Catégorie : Infrastructure

L’actualité des infrastructures ferroviaires en France et dans le monde.

  • Démolition du dépôt de Bastia

    Démolition du dépôt de Bastia

    Le projet de démolition du dépôt de Bastia, à l’étude depuis plusieurs années, vient d’aboutir. Les bâtiments seront détruits courant 2020 et le terrain sera récupéré par la ville de Bastia afin d’y construire un parking, des bureaux et des logements. Les bâtiments étaient en mauvais état depuis plusieurs années et depuis le 1er décembre dernier le dépôt n’était plus utilisé.
    L’entretien quotidien est effectué uniquement à Ajaccio. À la place, un nouveau dépôt sera construit à Casamozza courant 2020 pour la maintenance quotidienne. À Bastia, la partie voyageurs restera au même endroit, mais une fois le projet achevé il est possible que le bâtiment voyageurs et administratif soit aussi détruit et remplacé par un nouveau bâtiment.

  • Un tunnelier vertical pour le Grand Paris Express

    Un tunnelier vertical pour le Grand Paris Express

    Le Grand Paris Express nous a habitués à ses tunneliers déployés en nombre sur la ligne 15 Sud en construction. Mais il ne faut pas oublier les très nombreux ouvrages techniques, ventilation et accès de secours, qu’il faut également établir tous les 800 m d’une ligne de 33 km. À Bagneux à proximité de la fu­ture gare de correspondance entre le métro 4 et le métro 15, la Société du Grand Paris réalise un de ces ouvrages. Là encore, c’est le constructeur allemand Herrenknecht qui a fourni la machine, un tunnelier vertical qui creuse à près de 50 m de fond. Les voussoirs sont ainsi assemblés par l’extérieur, posés sur l’ouvrage déjà construit à mesure de son enfoncement dans le sol.

  • Inondations : des dégâts sur la ligne Béziers – Montpellier

    Inondations : des dégâts sur la ligne Béziers – Montpellier

    Dans la nuit du 23 au 24 octobre les pluies diluviennes sur le Languedoc ont occasionné des dégâts conséquents, particulièrement sur la commune de Villeneuve-lès-Béziers. La ligne Béziers – Montpellier a été très endommagée sur plus de 600 m, le remblai supportant la ligne a été affouillé sur 3 à 4 m de hauteur, déchaussant totalement certains supports caténaire, déterrant 600 m de l’artère câble et laissant les voies suspendues au-dessus du vide.
    Les conséquences sont considérables, la circulation ferroviaire étant interrompue sur les lignes Narbonne – Perpignan, Toulouse – Narbonne – Montpellier, Béziers – Millau et Carcassonne – Limoux. Les dégâts étant mineurs sur les autres lignes, la circulation y a été progressivement rétablie dans les jours suivants. Mais restait pour cinq semaines l’interruption de la transversale sud, qui écoule quotidiennement plus de 150 trains.
    Après levée des restrictions, le trafic devait redevenir normal vers le 10 décembre. Le préjudice commercial est important pour le fret, que tous les acteurs régionaux œuvrent à faire progresser, particulièrement le ferroutage à destination de Bettembourg et Calais. Le repli massif des transporteurs vers l’autoroute a fait encore progresser le nombre de camions, déjà supérieur à 13 200 quotidiens au col du Perthus avant cette coupure.
    Les travaux ont commencé par la dépose de 900 m se voie, la mise en sécurité des caténaires, la reconstitution de 600 m d’artère câble et l’apport de plusieurs milliers de m3 de grave pour reconstituer le remblai.

  • Austerlitz se refait une beauté

    Austerlitz se refait une beauté

    Depuis près de 30 ans que les urbanistes parisiens réaménagent les emprises ferroviaires de la gare d’Austerlitz, les chantiers se succèdent. Désormais, c’est au tour de la gare elle-même d’entrer dans une vaste phase de modernisation. Première étape, la restauration intérieure et extérieure de la verrière qui a bien failli se faire éventrer pour donner un débouché automobile au pont Charlesde- Gaulle. Si ce projet n’est plus d’actualité, l’ensemble du hall Arrivées est en cours de démolition avec la création d’une nouvelle voie routière qui préserve cette fois l’architecture du bâtiment historique. Dans quelques mois, les abords de la gare auront totalement changé de physionomie avec un BV entièrement rénové.

