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Étiquette : transports

Allemagne : du nouveau dans la Ruhr
Les contrats d’Abellio attribués provisoirement
Abellio Rail NRW, qui exploitait plusieurs contrats dans la Ruhr pour le compte des autorités organisatrices de transports de la région Rhin-Ruhr (VRR), de West- phalie-Lippe (NWL), de Hesse du Nord (NVV), de la région Ruhr- Lippe (ZRL) et de Westphalie du Sud (ZWS) a été déclaré en faillite en décembre 2021. Dès le 14 décembre 2021, ces autorités ont décidé d’attribuer des contrats provisoires pour la période du 1er février 2022 au 9 décembre 2023 à trois opérateurs DB Regio NRW, National Express et Vias Rail GmbH, pour assurer les relations exploitées par Abellio Rail NRW. DB Regio s’est vu attribuer les relations du S-Bahn Rhin-Ruhr S2 Dortmund Hbf – Herne – ghausen Hbf/Essen Hbf, S 3 Oberhausen Hbf – Hattingen, et S 9 Hagen Hbf – Wuppertal Hbf – recklinghausen Hbf/Haltern am See, ainsi que les relations Ruhr-Sieg RE 16 Essen Hbf – Bochum Hbf – Hagen Hbf – Letmathe – Iserlohn/ Siegen Hbf, RB 46 Bochum Hbf – Wanne-Eickel Hbf – Gelsenkirchen Hbf et RB 91 Hagen Hbf – Letmathe – Iserlohn/Siegen Hbf.
National Express a repris les relations Rhein-Ruhr-Express (RRX) RE 1 Aix-la-Chapelle Hbf – CologneHbf-EssenHbf-Hamm (Westphalie) Hbf et la relation RE 11 Düsseldorf Hbf – Essen Hbf – Dortmund Hbf – Hamm (West- phalie) Hbf – Cassel-Wilhelm- shöhe.
Vias Rail a obtenu les relations Niederrhein-Netz RE 19 Rhein- Ijssel-Express Düsseldorf Hbf – Emmerich – Arnhem CS, RE 19a (ex-RB32) Bocholt – Wesel, et RB 35 Mönchengladbach Hbf – Wesel, ainsi que la relation S 7 Solingen Hbf – Wuppertal Hbf. Durant cette période transitoire des nouveaux appels d’offres ont été lancés, induisant pour certaines relations à nouveau des changements d’opérateurs au 10 décembre 2023.
VIAS Rail GmbH étend son réseau
Vias GmbH, basé à Francfort-sur- le-Main et détenu à 50 % par le groupe R.A.T.H. et à 50 % par Rurtalbahn GmbH, et Vias Rail GmbH basé à Düren et détenu à 100 % par le groupe R.A.T.H. exploitent des trains régionaux en Allemagne sous la marque Vias. Ruhrtalbahn GmbH est détenu à 74,9 % par la Holding R.A.T.H. et à 25,1 % la Beiteiligungsgesell- schaft Kreis Düren (ex-Dürener Kreisbahn). Sous la marque Vias sont exploitées:
- depuis le 11 décembre 2005 et jusqu’au 11 décembre 2027 les relations Odenwaldbahn RE 85 Francfort-sur-le-Main Hbf – Hanau Hbf – Erbach (Odenwald), RB 86 Hanau Hbf – Groß-Umstadt Wiebelsbach, RE 80 Darms- tadt Hbf – Erbach (Odenwald), RB 81 Darmstadt Hbf – Eberbach et RB 82 Francfort-sur-le-Main Hbf – Darmstadt Nord – Erbach (Oden- wald) et ce avec 35 automotrices diesels à deux caisses, dont 26 Itino VT100 (série 615), quatre Lint 54 H VT200 (série 622.2), et cinq Lint 54H VT220 (série 622.3)
- depuis le 12 décembre 2010 la relation Rheingau Linie et ce jusqu’au 11 décembre 2038 RB 10 Francfort-sur-le-Main – Lorch – Coblence Hbf – Neuwied, et jusqu’au 11 décembre 2027 la relation Pfungstadtbahn RB 66 Darmstadt Hbf – Pfungstadt. Vias GmbH utilise sur la RB 10 19 automotrices électriques Flirt, dont cinq à trois caisses ET300 (série 427.1) et 14 à quatre caisses (série 428.1), et Vias Rail GmbH sur la RB 66 des Itino et des Lint 54H engagés également sur les relations Odenwaldbahn.

