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Étiquette : Tramway

Montpellier inaugure simultanément les lignes 3 et 4 de son tramway
A la veille de leur mise en service, les lignes 3 et 4 du tramway de Montpellier sont inaugurées aujourd’hui, vendredi 6 avril. Leur arrivée représente 23 kilomètres de voies supplémentaires pour un montant total de 530 millions d’euros. Le réseau de tram qui a été totalement repensé pour accueillir ces nouvelles lignes permettra notamment de desservir les premières villes à proximité des plages. Les quatre lignes convergent toutes vers la gare Saint-Roch où un incident a d’ailleurs eu lieu ce matin deux rames s’étant accrochées suite à une erreur d’aiguillage. « Avoir un incident dans cette zone-là, qui est particulièrement complexe, était inévitable. La bonne nouvelle est que la marche à vue a permis d’éviter que ce soit grave », a indiqué Vincent Cordonnier, directeur général de Transamo.
Au total le tramway – qui pour ces deux nouvelles lignes arbore un habillage « haute couture » réalisé par Christian Lacroix – desservira désormais 7 communes en plus de Montpellier. Il sera connecté à 31 lignes de bus, 50 stations Vélomagg’, 25 stations d’autopartage Modulauto et plus de 23 km de pistes cyclables.Tram sur pneus : Caen attaque la société concessionnaire du TVR
Viacités, le SMTC de l’agglomération caennaise, a saisi le tribunal administratif le 28 mars d’une requête en référé-expertise en vue d’obtenir la désignation d’un expert judiciaire qui recensera les dysfonctionnements du système TVR et fournira les éléments techniques permettant de déterminer les responsabilités de la STVR. La société concessionnaire du tram sur pneus, la STVR, a en effet, selon Viacités, failli à sa mission de conception, réalisation et exploitation technique (maintenance pendant 30 ans) du système. Le constructeur promettait la pérennité et l’évolutivité du réseau, la fiabilité du matériel roulant et un SAV sans failles. « Force est toutefois de constater que très rapidement la réalité s’est révélée bien différente, précise le communiqué de Viacités. Problèmes chroniques de fiabilité, disponibilité insuffisante et en dessous des engagements contractuels, vieillissement accéléré de certaines pièces et des rames, arrêt de la fabrication du TVR dès 2002, fréquentation en baisse due à l’insatisfaction des usagers… » En décembre dernier, l’AO a été contrainte de décider du remplacement anticipé du TVR. Aujourd’hui, elle attaque la STVR.
Espagne : les réseaux de tramways andalous suspendus aux élections du 25 mars
Plusieurs réseaux de tramways des villes andalouses se trouvent dans une situation financière très délicate. Ce n’est pas le cas de Séville, mais de Grenade, Vélez Málaga ou Jaén. Pour eux comme pour Cadix et Málaga, c’est la Junta d’Andalousie qui exécute les travaux d’infrastructure et ses finances sont à sec : dirigé depuis longtemps par les socialistes, cet exécutif régional est soumis à élection le dimanche 25 mars, et les conservateurs du Parti populaire sont favoris. Or, ces derniers ont également remporté en mai 2011 les municipalités en cause, aussi les uns et les autres espèrent que ce scrutin régional éclaircira l’avenir de ces tramways : arrêté pour déficit à Vélez Málaga, achevé mais non mis en service à Jaén ou encore paralysé sur plusieurs phases du chantier en cours à Grenade. A Cadix, Málaga ou Séville, des accords devront être trouvés entre la Junta, propriétaire des infrastructures, et les municipalités exploitantes, toutes en grandes difficultés financières.
Appli mobile : par ici la sortie du RER
Disponible depuis deux ans pour s’asseoir dans la bonne voiture du métro et ainsi éviter d’avoir à remonter un quai bondé de voyageurs pour prendre sa correspondance ou la sortie, l’application Paris-ci la sortie (sur iPhone et sous Androïd) est désormais fonctionnelle également pour les trams T2 et T3 et les RER A, B et E. Spéciale Parisiens pressés, cette version 3.1 coûte 79 centimes d’euros et fonctionne même quand la connexion Internet est interrompue.
