourget au nord), on retrouve une partie de la double boucle. Pour la desserte d’Orly, le conseil régional propose le prolongement de la ligne 7, moins coûteux que celui de la 14. Pour desservir Roissy, la concession de CDG Express passerait sous maîtrise d’ouvrage publique et deviendrait une ligne maillée. La desserte Massy – Saclay serait assurée par un bus à haut niveau de service (BHNS). L’ensemble des projets régionaux – prolongation du plan de mobilisation de 2020 à 2025 et sections du Grand Paris reprises en complément d’Arc Express – ferait passer la facture de 19 milliards environ à près de 30.
Débuts des travaux de la deuxième phase de la LGV Est
Les travaux de génie civil de la seconde phase de la LGV Est-européenne sont officiellement lancés ce jeudi 18 novembre. La ligne reliant Baudrecourt (Moselle) à Vendenheim (Bas-Rhin) sera longue de 106 km. Elle autorisera 320 km/h en vitesse commerciale Elle coûtera 2 milliards d’euros. Le temps de trajet entre Strasbourg et Paris sera de 1h50, soit un gain de 30 minutes. La nouvelle ligne doit être mise en service au printemps 2016.
Perpignan – Figueras pas prêt pour le 12 décembre
Deux ans après la fin des travaux en France, il n’y a toujours pas de trains dans le tunnel du Perthus. Enfin, il y a deux mois, Eiffage, membre de TP Ferro, le concessionnaire de Perpignan – Figueras, annonçait les premiers TGV au service d’hiver du 12 décembre. Mais voilà qu’un nouveau retard s’annonce pour des motifs assez futiles : des problèmes d’agendas ministériels chez nous (remaniement) et de nom de gare côté espagnol – après trois baptêmes, ce sera « Figueras-Vilafant ». L’autorisation de l’Araf devrait tomber peu après le 3e et dernier exercice de sécurité du 23 novembre. Alors, à quand les 2 allers-retours quotidiens (départs Paris 7h20 et 15h20, Figueras 11h09 et 15h05) ? Quant aux voyageurs qui voudront aller jusqu’à Barcelone, ce sera en « teuf-teuf », en attendant la LGV en 2012. La SNCF reste optimiste pour ouvrir les billets à la vente sous peu et voir circuler les trains avant la fin de l’année.
Mise en service de la ligne KTX Daegu – Busan en Corée
Après de nombreux retards, la ligne Daegu – Busan, longue de 128 km, a été mise en service. Section sud-est de la liaison à grande vitesse (KTX) Séoul – Busan, elle permet de relier les 417 km séparant ces deux villes en 2 heures 18, soit un gain de 22 minutes. L’opérateur Korail espère une hausse de la fréquentation de 27 %, de 106 000 à 135 000 voyageurs/jour. Deux autres lignes KTX sont en cours de construction : celle qui desservira Suseo, au sud de Séoul, à Pyeongtaek, dans la province de Gyeonggi, au nord de la capitale, dont l’achèvement est prévu pour 2014, et celle, longue de 264 km, qui courra vers le sud-ouest du pays à travers la province de Jeolla jusqu’à Mokpo, qui devrait être prête en 2017. D’autres lignes à grande vitesse sont à l’étude, dans le cadre d’un plan du gouvernement visant à rendre accessible en moins de 2 heures de trajet 95 % du territoire coréen, à l’horizon 2020.
La ligne vers la frontière vietnamienne est ouverte au fret au Cambodge
Depuis fin octobre, le fret ferroviaire circule sur la ligne entre Phnom Penh et Touk Meas, près de la frontière vietnamienne. Ce tronçon de 120 km fait partie du grand projet international de réseau panasiatique, qui consiste à relier d’ici 2013 le Vietnam à la Thaïlande par 650 km de lignes nouvelles ou reconstruites. Chiffré à 141 millions de dollars, ce grand projet a reçu 20,3 millions de dollars du Cambodge, 84 millions de dollars de la Banque asiatique de développement, 13 millions de dollars du Fonds de l’Opep pour le développement international, 21,5 millions de dollars de l’Australie et 2,8 millions de dollars de la Malaisie. C’est une entreprise australienne, Toll Global Logistics, qui a remporté le contrat de 30 ans pour l’exploitation et la maintenance de cette future artère internationale.
