RER ligne E : nouvelle gare, nouvelle desserte, nouveau matériel

La plus jeune des lignes de RER de l’Île-de-France vient de connaître son deuxième grand changement de sa courte existence. Sa mise en service s’est déroulée en deux étapes durant l’année 1999 : le 14 juillet, ouverture des gares de Magenta et Haussmann-Saint-Lazare et circulation jusqu’à Chelles-Gournay, et, le 30 août, circulation jusqu’à Villiers-sur-Marne. La première évolution apparaît en décembre 2003 avec le prolongement de Villiers-sur-Marne à Tournan. Le 13 décembre 2015, la deuxième évolution concerne les gares, la desserte et le matériel. Avec l’ouverture de Rosa-Parks, Paris s’offre une nouvelle gare, 15 ans après celle de Bibliothèque- François-Mitterrand, au sud, sur le RER C. Cette 22e gare du RER E va désenclaver un quartier à cheval sur les 18e et 19e arrondissements en pleine transformation. Dans quelques années, 35 000 salariés et habitants seront présents. Située à 3 min de Magenta (gares du Nord et de l’Est) et de 7 min d’Haussmann-Saint-Lazare, elle attend assez rapidement 50 000 voyageurs quotidiens, et même 85 000 vers 2020-2022, quand la ligne E sera prolongée à l’ouest.

Le chantier aura duré plus de quatre ans. Son coût de 130 millions d’euros est financé par la région, la Ville de Paris, l’État et SNCF Réseau. En surface, la gare dispose d’un quai unique, long de 225 m, desservi par les deux voies du RER. L’accès aux quais s’effectue par des escaliers fixes, des rampes, des escaliers mécaniques et des ascenseurs. L’espace de vente (deux guichets accompagnés de distributeurs automatiques Transilien et grandes lignes) est situé au niveau inférieur, qui correspond au niveau des rues environnantes, sur lesquelles elle s’ouvre avec un grand auvent transparent. Trois commerces prendront place. Équipée de panneaux photovoltaïques et d’une toiture végétale, la gare devrait avoir prochainement un bilan carbone positif. Pour le volet historique, il faut signaler qu’elle est implantée au niveau de l’ancienne gare souterraine baptisée Est-Ceinture sur la Petite Ceinture. Le fronton de cette gare, seul vestige rescapé depuis 1980, a été conservé et exposé dans la partie souterraine près des rampes d’accès.

Cette gare est complétée par un passage urbain franchissant l’ensemble du faisceau de voies. Les caissons préfabriqués longs de 40 m et pesant 4 000 t ont été poussés début 2014 par des vérins hydrauliques. 25 000 m3 de béton armé ont été coulés alors que 150 000 m3 de déblais ont été évacués. Un chantier spectaculaire, bien orchestré, dans une zone où circulent 1 000 trains chaque jour (TGV, Intercités, TER, Transilien). Ce passage permet de relier la station du tramway T 3 b, arrivé fin 2012, en attendant à une date encore incertaine le futur prolongement du T 8. Au niveau de l’infrastructure ferroviaire, une évolution interviendra dans quelques années pour l’ouverture de la branche ouest. En effet, six trains par heure en provenance de Mantes-la-Jolie seront terminus ou origine Rosa Parks : le demi-tour des trains s’exécutera sur l’une des deux voies en cul-de-sac à construire côté est de la gare sur un emplacement réservé. Les cibles des signaux réservent déjà les futures signalisations. Comme les deux autres gares parisiennes de la ligne E, la gare de Rosa-Parks est desservie par l’ensemble des trains, c’est-à-dire 16 trains par heure en heures de pointe dans le sens de la pointe ou 10 en heures creuses et en pointe dans le sens de la contrepointe.

L’événement a été mis à profit pour refondre la desserte et la rendre toujours aussi robuste pour garder les 95 % de ponctualité, un record pour Transilien… au prix d’un allongement des temps de parcours : 3 min sur Paris – Villiers- sur-Marne, 3 à 4 min sur Paris – Chelles-Gournay et 4 min pour Paris – Tournan. La desserte de la gare de Pantin a été consolidée et réaffirmée. À l’origine de la ligne, seuls les trains de la branche de Villiers s’y arrêtaient, soit un train au quart d’heure dans les deux sens. Face à l’explosion de la fréquentation, + 56 % entre 2000 et 2005, dès décembre 2008, les trains de la branche de Chelles s’y arrêtent du lundi au vendredi en heures de pointe dans le sens de la contre-pointe (voyageurs venant de Paris). Depuis décembre 2009, l’arrêt concerne tous les trains de cette branche avec un allongement du temps de parcours de 1 à 3 min.

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