Bruxelles : la Stib passera à l’énergie verte le 1er janvier 2013
La Société des transports intercommunaux de Bruxelles (Stib) s’engage à alimenter ses dépôts et son siège social, ainsi qu’à faire rouler la totalité de sa flotte de trams et de métros à « l’électricité verte » à partir de 2013. L’entreprise de transports publics a signé un contrat avec la compagnie Electrabel GDF Suez pour deux ans. D’après la Stib, la négociation de ce nouveau contrat va lui permettre de réaliser une économie substantielle sur le coût unitaire de l’énergie de l’ordre de 11 à 16 % par rapport aux prix de 2011/2012.

Les usagers deviennent correspondants qualité à Toulouse
Tisséo, l’opérateur public des transports en commun de l’agglomération toulousaine, vient de lancer une nouvelle forme de mesure de la qualité, à partir de retours réguliers d’usagers, dans le cadre du projet européen Enerqi. C’est pour l’instant le seul français, aux côtés des réseaux européens partenaires de Lisbonne, Athènes, Lancashire, Plovdiv, Graz, Alba Iulia et Breda. Tisséo a commencé à recruter début février 300 correspondants qualité parmi les voyageurs de ses lignes (métro, tram et 20 lignes de bus). Le recrutement s’est fait par la presse, le site et les réseaux sociaux, avant d’aller chercher, si nécessaire, des usagers sur les lignes avec le moins de correspondants. Chaque usager volontaire répondra chaque mois sur Internet à un questionnaire sur une ligne spécifique.
Tisséo espère recueillir au minimum 10 observations par ligne et par mois pour avoir une première tendance. Certaines questions seront communes à tous les réseaux pour permettre un comparatif. « Ce sont des questions entre la démarche qualité et l’enquête satisfaction, explique Marie Fourcade, chargée des enquêtes à Tisséo.âDes critères objectifs comme la ponctualité, l’information, la propreté ou l’accessibilité, et des impressions plus qualitatives sur le déroulement du trajet et les améliorations à apporter. » La base de données européenne avec des dizaines de milliers d’observations permettra toute sorte d’analyses et surtout d’intervenir en temps réel pour améliorer le service. L’expérimentation durera jusqu’en mars 2013 et sera étendue à d’autres réseaux en cas de succès. Avec une interrogation : les correspondants, non rémunérés mais gratifiés ponctuellement de bons-cadeaux, seront-ils suffisamment assidus sur la durée ?
Catherine Sanson-Stern
Espagne : mesures d’austérité pour les tramways de Barcelone
A la demande de l’autorité des transports de la métropole de Barcelone, Tram (les réseaux de tramways de la ville) s’engage à réduire de 35 % les coûts d’exploitation des lignes Trambaix (au sud-ouest de l’agglomération) et Trambesos, au nord-est, où est à l’œuvre un PPP associant notamment des capitaux français (BNP et Alstom). 10 millions d’euros pourraient être économisés, en réduisant de 25 % la journée de travail des traminots, et donc le service offert aux usagers avec des intervalles désormais de 20 mn, et/ou en supprimant la ligne 6 du Trambesos qui couvre le trajet Sant Adria – Gorg.

Tramway : sortie de la première rame du prolongement du T3
Porte de Pantin, le 7 février, la première rame destinée au prolongement du tramway T3, de la porte d’Ivry à la porte de la Chapelle, a fait sa première sortie. Si la majeure partie des choix techniques et d’aménagement du matériel déjà en circulation sur les Maréchaux Sud sont reconduits, certaines évolutions sont perceptibles, liées au retour d’expérience : l’espace intérieur est réagencé pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite, les écrans d’annonce sont redimensionnés à l’intérieur des rames pour être plus lisibles, les boutons d’ouverture des portes et des systèmes de validation sont abaissés pour une meilleure accessibilité. Et puis, sur la partie supérieure, la frise Stif et sa couleur vif-argent ont été apposées, ainsi que le logo de l’autorité organisatrice. Pour ce prolongement, deux rames ont déjà été reçues sur les 25 prévues pour ce parc. Les prochaines seront livrées à partir de mars au rythme de deux par semaine jusqu’en juin.