Les économies sur Crossrail pourraient retarder dun an le projet
Quoique « prioritaire » pour le DfT (ministère des Transports britannique), le projet londonien Crossrail n’échappe pas aux mesures d’austérité prises outre-Manche. Chiffré à 16 milliards de livres (18 milliards d’euros), ce projet de RER est – ouest, dont les travaux doivent commencer l’an prochain dans le centre de Londres, a récemment fait l’objet de modifications visant à en réduire le coût global. Déjà, l’étude portant sur la gare de Whitechapel a été entièrement refaite et la gare de Canary Wharf sera moins importante que prévu à l’origine. Mais il est en outre demandé aux ingénieurs où d’autres économies importantes seraient possibles. Autant de nouvelles études qui devraient reculer d’un an la date d’achèvement du projet, craint-on en interne. Actuellement, l’ouverture de Crossrail est prévue pour 2017.
Ouverture mi-décembre de LGV Madrid – Valence
La liaison ferroviaire à grande vitesse entre Madrid et Valence sera mise en service en décembre, a annoncé le ministère des Transports espagnols. La nouvelle ligne, de 438 km, réduira le trajet Madrid – Valence à 90 minutes environ, au lieu de 4 heures actuellement. Elle sera ouverte en deux étapes : la première section, de Madrid à Cuenca et Albacete, démarrera le 15 décembre, et la ligne de Cuenca à Valence trois jours plus tard Ce nouveau service permettra de relier aux lignes grande vitesse 21 villes espagnoles.

Eole : trois fois trois choix pour une ligne
TROIS TRACÉ POUR UN TUNNEL (voir carte)
1 De Haussmann-Saint-Lazare à La Défense, en suivant l’avenue des Ternes
A la sortie de Saint-Lazare, la ligne suivrait le boulevard Haussmann en longeant la ligne A du RER. Elle passerait au nord du palais des Congrès puis sous la Seine au nord du pont de Neuilly.
Comme il n’y a aucune gare entre Paris et La Défense, c’est le tracé le plus direct et le plus court, soit 7,8 km. Il offrirait donc le meilleur temps de parcours, six minutes, ce qui le rend attractif par rapport au RER A. Conséquence : il devrait avoir le meilleur impact en ce qui concerne le report de trafic du RER A vers le RER E. En revanche, par rapport aux deux autres hypothèses de tracés examinées, sans gare nouvelle dans Paris, il ne permettrait pas de desservir de nouveaux territoires dans la capitale et participerait moins au « maillage » des transports collectifs.2 De Haussmann-Saint-Lazare à La Défense par la porte Maillot
Le tracé est le même à la sortie de Saint-Lazare avant de rejoindre la porte Maillot. Là, une nouvelle gare, souterraine, serait créée, implantée entre le terre-plein central et le palais des Congrès. Après avoir longé l’avenue Charles-de-Gaulle à Neuilly-sur-Seine, elle franchirait également la Seine au nord du pont de Neuilly.
D’une longueur de 7,9 km, ce tracé permettrait d’avoir un temps de parcours relativement faible, 7,5 mn, également attractif par rapport au RER A. Autres atouts majeurs : grâce à la gare nouvelle, ce scénario permettrait de renforcer le maillage des transports collectifs en assurant des correspondances avec la ligne C du RER et la ligne 1 du métro. Elle desservirait également un quartier de Paris promis à un certain développement, structuré autour du palais des Congrès. Reste le coût de la gare nouvelle : environ 300 millions d’euros.3 De Haussmann-Saint-Lazare à La Défense par la porte de Clichy
A la sortie de Saint-Lazare, la ligne effectuerait une courbe en direction du nord pour se diriger vers la porte de Clichy. Elle rejoindrait La Défense en passant sous la Seine à la hauteur de l’île de la Jatte. Ce tracé serait le plus long des trois variantes étudiées, 9,4 km. D’où un coût plus élevé, un temps de parcours plus long, 8,5 mn, et un impact plus faible sur la décharge recherchée du RER A. Les contraintes techniques sont également estimées plus importantes.
Avec une nouvelle gare créée porte de Clichy, ce tracé mettrait le RER E en correspondance avec le RER C, la ligne 13 et la ligne 14 lorsqu’elle sera prolongée. Elle desservirait également le quartier Clichy-Batignolles où sera installée la future cité judiciaire de Paris.
Il existe toutefois des solutions alternatives pour la desserte de ce quartier, en particulier avec la station porte de Clichy de la ligne 14 prolongée. Et puis, les actuels trains directs entre Saint-Lazare et La Défense, puisqu’il y aurait des directs entre Haussmann et La Défense par la ligne E, pourraient s’arrêter à Pont-Cardinet et renforcer ainsi la desserte du secteur des Batignolles. Enfin, en dehors de la correspondance avec le RER C, ce tracé n’apporte pas d’autres correspondances que celles permises en gare d’Haussmann-Saint-Lazare. En fait, ce tracé dit « historique », qui était légitimé avant tout par la candidature de la France pour les Jeux olympiques de 2012, n’a plus le même intérêt.