Suisse : les CFF s’approprient et défrichent l’automatisation
Les CFF ,en collaboration avec Alstom, ont effectué des essais de téléconduite d’une Aem 940 (voir Rail Passion n° 264) évoluant sur le site de Zurich Müllingen, un ancien triage fermé en 2014 par CFF Cargo et depuis réutilisé par CFF Voyageurs. Selon les CFF, ces tests réalisés en environnement « ouvert », en l’occurrence un faisceau de voies toujours en exploitation, constituent une première au niveau européen. Ces courses ont permis de s’assurer que des opérateurs pouvaient à distance, dans le cadre d’une exploitation automatisée (ATO GoA4), faire se mouvoir un convoi (en fait, un scénario théorique, car l’Aem 940 était seule) en détresse vers une zone de remisage adaptée.
Le système utilisé est celui développé par Alstom, avec un pupitre de commande déporté qui a été mis en œuvre par 24 collaborateurs (conducteurs et agents de manœuvre) issus des divisions Infrastructure, Cargo et Voyageurs des CFF. Les écrans vidéo associés leur ont permis de tenir compte du parcours, des signaux et de possibles obstacles filmés par les caméras équipant la locomotive et retransmis (avec redondance via la connectivité 4G/5G de deux fournisseurs publics) en temps réel. Se trouvaient cependant à bord de l’Aem 940 029 (utilisée en modes électrique et thermique – commutation dynamique possible) un conducteur et un responsable d’essai afin de veiller à la sécurité opérationnelle et de parer à toute éventualité. La vitesse maximale autorisée était de 30 km/h.En plus de la « simple » démonstration de faisabilité technique, une attention particulière a été apportée au ressenti et à l’interaction des « utilisateurs » vis-à-vis du et avec le système. Des commentaires, plutôt variés mais utiles pour les développements à venir, ont été récoltés alors que le « facteur humain » a fait l’objet d’une évaluation spécifique. L’impact dudit facteur et la manière dont les participants ont pu se projeter dans la réalité durant les tests, ont ainsi été étudiés par le DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt ou Centre allemand, pour l’aéronautique et l’aérospatiale), fort d’une longue expérience en exploitations automatisées.
Les CFF mettent clairement en avant que l’introduction de trains autonomes de voyageurs ne constitue pas pour eux une priorité. En revanche, ils considèrent que le recours à un système de télécommande peut à terme être pertinent pour des chantiers ne nécessitant que des mouvements courts et peu nombreux ou dans le cadre de garages et de dégarages de rames voyageurs. Cette option faciliterait alors les prises et les fins de service des conducteurs, tout en diminuant les risques encourus dans les faisceaux. L’opérateur précise cependant que de nombreux développements techniques sont encore requis et que des processus opérationnels ainsi que réglementaires (au niveau européen) devront être adaptés, préalablement à toute application concrète.
En fait, la démarche des CFF (menée dans le cadre du programme Horizon- Europe « Europe’s Rail Innovation Pillar ») (1) est à ce stade exploratoire. L’entreprise ferroviaire cherche à défricher le corpus normatif européen et à s’assurer de son applicabilité en Suisse, mais aussi à acquérir des compétences en matière d’interactions homme- nouvelles technologies. Ses investigations permettront de rédiger des rapports (intermédiaire et final) qui seront mis à disposition de l’Office fédéral des transports (OFT). Au niveau international, la version publique du rapport final servira à spécifier les requis suisses en matière de commande à distance, à prendre en compte lors de la définition des normes européennes.