Construire un tramway sans mettre la ville en chantier
Partout en France les villes se métamorphosent en faisant passer des tramways dans leur centre-ville. Mais avant de bénéficier de ses bienfaits, le tram engendre des nuisances pour les riverains et les commerçants des quartiers traversés, et au-delà en perturbant la circulation. Ces gênes sont d’intensité variable selon la période du chantier, les choix faits par le maître d’ouvrage, l’organisation et les aléas rencontrés… « La problématique chantier n’est pas propre au tram, mais elle prend une acuité particulière dans ce cas, indique Dominique Bertrand, directeur d’études « insertion urbaine des transports collectifs » au département voirie, espace public du Certu, vu l’importance des chantiers en cause (durée dans le temps, étalement dans l’espace avec des linéaires importants et des réaménagements de façade à façade), leur nature (pose de voie ferrée, de multiples équipements, réfection de chaussées, etc.), qui n’en facilitent pas le phasage, sans oublier les travaux préparatoires tels que la déviation des réseaux. Il y a généralement de très nombreux intervenants, qui nécessitent une grosse coordination de la part des maîtres d’œuvre. »
Planification, coordination
Une planification très en amont et une coordination très fine de tous les acteurs sont essentielles pour que le chantier, qui dure plusieurs années, se passe le mieux (ou le moins mal) possible. « Quand c’est bien préparé, ça se passe bien, même dans les cas extrêmes qui peuvent se produire, car tous les chantiers ont leurs aléas et difficultés, explique Patrick Cirelli, chef d’agence grands chantiers France au sein d’Eurovia Travaux ferroviaires. On réussit un projet quand on travaille dans un bon partenariat entre entreprises maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage. Je me souviens de certaines rues de Lyon si étroites que les travaux du tram empêchaient totalement l’accès aux voitures des riverains. Mais, grâce au travail exemplaire du maître d’ouvrage et du maître d’œuvre, cela s’est bien passé. »
La fonction clé est l’OPC, pour « ordonnancement, pilotage et coordination » (ou organisation-planification-coordination selon les interlocuteurs). « Sur chacun de nos chantiers, on a une fonction OPC occupée par un ingénieur, partenaire de la même fonction OPC chez le maître d’œuvre, décrit Patrick Montel, directeur de l’agence Voies ferrées urbaines de Colas Rail, qui devait achever récemment de nombreux tramways en région parisienne et en France (prolongement du T3 Porte-d’Ivry – Porte-de-La Chapelle, T7 Villejuif – Athis-Mons, Dijon, Lyon, Angers, Reims…). L’OPC est le relais entre les villes, la maîtrise d’œuvre et les équipes chantiers. Il participe à l’élaboration des dossiers d’exploitation (qui comprennent le descriptif du chantier avec le barriérage, les déviations, les panneaux, etc.). On y associe des planifications avec des programmes hebdomadaires, les demandes d’arrêtés de circulation… On transmet à l’OPC de la maîtrise d’œuvre, qui consolide nos demandes avec celles des autres entreprises, puis on va les présenter aux services de voirie. » Lors de la fermeture de rues, il faut que la communication sur les itinéraires de déviation ait été faite en amont, ou cela peut tourner au fiasco. « Quand les camions arrivent avec les rails et bloquent les rues, ça se passe très bien si on a anticipé, témoigne Patrick Montel. Mais si l’itinéraire de déviation n’est pas fait correctement et qu’on bloque une artère importante sans que cela ait été prévu, c’est catastrophique. »