  • L’ERTMS sur la LGV PSE en 2025

    L’ERTMS sur la LGV PSE en 2025

    SNCF Réseau projette de remplacer à l’horizon 2025 la TVM 300 qui équipe actuellement la LGV Paris-Sud-Est, par l’ERMTS niveau 2. Cela permettra de porter la capacité de la ligne de 13 à 16 trains par heure. Le montant des travaux est estimé à 700 millions d’euros, dont 125 millions d’euros seraient financés par l’Union européenne. Alstom, Eiffage, Hitachi Rail, Setec, STS France, Systra et Vinci devraient contribuer au projet. L’ERTMS est déjà déployé en France, sur la ligne TGV Est depuis 2014 en superposition avec la TVM 430, sur les LGV BPL et SEA depuis l’été 2017 en superposition avec la TVM 300, et en niveau 1 sur la LGV Perpignan – Figueras, et sur le contournement de Nîmes et de Montpellier, entre la gare TGV de Nîmes-Pont-du- Gard et la bifurcation de Lattes, en superposition avec du BAL classique, le sera prochainement sur la LGV Rhin-Rhône en superposition avec la TVM 430. Dans le cadre du plan de renouvellement des voies, Colas Rail avait obtenu en 2018 le contrat de renouvellement des tronçons des LGV Paris-Sud-Est, Méditerranée, Atlantique et Nord, pour un montant de 160 millions d’euros. D’ici à 2023, 40 km de voies de LGV doivent être renouvelés chaque année.

  • La transformation du technicentre de Romilly

    La transformation du technicentre de Romilly

    La fermeture du site historique des ateliers du matériel de Romilly s’est accompagnée de la création d’un pôle d’excellence de nouvelle génération
    spécialisé dans la réparation et la révision des pièces utiles au matériel roulant.
    Visite guidée du nouveau technicentre ouvert depuis l’été dernier.

    Une page vient bien de se tourner à Romilly-sur-Seine (Aube). La SNCF est clairement dans l’ADN de la ville depuis plus de 130 ans, selon les mots du maire Éric Vuillemin. Et pourtant, il y a quatre ans, l’annonce de la fermeture du site historique des ateliers du matériel provoque une onde de choc. Depuis sa création en 1884 pour la Compagnie de l’Est, le site industriel avait traversé les siècles et les révolutions technologiques. Sur 26 ha dont 6 000 m² de bâtiments couverts, jusqu’à 1 900 cheminots y ont travaillé au milieu du XXe siècle. Il y en avait environ 530 en 2015 lors de cette annonce. Longtemps spécialisé dans l’entretien des voitures (dont les dernières rénovations Corail mais aussi une partie du programme Téoz), il avait prospéré aussi dans la rénovation des rames TGV Atlantique à la mode Lacroix puis du TGV Sud-Est. Entre 2010 et 2017, 34 rames ont reçu la rénovation Nouveau Design avec application de la livrée carmillon.
    L’annonce de la fermeture s’accompagne de l’annonce d’une mutation : un pôle d’excellence de nouvelle génération va être construit. Il se spécialisera dans la réparation et la révision des pièces utiles au matériel roulant ferroviaire. Par contre, l’implantation se fera dans la zone d’activités économiques Aéromia de Romilly. Il perd sa proximité avec la gare ainsi que tout raccordement ferroviaire au réseau national. Pour rappeler le volet ferroviaire, la motrice 23064 de la rame 32 du TGV SE aux couleurs de la livrée carmillon trône à l’entrée du nouvel éta­blissement. Une rénovation que cette rame livrée en 1981 et radiée fin 2013 n’a pourtant pas connue !
    L’investissement est de 25 millions d’euros pour les bâtiments auxquels s’ajoutent les 5 millions de l’outillage. Sur six hectares, les ateliers couvrent 20 700 m². L’appel d’offres est lancé en avril 2017, le permis de construire déposé en novembre et le lancement des travaux en juin 2018. Les aménagements démarrent début 2019 et à la fin de l’été les équipes emménagent.
    Les bâtiments bénéficient évidemment des meilleures dispositions de construction du moment : luminosité avec 76 fenêtres, 250 skydomes et des leds, isolation thermique digne des meilleurs appartements, panneaux photovoltaïques sur la toiture des parkings, ventilation réfrigérée (une rareté dans des locaux industriels), acoustique.
    Mais les innovations portent essentiellement à l’intérieur. Un jumeau numérique très détaillé du bâtiment a été utilisé pour préparer en amont la phase d’exploitation. Les équipes ont pu se projeter dans leurs futurs espaces de travail.