TROIS SITES POUR LA GARE DE LA DÉFENSE1 Sous le Cnit
Placée à moins de 150 m du pôle d’échanges La Défense-Grande Arche, cette gare optimiserait au mieux les correspondances entre le RER E et les autres modes de transport en commun qui desservent ce vaste pôle d’échanges. Ce qui devrait permettre d’optimiser la décharge du RER A. En fonction de ses caractéristiques – distance par rapport à la gare existante, longueur des couloirs de correspondances, localisation des sorties sur le parvis… –, elle favoriserait également la réorganisation de ce pôle d’échanges et donc la gestion des flux de voyageurs. De quoi séduire en particulier la SNCF qui avoue sans détours sa préférence « comme exploitant. On est au plus près du cœur des transports », souligne Jacques Tribout. En revanche, son implantation serait complexe. C’est dû, en particulier, à son insertion dans un sous-sol occupé par de nombreuses infrastructures. Des études techniques détaillées seront nécessaires en vue de préciser son implantation exacte, si possible le plus près de la gare de correspondances, afin de limiter les couloirs.
Depuis la gare sous le Cnit, le tunnel rejoindrait la gare en surface de La Folie, suivant approximativement le boulevard de La Défense. Entre ces deux gares, la pente du tunnel serait de 4 %. Légèrement supérieure au maximum normalement admissible (3,6 %), cette pente est estimée acceptable pour le matériel roulant du fait de la courte distance. A titre de comparaison, la pente du tunnel du RER B est de 4,5 % sur 600 m entre les gares Saint-Michel-Notre-Dame et Luxembourg.2 Sous le boulevard circulaire
Cette gare serait en bordure du nouveau quartier du faubourg de l’Arche et à 360 m environ du pôle d’échanges La Défense. Elle desservirait un secteur comprenant de nombreux immeubles de bureaux existants ou en projet, actuellement moins bien desservis par les transports en commun. Globalement, cette localisation serait bénéfique pour les secteurs d’habitation situés au nord du quartier d’affaires de La Défense.
Parmi les handicaps, certains sont techniques : son positionnement sous un axe urbain en viaduc, près de la tour Phare, implique de nouvelles études pour vérifier sa faisabilité technique. D’autres tiennent à l’une des finalités essentielles du projet : son relatif éloignement du pôle d’échanges de La Défense pourrait affecter le report de voyageurs du RER A vers le RER E.3 Sous l’avenue Gambetta
A l’intersection entre l’avenue Gambetta et le boulevard circulaire, la gare se situerait à 550 m du pôle d’échanges de La Défense. Comme pour la gare précédente, son positionnement sous un axe urbain en simplifierait la construction. De même, sa localisation permettrait de mieux desservir le nord du quartier d’affaires, dans un secteur avec de nombreux immeubles de bureaux existants ou en projet, et notamment tout le secteur « Esplanade » actuellement desservi par la seule ligne 1 du métro, saturée dans cette station aux heures de pointe.
Contrepartie majeure : cette variante pourrait affecter les reports du RER A vers le RER E des voyageurs se rendant vers le secteur Grande Arche de La Défense, les correspondances étant estimées à plus de 10 mn. Quant à la pente du tunnel entre cette gare et celle de La Folie, elle serait de 3,8 %. Une pente, là aussi, « acceptable ».
TROIS VARIANTES POUR REJOINDRE LES VOIES VERS MANTES-LA-JOLIE
Pour raccorder la ligne Mantes-la-Jolie – Poissy – Saint-Lazare à la voie nouvelle à Nanterre et y franchir le faisceau de voies ferrées, trois variantes sont proposées.
1 Un saut-de-mouton, autrement dit un pont de chemin de fer au niveau du pont de franchissement de l’autoroute A6, dit pont de Rouen, qui devra être élargi. Ce pont de chemin de fer de 900 m permettrait de franchir le faisceau.
2 Un saut-de-mouton au niveau de la Seine. Ce pont de chemin de fer, d’une longueur de 650 m, se situerait au-dessus de la Seine sur le pont de la Morue et serait plus éloigné du quartier du « Petit Nanterre ».
3 Un terrier, passage souterrain sous les voies ferrées et sous l’autoroute A86. Ce souterrain ferrait 1 200 m de longueur. L’avantage, c’est l’insertion urbaine. L’inconvénient, une dégradation des performances d’exploitation, puisque la vitesse du RER E en provenance de Mantes serait réduite à 90 km/h, contre plus de 100 km/h pour les sauts-de-mouton, au sortir des voies Mantes-Saint-Lazare, ce qui nuirait à la capacité de la ligne, tant sur la ligne E du RER que sur le réseau SNCF de Paris-Saint-Lazare.
Dossier réalisé par François DUMONT et Pascal GRASSART