Le 26 octobre dernier, par exemple, la finalisation des travaux de la ligne 3 du tram de Montpellier a provoqué cinq heures d’embouteillage avec, selon le journal local, « des pompiers et des ambulances bloqués, et des milliers d’automobilistes qui se sont retrouvés dans une situation invraisemblable. » Midi Libre pointe les erreurs qui ont aggravé cette « panade automobile » : « un tractopelle à l’abandon, des signalisations de chantier incohérentes, ou encore l’absence surréaliste d’agent de régulation ». Le directeur des projets tramway à la TAM, Laurent Carrère, justifie que « la programmation de travaux avait été décidée pendant les vacances scolaires pour bénéficier de la baisse de la circulation générale, mais qu’un problème de circulation sur l’autoroute a généré des reports de circulation sur les voiries autour ».âDe nombreuses voix, dont le site indépendant « Tramway de Montpellier », s’élèvent pourtant pour dénoncer un laisser-aller général. Un ingénieur ayant travaillé sur les trams de Montpellier, Strasbourg et Reims évoquait dans L’Union (Reims) « un chantier complètement désorganisé à Montpellier ». Robert Subra, élu en charge des travaux du tram, reconnaissait lui-même après une visite du chantier de Dijon que les entreprises montpelliéraines feraient bien de prendre exemple…Charte de chantier à nuisances maîtrisées
Pour s’assurer que les choses vont se passer au mieux, avec un impact limité pour l’environnement, des chartes de chantier contractuelles sont de plus en plus souvent imposées par les maîtres d’œuvre. « La charte de chantier à nuisances maîtrisées est mise en place avec le dossier d’exploitation, indique Hervé Abjean, directeur de projet en maîtrise d’œuvre de tramway chez Systra. A Tours, c’est un document de 300 pages qui est contractuel vis-à-vis des entreprises. Cela a toujours existé, mais c’est davantage mis en avant aujourd’hui, avec une réelle prise de conscience de l’impact sur la ville. » Car le souci des riverains s’est accru ces dernières années et ce dès la conception des chantiers. « Le riverain a de plus en plus de poids dans les chantiers de travaux, confirme Patrick Cirelli d’ETF. Avant, les maîtres d’ouvrage en tenaient moins compte. »
A Toulouse, le règlement de chantier a été prévu pour la ligne Garonne après le retour d’expérience de la première ligne. « Sur la ligne T1, il n’y avait pas suffisamment de réactivité, se souvient Sophie Gérardot, responsable du pôle médiation à la Smat, le maître d’ouvrage. Les entreprises négligeaient les aspects riverains, avec certains cheminements piétons pas respectés ou des chantiers sales. Elles finissaient souvent par rectifier, mais cela prenait du temps, alors qu’il aurait fallu que cela soit fait dans l’heure. Les problèmes se réglaient quand les médiateurs étaient là, mais ils ne pouvaient pas être partout. » Le nombre de médiateurs a augmenté. Des délais de deux heures à deux jours ont été imposés pour les différents manquements (concernant les clôtures, la signalisation, les emprises ou les cheminements piétons), en fonction du niveau d’impact et de risque. Des pénalités sont prévues pour non-respect des règles : par exemple, 1 500 € en cas de mise en place ou changement d’emprise sans information préalable, de non-respect des créneaux horaires imposés pour certaines activités ou pour les livraisons de matériaux.Modifier la circulation et les habitudes
Le fait que le tramway passe dans des rues très fréquentées des centres-villes, des axes structurants avec une forte densité urbaine et commerçante pose des problèmes spécifiques qui impliquent la mise en œuvre de dispositifs de contournement de la circulation préparés très en amont. Il faut prévoir de maintenir les déplacements à plusieurs échelles, décrit Dominique Bertrand, du Certu : « Maintenir des circulations de transit et d’échange au niveau de l’agglomération ; maintenir des dessertes locales, notamment des équipements collectifs majeurs (hôpitaux, établissements d’enseignement, universités, services administratifs, etc.), avec des impératifs de sécurité et de facilité d’accès ; maintenir des accès riverains tant pour les résidents que les commerces (avec la problématique particulière des livraisons) et les services de proximité. Sans oublier la continuité des services urbains (ordures ménagères, transports publics, etc.) »