L’agenda « ATO » des CFF porte à court terme sur des essais d’accélération et de freinage automati- sés en transport de marchandises (2025), de démarrage automatique des trains (2024/2025) et d’assistance à la perception de la signalisation et des obstacles (2024/2025).

Bulgarie : et sept Kiss commandés à Stadler
Le ministère bulgare des Transports et des Communications a sélectionné le 4 avril Stadler Rail pour la fourniture de sept automotrices électriques à deux niveaux de type Kiss aptes à 200 km/h et d’une capacité de 300 places assises destinées à l’opérateur voyageurs BDŽ PP.
La commande, d’un montant de 154,2 millions d’euros, comporte leur maintenance pour 15 ans. Un précédent appel d’offres avait été annulé, car seul Vossloh Rolling Stock filiale du groupe chinois CRRC y avait répondu, et que la commande était financée en partie avec des fonds du plan de résilience bulgare qui devaient être dépensés avant août 2026, ce qui a poussé Vossloh Rolling Stock à retirer son offre. Fabriqués en Pologne par Stadler Polska, ces Kiss devraient être tous livrés d’ici juillet 2026.

Un réseau gratuit et des investissements records pour les transports de Montpellier
Depuis le 21 décembre 2023, les 500 000 habitants de la métropole de Montpellier voyagent gratuitement sur les bus et les tramways. Une facilité qui s’accompagne de très lourds investissements pour de nouveaux matériels et de nouvelles lignes.
La mesure faisait partie du programme électoral du maire Michaël Delafosse lors des élections de 2020 : rendre les transports publics totalement gratuits pour tous les habitants de la métropole. À l’échelle de Montpellier, cela représente un bassin de population d’un demi-million d’habitants. Du jamais vu en Europe. Jusqu’à présent, la gratuité s’est appliquée dans des villes moyennes comme Dunkerque ou Châteauroux. Avec Montpellier, c’est un très vaste réseau de transport qui devient accessible avec ses quatre et bientôt cinq lignes de tramway, et plus d’une quarantaine de lignes de bus. En 2025 s’y ajoutera un nouveau réseau de bus à haut niveau de service (BHNS) appelés « trambus » poussant jusqu’aux quatre coins d’une métropole de 31 communes. Dès lors se pose la question de la mise en oeuvre de la gratuité à une telle échelle et de son coût pour la collectivité. Autrement dit, est-ce une bonne ou une mauvaise idée ? À dire vrai, le sujet fait largement débat et la mesure compte quasiment autant de partisans que de détracteurs. Du côté des soutiens, il y a bien sûr les habitants, premiers concernés, pour qui la gratuité offre un intérêt pratique (plus de titre à acheter) et bien sûr financier. Pour l’exploitant, la gratuité permet d’économiser sur l’impression des titres et leur mise en vente.

L’Île-de-France s’offre une ligne V
Les élus régionaux et locaux ont inauguré le 4 décembre dernier une nouvelle ligne de Transilien en Île-de-France. Dénommée « V », elle a pour objectif de relier Versailles-Chantiers à Massy-Palaiseau.
La création de la ligne V découle de la mise en service de la ligne T 12 entre Évry-Courcouronnes et Massy-Palaiseau le 10 décembre. Ce tram-train emprunte les voies de la Grande Ceinture entre Épinay- sur-Orge et Massy. De ce fait, la branche du RER C qui connectait Versailles-Chantiers à Versaille-Château via Juvisy et Paris est supprimée et rendue origine/ terminus à Juvisy. Pour les cinq gares intermédiaires, il fallait imaginer un nouveau service. Ce sera donc une navette autonome du reste du réseau et déconnectée du RER C. Ce dernier point permet d’espérer une régularité exemplaire.