  • Les travaux de la 4e voie au nord de Strasbourg avancent

    Les travaux de la 4e voie au nord de Strasbourg avancent

    L’exploitation du tronçon Vendenheim – Strasbourg long de 10 km est devenue très délicate avec des périodes de saturation endémiques lors des pointes de matinée et soirée. Le plan de voies actuel comporte trois voies banalisées 1, 2 et D, cette dernière ayant été aménagée vers 2000 par fusion des ex-voies 2 bis et 2 ter. Il écoule en mélange quelque 270 circulations dont les TGV de et vers Paris, Rennes, Nantes, Bordeaux, Metz, Luxembourg, Lille, Bruxelles et les TER de Wissembourg, Niederbronn-les-Bains, Haguenau, Sarreguemines, Metz, Nancy, Saverne ainsi que des convois de fret du transit nord-sud (Benelux – Suisse). Cette situation, source de fréquents conflits voire de retards, s’oppose à la création de nouveaux sillons TER notamment du type périurbain. C’est pourquoi la région SNCF de Strasbourg a proposé un projet de 117 millions d’euros supporté par l’État (41 millions), la région Grand Est (41 millions), la Communauté européenne (25 millions) et SNCF Réseau (10 millions) afin d’accroître la fluidité. Ayant fait l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement des communes traversées (Mundolsheim, Souffelweyersheim, Bischheim, Schiltigheim) avec un mur antibruit de 400 m dans la première, l’opération consiste à insérer une voie nouvelle sur 6 km apte à 160 km/h entre la voie D et le triage d’Hausbergen et à remanier les voies existantes sur 2 km côté Vendenheim. Le coup d’envoi des travaux a été donné officiellement le 15 octobre 2018, ceux-ci devant se dérouler jusqu’en 2021 selon sept phases avec des coupures ponctuelles du trafic pour l’adaptation de la nappe caténaires et de la signalisation. Cet automne les travaux depuis une base installée au niveau du bâtiment de service principal d’Hausbergen ont largement progressé avec la réalisation de la plateforme et la pose des supports caténaires. À terme il deviendra possible de tracer chaque heure 14 TER par sens au lieu de 10 actuellement et un TGV supplémentaire.

  • Avenir assuré pour la ligne des Horlogers

    Avenir assuré pour la ligne des Horlogers

    L’incursion en juin d’un X 2800 rénové sur cette ligne a jeté un coup de projecteur sur cette dernière, déjà redynamisée par la région Bourgogne-Franche-Comté et qui va bénéficier en 2021 de travaux qui rendront sa desserte plus attractive.

    10 ans après le retrait des autorails unifiés U 825 de l’artère franc-comtoise de Besançon au Locle, l’X 2816 préservé par l’association L’Autorail X 2800 du haut Doubs, siégeant à Valdahon, a fait sensation sur cette voie unique de la région de Dijon qui, comme bien d’autres, a bien failli voir disparaître son trafic voyageurs. Mais le conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, qui a penchant pour le rail, a tout fait pour la maintenir en vie et a développé son trafic en jouant sur la carte des travailleurs frontaliers se rendant dans le Jura suisse.
    Les samedi 1er et dimanche 2 juin, l’X 2816 en livrée bleue Massif central, attelé à la remorque XR 6154 ex-Aquitaine, a transporté chaque jour une grosse centaine de passionnés de Besançon à Morteau et retour, voulant revivre l’atmosphère des années 1970-2000, où ce matériel assurait une desserte omnibus, certes frugale mais par tous les temps, la région connaissant des enneigements sévères certains hivers. Après quatre ans passés à la remise en état de l’engin, livré à la SNCF en 1958 (1), dont c’était la première sortie officielle, les bénévoles ayant participé aux travaux de réappropriation pouvaient être satisfaits de leur engagement. La bête a avalé sans broncher la dure rampe de Morre en 30 ‰ à la sortie de Besançon et celles de 25 ‰ qui parsèment le parcours de cette artère pittoresque numérotée 872 au catalogue du RFN.
    Si Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, a encouragé cette initiative appréciée d’un retour sur le passé et de la promotion touristique du territoire traversé, loin des grands axes de circulation, elle ne cache pas son ambition de développer l’offre ferroviaire sur cette ligne avec une participation financière en vue de sa prochaine modernisation, comme indiqué plus loin. Cela non seulement en faveur des pendulaires se rabattant sur la cité bisontine, mais aussi a contrario des travailleurs frontaliers se rendant dans les localités du Locle et de la Chaux-de-Fonds, hauts lieux de l’horlogerie helvétique.