Certaines entreprises comme Eurovia Travaux ferroviaires prévoient un agent de circulation dédié pour chaque front de travaux ouvert : un « homme-trafic » qui s’assure du maintien des accès pour les riverains, les camions poubelles, les livraisons, etc. Les déviations de circulation à grande échelle peuvent avoir des effets pervers sur les itinéraires de report. C’est l’occasion pour les agglomérations de réduire la place de la voiture en favorisant les modes alternatifs. « Nous avons réorganisé le réseau de bus pour qu’il ne soit pas paralysé dans les travaux, explique André Gervais, adjoint au maire de Dijon et délégué au Grand Dijon sur le projet tram. On a mis au point un itinéraire de contournement et de substitution pour aller dans le centre-ville. On a aussi encouragé le développement d’autres modes comme le vélo avec de la location longue durée. »
A Nice, qui a peu de grandes artères, la direction des transports de l’agglomération et l’exploitant ST2N, filiale de Veolia-Transdev, ont décidé un réseau provisoire de transports en commun très en amont. « On a fait beaucoup de réunions (avec la voirie de la ville, la police, le chantier…) et des essais, décrit Patricia Leroy, responsable de la communication de ST2N. C’est un vrai travail logistique de détourner les voies. Une fois qu’on a trouvé le meilleur réseau, on fait une campagne d’explication. Puis, dès qu’on reçoit une information du chantier sur une coupure de bus, on trouve des détournements ponctuels et on fait une information aux poteaux d’arrêt. »
Les maîtres d’ouvrage souhaitent une communication homogène sur l’ensemble des travaux du tram, avec une même charte graphique. Ils confient parfois cette tâche aux entreprises en charge des travaux, dans le cadre d’allotissements groupés. Mais cela n’est pas toujours correctement effectué. A Toulouse, l’expérience de la ligne 1 a amené le maître d’ouvrage à prendre des mesures. « La ligne 1 a subi un manque de coordination des entreprises sur la signalisation, regrette Marie-Hélène Laffont, directrice de communication de la Smat. Sans règlement de chantier, elles ne respectaient pas la charte graphique. » Le nouveau règlement de chantier applicable sur les lignes à venir devrait encadrer davantage cet aspect.
A Montpellier aussi, on est conscient des insuffisances, et la TAM souhaite y remédier. « Nous devons améliorer le balisage et la signalisation, reconnaît Laurent Carrère, responsable du projet de ligne 3, peut-être en les incluant dans un marché de services et non de travaux. Il faut arriver à une conception plus professionnelle du balisage. Au lieu de dire aux entreprises de mettre tel panneau à tel endroit, on confierait l’ensemble de la signalisation à une entreprise spécialisée chargée de concevoir les itinéraires. »Dès les travaux de déviation de réseau
Avant même les travaux du tramway proprement dits, ce sont les déviations de réseau qui chamboulent la vie des quartiers. « Un projet tram, c’est complexe, souligne Hervé Abjean, de Systra. Les travaux se font dans des villes anciennes où beaucoup de réseaux sont mal connus : on sait que les réseaux sont à peu près à tel endroit, mais dans quel état ? Quand on le découvre, on a déjà commencé à impacter l’environnement… »
Parfois, ces déviations préparatoires posent d’énormes problèmes techniques et créent des retards, comme à Nice. « Le gros des nuisances est venu de la période de déviation de réseaux qui a duré 12 à 18 mois dans un secteur très dense, explique Didier Clavel, responsable de la communication du tram pour la communauté urbaine Nice-Côte d’Azur. Le tracé du tram était au-dessus de voiries avec des gros collecteurs d’eaux pluviales et des égouts datant d’une centaine d’années. Dans certains secteurs, on a rencontré de grosses difficultés (de l’amiante ou des réseaux à refaire avec une complexité technique mal anticipée), ce qui a entraîné retards et arrêts de chantier. On a cumulé sur des axes majeurs déjà saturés qui supportaient les plus grosses lignes de bus des grosses déviations de réseaux et des problèmes techniques ! Cela a donné le ton des cinq ans de chantier… » Pour la prochaine ligne, le nouveau maire a souhaité un projet « moins pénalisant pour les riverains et les commerçants », en traitant une partie du centre-ville (3 km) en souterrain.
