Les Intercités de nuit Paris – Briançon détournés par la ligne des Alpes

Peu après le village des Lussettes, dans la descente du col dans une zone limitée à 40 km/h par manque d’entretien, le train test Grenoble - Briançon est aperçu au franchissement du viaduc des Fauries (longueur 185 m), peu avant d’aborder la gare de Lus-la-Croix-Haute (7 septembre 2025 ; P.-L. Espinasse).

En raison de nombreux travaux programmés dans les années à venir entre Livron et Veynes-Dévoluy, l’itinéraire de détournement historique par ligne des Alpes Grenoble – Veynes-Dévoluy des trains de nuit de la relation Paris – Briançon a été ressuscité en septembre 2025 après que les essais techniques, qui se sont déroulés les 6 et 7 septembre 2025, se sont révélés positifs.

Ce train de nuit est l’un des derniers survivants d’un âge d’or révolu, celui où ils reliaient la capitale aux vallées les plus reculées. Chaque soir, vers 21 h 00, la rame Corail du train Intercités de nuit Paris – Briançon s’ébranle de la gare d’Austerlitz, cap sur les Hautes-Alpes. Après un plus de 11 heures et demie de voyage, elle franchit à l’aube les ultimes rampes du val de Durance, livrant aux voyageurs encore ensommeillés les premiers rayons du soleil alpin.

Mais derrière cette image romantique se cache une actualité brûlante, celle des essais de détournement par la ligne des Alpes Grenoble – Veynes-Dévoluy, en raison des fragilités chroniques de l’itinéraire historique via Valence et la vallée de la Drôme.

Un rescapé des trains de nuit français

Jusqu’aux années 90, les trains de nuit quadrillaient la France : Paris – Nice, Paris – Biarritz, Paris – Port- Bou, Paris – Albi, Paris – Savoie…, sans compter les liaisons internationales vers Rome, Barcelone ou Copenhague. La réforme de 2016, entérinant la suppression de la quasi-totalité des relations de nuit, a failli emporter le Paris – Briançon.

Le sauvetage de cette relation, maintenue sous la bannière des Intercités de nuit, financés par l’État, tient à son caractère unique. Elle dessert une région enclavée, difficilement accessible en avion ou en train à grande vitesse. Les Hautes-Alpes, avec Briançon perché à 1 326 m d’altitude, dépendent largement de ce lien ferroviaire pour le tourisme hivernal comme pour l’économie locale.

Il dessert de nombreuses gares : Valence, Crest, Die (célèbre pour sa clairette), Veynes-Dévoluy, Gap, Chorges, Embrun, Montdauphin- Guillestre et Briançon. Des milliers de voyageurs le prennent chaque hiver, notamment les vacanciers de stations de ski ou les résidents en montagne. Avec environ 110 000 voyageurs par an avant la pandémie, le Paris – Briançon fait partie des rares trains de nuit desservant des territoires peu peuplés ayant conservé un taux de remplissage satisfaisant. Ses voitures-couchettes Corail rénovées offrent un confort, certes modeste, mais apprécié des randonneurs, skieurs

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