La desserte sera au quart d’heure en heures de pointe et à la demi-heure en dehors. Les heures de pointe sont élargies : jusqu’à 10 h 15 ou 10 h 45 selon le sens le matin, jusqu’à 21 h 15 ou 21 h 30 le soir. Un train supplémentaire est ajouté à 23 h 15 au départ de Versailles. Soit 11 trains en plus chaque jour. Les demi-tours en gare sont programmés voie 1 à Massy et voie J à Versailles.
Pour commencer, la desserte sera assurée par cinq rames Z 5600 à quatre caisses du RER C. Dédiées à cette ligne V, elles auront deux aménagements spécifiques. Tout d’abord, un pelliculage intérieur pour valoriser les sites culturels et le patrimoine des villes traversées au niveau des plateformes et extrémités. Ensuite, en milieu de rame, dans les deux voitures intermédiaires, l’un des espaces voyageurs d’extrémité recevra quatre emplacements pour vélos en lieu et place des sièges et cloisons.

Île-de-France : bilan annuel 2022-2023
Le dynamisme de la région capitale se confirme en matière de transport public, en particulier dans le domaine du matériel roulant qui poursuit sa mue. Nous vous proposons ici un bilan de la modernisation en cours qui accompagne l’arrivée de matériels nouveaux ou rénovés sur le réseau francilien.
La ligne A
Sur la ligne A du RER, nous sommes toujours en attente de la sortie de rénovation des rames MI 2N type 1500 en cours depuis de nombreuses années à l’usine CAF de Bagnères-de-Bigorre. Les 43 rames du parc sont à rénover selon le processus mi-vie à la fois technique et confort. L’objectif est notamment de les rapprocher du standard des 140 rames MI 09. Les premières rames devaient être livrées fin 2019 début 2020. Lors d’une visite de mai 2021, selon Île-de-France Mobilités (IdFM), deux rames étaient annoncées pour début 2022 puis deux par mois ensuite. Six rames sont actuellement immobilisées pour ce chantier. À ce jour, aucune date n’est reprise. Au mieux parle-t-on d’un prototype pour l’été 2023.
La ligne B
Sur la ligne B, le parc SNCF passe de 51 à 50 rames après la radiation fin 2021 de la rame 8141/42 accidentée lors du glissement de terrain de Courcelle-sur-Yvette en juin 2018. La motrice 8215 accidentée à Denfert-Rochereau en juin 2020 est en attente de réparation à Saint-Pierre-des-Corps pour fin 2023. En attendant, la rame restante a reçu la motrice RATP 8115. La prochaine étape est l’arrivée à partir de 2025 des nouvelles rames MI 20.
? Cet article est tiré du dernier numéro de Rail Passion (n°303)

LE TRAM-TRAIN
Le T 13, une ligne de tram-train dans l’Ouest parisien.
Le 6 juillet 2022 est inaugurée la ligne T 13, une nouvelle ligne de tram-train en Île-de- France. Il aura fallu plus de 20 ans pour concrétiser ce projet. Environ 21 000 voyageurs quotidiens sont attendus dans ces rames Dualis neuves qui s’arrêteront dans 12 stations.
À l’origine, ce tronçon fait partie d’une grande tangentielle à l’ouest de la région devant relier Achères à Melun en passant par Versailles- Chantiers, Massy-Palaiseau, Évry- Courcouronnes et Corbeil-Essonnes avec emprunt de la ligne de la Grande Ceinture.
Au fil des années, ce projet s’effiloche. Il ne reste plus actuellement que deux morceaux en phase active : Massy à Évry en travaux et Saint-Germain – Saint-Cyr qui vient d’ouvrir et un troisième dont on parle entre Lisière-Pereire et Achères.