Aller de plus en plus vite
La tendance est de faire les chantiers de tramway de plus en plus vite. « Un tramway qu’on faisait en trois ans il y a une vingtaine d’années se fait en un an aujourd’hui », témoigne Patrick Cirelli, d’Eurovia Travaux ferroviaires, qui réalise les deux tiers des trams français en cours (Montpellier, Marseille, Nice, Brest, Le Havre, Dijon, Lyon et quatre en région parisienne) et a commencé il y a plus d’une vingtaine d’années à Nantes et Grenoble. « Nous sommes soumis à des exigences de planification très tendues, confirme Patrick Montel, de Colas Rail. Cela nous amène à concevoir des systèmes de pose des voies ferrées plus rapides, avec des composants préfabriqués incorporant voie et revêtement. » Plus onéreuses, ces techniques permettent par exemple de franchir rapidement des carrefours, ce qui est crucial en région parisienne. Pour quelques dizaines de milliers d’euros de plus, on réduit à une semaine des travaux qui se seraient faits en deux mois. « Cela se justifie pour traverser la porte de Bagnolet, à Paris, où il faut aller le plus vite possible, explique Patrick Montel, mais pas dans des agglomérations plus modestes où on est capable de faire des déviations. » Pour gagner du temps, ETF a utilisé des panneaux préfabriqués de 18 m de long, montés à l’aide d’un portique. Cela a permis de placer 700 m de voie en une seule journée à Lyon, 450 m à Toulouse ou à Valenciennes. « C’est une des méthodes qu’on emploie quand le chantier doit être livré dans des délais contraignants, explique Patrick Cirelli. Mais pour l’utiliser, il faut des accès, des lieux de stockage et plusieurs centaines de mètres de plateforme devant soi. » Cependant, l’accélération des chantiers a ses limites. « Nous alertons parfois les maîtres d’ouvrage sur les limites de la réduction des délais, souligne Patrick Montel. Que vaut un gain de temps par rapport à la vie ou l’intégrité physique de nos employés ? »
Limiter les nuisances en temps ou en intensité ?
La durée et l’intensité des nuisances sont des variables que chaque maître d’ouvrage évalue en fonction de ses nécessités propres. « Le dilemme est soit de tout bloquer et d’aller vite, soit de bloquer moins mais en allant moins vite », explique Hervé Abjean, qui travaille pour Systra sur le tram de Tours, après celui de Saint-Etienne entre 2002 et 2005. « A Saint-Etienne, on a bloqué complètement 600 m de rue pendant six mois pour éviter de gêner deux fois plus longtemps, raconte-t-il. A Tours, on refait tout de façade à façade, mais en maintenant l’accessibilité pour les riverains, les commerçants et les livraisons. Dès la conception des plannings, le choix a été fait de permettre à la ville de continuer à vivre pendant les travaux en misant sur les transports en commun et d’arrêter les chantiers à certaines périodes clés comme la rentrée scolaire, la braderie ou les fêtes de fin d’année. »
Laisser (ou pas) au maximum l’accès aux riverains durant le chantier est une décision politique. « C’est un choix des maîtres d’ouvrage et des villes, et souvent le résultat de consultations publiques, explique Patrick Montel, de Colas Rail. Les grosses villes sont plus habituées aux travaux, mais aussi plus sensibles aux blocages. Les plus petites préfèrent faire beaucoup de travaux dans un laps de temps plus court. C’est aussi très lié aux intérêts politiques : dans une très grande ville, l’élection ne se joue pas sur la réussite d’un projet de tramway, alors que dans les villes plus petites, cela peut être le cas. » Pour aller vite, il faut ouvrir plusieurs fronts simultanément. Au Havre, la volonté d’une mise en service symbolique, le 12 décembre 2012 (12-12-12), après un lancement du chantier mi-2010, impose un timing serré. Du coup, les travaux se passent partout en même temps : porte Océane, Grand Stade, entrée de ville, ponts (Tancarville, Normandie), rocade Nord…