    Un redressement remarquable ces 20 dernières années

    Depuis la régionalisation, cette voie unique d’un développement de 76 km entièrement tracée dans le département du Doubs, qui se prolonge en Suisse sur 10 km dans le canton de Neuchâtel jusqu’à l’importante localité de La Chaux-de-Fonds, forte de 39 000 habitants, à 994 m d’altitude, entre deux chaînons du Jura, fief de l’horlogerie et comptant plusieurs musées, a connu une certaine embellie.
    Au début des années 2000, le schéma de desserte peu à peu couvert par des autorails monocaisses X 73500 comprenait deux AR Besançon – La Chaux-de-Fonds, trois AR Besançon – Morteau, quatre AR Besançon – Valdahon, un AR Morteau – Le Locle-Ville et un AR Morteau – La Chaux-de-Fonds.
    Entre 2002 et 2008, l’offre a été densifiée à la fois pour le trajet périurbain jusqu’à Valdahon et pour les liaisons transfrontalières avec la Suisse, où l’ouverture par les CFF de la halte du Crêt-du-Locle en 2007 a permis un accès direct aux entreprises de ce secteur. Ainsi, depuis le 22 avril écoulé, la SNCF a ajouté une desserte supplémentaire en mi-journée Morteau – La Chaux-de-Fonds, soit sept sur la journée. Pour permettre un renforcement de certaines des compositions aux heures de pointe, la région Bourgogne-Franche-Comté vient d’acquérir neuf X 73500 cédés par la région Picardie, aidés par des AGC X 76500 sur certaines des courses. On obtient dès lors le canevas portant sur les mouvements TER fer suivant, les jours ouvrables de base :

  • Acte II pour Marseille – Aix-en-Provence

    Acte II pour Marseille – Aix-en-Provence

    En 2010 la SNCF avait procédé à une amélioration des installations de la section à voie unique non électrifiée Marseille – Aix-en-Provence de 36 km, avec doublement partiel et création de haltes supplémentaires, autorisant une desserte TER à la demi-heure. Une seconde phase est entamée depuis l’été 2018. Objet d’une opération de 173 millions d’euros inscrite au contrat de plan État-Région 2015-2020, supportés par l’État, la région Paca, le département des Bouches-du-Rhône, la métropole Aix-Marseille et SNCF Réseau, elle vise à:
    – créer une seconde voie sur 4 km de Gardanne à l’ex-gare de Luynes en direction d’Aix-en-Provence, avec reprise de parois rocheuses et de sept ouvrages d’art dont deux ponts-rails sur la RD 7, le ruisseau de Luynes et cinq petits aqueducs ;
    – améliorer les installations de la gare d’Aix-en-Provence avec allon­­­ge­ment des quais à 220 m conduisant à élargir le pont-rail sur l’avenue Robert-Schuman ;
    – allonger les quais à 220 m des gares de Saint-Antoine et Simiane. Les travaux au nord de Gardanne ont nécessité une interception totale du trafic de cette gare à Meyrargues du 1er juillet au 4 novembre 2018. Durant cet intervalle les TER ont été limités au parcours Marseille – Simiane, avec continuation par cars, ceux pour Gap, Briançon étant origine-terminus Meyrargues. Une nouvelle coupure de trafic est prévue à l’été 2020, la mise en service devant avoir lieu en 2021 avec une desserte au quart d’heure aux heures de pointe. Pour l’alimentation de l’usine chimique de Gardanne, le train entier de bauxite chargé au terminal minéralier de Fos qui était jusqu’ici acheminé via Miramas, Rognac et Aix est détourné via Marseille.

  • Brenner : un nouveau concept porté par le Land de Bavière

    Brenner : un nouveau concept porté par le Land de Bavière

    Alors que le tunnel de base du Brenner se creuse, le gouvernement bavarois, soucieux de favoriser le report modal de transport de marchandises sur le rail, a élaboré le concept de Breco, ou Brenner Corridor, prenant appui sur des matériels ferroviaires innovants. Explications.

    La réalisation du tunnel de base du Brenner progresse : 109 km de galeries ont déjà été percés sur un total de 230 km. Mais aujourd’hui la part du transport routier pour les marchandises est de 71 %, celle du rail étant de 29 % sur cet axe qui concerne directement l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Particularité : la mise en œuvre de la route roulante de Brenner à Wörgl (sur sol tyrolien) fait que la part du rail en Bavière voisine est encore plus faible (22 %), ce qui expose les populations de la vallée allemande de l’Inn à de fortes nuisances et ce qui contrevient aux objectifs de la COP 21. Alors que plusieurs domaines d’activité ont commencé à réduire sensiblement leurs émissions en CO2, le secteur des transports reste pour sa part à des niveaux élevés, quand bien même un recours accru au rail permettrait d’abaisser sensiblement ces émissions. En effet, le ferroviaire est moins émetteur de 80 % en dioxyde de carbone.
    Le ministère bavarois des Transports s’est donc emparé du dossier. Il souhaite diminuer de 2 % la part de la route (240 000 passages routiers) sur ces cinq prochaines années, ce qui implique de parvenir à charger et à faire circuler de manière efficace et économiquement viable quelque 20 trains supplémentaires par jour et par sens. À cet effet, il faut convoquer des tours de table mais aussi élaborer un concept innovant, alias Breco ou Brenner Corridor, qui parvienne à se substituer de manière transparente à la route.