La ligne du T 13 se décompose en plusieurs parties. Au sud, 700 m de ligne nouvelle à double voie avec une courbe serrée et une rampe de 6,5 % à destination du terminus à quai central de Saint-Cyr-l’École au pied du remblai supportant les voies de la ligne Paris – Le Mans. Cette gare Transilien est desservie par des trains des lignes C, N et U. Ensuite, il y a 6 km sur la plateforme de l’ancienne ligne de Grande Ceinture jusqu’à Noisy-le- Roi. Tout est remis à neuf avec création d’un pont-rail sur la RD 7 et électrifié en 25 kV. Trois nouvelles stations sont aménagées : les Portes-de-Saint-Cyr, Bailly et Allée-Royale ; cette dernière, décidée tardivement par rapport au reste du projet, est ouverte au public depuis le 18 juillet.

Le PEM transitoire de Saint-Jeande- Maurienne est inauguré
Après deux ans de travaux, a eu lieu le 11 juillet l’inauguration du pôle d’échanges multimodal (PEM) transitoire à Saint-Jean-de- Maurienne qui était déjà au service des voyageurs depuis le 14 juin. Sa construction par SNCF Réseau, en collaboration avec 50 entreprises, a été rendue nécessaire pour la création des voies d’interconnexion du tunnel de base sur l’emplacement des anciennes gares SNCF et routière, qui doivent être démolies pendant l’été. Les travaux commencés en mai 2020 se sont achevés en mai 2022. Quatre bâtiments ont été démolis, 600 m3 de béton coulés, 26 t de charpente métallique et 378 m3 de bois de construction utilisés, et 556 m2 de vitrage en façade posés. Le PEM transitoire, dans lequel la société franco-italienne TELT-SAS (Tunnel euralpin Lyon Turin) a investi sept millions d’euros, dispose de deux espaces d’attente pour les voyageurs, dont une terrasse de 100 m2 et deux salons de 60 m2, de deux abris par quai ferroviaire, de 20 arceaux pour vélos, d’un parking de 68 places, et huit quais de bus abrités et accessibles aux personnes en situation de handicap.
Le nouveau PEM est conçu pour connecter les différents modes de transport dans le cadre des déplacements quotidiens, et lors des pics d’affluence saisonniers à l’arrivée des premières neiges et à certaines périodes d’été. De par sa conception, avec la possibilité d’une fermeture partielle d’une portion du bâtiment voyageurs, le PEM permet de s’adapter au flux des voyageurs en fonction des saisons. Les voyageurs ont accès en basse saison aux guichets de vente des billets des transporteurs et à un des deux salons, dont dispose le bâtiment, et accèdent aux quais par l’extérieur, abrités par un auvent. En haute saison l’intégralité du bâtiment est ouverte aux voyageurs. Jusqu’en 2026, l’accès aux quais s’effectuera par le passage souterrain existant. À partir de mi-2026 l’accès au nouveau quai 1 s’effectuera de plain-pied depuis le parvis central, tandis que le quai 2 sera accessible par le souterrain. La période d’exploitation du PEM transitoire sera d’au moins cinq ans, jusqu’à la mise en service de la nouvelle gare internationale TGV de Saint-Jean-de-Maurienne.
Toujours aucune décision pour les accès côté français
Si les travaux de réalisation du tunnel avancent bien, aucune décision n’avait encore été prise fin juillet 2022 concernant les accès côté français. Trois scénarios sur les accès côté français au tunnel de base ont été dévoilés en décembre 2021 par SNCF Réseau. Le premier scénario dit « mixte » (coût hors raccordements estimé à 5 milliards d’euros), comprend la construction d’une ligne mixte voyageurs/fret entre Grenay et Chambéry, avec la réalisation d’un tunnel mixte sous Dullin-L’Épine.
Le second à « dominante fret » (coût hors raccordements estimé à 4,8 milliards d’euros) comporte la construction d’une ligne mixte de Grenay à Saint-André-le-Gaz puis d’une ligne fret avec la construction d’un tunnel sous le massif de la Chartreuse et un retour jusqu’à Montmélian par la ligne existante Grenoble – Montmélian.
Le troisième « Grand Gabarit », (coût hors raccordements estimé à 6,7 milliards d’euros) comprend la construction d’une ligne mixte de Grenay à Saint-André-le-Gaz et d’une ligne fret comprenant trois tunnels monotubes à construire : un sous le massif de la Chartreuse, un sous celui de Belledonne et un en dessous du col du Glandon.