A Dijon, il a été décidé de faire deux lignes simultanément. « Cela nous permet d’avoir dès le départ un réseau complet avec des correspondances », explique André Gervais, délégué au Grand Dijon sur le projet tram. Pour ce faire, le chantier a été divisé en trois lots d’un tiers du tracé, attribués à trois groupements d’entreprises pilotés par Eurovia, Eiffage et Colas Rail. Cela a permis d’ouvrir une douzaine de fronts simultanés. Mais attention ! Si l’organisation est défaillante, cette pratique peut être contre-productive. « On avait ouvert plusieurs fronts sur la ligne 1, et parfois des chantiers se retrouvaient sans ouvriers, reconnaît Didier Clavel, de la communauté urbaine Nice-Côte d’Azur. Pour la prochaine ligne, on sera plus vigilants sur l’enchaînement des tâches, pour ne pas avoir de temps morts. »
Dossier réalisé par Catherine Sanson-Stern, avec Richard Goasguen et Hubert HeulotUne communication essentielle
Pour faire passer la pilule de chantiers très impactants, une bonne communication est capitale. Elle doit prendre plusieurs formes pour remplir son objectif de faire comprendre aux habitants l’intérêt des travaux et les aider à les supporter au quotidien : réunions publiques, maisons du tram, médiateurs, courriers, site Internet, mails, SMS, rendez-vous réguliers pour les riverains…
A Brest, cet aspect a été considéré comme prioritaire car le chantier du tram était aussi l’occasion du plus grand projet de renouvellement urbain depuis l’après-guerre. Entre fin 2006 et fin 2012, 373 millions d’euros ont été provisionnés pour la communication, soit 1,5 % du budget global. A partir de la phase chantier, neuf personnes ont été recrutées spécialement pour la communication par la SemTram (groupement d’entreprises agissant pour Brest Métropole océane pour la construction du tram) : deux pour la communication globale et sur le chantier de proximité, deux pour l’espace info-tram, quatre médiateurs pour 14 km, plus la responsable. Auxquels s’ajoutent de très nombreux prestataires extérieurs (agences de communication, Web, relations presse, agence 3D…). Sur l’espace info-tram de 350 m², un simulateur dans une maquette 3D rencontre beaucoup de succès. « Entre 2006 et 2007, nous sommes passés de 50 à 61 % d’adhésion au projet, se félicite Sterenn Grall, directrice de la communication du projet à la SemTram. Nous sommes à 70 % aujourd’hui. Au début, on a eu des revendications, des plaintes sur les difficultés du quotidien. A partir de décembre 2010, avec l’inauguration de la rue de Siam devenue piétonne grâce au tram, on a eu un basculement de l’opinion. » Pour pousser les habitants à s’approprier le futur tram, la participation a été suscitée à toutes les étapes, pour choisir la couleur ou le design des rames. Elaborés par des conseils de quartier, les noms des stations ont fait l’objet d’une consultation par Internet.
Au Havre, la Codah, maître d’ouvrage, a joué la carte de la proximité : « Avant les travaux, les élus ont multiplié le porte-à-porte, raconte Laurent Ronis, directeur de cabinet à la communauté d’agglomération. Pour les riverains, ont été organisés une dizaine de ‘‘cafés tram’’ (avec 40 à 100 participants) et des ‘‘rendez-vous du tramway’’ (avec 250 personnes en moyenne). Huit ambassadeurs du tramway ont aussi sillonné les quartiers au quotidien. »Suisse : bientôt le Wifi sur les lignes à Bâle
A partir de fin février, les transports publics bâlois vont tester le Wifi sur leur réseau urbain. Pendant plusieurs mois, un bus Citaro et un tram Combino des BVB vont offrir un accès Wifi à leurs passagers. En se connectant au réseau de leur partenaire Swisscom, les usagers pourront surfer gratuitement sur Internet. Il leur suffira de s’enregistrer préalablement pour recevoir un code d’accès par SMS. Si l’expérience est concluante, elle sera étendue à l’ensemble de la flotte des BVB. Sur le rail, les CFF ont déjà équipé 75 voitures d’un hotspot pour permettre aux voyageurs de rester connecté pendant leur trajet. Cette offre est déjà en service sur les lignes Zurich – Berne – Thoune et Lausanne – Genève. Elle sera bientôt étendue à d’autres relations. Enfin, après une expérience réussie sur son réseau valaisan, CarPostal compte proposer ce service sur une grande partie de ses véhicules.
T.-P. G.