Le conseil départemental de Savoie a voté pour le scénario « Grand Gabarit », qui permet de transporter le plus de marchandises soit plus de 28 millions de tonnes par an, les trains de voyageurs continuant après Saint-André-le- Gaz de circuler sur les lignes actuellement existantes, alors que certaines associations d’usagers et l’opposition départementale sont pour le scénario « mixte ». L’État devait prendre sa décision le 31 mars 2022 mais ne l’a pas fait, au risque de perdre les subventions européennes promises, soit un cofinancement par l’Europe des voies nationales à hauteur de 50 %, si la décision n’est pas prise avant fin 2022.

Royaume-Uni : la famille bimode s’agrandit
Dans le cadre du plan de décarbonation britannique, les engins moteurs uniquement diesels devront tous être retirés du service d’ici 2040. Outre l’acquisition de matériel à batteries ou à hydrogène, l’emploi d’engins bimodes neufs ou issus de modification de matériel existant permet de répondre à cette exigence.
Zéro émission en 2050
Dans le cadre du plan de décarbonation du transport ferroviaire, le ministère britannique des Transports avait demandé en 2018 aux opérateurs que d’ici 2040 ne circulent plus sur le réseau britannique d’engins moteurs exclusivement diesels. Le gouvernement écossais a ramené pour l’Écosse cette échéance à 2035. En juin 2019 le gouvernement britannique a fixé l’objectif de zéro émission pour les transports ferroviaires pour 2050. Parallèlement à un plan important d’électrification du réseau britannique, dont un peu moins de 50 % des lignes sont actuellement électrifiées soit en 25 kV 50 Hz par caténaire soit en 750 V courant continu (cc) par troisième rail (3R), l’utilisation d’engins bimodes permet de répondre à cette exigence. Avec le renouvellement du parc d’automotrices électriques utilisées par certains opérateurs, des séries sont rendues disponibles pour être converties en bimode, à batteries ou à hydrogène.

SUISSE : des premières lignes à crémaillère aux Rigi Bahnen
Issues en 1992 de la fusion des deux premières lignes à crémaillère d’Europe, la Vitznau-Rigi Bahn (VRB) et l’Arth-Rigi Bahn (ARB), les Rigi Bahnen (RB) s’affranchissent des fortes déclivités du massif du Rigi en Suisse. Elles poursuivent leur modernisation et commandent à Stadler des automotrices articulées Bhe 4/6.
En Suisse, non loin de Lucerne, le massif montagneux du Rigi est situé entre le lac des Quatre-Cantons, le lac de Zoug et le lac de Lauerz. Depuis ce massif, le panorama exceptionnel est maintenant universellement connu grâce, notamment, à deux lignes de chemin de fer à crémaillère (les premières en Europe) qui ont pu vaincre un accès réputé difficile. Des hôtels, auberges puis stations de ski sont maintenant accessibles toute l’année. Pour ce faire, un ingénieur suisse, Niklaus Riggenbach, dépose en 1863 un brevet pour le système de crémaillère qu’il a inventé et qui portera son nom. Celui-ci est, en gros, une sorte d’échelle placée au milieu de la voie et composée de barreaux à section carrée entre lesquels viennent s’engrener les roues dentées des locomotives. Des déclivités de 200 et 250 ‰ sont ainsi allègrement franchies pour parvenir au sommet.
Deux réseaux concurrents : La Vitznau-Rigi Bahn (VRB).
Fort de son brevet, Riggenbach et deux autres ingénieurs se voient attribuer en 1869, par le Grand Conseil du canton de Lucerne, une concession pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer à voie normale à crémaillère pour relier Vitznau (au bord du lac des Quatre-Cantons) à Staffelhöhe, à moins de 2 km du sommet du mont Rigi (Rigi Kulm), culminant à 1 752 m au-dessus du niveau de la mer.